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dimanche 12 avril 2015

Stouf - La délicatesse des liaisons

Soi et moi

Tellement de je de maux, tout s’enchaîne, ton miroir apparaît...ton inconscient collectif.
Croyance dualiste et poésie innocente s'entrechoquent en un creuset réfractaire où tu penses être la délicatesse des liaisons, une émotion de choix.
Ta qualité fragile serait en harmonie universelle, au diapason de l'humanité ?
Une latence nauséeuse, le vide nébuleux d'une célébration infernale ?
Le voyage sera long (ou pas) pèlerin, la voie intuitive, l'intention consciente...ou pas.

Nota bene: N'oublie pas de fermer la porte en repartant !


samedi 11 avril 2015

Chri - La délicatesse des liaisons

Les lésions délicates.

C’est de ça dont j’étais tombé illico fou dingue amoureux. Foudroyé, raide.
D’elle, en premier, je n’avais vu que cette minuscule trace rosâtre juste sous la ligne noire des sourcils, sur la peau délicate et blanche des paupières. D’elle, d’abord, je n’ai saisi que ça, une petite cicatrice de rien, trois ou quatre points, tout au plus, un trait de deux centimètres trois nœuds double, quelques grammes de fil et cette lésion délicate a bouleversé toute ma vie.
Elle, celle qui la portait, était une amie de ma future femme qui passait à la maison en savoir un peu plus sur le mariage qui s’amenait à grands pas. Je ne l’avais jamais vue auparavant ou alors je n’y avais jamais prêté attention mais ce soir là, pardon.
J’étais dans l’entrée, j’avais ouvert la porte au premier tintement, elles étaient là, belles dans la lumière de l’entrée, souriantes, elle et sa cicatrice. Moi, pétrifié, brulé de l’intérieur, consumé. J’ai bafouillé : bonjour et pour le bafouiller, celui-là, il en fallait quand même. J’ai réussi après quelques tentatives à articuler un malhabile : vous venez quoi pour ?
Elle a chanté : Je suis une vieille amie d’Aline, je viens aux nouvelles pour votre mariage, je peux la voir ? Elle est là n’est-ce-pas j’ai vu sa voiture.
Oui, entrez, installez vous faites comme chez moi. J’étais en nage. Je lui ai proposé un thé ou autre chose ou ce que vous voulez, je vous l’offre. Elle m’a regardé avec un demi sourire, elle a fait une danse gracieuse avec ses mains et un chignon express ébouriffé s’est dressé sur sa tête.  Mes genoux m’ont lâché, j’ai glissé vers le sol, le dos appuyé contre le mur et je l’ai regardée, c’était joué. Je voyais bien qu’elle me dévisageait vaguement amusée mais dans son regard, il y avait aussi une intensité que, je ne suis pas tout à fait dingue, j’ai bien sentie.
Deux jours après, dans les pleurs, les cris, les renoncements, les hurlements le minuscule trait qui m’avait conquis et tout ce qui était autour devenait un mois à peine avant mon mariage une liaison délicate et ma vie un formidable chant de batailles…

vendredi 10 avril 2015

Tiniak - La délicatesse des liaisons

FRAGILE ITE

Quelles soient parades fiévreuses...
secrètement libidineuses...
elles traversent nos destins
avec la rondeur du bon pain
l'âpre goût d'un sourire amer
la puissance qui meut les mers
et l’œil profond qui pleut laiton d'un ciel sans fin

Elles conservent malgré nous
les liens qui nous serrent le cou
Elles chantent...
"Viens à nous dès que ça te tente !"
moquent les nœuds à nos mouchoirs
où s'égaillera des espoirs
l'accord mineur où l'heure est déjà sur la pente

Des cailloux s'enfilent par là
avec des regrets d'Etretat
de Falaise..
et d'autres - de Bagnols s/Cèze ?
Ils prient vers un Petit Poucet
qui s'est attardé en forêt
et s'en serait - bottes fourrées ! trouvé fort aise

Une brindille fend leur toile
Une main trop ferme les brise
Un rire niais les fragilise
Elles étouffent sous le voile

Une larme les fait craquer
Un éclat de voix les ravage
Une caresse déplacée
rend impossible aucun hommage

