dimanche 7 octobre 2018

Semaines du 24 septembre au 7 octobre 2018 - Impromptus

A présent nous puisons notre inspiration dans une suggestion de thème qui nous a été faite par Laura Vanel-Coytte  : "Impromptus littéraires"

"Il s'agira soit de définir chacun des termes, soit de le faire globalement.
Vous pouvez aussi dire ce que sont les "Impromptus littéraires" pour vous.
Vous pouvez faire tout à la fois, ou l'interpréter autrement : en musique, peinture, prose, poésie etc...
Soyez "impromptus" ou "littéraires" ou les deux à la fois !"

Comme ce thème nous tient à cœur, nous vous le proposons pour une durée de 2 semaines.
Vous aurez donc jusqu'au dimanche 7 octobre 2018 pour nous envoyer votre texte à l'adresse habituelle impromptuslitteraires[at]gmail.com

dimanche 23 septembre 2018

Béji - La faille



Sa haine de la vie martyrisait jusqu’aux plus petits
Assassinée personne ne la regretta.

L’autopsie révéla au cœur une anomalie.
Le scalpel trancha, sépara
Libérant un torrent de larmes

Personne ne sut jamais pourquoi….

Annick SB - La faille

Que faire ?

Tu t’affaires
La chercher
L’éviter
La comprendre
La fuir
La saisir
Quelques attitudes différentes pour l’aborder, selon l’humeur du jour
La traverser sans crainte ou au contraire s’y glisser
Dévier
Et puis parfois aussi y plonger à plein nez
Ravage
Piège
Illusoire frisson
Le ventre creux se tord
Les doigts se croisent
La lumière ne passe plus
Je te vois recroquevillée
La faille, c’est quand dans ta vie tout déraille
Et que le rail te fait perdre la voie que tu souhaitais poursuivre
Quand se séparent raison et passion, besoin et solitude
Quand tinte le craquement des plis de ta peau bleuie
Quand la voie est trop large et absorbe tes craintes pour faire boule de neige et vivre en avalanche, isolée
La poudre ne tombe jamais du ciel
Seuls les cristaux, beauté éphémère, pourront transformer tes larmes en nuée dans un aller retour plein de promesses et de lumière
La faille c’est la crevasse de tes paupières qui, écarquillées ou fermées suppurent le temps d’un cri, d’une alerte, d’une tempête
Et puis c’est le silence
Tout est vilain à voir dans tes pensées moribondes
La faille c’est le pétard qui ne fait pas boum, c’est le poison qui attaque, c’est le doute qui tue, l’envie qui disparait
Ta bouche qui se tait et tes bras qui attendent
La faille c’est quand la confiance est tombée aux oubliettes et que tu es prisonnier
De toi, surtout de toi
La faille c’est ton vide
Béance
Chute
Tu as froid
Chasse les leurres
Lève les yeux
Délivre-toi
Grimpe
Accroche-toi
Supplie
Là-haut c’est sur et même aussi plus bas que ça, quelque chose t’attend
Quelque chose que tu ne soupçonnes même pas
C’est possible, crois-moi
Je sens la Paix venir à ta rencontre
Donne-moi la main, je vais te guider …


samedi 22 septembre 2018

Maryline18 - La faille

Les failles

Au jardin asséché, je livre une bataille.
Au grand air retrouvé, le défi est de taille !
Arroser et bêcher, au plus frofond des failles,
Sans grands soins prodigués, la terre souffre, s'entaille...
Salement fagotée, même les oiseaux tressaillent,
Quand j'avance, déroutés, ils s'envolent et piaillent ;
Sur le prunier, perchés, ils surveillent mon travail,
Curieux et amusés, échappés du bercail.
Mes amis, mes alliés, quand la douleur tenaille,
Vous me réconfortez, éloignez la grisaille,
De mon coeur torturé, entouré de murailles
Censées me protéger...Légères, comme la paille...
Je trace des carrés, repousse la broussaille
Du futur potager, à grands coups de scisaille.
Bientôt je sèmerai, des épinards, de l'ail
Et aussi des navets...Je m'étire, je baille.
Tout créer, redessiner, reposer les rails
Pour de nouveaux projets... Passez sous le portail
De mes joies mesurées. Le ciel, comme un vitrail
Entre les branches éffeuillées, nous offre un chandail
De jaunes et d'orangers...Des contours, je retaille
Les ronces indésirées, et oui, je m'encanaille... !
La forme espérée, du porche aux entrails,
De mon jardin rêvé, n'admet pas la pagaille.
Et pourtant la beauté, tel un épouventail
Pourrait bien se dresser, dans une allée de rocaille,
Et cela, je le sais, je l'attends comme la caille
Patiente, réfugiée, esquivant la mitraille
Des cailloux sous les pieds, des chasseurs qui ripaillent.
Dans mon monde ordonné, où je compte les mailles
D'un destin édifié d'illusions que j'empaille
D'un amas de regrets, peut-être des détails...
Les plaisirs sont pesés, et donnés au bétail
De petites bouchées, les estomacs rouscaillent
Impatients, affamés...Mais quand est-ce qu'on ripaille ?
Vois, la table est dressée, je t'attends, "le détail"
Qui viendra bousculer mes projets, éventails,
de mes rêves étriqués ! Entend, ma folie braille !
Mais mes peurs amplifiées, annoncent les funérailles
D'un départ périlleux, d'un changement de rail...

