dimanche 26 mai 2019

Semaines du 13 au 26 mai 2019 - Flânerie

Pour les deux semaines à venir nous vous proposons de vous laisser inspirer par ces trois photos (crédit photo Tisseuse), ou par une seule d'entre elles au choix, afin de nous conter en vers ou en prose votre flânerie buccolique.
Votre texte devra nous parvenir avant dimanche 26 mais minuit dernier délai, à l'adresse habituelle : impromptuslitteraires[at]gmail.com.

Comme nous sommes sur une période de deux semaines, nous vous ouvrons la possibilité à produire un texte par semaine :)

Le phare des marais


Le moulin 


Les iris mauves

mardi 21 mai 2019

Andiamo - Flânerie

Moulin : la suite.

 L'histoire se terminait mal pour Pétugue (voir billet précédent), sa Vivette lasse de vivre dans une maison ronde, et pour cause ce bravoun' de Pétugue était meunier !
Vivette qui n'avait pas inventé la casserole carrée empêchant le lait de tourner, avait suivi un grand gaillard Breton : Le Mariou, gardien de phare de son état ! Bien entendu elle s'était retrouvée dans une habitation aux murs ronds, rond comme l'était Le Mariou trois jours sur deux !
Et en plus les jours de tempête, et Dieu sait qu'en mer d'Iroise elles sont fréquentes, ils assuraient la garde du plus terrible des phares de haute mer, un enfer : "Le Four", un phare redoutable, situé à l'entrée de la mer d'Iroise frontière entre elle et la Manche, des courants violents à l'entrée de ce goulet, des écueils où s'éventrent les navires ballottés par la violence des flots !
Vivette qui avait été bercée par le chant des cigales, des fifres et tambourins, s’accommodait fort mal, des bombardes, binious et autres bagads, fussent ils de Lann Bihoué ! Aussi un matin de Juin elle ficela son maigre baluchon, pouce levé elle rentra au pays du melon, des figues et du pastis, plus joyeux que le Chouchen !
Elle arriva à Pampérigouste, mais oui Pampérigouste le village d'où l'on aperçût la fumée provoquée par la mule du bon Pape, après qu'elle eût sévèrement botté le cul du Testin Vedet, l'abominable traître, qui l'avait entraîné tout en haut de la tour du château papal d'Avignon ! Mais je ne vous ferai pas l'injure de vous conter cette histoire archi connue...
Le moulin de Pétugue, un moment délaissé pour cause de chagrin, avait retrouvé sa voilure d'antan, ses ailes tendues de toile tournaient joyeusement entraînées par un mistralet, qui faisait entendre son doux chant en se frottant aux toiles de lin.

Ô Magali ma tant amado
Mete la tèsto au fenestroun !
Escouto un pau aquesto aubado
De tambourin e de vióuloun....


Et Vivette la pauvrette ignorait justement que son Pétugue , cocu mais pas battu, avait accueilli en son moulin tout rond une jolie Magali, à laquelle il avait arrondi le bidon.


Moralité : Vivette ma pitchounette, on ne saurait être au Four et au moulin tout à la fois !



lundi 20 mai 2019

Laura Vanel-Coytte - Flânerie

L’écharpe d’Iris*

Iris, déesse-fleur
Et fleur des rois
Irise mon âme
Voile ma tristesse
De tes couleurs
De velours liquide
Vaporise mes larmes
En éclat de lumières
Fleur-papillon**
Beauté évanescente
Liberté transparente
Incantation magique
A la Nature
Dans son « harmonie.
Entre la plante et l’oiseau*** »
Iris arc-en-ciel
Envole-moi
Dans un paysage de mots.

*Terme poétique (se référant à la déesse  puis à la fleur) désignant l’arc-en-ciel et notamment utilisé par Nerval dans son poème « Horus. »
Pour mon propre poème, je me suis inspiré de mon mémoire de maîtrise qui aborde ce thème… entre autres.
** « Papillon, fleur sans tige » dans une Odelette de Nerval
*** Dans les « Papillons » toujours

samedi 18 mai 2019

jeudi 16 mai 2019

Tiniak - Flânerie


Jardine, âge !


Tsi hi ! Entre, méandre en ce tendre jardin
Viens, partageons le pain aux graines chatouilleuses
qui bordent le chemin de nos ombres frileuses
et tendent leurs rameaux, verts de tendres festins

Il me vient des endroits aux moments à l'envers...
Tu sais, où les moulins ont arrachés leurs bras
pour dire à Don Quichotte : « Eh, mais non ! c'est pas moi ! »
tandis que les géants qu'il voulait tant défaire...

Si... Si ! Rappelle-toi : tu m'offrais ton bouquet
quand je buvais ta voix comme on sirote un marc
dans un café crasseux, mais où les gens se marrent
les yeux pris dans le fleuve et le rire en soufflet !

Sissi, à la télé, nous arrachait des pleurs
avant de nous coucher sur notre cahier d' texte
lui disant : « "allez chier, toi, tes angles convexes
et tout ce tralala ! », neuve, une ardeur au cœur

Et puis, voici que tombe une convocation
devant la Direction (qui ne sent pas la rose !)
On s'inquiète... On répond (à côté de la chose)
et l'intérieur franchit son propre Rubicon

Un mot ne fut pas dit; voilà, toute, la gloire !
que m'embrasse et l'Histoire et de sauvages liens...
Je ne t'ai pas trahie; j'ai fait amende noire
et que tout le vestiaire aille bien se fair' voir !!