Nulle, chanson !
quand s'oublie la délicatesse des liaisons 


Où ronger ses brindilles

Daniel Hô - La délicatesse des liaisons

mon souffle t’effleure
tu rougis le regard trouble
délicat amour

L'Arpenteur d'étoiles - La délicatesse des liaisons

Si loin m’en souvient-il
Il y eut Hyacinthe et ses yeux sombres
Et ses langueurs de tigresse
Sage
Et ses petits seins coquins
Hyacinthe qui fut mon absinthe
Sauvage
Et que j’ai bue jusqu’à l’ivresse

Il y eut aussi
La douce Angélique
Curieusement eurasienne
Aux liqueurs subtiles et enivrantes
Un peu sucrées, un peu poivrées
Dont les voyages m’entraînaient
Vers des contrées étranges

Puis vint Isabelle
Et son parfum de cannelle
J’aimais sa peau à la sortie
De l’eau et les perles dorées
Descendant le long de son corps
Semblaient la couvrir d’un nuage d’or

Je ne pourrais oublier Églantine
Et ses gourmandises chocolatées
De cédrat agrémentées
Donnant à ses baisers un goût
Acidulé et une envie de recommencer
Nos ébats
Sur le sofa

Et Capucine fleur d’amour
Si délicate
Ma sanguine du Pérou
Fille du feu et du soleil
Qui dansait les nuits de pleine lune
Nue sur les dunes
Souriant au hurlement des loups

Je songe encore à ma déesse d’ambre
Somptueuse abyssine
Au corps si chaud
Mon piment doux, mon piment fort
Bateau ivre où j’ai navigué
Entre galbes et cambrures
De sublimes aventures

Ces féminines errances
ont habité
mon insouciante jeunesse.
De ces douces liaisons
ne sont demeurés
que leurs goûts épicés ...
et leur délicatesse

Annick SB - La délicatesse des liaisons

Me revoici !

Quand le bruit a retenti dans mes oreilles, quand j’ai compris que j’étais fêlée, que tout semblait dramatiquement terminé, je me suis recroquevillée, et j’ai avancé lentement à la recherche d’un écran et d’un clavier !

J’ai rampé sur les morceaux de verre ; enfin ceux que j’imaginais car à vrai dire, pour être tout à fait honnête avec vous,  le sol était lisse, intact, stupidement neutre.

Personne ne m’attendait ; je n’attendais personne ; liaison virtuelle, cruelle et circonstancielle !

J’ai saigné des genoux comme une petite fille ; écorchée sans geindre, sans gémir, juste pour le plaisir du vide, du drame, du souvenir ; pour me punir peut-être, qui-sait? 

Je me suis relevée, tête haute, et là, oui là, en regardant l’écran je me suis rendue compte que rien ne m’empêchait de reprendre avec  joie et bonne humeur la délicatesse des liaisons impromptues épistolaires jadis si chères à mon cœur !


Où lire Annick SB

jeudi 9 avril 2015

Zoz - La délicatesse des liaisons

~ tes petits doigts de bébé sur mon sein, la goutte de lait sucée en trop qui coule le long de ta joue, ce lien liquide, délicat, généreux. Cette minute suspendue entre ma vie et ta vie.  Et l'empreinte sur mon corps de ton cœur sur mon cœur ..
zoz ..

CristelD - La délicatesse des liaisons

La délicatesse des liaisons…

J’ai lié, tressé, tissé, noué…
Quel sac de nœuds
Comme résultat !

Lira - La délicatesse des liaisons

Liaison

Appétit de printemps
Ou sucre de vendange
À son jour débutant
Elle pousse l'horizon
Jusqu'à son infini
Dès son premier bourgeon
Midi sonne plus haut
La nuit lui tend son drap
Éclair fulgurant
Ou profonde saison
Elle laisse sur le cœur
Le pli de son passage
La liaison est fragile
Comme fil de soie
Résistant aux morsures
De l'horloge rivale
Ou cédant au seul mot
Tombé d'un matin gris.

mercredi 8 avril 2015

Blick - La délicatesse des liaisons

Un livre hépatant

Les éditions irrégulières viennent de sortir un nouveau livre. C'est un livre brochet, que tirent sur les chemins de halage des pages en livrée numérotés de 1 à 120. Il est pourvu de 700 dents, qui déchiquettent les grenouilles des canaux eutrophes, brisent les cœurs des lectrices et broient du noir. Les pages n'étant pas coupées, on aura pris soin, avant de commencer la lecture, d'avoir glissé dans sa boîte à pêche en bois de pêche un couteau écailleur, mais un couteau à filet affilé fera aussi l'affaire.

