lundi 19 novembre 2018

Semaine du 19 au 25 novembre 2018 - Petit Larousse 2019


S'il est un chantier en perpétuelle reconstruction, c'est bien celui du Petit Larousse qui voit son édition 2019 agrémentée de nouveaux mots comme
travailleur détaché, e-sport (ou sport électronique), grossophobie, frotteur, replay, teppanyaki...
Proposez-nous votre texte en vers ou en prose en utilisant un ou plusieurs de ces nouveaux mots ou d'autres nouveaux mots de votre choix et envoyez-le au plus tard dimanche 25 novembre minuit à l'adresse habituelle impromptuslitteraires[at]gmail.com

dimanche 18 novembre 2018

Semaine du 12 au 18 novembre 2018 - Quel chantier !

Finies les singeries, vous vous trouvez confronté à présent à une situation de chantier. Et quelle qu'en soit la nature, nous vous proposons d'écrire sur cette thématique du chantier.

En vers ou en prose, votre texte devra nous parvenir à l'adresse habituelle impromptuslitteraires[at]gmail.com avant dimanche 18 novembre minuit.

samedi 17 novembre 2018

Tiniak - Quel chantier !

CHANT'TIERS
Un pavé après l'autre, une route se forme
Sous l'ombrage d'un orme, une idée s'achemine
ayant pu réchapper de ses propres épines
étend, sur ce trajet, une passion... énorme !

« Hei, hi ! Hei, ho ! Au centre, nos brûlots !
Mieux disant, tout de go, d'où nous pleuvent les mots »

Une pierre après l'autre, une maison s'érige
Ô Vénus callipyge, y veux-tu séjourner ?
Qu'une œuvre de mémoire y prenne ses quartiers
et que, sur le métier, nos profonds lieux se figent ?

« Falleri, fallera...Soldons ces reliquats
de bottes sur nos pas, de chiffres à nos bras... »

Tuile après tuile, un autre nom de toi s'assemble
Il fait doux - ce me semble, y connaître à aimer
loger sous le couvert de nos intimités
où se sont embrassés les maux qui nous ressemblent

« Ton, ton, tontaine, ton, ton... Eh ! Voici nos corps !
Chantiers z'à l'unisson produisant leur essor… »

Contre ventre et marais, l'amnésie imbécile...
jouissons d'amour fertile et propre à contenter
le projet de nourrir, de simple humanité
le solide mortier des sociétés civiles


Où se défaire, par amour, d'une étoile jaune...

Jacques - Quel chantier !



Feuilles dorées, bientôt la neige
devant la fenêtre des tas de papiers
brouillon de roman, quel chantier !


vendredi 16 novembre 2018

Panserbjorner - Quel chantier !


Quel chantier

Premier souvenir: 
« Tu as vu ce chantier que tu as mis mon fils ?!! » Je ne comprends pas encore tous les mots, je n’ai pas encore la parole, mais à 3 ans, on dirait bien que je commence bien ma vie… Moi je veux juste découvrir ce qu’il y a derrière ces portes, dans ces tiroirs, dans ces sacs, sous ces vêtements. Je veux tout voir, tout toucher, tout sentir , tout goûter. Et si j’en crois le visage rouge et crispé de ma mère en ce moment, ça, on n’a pas le droit…

« Ah non, si tu veux que tes amis viennent, il va falloir ranger ton chantier ! 
Mais moi j’ai fabriqué cette machine Spatiale exprès pour mes copains ! Pour qu’on puisse décoller tout a l’heure ! Ça sert à quoi de faire un anniversaire « Nasa » si on peut pas faire de vaisseau spatial ? 
Ce n’est pas négociable mon fils ! Range moi ça ! » 
On n’a vraiment pas la même définition du chantier…

« Non, je ne suis pas d’accord, nettoie moi ce chantier ! »
Pour une fois que je voulais aider à la maison… Des mois que maman demande à papa de réparer la clôture… Et moi je l’ai réparée cette clôture ! Mais il m’a fallu des outils ! Et du bois ! Et des clous ! Ils ne sont jamais contents mes parents. Ils peuvent toujours demander à ce que je la peigne, c’est même pas la peine !

« … Marine, Natacha, Ophélie, Patricia,… Tu cherches à coucher avec tout l’alphabet ou quoi, mec ? C’est un vrai chantier ta vie amoureuse en ce moment… Comment tu fais pour ne pas te tromper de prénom ? Tu m’expliqueras ta stratégie, parce que ça m’intéresse aussi. » 
Pour une fois que mon chantier fait envie à quelqu’un… Mais il n’a pas tort, je vais finir par toutes les mélanger….

