dimanche 22 avril 2018

Semaine du 16 au 22 avril 2018 - Le jardiner amoureux

Après les hommages à Jacques Higelin, un peu de légèreté et un brin de folie :
Cinq éléments incontournable pour un texte !

un personnage : un jardinier amoureux
un lieu : au milieu du boulevard
un objet : un rouge à lèvres
un moment : avant la naissance de Gilles
un problème ou une anomalie : le linge qui séchait dehors a disparu

Pour nous envoyer votre texte c'est à l'adresse habituelle : impromptus[at]gmail.com.
Votre imagination qu'elle soit en vers ou en prose fera merveille avant dimanche 22 avril 2018 minuit !

samedi 21 avril 2018

Tisseuse - Le jardinier amoureux


Le jardinier amoureux
A déposé sa tête aux pieds
De la belle
Il lui a dévoilé le bouquet
De ses idées
Et s’est figé langoureux
Dans une pose artificielle



















Il rêvait de cette fleur épanouie
Mais elle s’est évanouie
Sous les frondaisons
Depuis il a perdu la raison
Et l’agilité
Seul son bouquet
Est resté éternel

Au milieu du boulevard de ses pensées
La vie s’est alors déréglée
Le linge qui séchait dehors
S’est envolé
Le jupon est passé par-dessus bord
Des rouges à lèvres ont germé
Comme des myriades de graminées



















Cela s’est passé
Bien avant la naissance de Gilles
A l’heure pile
Où Alice tombait
Au pays des merveilles
Et des abeilles
Et y rencontrait monsieur Ponti


Mister K - Le jardinier amoureux


Civil 

C’était une ville
Comme il y en a cent comme il y en a mille.
Ne restait que le vent suspendu à un fil
Le linge qui y séchait était parti en exil
Disparu ? évanoui ? dérobé ? ou en pile
Dont la blancheur des draps obnubile
Était-ce des fantômes maintenant la ville ?
Non, regardez, au milieu du boulevard se profile
Un jardinier amoureux qui se faufile
Un paquet à la main il jubile
A la pensée de ce rouge à lèvres pour celle dont il est l’il

Tout ceci se passait avant la naissance de Gilles. 

Où lire Mister K

vendredi 20 avril 2018

Célestine - Le jardinier amoureux

Le procès

On fit entrer le témoin suivant. L’accusé gardait la tête baissée et triturait son grand chapeau de paille entre ses doigts aux ongles noircis par des années de conversation avec la terre. Ses yeux, sous sa broussaille de sourcils gris, ressemblaient à ces petits lacs calmes de montagne, au petit matin, quand le soleil affûte ses premiers rayons.
- Vos nom, prénom, âge et qualité, demanda le président.
- Lefort Auguste, 72 ans. Et pas beaucoup d’ qualités, plutôt d’ gros défauts ! D’mandez à Germaine, ma moitié. Elle vous l’dira.
- Jurez de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, levez la main et dites je le jure.
- Je l’jure, m’sieur l’juge.
- On dit monsieur le Président.
- D’accord, m’sieur l’juge.
Le juge leva les yeux au ciel. Ce procès commençait à lui brouiller l’écoute.
- Quels sont vos liens avec l’accusé ?
- C’est un ami, hein, m’sieur l’juge. C’est un grand ami, hein… J’ l’connais d’y a longtemps…Quand c’était-y donc ? J’me souviens, hein, c’était juste avant la naissance d’mon Gilou… et pis c’galopiot-là a déjà bien ses quarante ans, ’jourd’hui, hein, m’sieur l’juge ! C’est vous dire si ça passe…

