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mercredi 29 mars 2017

AOC - L'écrivain voyageur

Voyage d’un écrit… vain ?

Je viens d’un pays où je ne sais que trop par quelle magie l’horizon ne cesse de rétrécir. Il n’a jamais été très vaste mais il m’a vu naître, grandir, rêver, étudier, pleurer, espérer, travailler, aimer et le quitter m’a été un déchirement mais avais-je le choix ?

La route est longue comme un jour sans pain mais j’ai l’habitude et je suis courageux.

Comme tous les voyages, le mien est coloré de bien des merveilles et tout autant d’obstacles. Je garderai au fond de moi la faim et la joie des consolations ténues, la douleur et le plaisir d’une main tendue, l’amertume et l’espoir qu’offre une étape enfin franchie, la peur et le soulagement de rencontrer un sourire, le dégoût de le voir se transformer en rictus d’ironie haineuse et la certitude de rester un homme bien… Jusqu’à quand ?

Jusqu’à quand resterai-je un homme debout avec des jambes pour avancer, des bras pour travailler, une tête pour penser mon humanité et au milieu de tout ça un cœur pour animer la lumière de mes yeux ? Jusqu’à quand et jusqu’où ? Chaque jour je rencontre des enfants sans sourire, des femmes au ventre creusé de peur, des hommes comme moi et d’autres dont la violence n’a d’égal que la haine. Chaque nuit j’ai peur de l’atrocité du lendemain.

Là-bas, le poids du plomb ne venait pas que du soleil.
Ici, il ne vient pas que des regards.
Je n’ai pas encore fait le tour de mon espoir, j’espère simplement que mon courage est aussi grand.

vendredi 24 mars 2017

AOC - Ma chère Madeleine

Le vent des globes

90 jours, il m’en avait fallu quatre vingt dix pour le boucler.

Je ne faisais pas partie des meilleurs mais pas non plus des moins bons. Dans cette histoire-là nous étions à peu près tous à égalité : de simples Hommes prêts à tout donner, acharnés à y arriver malgré les déferlantes, les tempêtes, les jours sans, les pannes, les accidents et les peurs. 90 et bien d’autres encore avant le largage de la dernière aussière que fut sa main ou plutôt son regard. C’est lui qui m’avait laissé partir en dernier. C’est elle qui m’avait accompagné tout au long du voyage. Son souvenir, quelquefois ses mots lors des vacations téléphoniques. Toujours encourageante, rassurante, jamais une inquiétude dans la voix même aux pires endroits de la planète océanique.

Mais c’était fini et je la serrais enfin dans mes bras. Il ne m’a pas fallu longtemps pour sentir que quelque chose avait changé. Oh peut-être pas grand-chose, mais tellement indéfinissable… De l’ordre d’une intensité différente, plus ardente, légèrement inquiétante…

Je passe sur les obligations d’une arrivée qui prennent un temps infini et une énergie folle, parce que je ne m’en souviens plus vraiment mais surtout parce que j’étais plus préoccupé qu’autre chose. Ça m’a semblé plus long et plus lourd que l’incroyable aventure que j’avais vécue.

Le retour à la véritable intimité rajouta un poids au trouble que j’avais ressenti. Elle ne se laissa pas enlacer, suggérant que je devais modérer mes ardeurs, mais qu’elle me proposait plutôt un petit massage en guise de cadeau de bienvenue avec un petit air taquin qui fit fuir toute inquiétude parce que je le connaissais bien celui-là. Elle avait raison, pendant l’heure qui suivit je me sentis renaître à la terre. Peu à peu, mes bras, mes épaules, mon dos se sont détendus, ont évacué toutes les tensions nées du grand large ; mes jambes ont repris contact avec une promesse de stabilité ; mon ventre s’est reconnecté avec la douceur, la tendresse, la puissance de ma vie. Lorsque ses mains se sont arrêtées sans encore rompre leur contact soyeux avec ma peau, j’ai apprécié encore un peu ce calme, cette sérénité, cet univers de plénitude puis j’ai ouvert un œil.

