dimanche 22 juillet 2018

Semaine du 16 au 22 juillet 2018 - Cahiers de vacances

Voilà revenu le temps des vacances, et pour beaucoup d'enfants des sempiternels cahiers du même nom !
Cauchemar, trompe-ennui des heures chaudes, ou nostalgie, que vous inspire le concept du cahier de vacances ?

En prose ou en vers, racontez-nous vos joies ou mésaventures, réelles ou imaginaires, avec les dits cahiers, et envoyez-nous vos textes à l'adresse habituelle impromptuslitteraires[at]gmail.com d'ici dimanche 22 juillet minuit, date à laquelle les Impromptus suspendront leurs jeux d'écriture durant 5 semaines.

jeudi 19 juillet 2018

Marité - Cahiers de vacances


Mes devoirs de vacances.

Les cahiers de vacances ? Quésaco ? Non, je plaisante. Nous en avons acheté à nos fils mais ça les barbait tellement que nous avons vite cessé de les embêter avec ça. De toute façon, ils ne les terminaient jamais.

Quant-à moi, je ne savais même pas qu'un cahier de devoirs existait pendant les vacances.  Je veux dire, quand j'étais enfant bien sûr. J'aurais peut être aimé après tout. Mais chez moi, les vacances ne concernaient que l'école. Pour le reste, il fallait participer aux travaux de la ferme. Les foins d'abord. Dès le plus jeune âge, j'ai appris à manier une fourche pour remuer l'herbe derrière la moto faucheuse. Puis la retourner encore afin qu'elle sèche parfaitement. Venait l'emploi du râteau pour rassembler le fourrage. Un peu lourd pour l'enfant que j'étais, avec son envergure. Il faut dire que les outils n'étaient pas adaptés aux mains des gamins. Ils étaient les mêmes pour tout le monde.  Mon père m'autorisait une escapade pour aller récupérer la bouteille d'eau rougie mise au frais entre deux galets dans les ruisseaux avoisinants. J'en profitais pour baigner mon visage et mes mains gonflées et lourdes de chaleur où, quelquefois apparaissait une douloureuse ampoule. J'aimais cependant l'odeur fraîche de l'herbe coupée puis ensuite, le parfum suave du foin où toutes les fleurs et les plantes se mêlent en un bouquet qui explose et enivre. Le pollen me piquait les narines provoquant des éternuements sans fin qui me faisaient rire.

Après les foins, venaient les moissons. Un travail harassant en plein mois d'août où le soleil tape fort. Derrière la moissonneuse tirée par deux vaches sous le joug, j'aidais ma mère et ma grand-mère à déplacer les javelles pour permettre le passage de la machine. Il fallait faire attention aux vipères qui se cachaient souvent dans le blé. Quand les gerbes étaient chargées dans la charrette que mon père et mon grand-père conduisaient à la grange, nous glanions, c'est-à dire que nous ramassions les épis échappés à l'outil mécanique. Nous utilisions pour cela une faucille. J'avais la mienne, plus petite, bricolée par mon pépé. On sortait du champ les jambes griffées par la paille drue.

Avant la rentrée des classes, c'était le temps de la récolte des pommes de terre. Je suivais le sillon creusé par l'arracheuse pour sortir les tubercules qui n'avaient pas été éjectés. Après un après midi au soleil pour les sécher, commençait le ramassage. Les hommes choisissaient  les grosses pommes de terre et celles réservées à la semence et nous, nous amassions toutes celles qui restaient, les plus petites étant  pour la nourriture des cochons. Les paniers, que l'on portait jusqu'à la charrette au bout du champ étaient lourds pour mes petits bras. Il m'arrivait de bougonner mais comme cela ne servait à rien...

Il y avait aussi les menus travaux : aider aux conserves de fruits et de légumes. Je me souviens encore de mon dos en compote après la récolte des haricots verts. Nous étions neuf à la maison et il fallait emmagasiner pour l'hiver. Casser du petit bois sec pour allumer le feu m'incombait très souvent avant que mes frères grandissent. J'allais également ramasser dans les haies la nourriture pour les lapins, rincer le linge au lavoir. J''en oublie certainement. Les journées étaient bien remplies.

Mais j'avais mes compensations. J'adorais aller garder le troupeau de vaches, seule avec mon chien.
J'étais enfin tranquille pour lire tout mon saoul. Ma mère ne m'imposait pas de la couture comme c'était souvent le cas pour mes copines. Elle savait que je détestais coudre et qu'en plus, j'étais très maladroite.
Je dévalisais la bibliothèque de l'école. La maîtresse, peu regardante, me laissait choisir ce qui me plaisait. Inutile de préciser que les livres pour adultes m'intéressaient davantage que ceux réservés aux enfants !  Et les Bonnes Soirées ! Une voisine était abonnée à ce magazine qu'elle me prêtait. Je ne lui laissais pas le temps de le feuilleter et j'allais l'embêter jusqu'à l'obtention de la revue. Je découvrais ainsi la mode et je lisais avidement les romances distillées sous forme de feuilletons.