Et c’était comme ça depuis le matin.  Le juge Edouard Gadoulet trouvait cette  audience abracadabrantesque. Les témoins étaient tous des bas-du-front, qui ne comprenaient rien à rien. Ses assesseurs comptaient discrètement les mouches au plafond, en taquinant leur pointe Bic. Les jurés semblaient se demander dans quelle galère ils étaient venus ramer. Des murmures parcouraient l’assemblée, où l’on pouvait, avec une oreille exercée, distinguer selon les moments, de la désapprobation, de l’effroi, de l’indignation, de la surprise et tous ces autres sentiments collectifs exprimés en rumeur un peu floue, qui animent toujours un procès quand l’accusé jure ses grands dieux qu’il est innocent alors que tout l’accable…Les journalistes tournaient comme des charognards à la recherche de leur sempiternelle pitance : le scoop, le coup de théâtre dont sont toujours friands les lecteurs. Hélas.
Cela faisait des heures que les débats s’éternisaient, et Edouard Gadoulet avait de plus en plus l’intime conviction que ce jardinier n’avait pas assassiné sa patronne, la Comtesse Adélaïde de Bois-Joli. Bien qu’on eût retrouvé celle-ci bizarrement dans sa voiture au milieu du boulevard, une dame d’onze heures piquetée dans ses cheveux auburn,  malgré les prétendues preuves avancées par la partie civile, la disparition mystérieuse du petit linge de la comtesse qui séchait dehors, ainsi que de la corde à linge d’ailleurs (corde ayant certainement servi à provoquer la mort). Jusqu’à cette inscription au rouge à lèvres sur le pare-brise « Albert m’a tuer…»
Quelque chose ne collait pas.
Cet homme qui connaissait par cœur toutes les plantes de son jardin par leur nom savant, qui parlait en tremblant de son sorbier, de ses lys oranges et de son réséda odorant, cet homme dont les seules maîtresses n’avaient été sa vie durant que la Grande Bardane, L’Aphyllante, la Véronique et la Némésie, ou encore le désespoir des Peintres, et qui faisait voyager la salle d’audience avec son Andromède du Japon, sa Bourrache du Caucase et son Chèvrefeuille de l’Himalaya, un tel homme ne pouvait pas être un meurtrier.
Pour Edouard Gadoulet, le célèbre juge blond qui fume amateur de vieux whisky, le juge réputé impavide, impassible, incorruptible, c’était un comble de se sentir tout retourné par ce jardinier amoureux de son jardin. Mais il croyait à son innocence.
Et jamais,  au grand jamais,  il n’aurait voulu conclure sa longue carrière sur une erreur judiciaire…

jeudi 19 avril 2018

Lilousoleil - Le jardinier amoureux

à l'eau de rose

Dans le grand parc du Palais royal de Coucouron sur Arzon, la fête battait son plein sous l’œil du grand maître jardinier, un génie. Les gens du monde entier et surtout les gens du monde  se pressaient auprès des massifs fleuris de roses merveilleuses s’exclamaient avec des grands  « Ah », se pâmaient avec des grands « Oh » devant cette symphonie de couleurs et de parfums. La belle Sophronue sous son ombrelle s’ennuyait fermement. Elle détestait  les roses et se demandait bien pourquoi elle avait accompagné Waudru sa cousine. 
Au détour d’un massif, Eugénie lui présenta le Maestro des roseraies qui tomba immédiatement amoureux de la Belle Sophronue. Tout dans sa personne le fit frissonner. Ses cheveux bruns frisés s’échappant de son chapeau, ses yeux verts en amande et sa bouche soulignée d’un rouge à lèvres framboise, rien à jeter se dit-il !  Il multiplia les rendez-vous, fit de son mieux pour lui parler le langage des roses mais elle restait hermétique à ses nouvelles créations. Elle préférait les ancolies, les jacinthes sauvages et les coquelicots.  Elle poussait même son amour de fleurs champêtres à sa lingerie fine … Tout en dentelle de Calais et soie Liberty’s .
Pauvre génie floral, il n’arrivait pas à conquérir la demoiselle. Un jour, il la suivit et découvrit le logis de sa dulciné.  Bien malgré lui, il subtilisa petite culotte et soutien gorge qui séchait au gré d’un doux zéphyr.
- Ah ça mais s’écria Sophronue, ma lingerie, mon linge qui séchait dehors a disparu ! Tel Harpagon avec sa cassette, elle courut partout… Elle accusa Waudru de jalousie maladive.
Le jardinier amoureux serait-il fétichiste ? Que nenni ! C’est le seul moyen qu’il trouva pour séduire la Belle en lui rapportant son précieux bien.
Cette histoire que l’on me rapporta, s’est passée, il y a bien quelque mois, juste avant la naissance de Gilles, leur premier enfant. Depuis, plus de rosiers, rien que des pissenlits et des marguerites sauvages dans un parterre, fouillis herbacé au milieu du boulevard de Coucouron sur Arzon.

mercredi 18 avril 2018

JCP - le jardinier amoureux

Le pommier de la voisine


Cela se passait neuf mois avant la naissance de Gilles, c’est pour dire…

Un jardinier gentil s’était épris d’un pommier - il est d’étranges mœurs dans la nature.
Or l’arbuste joli, que cernaient de hauts murs, logeait chez sa voisine - pareillement cernée.