J’ai entendu : Veux-tu un thé ?
J’avais envie d’elle. J’ai dit Oui.
Elle m’a apporté le plaid géant et moelleux des soirées d’hiver, elle a animé la cheminée et apporté le thé accompagné de ces petits gâteaux que j’aime tout simplement parce qu’ils portent le même nom qu’elle.
Se hâter lentement me semblait être la leçon que je devais potasser en ce premier après-midi de retrouvailles ! Mais je n’avais pas dit mon dernier mot.
- - Pas sans toi, mais sans ce magnifique peignoir qui est le mien, que tu portes à merveille mais qui va te faire mourir de chaud là-dessous !

En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, elle l’envoya aux oubliettes et se précipita sous le plaid. J’ai tout juste eu le temps d’apercevoir une jolie nuisette blanche.

Ma main trouva sa hanche et suivit la courbe de ses reins. Dans ses yeux brillait un éclat ravageur. Je sentais bien que je n’étais pas encore au bout de mes surprises, il me semblait bien sentir une légère différence, mais quand je n’ai pas reconnu ses seins, tous les vents de la planète se sont déchaînés dans ma tête.
Doucement, j’ai écarté le plaid. Sur la peau de ses épaules voyageait un frisson jusqu’à envelopper ses seins majestueux et son ventre rebondi de tendresse.

Quatre mois de silence, de secret au chaud de l’amour, « pour que tu ne penses qu’à bien nous revenir » Je ne sais pas si elle a vu toutes les étoiles, les galaxies, les nébuleuses et les comètes de l’univers dans mes yeux, mais elles y étaient. Toutes.

mardi 10 janvier 2017

AOC - A l'ombre du figuier

Voyage en Absconsie

Aller fouiller le passé voir le Golgotha
Louvoyer en eaux troubles où est l’abyssal
Oubli sans horizon vol fixe du sapho
Mémoire constructrice à l’ère du velum
Brouillant le bleu d’un ciel lumineux et sans plomb
Réfléchir mais pas trop suivre un peu le zéphyr
Epanouir ses ailes goûter hors l’ombre
Du désir la saveur et de la vie le dard
Un peu d’ivresse sied bien aussi au tableau
Figure-toi un peu passer un abrasif
Imagine aussi ce qui l’aura adouci
Gage que tu l’enrichiras de vie ton reg
Ultimes utopies ululent dans l’aigu
Idioties véritables mais vitales à l’envi
Espérances qui naissent du bleu sans hâte
Retrouvant leur douceur à l’ombre du figuier

mardi 3 janvier 2017

AOC - La dynamique des verres à pied

Ils étaient là, bien rangés, sages et transparents jusqu’à la survenue de la consigne et dans consigne...

C’est alors qu’ils ont tous pris ce petit air de gare-à-vous narquois et prétentieux de celui qui se sent renforcé dans ses convictions par la loi mais surtout par sa propre rigidité. Et donc, tout le monde s’en est moqué avec allégresse et une lichée d’inconscience étant donné l’heure qui était à l’heure comme souvent. Ce soir, le monde entier (enfin sauf quelques poches irréductibles mais extensibles voire contagieuses, si, les poches peuvent contagionner surtout par suggestion) donc ce qui restait du monde était à celle de la liesse sur commande, il en faut parfois… et ce reste là se foutait pas mal de l’autre du moins pour l’heure qui n’était pas à celle des petits airs qui font les malins, encore que !

Bref, personne n’y a prêté gare simplement parce que tous les aiguillages se sont retrouvés sous des robes aux couleurs chatoyantes, noyés par des jambes qui semblaient en promettre, tourneboulés par des bulles sans parole et des parfums prometteurs de sous-bois quand ils ne suggéraient pas l’ombre d’un grand chêne.