Le roman, très documenté, retrace l'histoire du réseau de canaux et canalicules qui assurèrent au siècle dernier les liaisons fluviales entre le foie et le duodénum, depuis la phase de conception jusqu'à sa tragique évanescence. On y voit fumer en volutes les cerveaux des ingénieurs géniaux qui les premiers eurent l'idée de se livrer à des calculs biliaires, et les cigares des généreux banquiers qui échafaudèrent le financement de ce projet colossal. On recourut également à un emprunt public, lequel reçut un accueil enthousiaste, notamment de la part des personnes anxieuses, qui se font toujours de la bile.

L'idée, qui paraît simple mais encore fallait-il la trouver, était d'accélérer l'acheminement de la bile jusqu'au conduit cholédoque, lequel s'aboucherait directement dans le duodénum. Un peu sur le modèle du canal de Wirsung par lequel circulent les sucs pancréatiques, ceci pour les lecteurs avertis qui connaissent le coin, soit qu'ils y pêchent à la ligne le week-end, soit qu'ils aient eu l'occasion de visiter le site à l'occasion des journées du patrimoine.

On fit venir des chinois payés 35 dollars par mois pour forer à travers le tissu hépatique, à coup de nitroglycérine, les invaginations nécessaires à l'installation de ce réseau complexe, délicat, fragile, arachnéen. On attira des irlandais et des mormons en promettant de leur accorder en toute propriété des lobules à défricher, voire des postes d'éclusier sur le canal cystique.

Lorsque les officiels vinrent inaugurer les installations, le vin d'honneur manqua de provoquer un début de cirrhose. L'auteur dépeint le ballet incessant des péniches chargées de barriques de bile, qu'il compare avec lyrisme aux foudres de porto embarqués sur les barques rabelos qui naviguaient jadis sur le Douro. Ce commerce dura une soixantaine d'années, favorisant l'essor d'une nouvelle bourgeoisie qui donna des bals et construisit un opéra, puis le déclin commença.

D'abord silencieux et asymptomatiques, les crabes se répandirent peu à peu dans les canaux et se mirent à grignoter nuit et jour les membranes, les sinusoïdes, les hépatocytes et les capillaires. On eut beau introduire des brochets d'élevage pour tenter d'en venir à bout, leurs 700 dents acérées n'y suffirent pas. Dans le chapitre qui clôt le livre, il ne subsiste rien de l'extraordinaire réseau d'autrefois, et dans le paysage dévasté, les canaux lacrymaux charrient des larmes jusqu'à l'océan.

Jacou - La délicatesse des liaisons

Liaison fatale et mal à propos
Brise l’image, disperse les mots.
Un poing brutal éclate les sons
Fêlures de l’inimaginable trahison.
Transparence blessée, éclats de vie
Fissures fatales, jamais guéries
Retours empêchés, serments oubliés
Les mots séparés, à jamais déliés,
Errent, débris balayés, orphelins
Ballotés dans un monde chagrin.