Mon bonheur a été complet quand les parents m'ont acheté - avec les sous gagnés à vendre les champignons que je trouvais - un petit poste  transistor d'un orange criard que je n'avais pas choisi mais il paraît qu'il ne restait que celui-là. Peu importe, j'étais comblée : j'avais de la lecture et de la musique pour compagnie.

Il m'arrivait aussi d'aller débusquer les écrevisses dans le ruisseau. Plus d'une fois, j'ai dû subir leurs pinçons mais je continuais quand même à les agacer juste pour les voir circuler à reculons jusqu'aux bords protecteurs de la rivière. Il y avait aussi des prés avec des mares. Je coupais un bambou, accrochais à son extrémité un bout de tissu rouge et je pêchais les grenouilles.

Je n'ai pas connu l'ennui une seconde durant les vacances de mon enfance. J'adorais l'école mais j'ai aussi beaucoup appris au contact de la nature, des animaux et  des hommes. Le regard et les sens s'aiguisent davantage à mon avis et j'ai acquis une maturité qui m'a beaucoup servi par la suite.  

mercredi 18 juillet 2018

Mister K - Cahier de vacances

Cahier de vacances

Je croyais y avoir échappé définitivement …
Je décachète les Impromptus lundi dernier et…

Paf ! bing ! tchblaaang ! 
Ma vie d’élève me revient en pleine poire 
Serrée de près par ma vie de papa de filles à l’école 

Très bien. 
Les impromptus s‘y collent ?
Moi aussi. 
J’ouvre le cahier. 

Lundi 

PROBLÈME
Un robinet coule au large d’Ouessant. 
L’enquête est ouverte à 3h51, le 7 juin. 
Car c’est un crime. C’est une fuite organisée.
L’inspecteur chargé de l’enquête se lève à 6h à Lorient et doit rallier Brest. 
Comme il a été muté récemment dans la région, il prend une carte routière (2 fois 10 plis de 11 par 25 cm) ce qui laisse songeur car il va embarquer dans un sous-marin. Sachant que le sous-marin mesure 70 m, devra-t-il la replier ?  
Il part à 6h17 en voiture et roule à une vitesse moyenne de 138 km/h.A 7h02, il est arrêté par les gendarmes à un rond-point qu’il venait de fendre en deux par le milieu. Il montre sa carte (de police, pas la routière) et repart après cet arrêt de 4 minutes 51 secondes. 
Enfin il arrive à Bonport, qui touche Brest. Il peut embarquer.
Installé au poste de commandement il demande un décamètre, un double décimètre et une équerre car il va prendre les premières mesures. 
Il est sur place à 10h42.
Questions 
- Qui a fait le coup ? 
- Situez d’une croix Bonport sur la carte
- Quelle sera l’heure de la basse mer ?
- Le problème de juin sera-t-il résolu avant juillet ?
- Pourquoi n’a-t-on aucune information sur l’équipage du sous-marin ?
- Quel est le lieu de naissance du commandant ?
- Sachant que la fuite a été détectée marée montante, en est-ce vraiment une ?
Mardi

GÉOMÉTRIE et MESURES
RÉPONDS AUX QUESTIONS

I. Si les nombres rationnels se jouent des nombres premiers
Que feront ces derniers ?

Si le nombre des années s’accroit
Qu’attendre de la valeur approchée ?

Si les grandes largeurs ignorent les diagonales
Faut-il changer d’angle ?

Si le losange est pris de près pour un carré
Est-ce parce qu’il se tient à carreau ?

Si l’hypoténuse s’oppose à la base et abuse
Est- ce compté dans les dommages équilatéraux ?

Si les figures symétriques sont tristes et pâles     
Est-ce au point de changer de plan ?  

Si le haut du pavé tombe bien bas
C’est qu’il déconne à plein cube ?

Si les torts recoupent les travers
Comment tracer la médiatrice ?  

Si quelques degrés manquent au tracé de l’angle de droit
Faut-il monter le chauffage ?

Si Pythagore était une fois dans l’ouest
L’aurait-on surnommé Billy Euclide ?

Si ton cercle d’amis est sans diamètre
Appelles-tu ton chien Thalès ?

II. Si autant d’hypothèses n’enseignent rien ou si peu…
Sont-elles 
en manque d’axiomes ? privées de théorèmes ? 
de simples formules qui emportent les pièces ?

Seraient-elles défaillantes, incomplètes, 
telle une alchimie dépourvue d’alpha et d’oméga , 
une bière philosophale sans levure, 
une comète sans plan ?

Tournent-elles 
à la cacophonie dodécaphonique décaféinée jouée par un épais épagneul espagnol épanoui ?

Relèvent-elles
de la quadrature du cercle polaire, de la quinquature de l’ellipse de lune ?

Et pi quoi encore ?
Mercredi

COMPRÉHENSION

Voici un QCM, un questionnaire à choix multiples. Entraîne-toi ! 

