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vendredi 1 juillet 2016

Chri - L'art de faire sa valise

L’art de faire une valise.

Si tu t’en vas, Lise, tu n’en as pas besoin d’une, lui dit simplement Anna.
Anna, Lise, les deux meilleures amies du monde. Ton départ si soudain, n’est pas une cata, Lise ajouta Anna. J’espérais simplement que tu attendes la fin du bal, Lise. Tu me fatigues Anna, avec tes jeux de mots, ajouta Lise. Donne moi plutôt ton conseil, douce Anna?

Pour tout voyage, tu n’as besoin que d’une chose, à emporter avec toi, qui ne tient dans aucun sac, aucune malle, aucune valise. C’est ton désir, Lise. Voyage léger, n’emmène que lui. Il ne prend aucune place puisqu’il la prendra toute.

Pars avec des yeux neufs, curieuse, souriante, les bras ouverts, le monde et les autres ne peuvent que s’offrir à toi.


jeudi 30 juin 2016

Célestine - L'art de faire sa valise

Si vous ouvrez ma valise en cuiracier, vous y trouverez ma clarminette dont je joue depuis que j’étais petite fille, ma clouche pour sonner l’heure du repas et servir la soupe en même temps, et mon abribuste en satin dentelé. Un androjean, un pantalontano italien pour aller loin, et mon yankeemono en soie que j’ai rapporté de New-York.

Je laisserai mes vieilles chaussures fatiguées au savatorium, leur préférant des sandaltoniennes aux couleurs difficiles à distinguer, à part pour un expert de la camaïeutique socratique.

Comme je suis cosméticuleuse, je n’oublierai pas mon savion (pour me laver en vol) ainsi que du shambonpooing pour mes cheveux gras, au cas où (aimant parler avec les mains) je trouverais un charmant voisin avec qui palpoter.

Dans un petit sacchaprose à côté, j’emporterai mon babaoromètre, pour mesurer le taux d’alcool dans les gâteaux, une bouteille de quetschup, la fameuse sauce aux prunes, et, pour satisfaire mon éboulimie, quelques rochers au chocolat qui tomberont dans mon estomac au moment iguoine. Quelques préservatifs achetés chez le capothicaire, afin d’éviter les vizizitudes, et de ne pas me faire transformer en tapinhambourg, ces belles plantes qui poussent dans les vitrines hollandaises. Et puis, bien sûr mon livre sur Bazarathoustra (le philosophe bordélique) dont je ne me sépare jamais. Toutes choses qui permettront de prévenir les crises de scepticémie qui guettent les zérotomanes.

Les cycloptimistes me regarderont d’un bon œil, alors que, risquant la tandémie, les cyclystères pédaleront à lavement dans la semoule, en me tirant un nez de cyranosaure. Mais peu me chaut.

Une fois sur place, j’irai dans la forêt observer les apachydermes à plumes (rebelléphants assez dangereux) les ventilopes (qui courent si vite qu’elles rafraîchissent l’air) et les velcrocodiles (qui ne lâchent jamais leur proie). J’aurai sûrement la chance de voir le chien musicien appelé discoteckel, ami du hamsteréo, petit rongeur de haute fidélité.

Mais ma joie serait vraiment complète si je pouvais enfin, enfin, observer un colibrius, cette espèce de drôle d’oiseau à bec fin…

C’est pour cela que je vais accomplir ce voyage. Je dois vous laisser. Il me faut terminer ma valise de mots.

Où lire Célestine

Fred Mili - L'art de faire sa valise

My frenchxit.