« Tu n’arriveras jamais à valider ton diplôme dans un chantier pareil ! Il y en a de partout ! Et je ne suis pas ta mère, je ne vais pas tout ranger derrière toi ! J’en ai marre ! SI tu ne fais pas d’efforts je me barre ! »
Elle n’est pas sensée être « la bonne », me comprendre et m’encourager ? Et dire que c’est moi qui lui ai proposé de venir s’installer chez moi. 30 ans et toujours quelqu’un derrière mon dos pour me dire quoi faire et quand… Ça vaut pas la peine…

« Ca pour un chantier, c’est un sacré chantier… Rénover cette oeuvre architecturale de VIe siècle avec les méthodes de l’époque… Vous avez relevé le défi cher ami ! Et avec brio ! « 
Quoi dire de plus… Enfin, mon chantier est reconnu à sa juste valeur ! Quel bonheur ! L’accomplissement personnel et professionnel de tant d’années de labeur…

« C’est un de ces chantiers d’avoir un gosse ! Entre l’école, le médecin, le sport, les jouets, le lit, les vêtements, et j’en passe… Quel chantier dans ma tête ! Comment tu fais ???
-Tu l’as voulu mon cher époux, et bien tu l’as ton enfant ! Hahaha… Mais rassure toi, j’ai du mal aussi à suivre le rythme. »
Un sacré chantier à deux.. Pardon, à trois maintenant. Sans parler de cette maison dont la construction n’avance pas. A trois dans un studio, on ne va plus tenir très longtemps…





« Monsieur F., tout va bien ? Je vous sens ailleurs ce matin » 
oui mademoiselle, ne vous inquiétez pas. J’étais dans mes pensées. J’essaie de me rappeler de ma vie. Tout s’efface… Un vrai chantier archéologique ma tête… Et vous, ça va ? 
Un vrai chantier aussi ce matin… Il manque trois soignants sur l’étage. On a beau faire de notre mieux, c’est vraiment dur. J’espère qu’on pourra quand même organiser la sortie de demain au restaurant.

Elle s’en va. Une douleur soudaine dans la poitrine, ma vue se brouille, je tente d’appeler mais… Je suis bloqué dans ce lit de maison de retraite, impotent, incontinent, incapable seul. Je lutte, une dernière fois, sans résultat…
« Au final, la vie c’est un chantier permanent, pour moi comme pour les autres… »
Une dernière pensée, un dernier souvenir…

Mapie - Quel chantier !



Le plafonnier était sympa, moderne, juste ce qu'il faut... La notice était claire. Il n'était nécessaire que de percer deux trous...
Norbert n'était pas particulièrement bricoleur, mais il allait relever le challenge. Il avait pour lui l'envie de bien faire et une patience à toute épreuve…

- C'est du béton armé, alors... je vais utiliser mes mèches les mieux adaptées…

Debout sur l'escabeau, il perce un premier trou, enfile une cheville, creuse un second trou, enfile une deuxième cheville, creuse un troisième trou puisque le premier n'était finalement pas au bon endroit et un quatrième puisque le second s'est avéré être un deuxième mal placé... Le quatrième ne rentrant pas, il semblerait qu'il y ait un truc qui coince.... Il se mit à en creuser un cinquième... de sorte, qu'un cercle de trous commençait à se dessiner sur le plafond qui ne tarda pas à se lézarder, puis à s'écrouler au sol… 

Jusque là... rien d'anormal… 
"- les travaux quels qu'il soient se doivent de présenter quelques aléas... Un coup d'enduit et de peinture et "c'est marre" ..." se dit Norbert.
Le truc.... c'est que le quatrième trou qu'il n'avait pu mener jusqu'au bout avait percé la conduite d'évacuation de la douche du dessus... Enfin c'est ce qu'il cru, lorsqu'il vit le soir venu, quelques traces d'humidité sur le carrelage de son entrée.... L'eau et l'électricité ne faisant pas bon ménage.. tout ouvrier le sait... le tout a disjoncté.
Perché sur l'escabeau, sa lampe de spéléologie sur le front, il observe ce qu'il reste de son plafond... Il semblerait que le béton armé se soit désarmé quelque peu car le plafond se délite et là où le luminaire eut dû être fixé, un trou d'une circonférence de 30 cm s'étalait. 
- Bon, c'est un tuyau de cuivre, alors... Je vais devoir faire un petit coup de soudure...
Son fer à souder n'avait encore jamais servi... qu'en cuisine... pour caraméliser les crèmes brulées... mais il était confiant.
Debout sur l'escabeau, il s'arme de son outil et commence à souder ce qui s'avèrera être du PVC... Tout avait si bien commencé... le tuyau fondait comme il faut, il semblait que le trou allait être comblé.... jusqu'à ce que des gouttes chaudes, épaisses et grises se mettent à tomber... Comment aurait-il pu deviner, il fait si noir sans plafonnier!

