vendredi 23 septembre 2016

Arthur Hidden - Traîtres mots

  • Alors?
  • Quand je suis allée chez le notaire je ne me doutais vraiment pas de ce qui allait nous arriver.
  • Tu es énervante. Ne tourne pas autour du pot. Dis!
  • Tu es paradoxal tu sais. Hier encore tu m'a fait une scène parce que tu trouvais que je ne te racontais pas tout les détails de ma journée. Ta maudite jalousie! Oh comme je t'ai haï!
  • Oh Clara! Je t'en prie, excuse moi mais tu me fais griller d'impatience. Ma patience n'est pas expansible à l'infini. Tu le sais bien, alors arrête de me persécuter. Qu'a dit le notaire?
  • Tu sais, je l'aimais bien mon grand oncle si ça faisait des années à cause de toi que je ne l'avais pas revu.
  • Clara, je t'en prie. On dirait que je te tenais enfermée!
  • Avec grand-père je me souviens d'une fois où on était aller le voir en vacances. On avait pris le bateau. Il n'y avait pas encore de pont pour desservir l'île.
  • Clara!
  • Je devais avoir huit ans. Tu te rends compte d'une aventure ... Je t'assure que ça ne sert à rien de tapoter la table, de soupirer, de te frotter le menton. Pour une fois où j'ai quelque chose à raconter ... Sois patient mon chéri, sois patient.
  • Clara ...
  • Quand il avait fini sa journée au marais salant l'oncle rentrait pour motoculter son champ au bord de mer.
  • Oh Clara, qu'est-ce que le notaire a dit?
  • Tu sais l'oncle vivait très difficilement. Il nous laisse un lit, une table, une chaise, deux casseroles et ... et un vieux relax en acier tubulaire.
  • Un vieux relax en acier tubulaire! C'est tout?
  • Ah oui, j'allais oublier.
  • Tu allais oublier quoi?
  • Il nous laisse aussi la bicoque et le terrain.
  • Bon dieu Clara! Tu aurais pu le dire plus tôt! Ça fait combien d'après le notaire?
  • Il estime à plus d'un million.
  • Un, un, un
  • C'est bien la première fois que je te vois bégayer. En fait bien sûr on va se faire ponctionner mais le notaire dit qu'il nous restera de l'ordre de un million trois ... Eh bien, tu ne dis rien?
  • Tu te rends compte ma chérie. On va pouvoir larguer cet appartement pourri en région parisienne dont le loyer me coûte la peau des fesses.
  • J'en paye ma part!
  • A la hauteur de tes revenus! Mais ce n'est pas le sujet. Ne m'interromps pas tout le temps, c'est vrai, c'est énervant! Je voulais dire qu'on va pouvoir se réoccitaniser en rachetant la maison de mes parents.
  • Se réoccitaniser? La maison de tes parents? J'ai oublié de te dire que la seule chose que l'oncle ne nous laisse pas c'est son boutoué qui appartenait déjà à son grand-père.
  • C'est quoi un boutoué?
  • Le notaire m'a expliqué que c'est un outil dans les marais salants. Il en fait don au Musée municipal. Son conservateur était là chez le notaire et il était tout content. Il a dit que c'était la première fois qu'il en voyait un qui était si ancien.
  • Ah la charogne! Il aurait pu nous le laisser et on l'aurait vendu à un antiquaire ou au musée.
  • C'est bien là que le bât blesse avec toi mon chéri. Je vais te laisser te débrouiller tout seul avec le loyer de l'appartement. Ma part était si minime! Et je vais me chercher une petite maison en Bretagne.
  • Mais Clara!
  • Il n'y a plus de Clara pour toi. J'ai pris mon billet de train pour Rennes ce soir. Je vais chez ma sœur le temps que je trouve une maison. Maintenant tu me laisses faire mes valises et tu restes calme où j'appelle la police.

4 commentaires:

  1. Il aura suffi d'un boutoué pour révéler la vraie nature des gens... le monde est cruel :)

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  2. stouf
    Quoiii...la dame va se faire boutoué par le tubulaire de Jean Marais pour un million (un million de quoi ?)...en Bretagne ? Zut,j'ai rien compris ! ;o))

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  3. Pour une fille qui se prénomme Clara, on ne peut pas dire qu'elle ait une conduite très claire...
    ¸¸.•*¨*• ☆

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