La dame étant lingère, un complexe réseau de cordes quadrillait son jardin, encombré nuit et jour du linge qui gouttait, et cachait à la vue du pauvre jardinier le pommier de son cœur. Comprenant sa douleur, le vent compatissant parfois levait un voile sur son amour, et l’on vit des tempêtes de sous-vêtements s’abattre au milieu du  grand boulevard, certains imprégnés de rouge à lèvres – on l’a dit, il est d’étranges mœurs dans la nature.

Par un beau jour de Mai, le linge qui séchait au dehors disparut pour de bon, libérant à satiété la vision du pommier au bonheur neuf du jardinier.

Et tel le légionnaire képi à la main devant Mr. Seguin, on vit l’homme tremblant frapper chez sa voisine.

Sans doute eût-il été fort croquignol d’apprendre ce qu’il put bien lui dire ; et ce qu’en retour elle lui dit ; hélas nul ne le sut - eux-mêmes l’ayant tu.

Respectant saintement Lecteur et Vérité,
On voit bien que l’auteur ne dit que ce qu’il sait

mardi 17 avril 2018

Mapie - Le jardinier amoureux

Jeune et belle comme le sont bien souvent les jeunes femmes qui se savent admirées au regard des passants. Elle promenait son chien, petite boule de poil blanche matin et soir sur le terre plain au milieu  du boulevard  de Rochechouard.  A elle seule, elle aurait pu faire de Paris, l'une des villes les plus romantiques qui soit. Son sourire  rayonnait et le mur à deux pas lui criait des "je t'aime " en toutes les langues qui soient.
Sur son banc vert Decaux, un homme  très "comme il faut" prenait l'air vicié de Paris avec délectation comme chaque matin depuis... depuis.... oh là... avant la naissance de Gilles... son braque de Weimar... une bête énorme qu'il devait sortir toute la journée sous prétexte que l'appartement du 6 ème était plus étroit qu'une niche pour leurs 6 pattes et deux bras...
Bref, assis sur son banc, il la voyait passer.  La peluche blanche faisait de l’œil à Gilles et la bouche au contour parfait esquissait un sourire amical et discret à notre jardinier amoureux . 
Car jardinier, il l'était, depuis quelques temps... amoureux aussi... de ce sourire quotidien qui prenait plus de place dans la vie de cet homme que son énorme chien.
Tant amoureux qu'il lui fallu arpenter tous les magasins  de Marionnaud à Lafayette pour retrouver ce rouge à lèvres parfait qui habillait si bien la bouche de la jeune et jolie femme qui promenait son chien sur le boulevard.
Coquelicot... ou fleur de Pavot... appelez ce lips stick comme vous voulez, toujours est-il que ses lèvres sont rouges, charnues, en coupe creuse, telles ces fleurs éphémères et toxiques aux effets narcotiques.
Les jours comme les nuits de notre jardinier étaient peuplés de baisers sauvages en quantité innombrable tel un tapis  coloré de Monet... Et plus les jours passaient, et plus notre homme se plaisait à cultiver ce jardin, son jardin. Épris de la femme aux lèvres coquelicot, il veillait à parfaire son tapis coloré boulevard Rochechouard...
Au début, il ramassait à terre les tissus et autres détritus abîmant le décors, puis sur les jardinières des balcons il planta du colza jaune, des herbes vertes, et du pavot, oui du pavot plus qu'il n'en faut... mais qui se serait plaint ?... C'était si joli, ce champs fleuri au milieu de Paris... 
Et  puis,  phénomène étonnant, le linge qui séchait dehors   à la fenêtre disparaissait.. ou plutôt, quelques chaussettes grises ou blanches rafraîchies, ou encore du linge de corps sans couleur... s'envolèrent...  ne restait que les vêtements de couleur rouge, jaune paille, vert tendre et un peu de bleu...
Oui, notre jardinier désherbait...
Il échangeait une culotte à motifs improbable contre un slip jaune pâle ou un body vert bleuté... Toujours de très bon goût car personne ne bronchait... Plus étonnant encore, il semblait que les habitants se plaisaient petit à petit à ne mettre plus que du linge de couleur appropriée sur leurs balcons...