Jusque là... rien d'exceptionnel...
"Il est probable que ce soit encore une fois... un aléas... Un coup de plomberie et puis " c'est marre"..." se dit Norbert.

Il allait devoir s'y prendre différemment... changer le tuyau et pour cela casser la dalle de la salle de bain qui s'avère donc être celle du plafond de l'entrée, puis remplacer la tuyauterie avant de colmater tout ça...

- Bon, la dalle est costaud... alors je vais devoir taper sec...

Il monte dans la salle de bain, tape au niveau du tuyau percé... saute pour décupler sa force et se retrouve dans l'entrée sur un tas de gravas, sans avoir même eu besoin de passer par l'escalier. Evidemment, l'objectif était atteint... la conduite d'eau arrachée jonchait le sol, au milieu du bac à douche et d'une partie de la vasque qui étrangement semblait vouloir rester en suspension...

Encore une fois... rien de bien étonnant…
-"Derrière toute pose de plafonnier peut se cacher quelques aléas... un bon chantier de rénovation et puis "c'est marre"! " se dit Norbert.

Je vous l'avais dit. Norbert n'est pas très bricoleur mais il a une patience à toute épreuve et surtout, surtout... l'envie de bien faire.

Où lire Mapie

Joe Krapov - Quel chantier !


HENRI L’ENCHANTEUR

- Quel chantier ! Mais quel chantier ! On ne vous apprend donc pas à ranger vos établis à l’école d’archi ?

- Mais enfin, Papa ! Nous ne sommes que deux sur le marché et je suis ton apprenti ! Mon école d’architecture, c’est toi !

C’est vrai. Il a raison Augustin, mais son projet de fabriquer un homme d’un seul coup d’un seul en assemblant des viscères, des poils, des cartilages, des os, des ongles, des fils, des tuyaux et en y mettant de la flotte partout ça fiche un de ces souks dans notre atelier que je n’ai jamais vu ça auparavant !

Bon, avec tout ça, vous ne savez même pas qui je suis ! Je me présente : je m’appelle Henri. Henri Dieu. Je suis le grand-père.

Dans la famille Dieu vous connaissez Dieu le père et Dieu le fils. Le grand-père c’est comme Madame Freud chez Françoise Xénakis, on l’oublie toujours !

C’est vrai aussi que je suis un vieux râleur et que je ne comprends rien à son « nouveau monde » dont Il se gargarise à longueur de journées. J’en ai créé autant que Lui des univers et je ne la ramène pas à tout bout de champ – ou de chant ! Je ne vois pas pourquoi Il attache autant d’importance à celui-là ni pourquoi Il est si pressé de donner naissance à l’Homme – avec un grand H, s’il vous plaît ! Mais pour qui ils se prennent, tous ces jeunots !

- Tu jetterais une poignée de pifises dans une bassine de flotte, ça irait tout aussi vite !

- Mais ça prendrait des millions d’années avant d’aboutir, Papa !





- Et alors on a l’éternité devant nous, non ? La bonne vieille cellule toute simple avec son noyau, le hasard, la nécessité, la scissiparité, les précipités, les interactions, le secouage d’éprouvette et l’agitation des cristaux du kaléidoscope, le lancer de dés, je ne connais que ça. Faut pas sortir de Saint-Cyr, non plus, pour manier l’atome at home ! Regarde-moi le chantier que t’as étalé dans l’atelier pour assembler ton puzzle. L’Homme, avec un grand H ! A quoi ça rime, j’te d’mande un peu ! Et il va carburer à quoi ton bonhomme ? Au diesel ? A l’électrique ? Quoi ? Qu’est-ce que t’as dit ? Manger les fruits des arbres et chier des crottes par-derrière lui ? Mais c’est n’importe quoi, ce système ! Un truc de ouf ! Je te laisse sept jours pour finir cet univers-là et après du balai, fiston ! Si t’as pas terminé tu prends le statut d’autoentrepreneur ! Je sais qu’il faut bien que genèse se passe mais quand même, tu charries. Et d’abord qu’est-ce que t’as prévu pour la reproduction de ton modèle ?

- Rien. C’est immortel pour l’instant. Aucune obsolescence programmée.

- Rien ? Immortel ? Mais t’es fou, toi ! Attends j’ai un truc sympa qui traîne dans un de mes tiroirs. C’est pas compliqué, je vais t’expliquer ! 