Laura Vanel-Coytte - La délicatesse des liaisons

R. est mort

Cannelle avait posé cette question à sa mère sans vraiment savoir pourquoi ; peut-être parce que ça faisait longtemps qu’elle ne l’avait pas posée. Elle n’en attendait pas de réponse particulière. En fait, R. ne faisait plus partie de sa vie, pas physiquement. Elle n’y pensait même plus très souvent, moins qu’à ses grand-mères décédées. Comme elles, R. l’avait un peu trahie mais si elle avait dû exclure de son cœur et de son âme tous ceux qui l’avaient trahie, il n’y aurait plus personne. Dans les faits, il n’y avait plus grand monde dans son paysage sentimental. Ah oui, c’est parce que sa mère lui avait parlé de sa future exposition de peinture dans le musée consacré au grand ami artiste de R. ; ce dernier  était forcément remonté à la surface de sa mémoire. Comme le cadavre des polars qu’elle lisait et regardait qui n’avaient pas voulu couler dans les abysses ou partir vers le large. Il était revenu s’échouer sur la plage de son présent affectif qui durait depuis plus de vingt ans. Cette résurrection d’un fantôme avait emprunté les mots de sa mère : « Figure-toi que j’ai rencontré la femme de R. il y a peu. J’ai demandé des nouvelles de son mari et elle m’a répondu qu’il était mort deux ans auparavant. J’avais l’air bête ! Mais que veux-tu, on ne fréquentait plus ni les mêmes lieux, ni les mêmes personnes et puis je n’y lis pas le journal local. »
Je n’achète pas le journal local mais je le lis et je suis un tant soit peu au courant de ce qui se passe dans mon quartier surtout quand cela concerne une figure locale et quelqu’un que j’ai fréquenté.
Mine de rien, ça m’a touché, cette mort. Il ne m’avait pas seulement aimée cet homme mais aussi dessinée, désirée et surtout donné confiance en mon corps et en moi-même. Même si nos rapports s’étaient arrêtés parce que j’avais jugé qu’ils n’étaient plus possibles, ce qu’il m’avait apporté, je le portais en moi : ma confiance en moi acquise de haute lutte bien que toujours fragile sur ses bases et surtout ma passion de l’art et de ses sujets et artistes parfois sulfureux comme Egon Schiele, Anais Nin (lisez son « Journal », c’est remarquable) et Gustav Klimt, Le comte de Lautréamont, Oscar Wilde etc. Comme R., j’ai une vie bourgeoise avec une vie sentimentale (laissée derrière moi en ce qui me concerne) agitée inspirée par les orgies artistes de nos illustres prédécesseurs. Je me souviens encore avec une émotion humide de l’après-midi où il m’a dessinée en me disant par mots et caresses que j’étais belle et que je méritais l’amour des hommes et le respect de mes proches. Les hommes m’ont aimée mais mes proches ne s’intéressent toujours pas à moi. Peu importe, mes lectures et mes goûts artistiques maintiennent la flamme allumée des génies maudits du paradis des marges.

JCP - La délicatesse des liaisons

De tous les liens
tu n'es ni le plus fort ni le plus noble,
et les poètes ne te célèbrent pas.

Ta fibre de chanvre ou de sisal
n'exhale pas les senteurs lointaines
des cordages marins ;
et pourtant la tige creuse des herbages
et le pantalon côtelé du paysan,
pitoyables sans toi,
rejoindraient la poussière des champs.

Aussi chantons les mérites,
ni trop serrées ni trop lâches,
de tes liaisons délicates,
ô toi, ficelle de lieuse !

mardi 7 avril 2015

Ghislaine - La délicatesse des liaisons

Le son des liaisons,

Avez - vous déjà lu un texte à haute voix,
sans faire les liaisons ?
Essayez !!
Voyez comme c'est dur et moche
à l'oreille !
Un joli texte, lu avec ses liaisons
est si beau à écouter ou à lire.
C'est cela la délicatesse des liaisons,
surtout ne vous en privez pas et transmettez
cette façon de faire, si jolie...
Le son des liaisons est si doux aux oreilles.....
Ne croyez - vous pas ??


Où lire Ghislaine

Plume vive - La délicatesse des liaisons

Les histoires passées, douloureuses, heureuses, ne définiront pas notre présent.
Avec bienveillance et foi en l'avenir, les jours partagés se dérouleront paisiblement.

Derrière nous, les moments difficiles,
En nous, les émotions non feintes,
Loin de nous, les démons fossiles,
Intérieures, nos douces craintes.
C'est avec amour et compassion,
Amitié, cœur et courage,
Timidité tremblante et admiration,
En constante attention sur l'ouvrage,
Savourant silences et chansons,
Sourires, soupirs, désir, plaisir…
Et emprunts de douceur, que nous renaîtrons.

Difficultés à traverser,
Epreuves à transcender,
Sursauts de vie à préserver.

Légitimer ce que nous créons ensemble,
Il ne peut y avoir plus belle finalité.
Alors que nos cœurs encore en tremblent,
Il ne peut exister de meilleure visée.
Selon que ton âme décidera du meilleur ou du pire,
Oracle inattendu de nos amours tumultueuses,
Nous aurons une relation à savourer tout à loisir,
Sensuelle, presque rêvée… ou venimeuse.