Seulement, seul aimant, j'ai mené le concours
et te voir dans la cour devint une torture
(de là que je m'emploie à défoncer les murs ?
Peut-être...); écueil réfléchissant le point du jour

Et te voilà, banquet ! avec, six pieds sous terre
un regain d'énergie grimpant nu z'au rideau
au seuil de ma forêt, les poignets dans le dos
liés par ces lacets aux affres éphémères
 

mardi 14 mai 2019

Maryline18 - Flânerie

Le moulin sans elle


Le moulin sans ailes, n'entend plus le vent,
Ni la ritournelle, des amours d'antan.
Il se meurt pareil, à un goéland
De papier, ficelle, un jouet d'enfant.

Sur ses murs dressés, des espoirs blessés,
Des larmes de sang, d'oiseaux égarés.
Sans ses bras manquant, des promesses tombées,
Là bas, parsemées, remplaçant les blés.

Le moulin sans elle, est une aberration
Une ruche sans miel, une contre- façon...
Sa fièvre éternelle, lui donne des frissons,
Et brûle en ses meules, bercé d'illusions...

Sur sa terre aride rien ne germera... (plus)
A part des orties où dorment les rats.
Nul épi de blé, si beau si doré,
en lui n'explosera, comme par le passé.

Andiamo - Flânerie

Moulin

Il avait l'air de quoi ce moulin ? Paumé au milieu de la garrigue, délabré, sans ailes, le dernier moignon avait été arraché par le mistral, en plein hiver.
Putain de vent glacial qui se gèle sur le Ventoux, et nous ramène sa froidure en pleine gueule.
Le moulin de Pétugue avait cessé de moudre le jour ou Vivette sa femme avait suivi un Breton de passage, Le Mariou qu'il s'appelait, un grand gaillard le visage buriné, un grand feutre rabattu lui cachait à moitié les yeux.
Des yeux bleus comme ça on n'en voyait guère dans le coin, ils sont bleus comme la mer d'Iroise, disait-il, un bien joli nom pour une mer si cruelle, ajoutait-il en marmonnant dans son brûle gueule qui ne quittait jamais ses lèvres minces.

Avant de partir, Vivette avait griffonné un mot sur une feuille de papier, qui la veille avait servi à emballer une belle tranche de fromage de tête. Elle disait ceci cette lettre :

Mon bon Pétugue, je peu plu resté avec toi, vivre dan une mèson ronde je peu plu, on sé jamè ou kon ranje les afères.
Je va vivre avec Le Mariou qui est gardien de fare cé aute chose tou de mème.
A diù siatz mon bon Pétugue.

Vivette.

lundi 13 mai 2019

Laura Vanel-Coytte - Flânerie

"Mes  moulins"

Comme la roue qui brise
L’eau du bief de mon enfance
Et entrainait naguère 
Le moulin des jouets de la guerre.
Comme la campagne flamande
Qui se donne aux âmes patientes. 
Comme les moulins de Rembrandt
Dans un paysage de Hollande. 
Comme les « Lettres de Mon moulin » 
Que Daudet écrivit de Fontvieille, 
Je découvre les paysages
Que font vibrer les vents.
Tu fais tourner de ton nom
Tous les moulins de mon cœur

dimanche 12 mai 2019

Adel - Un scénario


Brévissime scénario

   Extérieur jour
   Une villa californienne , un 4 juillet 1950 et quelques

Le soleil darde ses rayons au dessus de la pelouse et de la piscine turquoise ; dans un transat jaune citron, Miss Lily O' Sullivan, ex Miss Colorado,( qui a pris quelques kilos depuis son heure de gloire), lit  un numéro presque récent du Reader's Digest; elle porte un bikini rose à pois blancs et d'énormes lunettes de soleil ; elle laisse tomber sa revue, et prend sur la petite table en forme de cœur un verre contenant un daïkiri, qu'elle termine en faisant de grands « slurps » avec sa paille (rose à pois blancs, assortie au bikini)
Passe un vieil apache à la tenue passablement négligée, sa coiffe en plumes est un peu déplumée et un peu de travers, ses mocassins ont connu des jours meilleurs...

                                 Miss Lily 
                  Dites moi, Oiseau-qui-pue-des- pattes...

                                 L'Apache
                   Hugh, Maîtresse, moi avoir déjà dit que moi pas m'appeler Oiseau-qui-
                   pue-des-pattes, mais m'appeler Oiseau-poilu-des-pattes !

                                 Miss Lily 
                   On s'en fout, Oiseau-Machin, ne vous ai-je pas demandé de tondre ?

                                 L'Apache
                    Hugh, Oiseau-poilu-des-pattes  avoir tondu très bien, Maîtresse Oiseau-
                    bec-trop-plein-de-mots : vous vérifier !

Il siffle trois fois, et on voit arriver, la queue basse, ce qui a dû ressembler à un très petit chien quand il avait des poils, mais tient plutôt à présent de l'axololt géant

                                Miss Lily : au bord de l'apoplexie,elle se précipite néanmoins pour prendre la pauvre chose dans ses bras, elle hurle :

                      Saloperie de peau-rouge flétri et puant, vous êtes renvoyé ! Foutez
                       immédiatement le camp et terrez-vous au fond de votre tipi, avant que
                       ma tondeuse ait ratiboisé tout ce qui dépasse de votre immonde
                       carcasse !!!

                                 L'Apache, digne 
                        Oiseau-poilu-des-pattes être très content  rentrer chez lui, où sqaws
                        pas porter vilaine chose couleur saumon avarié, et plus jolies à
                        regarder, HUGH !

Il redresse fièrement sa coiffe et part en chantant « I'm a poor lonesome indian boy, going back to his home, sweet home... »