mardi 2 mai 2017

Jak - La loge

Ya pas de sots métiers

Sans ressources depuis longtemps, Irène, septuagénaire, avait accepté sans ambiguïté ce nouveau travail. D’autant plus qu’elle n’était pas à califourchon sur des idées fixes de métiers à exercer : elle était prête à accepter un emploi de n’importe quel chorège de la place, pourvu qu’il lui fournisse les subsides pour vivre.
Et cette fonction restait dans ses cordes, avant son AVC elle pratiquait quelque peu déjà en amateur dans sa cuisine.
Maintenant bien remise, sans séquelles, du moins apparentes, elle était sortie du gouffre où elle avait été plongée il y a 4 ans.

Elle se présenta au 10 du boulevard Montmartre.
Un portier efflanqué, le regard vitreux, l’haleine pestilentielle lui demandât sa carte d’identité.
Obnubilée par l’aspect insolite de ce gardien du temple arborant une crinière folle, aux cheveux d’or flavescents, noués en queue de cheval, elle fut très troublée, et ne pouvait trouver ses papiers, dans le fouillis de son sac.
L’homme bougon la tança avec une voix étrangement féminine :
Alors Mémée on se presse !
Indignée, elle jetât à la tête de ce malotru ses certificats enfin dégotés.
Le gardien la laissa passer après avoir informé par bigophone la concierge sa présence sur les lieux.
Celle-ci peu amène arriva pour la prendre en charge.
Elle fut introduite dans une salle immense de ce musée où l’on pouvait voir des Expositions permanentes et temporaires.

La responsable du lieu, sans sourire, lui remit en mains un plumeau, et lui expliqua qu’elle devrait épousseter toutes les mises en scènes de cinéma qui avaient été si bien reconstituées. Elle devait commencer, par la fameuse scène mythique où l’on voit,

Jean Gabin dire à Michèle Morgan « T’as de beaux yeux tu sais »

Irène mis du cœur à l’ouvrage, elle voulait garder la place qui en plus de subsides, lui permettrait de voir de belles choses.
Et calfeutrée dedans sa loge, la concierge priait en vain pour que cette énième femme de ménage ne fasse pas l’affaire, car elle avait promis de pistonner sa nièce pour cet emploi.

Où lire Jak

8 commentaires:

  1. Entre un planton qui refoule, une bignole bigote, et la mère plumeau avec son AVC avancé... C'est le musée des erreurs ]:-D

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  2. Dépoussiérer les scènes cultes... en voilà un beau métier !

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  3. Finalement, ce récit est une nouvelle scène de cinéma !

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  4. Bigophoner à une bignole, on devrait dire bignophoner...
    ¸¸.•*¨*• ⭐️

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  5. Une scène des années 50, en noir et blanc ...

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  6. tout un petit monde bien campé !

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  7. Arpenteur d'étoiles7 mai 2017 à 16:58

    Irène femme de ménage dans un musée avec un plumeau ... belle idée ... et sa nièce aura forcément cet emploi là :o)

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