Je vais être amené à m'faire la valise, à m'tirer à la cloche de bois. Une fois de plus. Mes amis de Bercy sont à mes trousses. Hier matin j'ai vu le vautour qui a sonné à la porte en bas.
Impressionnant le gars.
J'ai pas répondu.
Tout de noir vêtu. Une gueule de circonstance.
Il a rempli son papier.
Quand il a levé la tête je me suis planqué vite fait.
Il a déjà bloqué mon compte. Cent euros. Le minimum syndical que j'avais laissé pour étancher sa soif.
Donc je savais qu'il allait venir.
J'ai aussitôt ouvert ma Samsonite et jeté pêle-mêle, des slips, des tee-shirts, ma brosse à dents, mon dentifrice, deux pantalons, mon maillot de bain et puis, bien sûr, mon ordinateur et mon appareil photo.
Je change de crémerie. Il est grand temps.
J'étais préparé. Je les connais.
J'ai prévu le coup.
Je vais fermer la porte, pas la peine de tirer le verrou. Ils pourront rentrer pour saisir ce qu'il reste.
Juste une chaise et une table de camping que j'avais ramassées dans les poubelles. Le petit camping-gaz qui me sert à faire chauffer les boites de cassoulet et de quenelles et la vieille cafetière que m'a mère m'avait refilée et bien sûr, comme pieux j'utilise un matelas à même le sol sur lequel j'ai transpiré bien souvent. Il est couvert d'auréoles jaunes et de brûlures de cigarettes. Après un ou deux joints je ne suis jamais précautionneux. Et puis y a certainement quelques cartes de France quand j'étais amené à faire baisser la pression.
Je lui laisse la savonnette et le rouleau de pq.
Je suis gracieux aujourd'hui, il aura de quoi se laver les mains et se torcher le fouine s'il lui prenait une diarrhée subite pendant la saisie.
J'ai un pote à l'armée du salut il me trouvera bien un pucier pour la nuit. Je vais coller ma valise à la consigne et mettre ma brosse à dents dans ma poche.
J'espère que je pourrai laver mon calbute, j'aime pas être craspec sur moi.
Il va falloir que je gruge encore dans le train avec ma valoche ça va pas être facile de me carapater s'il y a un contrôle.
Il est parti l'huissier. Je vais prendre le temps d'm'en rouler une petite histoire de planer un peu et d'envisager les choses avec philosophie.
Bon j'suis pas le plus malhonnête des mecs mais j'déclare plus mes indemnités de chômage aux impôts depuis des années,. Ça me gonfle de m'faire tabasser dans les manifs par un CRS à qui j'ai payé des costards pendant mes années fastueuses en m'acquittant de mes taxes.
Pourtant j'ai pas coûté cher à la société, ils m'ont viré très tôt de l'école parce que j'étais un ignare, pas assez intelligent pour faire des études supérieures.
J'ai glandé ensuite, et puis au moment de partir de l'armée, j'ai réclamé le statut d'objecteur de conscience. J'en ai balayé des trottoirs au lieu d'être enrôlé. J'en ai avalé de la poussière rien que pour ne pas gueuler tous les matins "Oui Chef, Bien Chef" comme dans Full Metal Jacket.
Maintenant j'suis au RSA, pas moyen de me saisir à la source. Je vais sûrement avoir quelques difficultés mais ça n'a pas d'importance.
Je suis prêt à faire mon Frenchxit.

L'Arpenteur d'étoiles - L'art de faire sa valise

Dans ma valise

J’ai dans ma valise des vallées bleues où s’endort le soir, des brousses d’or hérissées de maigres arbres tors, des immensités désertes, des oasis au fraicheur verte accueillant les targuis sur la route du nord, des ports étranges et des odeurs d’épices, des métisses parfumées vendant leurs corps aux marins en partance, des palais vénitiens, colombines, arlequins et mes mains gantées de velours noir, la vision du fantôme au long bec d’un vieux Casanova, les plaines embrumées des matins d’automne, des aubes orangées tournant les moulins à prière aux murs des lamaseries, les jonques alignées dans la douceur marine, la chaussée des géants aux confins de l’espace, les îles vierges envolées sur l’océan des nuages, une reine d’ébène nue avançant dans les nuits africaines, les plages de ton corps, tes hanches mouvantes, les orbes somptueux de tes seins d’odalisque orientale, la voix d’Ella Fitzgerald, le piano d’Ellington, le velours de Nat King Cole, des clairières au creux de forêts sombres où dansent les sorcières, la colère des volcans, l’infini reflet de la lune sur la mer étale, les elfes ailés volant vers Brocéliande, Pink Floyd et Tangerine et Moody blues et Georges et Jacques et mon adolescence, les ombres blanches et diaphanes de ceux que j’ai aimés et qui sont partis vers d’autres mondes … mes rêves d’avenir et ton regard en point de mire ...

Mais je n’ai jamais su plier une chemise !


mercredi 29 juin 2016

Mel - L'art de faire sa valise

Elle a le teint blafard
Devant son grand placard
Faire sa valise un art
Elle s'y prend toujours tard

C'est qu'elle ne sait pas bien
Ce dont elle a besoin
Fera t il chaud ou froid
Tel est son grand tracas

Alors elle met de tout
Pourtant c'est le mois d'août
Elle empile, elle entasse,
Faut pas qu'elle se tracasse

La valise marron
Bientôt fait le dos rond

Il n'a rien vu encore
Il est toujours dehors
Quand il va revenir
A son tour le plaisir

Pour lui trois fois rien
Elle le connaît si bien
Il aura la valise
La petite, la grise