Annick SB - Le jardinier amoureux

Trois ou quatre gouttes …

Je ne vous raconterai pas l’histoire du jardinier amoureux qui au milieu du boulevard s’accroupît pour ramasser un tube de rouge à lèvres ; je ne vous la raconterai pas car elle serait anachronique ;  C’était bien avant la naissance de Gilles oui !
Mon histoire en effet  se déroule dans un village provençal, à la fin du XIX siècle et comme chacun le sait les boulevards n’avaient pas eu droit d’entrée dans les villages de Provence ; de plus, pas toutes les jeunes filles possédaient un tube de rouge à lèvres.
Madame de Frayssinet aimait infiniment se reposer après le déjeuner.
Elle prenait soin de faire croiser les persiennes par sa femme de chambre et s’allongeait, toujours sur le côté gauche, pour rêver d’un monde meilleur, un monde dans lequel l’ennui serait banni et surtout dans lequel il se passerait enfin quelque chose d’important.
Ce jour là, elle fit le tour du personnel dans ses pensées et se dit qu’elle avait une chance extraordinaire avec sa lingère, qui avait surement déjà ôté les draps de l’étendage alors que l’orage menaçait à peine ; une chouette fille ; efficace.
Mon arrière grand-mère était lingère au château des Frayssinet depuis huit mois.
Dans ce château il y avait beaucoup de personnel  et une grande et belle lignée de bons à rien.
Mon arrière grand-mère sentait bon.
Mon arrière grand-mère aimait le propre.
Mon arrière grand-mère était travailleuse.
Mon arrière  grand-mère était une sainte.
Madame de Frayssinet la voyait ainsi.
Mais  - Il y a toujours un mais dans les histoires  de saintes, peut-être parce qu’on a toujours l’art d’interpréter des faits selon un prisme moderne -  mais donc, mon arrière grand-mère ne savait pas y faire  malgré sa jeunesse, ses talents, son honnêteté, et personne n’avait demandé de l’épouser ce qui à l’époque était  très croquignolet puisqu’elle n’était plus toute jeune.
Certains l’appelaient Saint -Nitouche ce qui ne le faisait ni rougir ni rire ; elle trouvait ça indélicat comme tous les sobriquets qu’elle jugeait stupides et méchants.
Mon arrière grand-mère était une sainte femme aimante et aimée qui détestait commérer.
Etre aimée n’est pas donné à tout le monde entend-on souvent.
Mon arrière grand-mère pensait le contraire car elle se savait aimée et cette simplicité était son essentiel.
Parfois elle croisait le regard du jardinier ; à ce moment là son cœur battait toujours la chamade. Le jardinier avait un sourire divin.
Le jour où Gilles naquit le ciel était nuageux.
De gros nuages moutonneux et splendides se déplaçaient lentement au dessus des cimes.
Le linge du château était étendu sur de longs fils.
Les murs épais et clairs les cachaient comme ils cachaient aussi, bien des dénis, les dénis que la vie embellit à ce qu’on dit, lorsque, comme les galets qui ricochent, ils passent de dénis à secrets, de secrets à surprises, de surprises à conseils, de conseils à souvenirs…
Mon arrière grand-mère leva les yeux et sentit les premières gouttes.
Elle pressa le pas pour aller enlever les draps des cordes avant que la pluie inonde tout.
Elle trébucha sur une pierre et tomba sur l’herbe en lâchant la corbeille vide.
Des contractions immenses se firent alors sentir dans son bas ventre.
Une douleur aigue et puissante qu’elle n’avait jamais ressenti auparavant la fit tressaillir.
Mon arrière grand-mère se sentit immensément seule.
Personne ne l’accompagnait pour sa besogne.
Elle poussa un cri strident, souleva ses jupons et priant, criant, elle sortit délicatement l’enfant qu’elle n’attendait pas.
(Les détails qui suivent n’ont pas lieu d’être écrits ; ce n’est pas que les mots me manquent ; ni que je sois pudique pour raconter la formulation des dessous sans dessus dessous de mon arrière grand-mère à cet instant, mais tout un chacun a déjà lu ou entendu pareils témoignages.)
Parfois, souvent, avant et encore maintenant, les femmes seules donnent la vie.
Elles la donnent par amour toujours, toujours, quoi qu’on ait pu vous dire ou vous laisser croire.
Elles la donnent dans un cri d’effroi car oui, elles ont peur et froid, et mal aussi ;  elles tremblent, elles craignent …
Et alors qu’épuisée elles ne croient plus à rien qu’à la douleur, l’élan de vie est là, une fois encore, une fois de plus, une fois comme des milliers de fois …
Mon arrière  grand-mère donna la vie à mon grand-père Gilles près d’un étendage, une après-midi d’orage.
Mon arrière  grand-mère devint en quelques instants fille-mère comme on le disait naguère.
Elle se mit debout péniblement, épuisée et surprise, souleva son torse, attrapa d’un coup un pan du drap blanc et enveloppa Gilles dedans.
Le jardinier, timide et néanmoins éperdument amoureux de mon arrière grand-mère, alerté par les cris de celle qu’il voulait épouser  sans jamais avoir osé la demander en mariage, se précipita vers l’étendage et l’aida  à regagner sa chambre avec le bébé qu’il posa délicatement dans la corbeille.
Bien entendu il ramassa tout le linge encore étendu et le mit à sécher au coin du feu comme si de rien n’était.
Lorsque Madame de Frayssinet se réveilla de sa longue et fatigante sieste,  elle fut surprise en ouvrant les persiennes de constater que le linge qui séchait dehors avait disparu.
Dans l’après midi elle fut encore plus étonnée de constater que ni le jardinier ni la lingère étaient à leur poste de travail.
Monsieur Carlos*, le chauffeur de Madame, se fit lui cette remarque :
«  Je les vis s’éloigner bras dessus, bras dessous et disparaître dans la rue, et me dis qu’il se trouvait peut-être au ciel un être de garde qui avait décidé d’accorder à ces deux-là trois ou quatre gouttes de bonheur. »