- Encore un ?
- Heu non, je crois que ça va là…
- Allez, quoi ! C’est la fête après tout !
- Bon d’accord, mais t’as vu mon verre ? Il est où ce lâcheur ? Ah te voilà ! Mais t’as vu dans quel état tu te mets ma poule ? Déjà la patte en l’air… C’est pas joli joli hein, allez viens par-là que je te remette d’aplomb ! 
- Dis donc, toi, lâche moi un peu veux-tu ? Et puis ne me parles pas comme ça, que je sache on n’a jamais picoré ensemble ! Si je suis là, dans cette position peu glorieuse, ce n’est pas de mon fait et si tu veux, je te rappelle pourquoi tu m’as lâché tout à l’heure en courant dehors et ce que tu y as laissé… Hein ?
- Heu… Chuuut, mon père…
- Est sévère ? Je sais, m’est avis que pas assez (ou trop peut-être). En parlant de ça, tu sais pourquoi je tiens si bien debout avec UN seul pied MOI ?
- La base ?
- Bieeeen !!! Bravo ! Et tu sais pourquoi tu m’aimes autant ?
- Ben, avec tes airs de béquille…
- Alors là, je suis rempli d’admiration ! Ça me change !

- Oui, alors ne te méprends pas trop quand même… Toi ou un autre, avec ou sans pied, même si tu rends les choses plus agréables, ne confonds pas contenu et contenant tu ferais un peu point commun !
- Alors, tu l’as trouvé ?... T’en fais une tête !
- La ferme ! Et sers-moi un cognac s’il te plait…

samedi 26 mars 2016

AOC - Titres de romans

Les catastrophes sereines

XII

Ce soir-là, elle comprit que ce serait leur dernière défaite.
Une tierce s’était invitée un peu trop bruyamment dans le duo.

Elle se leva, quitta les chœurs dissonants de cette énième et pitoyable tentative d’en tirer la moindre harmonie. Elle déposa sereinement l’alliance sur le petit mot qui avait jailli quand le chagrin s’était envolé sur l’oblique des sentiments. Quelques mots simples mais si difficiles à saisir qu’ils s’étaient longtemps cachés dans ce qui restait des plis soyeux de la camisole de farce qu’était devenu leur couple : « À ne plus pouvoir te dire que je ne pourrai jamais combler les vides qui te font souffrir au point qu’il t’est plus facile de m’y précipiter, je te souhaite une belle suite avant de m’y perdre. J’ai la certitude que tu te sentiras plus libre que tu ne l’es déjà si je laisse ici ton nom. Dans ma main, il risquerait de te laisser enchaîné à la douceur des souvenirs qui ne manqueront pas de venir nous visiter. »

Dehors, la nuit veloutait son outremer. La nuit s’était partagée entre une pluie d’abord incertaine et un orage sourd, puissant mais salvateur, laissant place à un calme assourdissant dans lequel s’épanouissait gentiment la nouvelle aube. Pour la première fois depuis longtemps, elle ne se levait pas frappée au coin des doutes.