Où lire Plume vive

Clémence - La délicatesse des liaisons

La délicatesse des liaisons ou le petit pont au-dessus de l’écluse……

C’était un de ces matins qui se lève avec une lumière douce, diaphane, comme venue d’un autre monde. La douce musique de Mozart l’arracha des bras de Morphée…Elle posa doucement le pied par terre et la sensation soyeuse de la moquette l’invita à aller de l’avant. Un petit rondo lançait ses notes claires….la douce clarinette….Que de beaux souvenirs : ce premier concert où elle comprit le sens qu’elle pouvait enfin donner à sa vie,…. Elle avait le droit de vivre sa vie, et elle la vivait….dans un lieu clair et douillet à la fois…. « Chez  moi, enfin, moi chez moi…. »

La journée avait été dense, agréablement répartie entre boulot et loisirs, solitude, collègues et amis.. Elle allait rentrer chez elle. Elle laissa sa voiture devant l’immeuble, releva son courrier, rien de bien méchant ! Une senteur vanillée l’accueillit, en douceur.
Elle enfila sa tenue de sport, rafla sa « petite boîte à musique »…

Tout s’enchaîna à merveille. La petite côte, tourner à gauche, zigzaguer entre les ralentisseurs, longer le parc où bruissait doucement l'unique jet d’eau. Le rond-point, la route qui descend puis qui serpente à travers les douces plaines fertiles… attention à ce virage, les nids-de-poule n’ont toujours pas été comblés… Faudra le rappeler à la mairie.

La tour se dressa tout-à-coup, elle était presque arrivée.  Elle voulu garer sa voiture sur « son » espace, un véhicule lui avait pris « sa » place….Elle haussa les épaules en se disant qu’elle n’allait pas en faire  un drame!

Et, comme d’habitude, elle traversa la route et s’engagea près de la petite écluse, juste où s’opposaient l’ancien monde et le nouveau monde. A gauche, le nouveau canal, à droite, l’ancien….
Elle longea la première péniche et songea qu’il serait grand temps de la repeindre, puis ce fut la deuxième, la troisième…

« 74 minutes, je marche 74 minutes aujourd’hui, à l’aller ; je verrai les lumières brûlantes du soleil couchant à mon retour »

L’allegro, l’adagio, le rondo….la flûte…..l’allegro, l’andante…. Le hautbois…. Et puis, ce serait le 21°, son concerto enfin retrouvé…enfin réécouté….avec paix et douceur….

Il n’y avait personne ce soir là, du moins c’est ce qu’elle crut tout un temps, plongée dans sa rêverie, nimbée de musique divine. Elle vit, entre les roseaux, une silhouette sur l’autre rive, elle souriait en l'observant discrètement : des jumelles, et les deux petits fils des écouteurs.

74 minutes plus tard, sur les dernières notes de l’allegro, elle fit demi-tour. Elle retrouva sa voiture, orpheline blanche sur le parking. Elle hésita : prendre un petit café à la brasserie ou rentrer ? Elle rentra.

Les routines journalières, puis la récompense de l'évasion. Direction le canal. Première péniche, deuxième, troisième, les ânes dans le pré, la carcasse de voiture, les vieux vélo, une entrée dans un  monde autre, là où tout est lent et silencieux.

Elle marcha doucement d’abord, puis un peu plus vite. Sa respiration suivait la musique, la musique rythmait sa marche, la nature suivait. A gauche, il lui sembla reconnaître la silhouette de la veille…

Elle regarda un canard prendre son envol, les  gouttes d’eau s’éparpillaient et retombaient en éventail irisé. Écluse 27, 26, 25… Elle voulait marcher  encore un peu plus loin.
Son regard glissa vers l’autre rive, aussi vite, chacun regarda droit devant soi. Elle respira un grand coup et regarda le ciel pur, immobile, profond, si profond qu’elle en eut le vertige ; des milliers de petits points dansaient devant ses yeux….

24, 23, 22… « Comme c’est étrange, le numéro des écluses correspond aux concertos pour piano  de Mozart»
Tout à coup, elle sentit une fatigue sournoise s’abattre sur elle.  Elle était si loin, se sentait si seule.
« Et si je mourais là ? »

Encore quelques pas, l’écluse 21. Elle titubait, tanguait dangereusement et puis... la douceur, l’enveloppement, la sérénité, la lumière, le calme, l’andante somptueux se déployait.
Elle allait  passer du côté de l'autre rive.

Elle pivota, sur l'autre rive, la silhouette fit de même.

Sur le petit pont de l’écluse 21, ils se faisaient face.
Ils échangèrent un regard, un sourire discret et leurs écouteurs…l'andante du concerto 21 de Mozart.