Mais le temps que je cherche mon petit zinzin Il était déjà reparti assembler ses humérus, radius, et cubitus et autres gros mots en us.

***

Finalement Il a réussi à tenir les délais, l’enfoiré ! Il me l’a présenté son robonobo en meccano : un singe qui aurait aimé les livres s’Il avait pensé aussi à inventer l’imprimerie mais ce n’était pas encore l’heure et Augustin lui avait interdit d’en apprendre trop à son proto-type. Adam, qu’Il l’avait appelé, son bébé ! Tu parles d’un blase !

- T’as droit au Paradis sur Terre, aux RTT et à Koh Lanta sur toute la planète mais tu ne ramènes pas ta science toutes les cinq minutes, OK ? » qu’il a dit à son joujou. Le mec a pas moufté

Là-dessus Augustin a nettoyé l’atelier de fond en comble. Terminé le chantier ! Tout resplendit à nouveau. Je peux tirer des plans sur la comète en bricolant à l’ancienne. J’ai juste retrouvé une côte surnuméraire dans un coin. Comme je trouve toujours dommage de gâcher la marchandise je l’ai mise à tremper dans une bassine de pifises.

Et là d’un seul coup d’un seul, il s’est passé un truc miraculeux. Ca a moussé, moussé, moussé et le pendant féminin d’Adam est sorti de la flotte.

- Bonjour ! Je m’appelle Eve. Je suis la Femme ! a-t-elle dit, pas intimidée pour deux ronds.

Elle était très sympa. J’ai discuté le coup avec elle et je n’ai pas résisté au plaisir de faire une farce à Augustin. J’ai expliqué à la jeune femme le truc de la reproduction et le tabou de l’arbre de la connaissance. Ça l’a bien branchée. Je l’ai déposée sur la Terre, dans le nouveau monde, pas très loin de l’endroit où Adam traversait une rue pour aller tailler un bouleau et se fabriquer un hamac.

Je crois que je vais bien rigoler ! Normal ! Je suis Dieu le grand-père, Henri, le rigolo de la famille et, finalement, moi aussi j’aime bien foutre le chantier ! Surtout chez les autres !

mercredi 14 novembre 2018

Mister K - Quel chantier !


Dans ma bonne ville, un petit ilot résiste vaillamment
Juste là où un éléphant,
Belle prouesse mécanique et technique,
Imprégnée de l’imaginaire de Jules Verne,
Nous asperge de tourisme et de divertissement dans les mondes marins
En tentant de se faire passer pour de la culture.

Pourtant, la culture, l’histoire, le patrimoine sont là.
Des grues se dressent, précieux témoins préservés.
La jaune Titan, de 1954. La grise Titan acquise en 1966. 
Et puis, il y a une maison,
Au très beau nom, la Maison des Hommes et des Techniques,
Devant laquelle je suis passé tant de fois,
Sans jamais entrer…

Un jour de mai dernier l’occasion s’est présentée
Et j’ai pu apprécier la très belle exposition Les Bâtisseurs de navires
Sur les Chantiers Navals de Nantes,
Un pan d’histoire jusqu’en 1987, année de leur fermeture.
Jusqu'en 1987, Nantes a construit de grands bateaux.
Les techniques, les métiers,
Les hommes, les ouvriers sont à l’honneur
Leurs conditions de travail et leurs combats syndicaux.

Sur la façade, sont inscrits ces mots :  














Si les premiers chantiers navals nantais remontent à 1842,
Ce bâtiment fut terminé en 1917 en trois ans.
C’est une grande construction de deux étages en pierres et briques
D’environ 100 mètres de long sur 20 mètres de large.
En 1961, fusions d’entreprises et de chantiers,
Apparaissent les Ateliers et Chantiers de Nantes.

En 1987, c’est la fin.
Une page se tourne, un autre monde…
Les chantiers cessent leurs activités.
Les salariés se sont déjà regroupés en association pour sauver les archives, les outils et leur éviter mis oui… la décharge.
On croit rêver.
Ce n’est pas tout, il faut contrer les démolisseurs et leurs chantiers d’un autre type…
Et ça va marcher : les soutiens seront là (entreprises et région).
Ce lieu va vivre,
Lieu de mémoire,
Lieu d’animation et d’exposition.
Un hommage amplement mérité à tous ceux qui ont œuvré
Qu’il ne faut pas gommer
Effacer…
 Ne pas oublier.

La déambulation dans l’exposition
Apporte son lot d’informations et de connaissances.
C’est aussi un parcours particulièrement émouvant
Du point de vue de ces hommes et de leur travail
Déchirés.
Et je vous laisse avec ça :