vendredi 21 septembre 2018

Daniel Hô - La faille


cette humanité
n’existe que grâce à elle
cette faille en nous

Mapie - La faille


Tu n'es pas infaillible ma caille.

Faut-il que je comble tes failles et que tu polisses en moi toutes aspérités pour commencer à vivre ? Je doute...

Il est des chantiers qui ne finissent jamais. Cet emploi est de rêve :  une vie toute entière et finir imparfait.

Quand la faille est un gouffre, toutes proportions gardées, nous n'y pouvons rien faire, sauf se faire une raison. Et pour cette béance qui t'effraie je le sais, puis-je te suggérer de n'en point voir le fond ?

Observe comme le trou parait étroit dès lors qu'on le regarde sous le bon angle, du bon endroit... Oserai-je te dire que cet endroit c'est là.. oui , là, au creux de mes bras...

Voilà que tu défailles ma caille... 

Où lire Mapie

jeudi 20 septembre 2018

Tiniak - La faille

Faille ? Ire !

Je marche dans les pas de ma mémoire assise
où tu viens, ma promise, avec le ventre ceint
et me suis réveillé, des larmes plein les mains
mon âme et ma pensée encore à toi soumises


Je vibre, le corps nu, envahi de soupirs
pollué d'un désir au visage émacié
comme on tranche un poisson en de tendres filets
et l'oeil désemparé par trop de souvenirs


J'ai à l'oreille un cri lâché dans le vertige
En surgissent tes yeux - leur lume dans les miens...
tombant comme un aveu sans s'accrocher à rien
oreille ni sourire ou croupe callipyge


Je borde cette faille où tu as disparue
mon amour incongru, ma paire chatouilleuse
et rien ne change au ciel, Orion ni Bételgeuse
il faut que je m'assoie... Peut-être ce talus ?


Je regarde le sol et j'y vois tant de failles
- foin de mon attirail ! Rien n'empêcha ta chute
et ce qu'elle entraîna de nos sublimes luttes
engagées à souffler, pour le feu, sur la paille !


Je sens gluer les corps près de San Andreas
et pourtant que leur glace à le goût de Manille
je ne puis révoquer que le parfum vanille
de tes deux jolis seins sous mes doigts, bien en place


Je longe le sillon de nos derniers égards
embué le regard et le pas hésitant
(ça roule, là-dessous; le terrain est glissant !)
et, comme bouche bée, je t'offre mon regard


Mercy, Mersey ! Laisse-moi coucher dans ton lit
plongeant, aigri, transi, depuis ma barcarolle
pour rejoindre ma folle
et plonger dans sa nuit




Où rendre hommage à ma très chère Nickee, chez le Niak...

mardi 18 septembre 2018

Mister K - La faille


Des failles
J’en ai plein les fouilles
Parfois avec un mouchoir par-dessus
Des blocs rocheux encombrent mes yeux
Se déplacent
Me cisaillent le dedans
Des algues filaments
Me freinent et m’entraînent

Des failles
J’en ai plein les fouilles
Parfois avec un mouchoir dessus
Vortex qui m’aspirent
Dans des sables inconnus
Irréels
Le marécage de l’oubli
Semble le seul salut

Des failles
J’en ai plein les fouilles
Parfois avec un mouchoir par-dessus
Dans les profondeurs sombres
La gravité me prend par la main   
Du côté des plaques tectoniques
Et je tourbillonne
Comme une feuille spatio-temporelle