 *Carlos Ruiz Zafon                


lundi 16 avril 2018

Laura Vanel-Coytte - Le jardinier amoureux

Un jardinier amoureux

Un jardinier amoureux tentait décrire à la manière de Tagore[1]
Un poème pour sa belle qui peignait un tableau multicolore[2]
Qui les représentait tous deux dans un jardin paradisiaque.
Il aurait voulu l'honorer aussi bien en mots qu'elle en image.


















Il s'était placé au milieu du Boulevard des Italiens[3] pour changer d'atmosphère
Et écrire son amour de la manière que les impressionnistes peignaient la capitale
Modernisée par Hausmann: il voulait lui dire ses sentiments par caresses
Sur le papier et touches embrassées sur le clavier du paysage de son âme.
















Ce matin, sa belle peintre a mis du rouge à lèvres rouge
S'est maquillé les joues et mis des chaussures de femmes
Pour se promener sur le boulevard avec son ami poète,
Francis Carco[4] qui savait si bien, lui, peindre avec sa plume.














Elle ne parlait plus avec lui de Watteau[5] avant la naissance
De Gilles[6]; elle avait sa tête des jours de lessive[7] sauf que le linge[8]
Comme le désir qui la liait a lui avait disparu sans qu'il comprenne
Pourquoi ses mots n'avaient pas su fixer ses sentiments à elle.
 
















[1] http://francais.agonia.net/index.php/poetry/86892/Le_Jardinier_d'amour
[2] Alice de Miramon, Le jardinier d'amour, 2017 in https://www.artsper.com/fr/oeuvres-d-art-contemporain/peinture/285913/le-jardinier-damour
[3] Boulevards des Italiens, Paris, matin, effet de soleil,
huile sur toile (73,2 x 92,1 cm) de Camille Pissarro, 1897 in https://education.francetv.fr/matiere/arts-visuels/cinquieme/article/themes-et-motifs-de-la-peinture-impressionniste

[4] http://akia.eklablog.fr/le-boulevard-francis-carco-1886-1958-a128291266
[5] http://www.rivagedeboheme.fr/pages/arts/peinture-18e-siecle/antoine-watteau.html
[6] https://www.louvre.fr/oeuvre-notices/pierrot-dit-autrefois-gilles 
[7] http://gastoncoute.free.fr/jour_de_lessive.htm
[8] Maison avec le linge séchant - Egon Schiele in https://www.repro-tableaux.com/a/egon-schiele/maison-avec-linge-sechant.html

Où lire Laura Vanel-Coytte