jeudi 17 mars 2016

AOC - Animal

J’étais jeune à l’époque,  mais j’avais déjà pas mal roulé ma bosse et de cette race là je ne connaissais que les invectives et les coups. Aussi, quand je l’ai vu pour la première fois, j’ai déguerpi aussi vite que possible.
C’était la fin du grand froid, j’avais faim et je zonais derrière un congénère que je connaissais bien pour son habileté à chiper de quoi se caler le ventre. Le seul hic c’est qu’il était costaud et pas commode. Et pas partageur du tout. C’est quand il s’est mis en mode hargneux que l’autre est sorti en courant avec sa grosse voix et tout l’attirail de la colère. On n’a pas demandé notre reste, on avait l’habitude ; mais l’autre s’est vite calmé. Moi je voulais récupérer le peu que mon pote avait laissé sur place, alors j’y suis retourné. L’autre est ressorti.
Voix douce, main tendue, du genre « Mais t’es qui toi ? – T’as faim ? – Viens ! – T’es beau ! – Allez, viens ! … etc. etc. » Je me suis mis la pitance sous la dent, j’ai raflé le biscuit qui volait et je me suis barré en courant. Pendant une semaine, j’y suis retourné en coup de vent pour nettoyer une gamelle pleine, je commençais à y prendre goût mais j’attendais toujours que la porte se referme. Avec eux fallait toujours être prudent. Un jour, la gamelle est restée vide et la porte fermée. Ça a duré ce qu’entre nous on appelle les beaux jours : ici, pendant trois nuits et deux jours c’est le désert, c’est notre territoire, notre zone de confort, notre ring et notre paradis. Le troisième jour, on reprend nos habitudes : raser les murs et se planquer dès qu’on a envie de faire une pause. Ce troisième jour-là fut le premier d’une autre aventure…
Il est sorti avec ce que j’attendais et l’a posé par terre… mais il est resté… Moi aussi. Je suis même rentré derrière lui.
Elle est arrivée plus tard. Il m’a présenté. Elle a dit un truc du genre « HEU…..!!! » Puis elle a soulevé ma frange et elle a suggéré « un bon bain, doublé d’une mise au propre, et on verra mais il a l’air gentil » J’y ai laissé mon manteau et toutes mes copines les puces, mon odeur et toute ma dignité. Ça ne m’a pas beaucoup plu mais elle aussi elle avait l’air gentil…
Je suis arrivé chez eux et là j’ai trouvé un truc poilu aussi mais tout petit, feulant, qui s’est planqué vite fait. On a fait connaissance de loin tout l’après-midi. Je sentais bien que ce n’était pas gagné mais on y est arrivés quand même, fallait juste que je lui laisse prendre l’initiative… En fin de journée, ça s’est passablement compliqué.
Elle est partie. Pas longtemps. Mais quand elle est revenue, c’est avec deux tornades. Comme j’avais l’habitude du mauvais temps  j’ai laissé courir, ventre à terre mode couché, je ne pensais pas que ça marcherait mais ils sont devenus doux comme le zéphyr.  
On s’est tous apprivoisés, ils m’en ont fait des vertes et des pas mûres du style voiture pendant des heures, laisse en ville (ah ça c’était pas mon truc), voilier pendant des jours (purée apprendre le pied de mât, c’est pas simple ça !)… Mais moi aussi j’y ai mis du mien ! Vagabond dans l’âme, je leur en ai fait faire des kilomètres pour venir me récupérer ! Mais on s’aimait alors ça compte pas. J’ai passé pas mal de temps avec eux, j’ai consolé quelques chagrins, ceux des grands qui redeviennent petits et ceux des petits qui deviennent grands. Celui qui m’a fait le plus bizarre, c’est celui que je n’ai pas pu consoler. Moi j’étais vieux, elle ne m’appelait plus Pirate depuis quelques temps mais Plume et je trouvais que ça m’allait bien aussi. Elle posait souvent une de ses mains sur mon ventre et l’autre sous mon cou. Ce jour-là j’ai senti sa peine alors je l’ai regardée, elle avait les yeux mouillés genre barrage.

lundi 31 août 2015

AOC - Votre clair de lune

N’avoir jamais été choisi
Que par défaut. Se sentir chien pouilleux, bergamasque
Mais se savoir bon berger, ou quasi
Mâtiner son sérieux de quelques notes fantasques
Jouer son blues en mineur
Comme Django, et accepter la tristesse opportune
Sans laquelle le bonheur
Aurait si peu d’éclat. Faire comme la lune
Culottée de nuées, se moquer du beau
Comme du laid, jouer avec les arbres
Ne pas fondre dans l’eau
Fut-elle celle salée des larmes que n’ont pas les belles de marbre


vendredi 5 juin 2015

AOC - Soleil

Soleil, je t’adore comme les sauvages à plat ventre sur le rivage… Sur la plage chromatique étincelle la douceur d’un fragment de bonheur, loin de toute réjouissance.

Qui entendra le tocsin, saura qu’il n’aurait jamais dû souscrire à la mode assassine.

Ce bel amant là, j’aime tant le sentir m’effleurer, le voir poursuivre sa marche paisible en repoussant gentiment quelques débris d’étoiles sur un air de cavatine italienne, le sentir altérer le calme de la nuit, le laisser manipuler mes désirs matinaux.