Voilà qu'elles sont prêtes
La grise et la marron
Il faut dormir peut être
Demain ils partiront

Lilousoleil - L'art de faire sa valise

Vous partez en vacances pour Belize ?
il vous faut une bonne valise grise ou bleue, qu’importe la couleur. Elle doit être grande ; oui mais pas trop non plus. Ni trop grande ni trop petite !
Mettez-y des pantalons en lin froissés, des shorts et des bermudas étriqués
des jupes en jean délavé et des tee-shirts fraîchement repassés,  bien pliés et des chemisiers de toile plissée.
Choisissez avec soin votre lingerie ; sachez que vos bonnes vieilles culottes en coton
Sont, certes plus confortables que les strings en soie et dentelle, mais beaucoup moins affriolants si vous étendez la lessive ! 
N’oubliez pas les chaussettes épaisses ; en rando et en trek, les pieds nus dans les nus pieds, n’est pas conseillé. Attention les vieilles paires déchirées durant votre dernier jogging, c'est pas top pour draguer.
Faites le tour des placards et dégotez quelques nuisettes transparentes toujours, plus classe que le pyjama en pilou molletonné de tante Berthe.
Voilà en un tour de main la valise est prête.
Vous n’avez plus qu’à fermer…
Le temps de vous apercevoir que le bagage  un tantinet trop lourd, la valise un tantinet trop petite. 
Essayez  alors de déplacer un objet, d’en enlever ou d’en remettre…
Vous voici ébouriffée avec la trousse de toilette, à la main sans savoir quoi en faire !

A refaire …

Où lire Lilou

Suzaku - L'art de faire sa valise

Tourbillon dans ma tête,
Cet ardu choix m’embête :
A roue ou bandoulière ?

Je ne sais que remplir,
Filet ou poche en cuir, 
Ou peut-être à l’arrière ?

On a trop de valises, on ne sait plus choisir
Et moi, qu’on se le dise, j’en ai tout un empire
Je n’y arrive pas, je vais baisser les bras
Trouvons vite un bâton, faisons un baluchon.

Plus petite ou plus grande
En carré ou rectangle
Je suis en plein dilemme

La toile, c’est pas pratique
Trop lourd pour le plastique
J’ai un sérieux problème.

On a trop de valises, on ne sait plus quoi prendre
Et moi, qu’on se le dise, j’en ai plein à revendre
Je n’y arrive pas, je vais baisser les bras
Si ça me chauffe trop, je prends mon sac à dos.

La rouge ou bleue et noire
Elles ont toutes une histoire
Remplie de souvenirs

 Même la plus gâtée
Tissus, coutures usés
Rien pour m’en désunir.

On a trop de valises, on ne sait plus choisir
Et moi, qu’on se le dise, je voudrais bien partir
C’est bon, j’ai fait mon choix, je m’en lèche les doigts
Enfin j’ai commencé, c’est la fin de l’été…

mardi 28 juin 2016

Vegas sur sarthe - L'art de faire sa valise

Comment apprivoiser sa valise

La choisir pas trop grande ni trop minuscule
pour l'avoir à sa main, une menue poignée
et la transbahuter, bourrée, sans rechigner
passer pour un ballot, friser le ridicule.

Apprécier son beau cuir, sa peau, son épiderme
vachette, agneau ou daim mais pas de peau de vache
pénétrer ses recoins, jouer à cache-cache
découvrir ses secrets et tout ce qu'ils renferment.

Chercher pour ses transports l'équilibre optimal
oublier dans le fond bien des choses qui fâchent
préférer le dessus, dessous que l'on détache

sans lui faire les poches être un peu indiscret
sinon à la faveur d'un double fond secret
elle en profitera pour se faire la malle.

Tisseuse - L'art de faire sa valise

J’ai mis dans ma valise
Des milliers de bêtises
Des épingles à nourrice
Et des petits réglisses

J’ai mis dans ma valise
Une chemise grise
Ma liste de caprices
Et ma boite à malice

J’ai mis dans ma valise
Des petites surprises
Un peu de dentifrice
Et puis quelques notices

J’ai mis dans ma valise
Toute ma gourmandise
Les plantes bienfaitrices
Les baumes à cicatrice

J’ai mis dans ma valise
Du pain et des cerises
Ma plus belle pelisse
Pour les soirs d’artifice

J’ai mis dans ma valise
De longues analyses
Assez révélatrices
Un peu provocatrices

Lorraine - L'art de faire sa valise

Je pars. Sans retour. Mon bagage est léger : quelques hardes, quelques regrets,  la couleur des souvenirs,  la lumière du bonheur, le poids des larmes. Et ta photo.