Trouve l’intrus (un seul) dans chaque liste. 
Tu peux barrer ou entourer, comme tu veux. 
1. président de la république
Macron, Macron, Macron, Macron. 
2. drogues dures 
Alcool, jus d'ananas, tranquillisants, foot à la télé.
3. sérieux
Science, rigueur, astrologie, rationalité
4. journalisme
Information, BFM TV , information, information 
5. pluralisme
Information, BFM TV, information, information
6. ersatz
François Hollande, Gauche, Socialisme, Jaurès
7. président de la république (*)
Macron, Macron, Macron, Macron (*) 2e chance au cas où tu n’aurais pas trouvé !Accroche- toi. Tu peux demander à un ami. !

8. écrivain
Calvino, Hugo, Franz-Olivier Giesbert, Borges, 
9. liste 13
Vendredi, chat noir, merde de chien, échelle
10.moyen-âge
Troubadour, libéralisme, avion à réaction, château-fort 

Jeudi

Copie un texte que tu aimes bien.

"Quand l'école est finie 
Quand le maître s'endort 
En rêvant qu'il manie 
Sa belle règle d'or 
Moi l'enfant pas gentil 
Le dernier de la classe 
Je sors de mes godasses 
Et je vais dans la ville 
Sur la pointe des pieds 
Je m'en vais 

Quand l'école est finie 
Je marche en liberté 
C'est fou ce que la vie 
Peut vous à raconter 
Je vois le boulanger 
Qui rend de la monnaie 
Et le drôle de ballet 
Des dames au cœur léger 
De les dévisager 
Ça me plaît"

(Texte extrait de la chanson « Quand l’école est finie » de Jean-Michel Caradec)

Vendredi 

C’est le jour du texte libre.
A toi d’écrire.
A lundi ? 

« Cahier de vacances »

Je me souviens des cahiers de vacances intercalés avant la télé 
Je me souviens du Tour de France avec mon grand-père je le regardais
Je me souviens …

Le cahier de vacances 
Ah ! c’était pas les vacances
Je croyais y échapper 
Mais cela me rattrapait
La vigilante fulgurance 
D’une sale engeance 

Je ne comprenais rien, 
Pour quoi faire ?
-car je travaillais bien 
Quelle mouche piquante croyait me prêter assistance 
Moi qui étais déjà branché insouciance
Déjà prêt à toutes les errances 
Bien au chaud dans ce temps d’enfance

Pensait-elle me faire « prendre de l’avance »  
Histoire de ne pas perdre mon temps d’enfant ?
Drôle de croyance 
Qu’occuper l’espace et le temps, à défaut de l’esprit
Dans cette béance,les vacances
Ou comment se conformer à la bienséance

Quel autre choix que de faire bonne contenance
En attendant la délivrance
Alors, obéissance, 
Pas de manigances
Finie la résistance
Surtout que ce n’était pas prévu comme un cahier de doléances !

Célestine - Histoire d'escargot


 "Très exceptionnellement nous acceptons le texte d'un petit retardataire, qui malgré un thème ayant été annoncé d'une durée plus longue que d'habitude, concourait avec un handicap certain, celui d'être un escargot. mais un "vrai", celui-ci ! C'était donc très certainement pour lui un concours extrêmement ardu.
Nous apprécions donc ici l'effort surhumain accompli !"
Signé : les administrateurs du site des Impromptus Littéraires 

Salut, moi c’est Elie. L’escargot. Et voilà, je suis en retard !

J’en étais sûr…de toutes façons, comment eussiez-vous voulu qu’il en fût autrement ? Je ne sais pas comment ont fait les autres pour raconter leur vie et réussir à entrer dans le créneau imparti, mais foi d’Elie le petit-gris, c’était tout bonnement impossible.

Ce n’est pas que l’inspiration m’ait manqué, mais tout de même…Non, ils se sont fait aider, je ne vois que ça. A tous les coups, ils ont loué les services d’un écrivain public, ces limaçons

Alors que moi, tel que vous ne me voyez pas (parce que je suis tout petit) j’ai tout conçu moi même. Je me suis décarcassé la coquille. Eh oui, quand il le faut, hélicicole, euh…Elie s’y colle…Il en a sous la semelle !

Mais j’aurais aimé vous y voir…Vous croyez que c’est facile de taper sur un clavier quand on ne possède en guise de doigts qu’un gros pied baveux et gluant ?

Sans compter que celui-ci nous cache toujours trois ou quatre lettres à la fois… Alors, mon texte, je le fais big ? or no ? that’s the question…

Non, ce n’est pas une vie d’être un escargot écrivain. C’est même une spirale infernale.

Je me suis carrément fait une élongation d’antennes quand il a fallu taper sur deux touches en même temps. Ben oui,  pour les majuscules. Et voilà que souffre désormais d’un strabisme ultradivergent ! Adieu les œillades, je vais finir en persillade…A défaut de rigolade, ce sera la cargolade.

Où lire Célestine