dimanche 23 septembre 2018

Semaine du 17 au 23 septembre 2018 - La faille

Après toutes ces vieilles pierres nous lançons un thème proposé par Tiniak :

"Qu'on l'a borde par le flanc ou qu'on l'aborde de front, la faille, cette béante marge, nous donne le vertige, nous rebute ou nous aspire ?"

En prose ou en vers, laissez votre plume se laisser inspirer par cette faille.
Vous avez jusqu'à dimanche 23 septembre pour nous adresser vos textes à l'adresse habituelle impromptuslitteraires[at]gmail.com

vendredi 21 septembre 2018

Daniel Hô - La faille


cette humanité
n’existe que grâce à elle
cette faille en nous

Mapie - La faille


Tu n'es pas infaillible ma caille.

Faut-il que je comble tes failles et que tu polisses en moi toutes aspérités pour commencer à vivre ? Je doute...

Il est des chantiers qui ne finissent jamais. Cet emploi est de rêve :  une vie toute entière et finir imparfait.

Quand la faille est un gouffre, toutes proportions gardées, nous n'y pouvons rien faire, sauf se faire une raison. Et pour cette béance qui t'effraie je le sais, puis-je te suggérer de n'en point voir le fond ?

Observe comme le trou parait étroit dès lors qu'on le regarde sous le bon angle, du bon endroit... Oserai-je te dire que cet endroit c'est là.. oui , là, au creux de mes bras...

Voilà que tu défailles ma caille... 

Où lire Mapie

jeudi 20 septembre 2018

Tiniak - La faille

Faille ? Ire !

Je marche dans les pas de ma mémoire assise
où tu viens, ma promise, avec le ventre ceint
et me suis réveillé, des larmes plein les mains
mon âme et ma pensée encore à toi soumises


Je vibre, le corps nu, envahi de soupirs
pollué d'un désir au visage émacié
comme on tranche un poisson en de tendres filets
et l'oeil désemparé par trop de souvenirs


J'ai à l'oreille un cri lâché dans le vertige
En surgissent tes yeux - leur lume dans les miens...
tombant comme un aveu sans s'accrocher à rien
oreille ni sourire ou croupe callipyge


Je borde cette faille où tu as disparue
mon amour incongru, ma paire chatouilleuse
et rien ne change au ciel, Orion ni Bételgeuse
il faut que je m'assoie... Peut-être ce talus ?


Je regarde le sol et j'y vois tant de failles
- foin de mon attirail ! Rien n'empêcha ta chute
et ce qu'elle entraîna de nos sublimes luttes
engagées à souffler, pour le feu, sur la paille !


Je sens gluer les corps près de San Andreas
et pourtant que leur glace à le goût de Manille
je ne puis révoquer que le parfum vanille
de tes deux jolis seins sous mes doigts, bien en place


Je longe le sillon de nos derniers égards
embué le regard et le pas hésitant
(ça roule, là-dessous; le terrain est glissant !)
et, comme bouche bée, je t'offre mon regard


Mercy, Mersey ! Laisse-moi coucher dans ton lit
plongeant, aigri, transi, depuis ma barcarolle
pour rejoindre ma folle
et plonger dans sa nuit




Où rendre hommage à ma très chère Nickee, chez le Niak...

mardi 18 septembre 2018

Mister K - La faille


Des failles
J’en ai plein les fouilles
Parfois avec un mouchoir par-dessus
Des blocs rocheux encombrent mes yeux
Se déplacent
Me cisaillent le dedans
Des algues filaments
Me freinent et m’entraînent

Des failles
J’en ai plein les fouilles
Parfois avec un mouchoir dessus
Vortex qui m’aspirent
Dans des sables inconnus
Irréels
Le marécage de l’oubli
Semble le seul salut

Des failles
J’en ai plein les fouilles
Parfois avec un mouchoir par-dessus
Dans les profondeurs sombres
La gravité me prend par la main   
Du côté des plaques tectoniques
Et je tourbillonne
Comme une feuille spatio-temporelle