lundi 14 novembre 2016

Laura Vanel-Coytte - Ascenseur

Il voulait

Il voulait qu’elle aime ses autres femmes
Elle avait essayé d’être lesbienne avec l’une
Et là, il voulait lui faire essayer le triolisme
Avec lui, elle et une autre de ses femmes.

Avant lui, déjà, l’homosexualité littéraire
L’intéressait, l’excitait même, dans la pratique
Elle l’avait embrassé, caressé mais sans être
Dans l’état où la mettaient certains livres

Avec lui, elle avait développé sa culture artistique
Il l’avait peint et elle avait aimé être son modèle
Habillée, nue et souvent le désir dépassait l’œuvre
Et les entraînait vers des plaisirs plus physiques

Dans l’ascenseur qui les menait vers leur chambre
Il les regardait toutes deux avec concupiscence
L’autre femme était une habituée de cette pratique
Elle sentait la pression monter, plus que le désir pour elle

Elle convoquait le « Journal » d’Anaïs Nin pour se
Motiver, elle revoyait leurs jeux de plaisirs solitaires
A deux pour avoir envie d’elle sur lui et lui avec elle
Elle visualisait des gravures érotiques d’Egon Schiele

Pour se détendre et se dire que pour sa libido, cette expérience
Etait indispensable, sa culture du plaisir serait incomplète
Sans avoir réalisé ses lectures avec une seule main coupable
Cela ne pouvait qu’être mieux que Rodin dans ses meilleures planches

Les chiffres augmentaient en même temps que le désir des deux autres
Sa bouche gourmande à elle plongeait déjà en esprit dans son sexe
Et elle le caressait, lui, d’une autre main, pressante et experte
Ils attendaient d’elle autre chose qu’un discours sur l’art de la caresse.

Elle regarda sa montre, serra son sac où Sade voisinait avec Colette
Elle aimait lire et voir le sexe à deux, trois ou plus, le regard d’un groupe
Même sur son intimité ne l’avait pas répugné ; il était vingt et une heure
A l’étage vingt- un, devant la suite vingt et une de cet hôtel de luxe.

Elle eut le temps de compter jusqu’à vint et une comme elle le
Faisait le soir pour plonger dans le sommeil, une semblable aventure
Où l’abandon pouvait mener à un orgasme extatique
Leurs mains à eux s’affolaient déjà et leurs regards lubriques

La déshabillaient avant même le seuil de la porte
Qui ne s’ouvrait pas assez vite, seuls enfin, deux sexes
Se tournaient vers elle, occupés en même temps l’un à l’autre
Réclamant sa complicité et sa participation, ils ne la virent

Cependant pas, quitter la chambre en courant en larmes
L’ascenseur n’arrivant pas assez vite, elle dévala les étages à pied
Pour se retrouver entre regret et soulagement à l’air libre
A tenter d’oublier ce couple complice et avide d’elle.

4 commentaires:

  1. Il voulait, il voulait...
    Sans doute heureusement était-ce bien qu'elle se demande ce qu'elle voulait vraiment, elle...et qu'elle fuie si elle ne le sentait pas...

    ¸¸.•*¨*• ⭐️

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  2. Comme quoi, il ne suffit pas de vouloir...
    avec le sourire

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  3. étrange comme un rêve

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  4. Une question de volonté... bien posée ? Exposée ! J'y prends ma part... de fantasmagorie que nous permet l'écrit. Merci d'être aller titiller ces zones troubles où nous mène parfois le récit ;)

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