 Tu n’es plus. Derrière moi, j’ai refermé la porte. Vivre a-t-il encore un sens ? Je m’en vais pour fuir la souffrance. Mais on n’échappe pas à la souffrance, je le sais aussi. Des vacanciers me côtoient, le toit de leur voiture croule sous le poids des malles. Ils emportent leur présent, leurs robes, leurs sandales. Comme je me sens légère ! 

Demain, j’arriverai à la rivière où l’eau coule si claire, si tintante, que je faisais silence en moi pour l’écouter. Tu te souviens ? Je m’arrêterai peut-être à l’auberge. Peut-être…. Demain ?...

Pascal - L'art de faire sa valise

Bagage  

A l’ultime crise
J’ai fait ma valise
Elle est si légère
Fin de la Guerre

Savon dentifrice
Adieu les caprices
Les mots méchants
Les silences pesants

Parfum de Voyage 
Chemise chaussures
J’oublierai ton visage
Guérirai la blessure

Disques de Dylan
Quelques mouchoirs
Coup de la panne
Aventure d’un soir

DVD de Whitness
Un Singe en hiver
Photos de jeunesse
Paroles de Prévert

Lunettes de soleil
Des restes de cœur
Monts et merveilles
Recherche Bonheur

A l’ultime crise
J’ai fait ma valise
Elle est si légère
Fin de la Guerre.

lundi 27 juin 2016

Jacou - L'art de faire sa valise

Bagage prêt à porter

Pour faire une valise,
Disposez en couches  vêtements appropriés,
Petits matins frisquets,
Nuisette vaporeuse,
Grands soirs et festivals,
Soierie déshabillée,
Escarpins hauts perchés
Le reste de la journée,
Tenue des plus légères,
Osez la nudité.

Clémence - L'art de faire sa valise

Furoshiki.

Valises en cartons
Épaules malmenées
Vacances foutues

Oh, combien d'été ont entendu
de mon  haïku désespéré
la plainte répétée

Lasse mais tenace,
J'ai décidé de voyager léger.

Furoshiki noué
Rempli Konmari

Plage dorée,
Mer turquoise…
Plume légère, je rêve…

A mon retour
Peut-être
Ferais-je ma valise
Mais ça,
C'est une autre histoire,
Une autre histoire de valise.

Laura Vanel--Coytte - L'art de faire sa valise

Dans un petit carton blanc

Dans un petit carton blanc,
J’ai mis un jour les disques
De mon chanteur préféré.

Dans un petit carton blanc,
J’ai calé les Œuvres Complètes
De mon écrivain tant étudié :

Trois jolies Pléiade
Et leur album : un quatuor magique,
Surtout bien protégé.

Dans un petit carton blanc,
J’ai glissé Baudelaire
Et ses « Œuvres » si décortiquées.

J’ai fermé le petit carton blanc
Et pour un jour que j’espérais proche,
Je l’ai mis de côté.

Puis nous avons pesé nos valises noires,
Pas plus de  vingt kilos à emporter,
Un choix cornélien :

Ma plaquette de pilule en cours
Et autres traitements ;
Des vêtements chauds

Pour le pays d’arrivée.
Mon livre en cours
Et quelques autres d’avance

Pour ne pas manquer.
On a compté les petites cuillères
Puis fermé la porte.

Nous avons déjeuné dehors,
Il faisait vingt degrés sous les palmiers.
Une journée sous le signe du vingt.

A l’arrivée, on nous attendait
Avec  de l’amour et des critiques.
Il avait bien gelé.
A mon coucher
Dans un nouveau lit
J’ai retrouvé mon livre en cours.

Comme à chaque nouveau paysage
Un livre est toujours là
Changeant mais rituel inchangé

Quant au petit carton blanc
Il resta là-bas seul
Plus longtemps qu’on l’aurait imaginé.

Trois ans après
Après maintes péripéties
Et moult avanies.

J’ai retrouvé mes Œuvres complètes
De Baudelaire et Nerval
Inchangées mais toujours changeant

Ma vie.

Où lire Laura

Semaine du 27 juin au 3 juillet 2016 - L'art de faire sa valise

Après avoir refermé tous vos livres, vous vous préparez à partir en vacances.
Il faut donc faire vos valises ... et c'est tout un art !

Racontez comment vous faites vos bagages, vos astuces, vos secrets en prose ou en vers...

Mais vous devrez impérativement avoir bouclé votre texte et nous l'envoyer à l’adresse habituelle impromptuslitteraires[at]gmail.com avant dimanche 03 juillet minuit.