Lorraine - La délicatesse des liaisons

La délicatesse est un penchant de l’âme. Un héritage qui, d’une génération à l’autre, ourle le sourire du bébé de cet impondérable don venu de si loin quelquefois. Mais qui peut aussi se briser en chemin…

    Dépeindre la délicatesse ? Je ne saurais. Elle est multiple. Elle est sublime. Elle retient le mot qui pourrait blesser, elle tait le ragot incisif, elle a l’élégance du silence qui refuse de meurtrir, elle sait qu’une moquerie peut faire mal longtemps, elle a la pudeur des sentiments et perçoit avec finesse le mot à ne pas dire, le groupe à ne pas fréquenter, la souffrance muette du solitaire, la joie intérieure d’une petite fille.

    Sa discrétion la noie dans la foule d’aujourd’hui, libérée, obscène, insensible, cruelle, multipliée par les innombrables media qui n’ont que faire de discrétion mais de sensation.

La délicatesse ne se confie pas à tout va sur les réseaux sociaux. Elle n’exhibe ni ses slips, ni ses seins, elle ne brûle pas cent fois par jour de vérifier ses messages, dont tant sont d’une invraisemblable inanité.  Elle ne rit pas aux éclats devant les pubs qui se veulent drôles et ne sont que grossières.

    Mais elle reconnaît le sourire amical, la tendresse d’un regard, le désarroi à réconforter et la sincérité de l’amour.

    La délicatesse se transmet. Elle est l’opposé de la vulgarité, si actuelle : films, revues, langage comportement à l’emporte-pièce volontaire et dans l’intention de choquer.

    Voilà pourquoi lorsqu’un bébé vient au monde, je ne lui envoie pas toutes les fées des contes. Mais profondément et du fond du cœur, je lui souhaite l’impondérable délicatesse sans laquelle vivre est une bien triste chose.

Où lire Lorraine

Tisseuse - La délicatesse des liaisons

La délicatesse des liaisons 
En amour comme en langue
Fondant comme une mangue
Nous faisant oublier toute raison

La finesse des idéalisations

Loin de toute harangue
Tel un diamant dans sa gangue
Attisant la passion

La tristesse des illusions

Réveil après un big-bang
Nous laissant parfois exsangue
En perte de vision

Vegas sur sarthe - La délicatesse des liaisons

Métaplasme(*) et tais-toi!

Je rêvais de liaisons polissonnes, érotiques
pas-z-à pas, mot-t-à mot j'espérais l'envoûter
par d'habiles phonèmes que j'avais testés
mais dans l'antre des mots couvait la faune éthique.

J'ai compris que j'avais-z-abusé des hiatus
quand-t-elle m'a repris – soudain – la bouche en coeur
j'étais trop-p-excité et trop-p- alambiqueur
alors entre quat-z-yeux elle brailla “Motus!”

Je restai interdit sur ma finale muette
quand elle m'ordonna de la caramboler
et d’un commun-n-accord on-n-a batifolé.

Elle eut des e caducs et moi des pataquès
des sortes de vas-z-y, des-z-encore et des qu'est-ce?
oui mais jusque-z-à quand... je craignais pour ma luette.


(*) En phonétique, la liaison est une forme de paragoge, un métaplasme (modification phonétique qui altère l'intégrité d'un mot) 

Nounedeb - La délicatesse des liaisons

Chaud-froid.

Ou bien la liaison est froide :
Elle durera de quelques jours à quelques mois.
Les éléments liés ne craindront point brouillade
Mais modérés sont les émois.
Lorsque la liaison est chaude
Il faudra consommer au plus dans les deux heures.
Elle, aura intérêt à être une ribaude
Et Lui, un grand fonceur.
Pour éviter de tous les germes
La prolifération quasi exponentielle
Il faudra qu’il maîtrise son émission de sperme,
Sauf si elle est son officielle.

D’après ce site qui nous dit :

En liaison froide, les plats sont préparés en cuisine centrale. Après cuisson, les denrées subissent une réfrigération rapide avant d'être stockées à basse température. Suivant la durée de conservation recherchée (quelques jours ou quelques mois), on procède à une liaison froide positive ou une liaison froide négative.

En liaison chaude, les plats sont préparés en cuisine centrale et consommés dans les deux heures. De la cuisson à la consommation, pour éviter la prolifération des germes, la température des mets ne doit jamais être inférieure à 65 °C.