Oui, je l’aime. Comme mon œuf à la coque : tôt.

jeudi 28 mai 2015

AOC - Animaux imaginaires

Un petit oisson, un petit poiseau
S’aimaient d’amour tendre
Ils ont su s’y prendre
Ils sont pas ballots
Ça  commence il était une fois
L’effet que t’as connu s’en va
Surtout Julos pardonne moi…
La maman des poissons,
Elle est pas contente
Mon oncle a tout repeint,  tout repeint, tout repeint
Ce matin un lasseur a tué un chapin
Barracaète
Je te mangerai cru si tu veux bien qu’je reste
Lost
On a painted sky
Isn’t a rascaille
Qu’est-ce qu’elle a donc fait
La p’tite espadelle ?
Restée médusouette
Devant bergeromble ?
Que nenni, elle a rejoint
Un vol d’anchasseaux
Qui s’en allaient vers le midi, la méditerranée …
Qui saura, qui saura, qui saura
Pourquoi seuls morue et maquereau n’ont trouvé plume à leur chapeau ?

vendredi 22 mai 2015

AOC - 4h du mat

Il devait bien être 4 H du mat quelque part en Atlantique, entre le 56e et le 57e et il devait bien pleuvoir ce jour-là à St Pierre ou sur les Iles Sandwich. C’est sûr que sur Vindication, ça ne me serait pas arrivé ! Là-bas, pas de voiture donc pas de clé, encore moins de toit donc  pas de clé, non plus.

J’étais loin de penser à toutes ces destinations hautement exotiques, tout juste à respecter une jolie signalisation horizontale, peut-être pas assez longtemps,  mais qui était là pour chronométrer mon temps d’arrêt ? Toujours est-il que gaie comme un gorfou doré qui a repéré un beau banc de krill, j’ai pris mon élan et j’ai plongé…

Dans le mur, enfin non, enfin presque, enfin j’ai plutôt été prise en sandwich entre un Nantais et une défense anti-bélier. Or,  si le petit beurre reste tendre, l’acier trempé ne ramollit pas vraiment ! Le choc a fait perdre à Clio (fille de Zeus et de Mnémosyne) toute notion d’amour-propre, qui s’est sentie devenir veuve Clicquot à prendre sa calandre pour un bouchon de champagne… Tout fout le camp !

Après que les bulles et les chandelles se soient calmées entre l’hippocampe et l’oreille interne ; que j’aie réussi à joindre l’assureur qui ne s’était pas fait prié pour faire le pont ou autre viaduc de la saison; que nous ayons réussi à trouver un formulaire de constat (nombre d’assureurs estimant inutile d’en fournir à leurs vaches à lait) ; que Clio 1 soit brancardée chez Dr R et que Clio 2 (et oui, les télescopages de Mnémos mènent à bien des déboires savez-vous !) cherchait une nouvelle chaussure ; que la matinée soit bien entamée ;  que j’aie été gentiment entendue par mon gentil garagiste qui sait très bien faire les gentilles factures ; que j’arrive à ma porte ; c’est quand j’ai croisé le regard tendre du canapé qui m’attendait plein de bienveillance que j’ai senti fuir tout surplus d’adrénaline et que je me suis effondrée comme un vieux château de cartes bâti sur une zone de subduction.

Depuis, je me balade en bleu layette floqué « Louez-moi à 29 € par jour », ça fait mal à l’honneur ! J’aurais peut-être préféré qu’il fût 4h du mat…

samedi 9 mai 2015

AOC - Un tiens...

Mince alors ! Je ne sais pas si tout part à vau l’eau mais je suis bien obligée de constater que depuis qu’il a perdu dans sa présentation toute idée de conjonction (lascive - sic), mon site impromptu me joue des tours pendables. Le dernier en date tient dans la présentation de la consigne de cette semaine.

On n’abandonne pas tout à fait le farfelu, ne serait-ce que parce que si le sérieux est bienvenu, le burlesque y a une part royale et j’adore ça… Mais on doit impérativement  inclure …. Et c’est là que tout dérape…  Me voilà devant ça :

UUUUUUU

NN

TTT

L

II

SS

AAA

V

EEEE

XX

M

Q

R

D

Soit 31 lettres bien rangées, mieux qu’au scrabble mais moins bien que ne le souhaiterait tout chercheur de sens dont je fais d’ailleurs partie, à mon grand dam.

