Comment ne pas penser quand tout nous y contraint
Même sans volonté
Tout être sur cette terre se plie à ce refrain
Comment y échapper, comment y mettre fin
Exister c'est penser le philosophe nous dit
Me voilà bien coincé car si j'ai bien compris
Si je veux m'arrêter il faut dire au revoir à la vie
Mais vivre moi je veux et si penser je dois
Je vais en faire un jeu dont j'invent'rai les lois
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lundi 16 novembre 2015
dimanche 8 novembre 2015
Djaff123 - Les huit éléments
Dans la campagne, fuyant la guerre qui pointe, un vieillard harassé chemine à son allure tenant par la main un gamin d'une dizaine d'années complètement hébété. Le bonhomme, originaire de Moselle, a déjà vécu celle de 1870 et veut mettre entre eux et l'armée allemande le plus de distance que leurs jambes permettront. Ils s'installeront non loin de la Durance à Sisteron au pays des cigales. Après des jours de marche, une fois passé Mâcon, plus que quelques kilomètres pour rejoindre Ville-Franche. Dans cette grosse bourgade du Rhône, ils feront étape auprès de la famille. En ce début d'hiver le mordant de la brise est encore plus douloureux à cause de la pluie qui ne cesse de tomber et puis des pieds mouillés. Il faut redoubler d'efforts, l'obscurité s'accroît, la nuit qui descend vite va bientôt être là. Au détour d'un lacis, les voilà face au fleuve et au pont qui l'enjambe. L'ouvrage est très ancien, en bien mauvais état, on le sent qui brinquebale sous les coups du vent qui grossit. Nul autre passage où traverser, ils n'ont d'autre choix que de s'y engager. Mais l'enfant terrorisé ne peut plus faire un pas, il résiste, tire renâcle comme un poulain qu'on voudrait de sa mère séparer. Appels à la raison, encouragements, rien n'y fait statufié il ne peut plus bouger. Dos tourné, sortant de sa besace une petite sphère rouge, brusquement le vieillard fait volte face en s'en chaussant le nez. Ainsi, sommairement grimé en clown, il se lance dans une sarabande ponctuée de mimiques et d'onomatopée. D'abord désarçonné, voilà qu'à ce manège le visage de l'enfant d'un sourire s'éclaircit. Voyant ce pitre qui vers l'avant s'enfuit, le petit esquisse quelques pas pour s'en rapprocher. De son côté, toujours sautillant et grimaçant, le petit vieux farfouillant dans sa besace, tel un magicien, en extrait un lapin. A peine ses pattes posées, voilà l'animal qui file sans demander son reste vers la liberté. « Allez viens » hèle le vieux « c'est un cadeau pour nos hôtes, si l'on ne fait pas vite il va nous échapper ». Pris au jeu, l'enfant s'élance et sautillant, bondissant par-dessus les obstacles, le voilà promptement qui dépasse l'ancêtre. Quand ils s'arrêtent tout deux, après cette cavalcade, le pont est relégué à des dizaines de mètre d'eux. Le rongeur quant à lui n'est visible nulle part. « Tu vois il est parti et pourtant je t'avais prévenu qu'il allait s'échapper » dit le grand-père à l'enfant qui de son côté lui répond : « je préfère comme ça plutôt qu'il ne finisse dans nos estomacs et sûrement de ses pattes faire des pendentifs pour nous porter bonheur ». Un ange passe, une lueur de connivence éclaire les 4 yeux, descendant vers la Durance les voilà courageux.
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