vendredi 11 novembre 2016

Jacques - Lointains

"And then with a little shudder the elf became quite still, and his eyes were nothing more than great glassy orbs, sprinkled with light from the stars they could not see."

Toujours, j'ai rêvé les rives du Nord. Les dunes, les oyats, le sable chassé par le vent qui gifle le visage.
Donnez moi le Lavandou, et je vous l'échange contre Berk.
Pour moi, natif des berges du Lacydon, élevé aux gerbes d'embruns du Golfe du Lyon sous le bleu éclatant du ciel lavé par le Mistral, m'asseoir sur un banc face à ces ondulations sablonneuses à perte de vue où jouent les marées est le comble du plaisir maritime.
Il pourrait m'être difficile de justifier cette fascination pour ce repoussoir absolu quand les stéréotypes de mes origines n'attendent la vague qu'au-dessus de vingt cinq degrés celsius et font du "Nord" – prononcé avec emphase et une once de terreur mal contenue dans la voix – le neuvième cercle de l'Enfer, mais la Littérature, qui mérite sa majuscule, vole à mon secours.
Mais voilà, il y a le charme de ces constructions biogéomorphologiques, cet équilibre délicat de l'eau, du vent, du soleil, de toute une cohorte de plantes luttant pied à pied contre le sable. Et puis, surtout, toute la littérature qui s'est approprié les infinis côtiers.
A moi, les épopées marines dans les mers septentrionales, la route du Nord Ouest, récits épiques des Terre-neuvas, que plus tard ont enrichi les chroniques d'expédition Viking des Sagas d'Islande, et Pierre Loti donc ! Et Thor Heyerdahl !

Jusqu'à l'incipit de ce texte, quand l'Elfe libre Dobby expire dans les bras de Harry Potter, sur une dune sablonneuse, je m'évade du récit et j'imagine au loin l'habitat néolithique de Skara Brae, le Broch de Gurness, derrière la lande battue par le vent de l'arctique, le formidable Gunnar Hámundarson assis sur un banc anachronique devant une pierre tombale à l'épitaphe maladroite.
Je me vois marcher sur une plage ou l'écume de la marée a laissé des festons de glace, et les draperies ionisées d'une aurore boréale viendront clore la scène de mes rêves d'exotisme loin des oliviers, certes, mais nés entre des pages, toujours.

4 commentaires:

  1. J'aime cette évocation, cette promenade, cette rêverie précise, cette précision rêveuse

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  2. comme Pierre Loti tu m'as transportée en terres lointaines et inaccessibles :)

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  3. Ah...comme tu vas faire plaisir à mes amis Ch'tis !
    C'est simplement merveilleux ta façon de décrire les plages et les ambiances de ces ciels si particuliers.
    Bravo Jacques
    ¸¸.•*¨*• ☆

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  4. Inconditionnel du Lavandou et du Var en général,j'ai bien apprécié ce voyage au pays des elfes

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