A première vue, j’y vois du nu féminin sinon pourquoi le double X ? Un rappel historique pas brillant, un triple A perdu corps et biens dans des arcanes peu fréquentables.

A y regarder de plus près je distingue une vasque, un disque, une notion lunaire, quelque triste sire, des Maures, un peu de luxure, une vaste nuée, du drame, un square, un vexé, deux amants, une rude ruée à moins que ce ne soit une ruade, dix ânes puisqu’on y est, une anse vide, la nudité, l’extase… Bref, tout ceci ressemble à un grand n’importe quoi majuscule qui m’enchante mais qui ne tient pas debout quel que soit l’ordre établi.

Mais j’y arriverai me promis-je in petto sachant pertinemment que les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent et qu’entre moi et moi c’est assez souvent  mouvementé à cause de ça, justement ! Mais voilà, les défis idiots ça m’occupe une heure ou deux de temps à autre et ça me vide l’esprit comme un amateur de sudoku finit souvent par penser chiffre-case-horizontal-vertical-123456789. Ceci dit, au final ça pourrait donner : 

« Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras », mais après avoir entrevu tant de possibles, qui peut s’en contenter ?

Et si « Tu lis un texte ardu qui m’a vue aux nues » se disputait à « Nu, tu lis au vieux masqué un texte ardu » (dont je vous laisse régler l’ordre des adjectifs, parce que je lui préfère « Nu, tu lis au vieux masque un texte ardu » qui me fait sourire un peu plus !) ?

samedi 28 mars 2015

AOC - Du gâteau

Toute à son bain, Marie laissait fondre le chocolat pour qu’au mieux il s’étale sur sa taille au pire s’épanche sur ses hanches alors qu’à son insu un chinois louche fouettait le cul de poule où les blancs se montaient le bourrichon sous l’œil goguenard du fusil. Du piano montait un air de mandoline dont la batterie se souciait comme d’une guigne alors que la salamandre grillait d’enfer.

Patient, le chinois se promit de ne pas foncer trop vite pour éviter la tarte mais tâter l’umami ; c’est que jusque-là, aucune ne lui avait donné satisfaction : Charlotte, Victoria, Madeleine, Suzette et encore moins Maryse n’avaient cette saveur sublime qu’il espérait tant. Son maitre exerçait dans le domaine du parfum mais lui n’avait rien d’une grenouille qui se ferait rouler dans la farine…

Seulement voilà, il n’avait pas prévu l’arrivée d’Arlette.

Arlette c’était vraiment la tuile et quand elle lui est tombée dessus il en a perdu le goût, surtout celui des deux sœurs qu’il retrouva comme la rate : au court bouillon ! Ces deux-là ne s’en laissaient pas compter et chez elles, point d’étamine autre que florale qu’on se le dise !

Au menu du jour, les belles avaient décidé de se régaler avec Alexandra sans pour autant se prendre pour les reines du Danemark.

Elles avaient un gros faible pour ce délice riche en amandes, abricots et chocolat, même si elles doutaient un petit peu qu’elle navigua naguère dans les mêmes eaux qu’elles…. A moins… à moins que la perversion ne fût poussée à son extrême limite et que l’on osa donner son nom à un gâteau qui ne représentait rien d’autre que les goûts de son époux ? Un comble !

Tout à sa fuite, le chinois eut le temps d’entendre ce que ses oreilles refusèrent de laisser arriver aux neurones mais son estomac ne put que se révulser lorsque la douille chuta sur :

« Ma chérie, veux-tu que je te dise ? Ton corps, c’est du gâteau »

samedi 14 mars 2015

AOC - Drapeau blanc

Que reste-t-il de tout cela, dites le moi…
Drapeaux froissés,  couleurs passées
Ad Patres
Tout mélangé, dénaturé
De la passion à la blessure
De la caresse au nez dans l’mur
Du divin au vide
A parts égales mais sans partage
Armes rendues, jamais brandies
Arrêter là cette comédie
Ce matin, le soleil à ma fenêtre
Dessine d’autres couleurs