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mardi 20 novembre 2018

Suzaku - Petit Larousse 2019

Sans transition, ce matin Rue de la Charité, une manifestation de travailleurs détachés s’est globalement déroulée dans le calme malgré la présence d’un groupe minoritaire anarchique. Joseph Risoli, membre du collectif «Travaillons Ici, Payons Là-bas» déplore l’absence de considération des pouvoirs publics et le snobisme du nouveau Ministre du Travail et des Frontières. "Nous ne sommes pas des frotteurs de lampes à huile à souhaiter l’impossible.» a-t-il déclaré. "Nous exigeons d’être entendus." A l’heure actuelle, le mouvement s’intensifie avec l’arrivée du Comité «Les Bons Pigeon », qui eux, défendent le droit de chasser les nouveaux volatiles tant cités par Xavier Niel.
Mais le mouvement est loin de faire l’unanimité. En effet, l’association «Plus Tout Seul Au Boulot», défendant le cotravail, s’est opposé à ce rassemblement en affirmant qu’«il ne s’agit là qu’une boboïsation de la démocrature locale et qu’ils feraient mieux de s’occuper des vrais problèmes de ce monde». La manifestation continuera jusqu’à ce soir.

C’est tout pour aujourd’hui. Merci d’avoir suivi ce «break-news». N’oubliez pas la semaine de lutte contre la grossophobie. A ce titre, ce soir, à 21h15, vous pourrez suivre le débat culinaire qui opposera les flexitariens et les amateurs de teppanyaki. Bonne soirée à vous.

Retrouvez ce programme en replay sur vos écrans.

mardi 23 octobre 2018

Suzaku - Clair le notaire ?


— Il m’aimait, c’est évident. Il ne voulait pas se l’avouer mais il était fou amoureux de moi. Il me regardait toujours avec cette envie de m’arracher et de baisser mon pantalon pour me faire l’amour jusqu’à ce que nos deux corps n’en puisse plus. c’était un notaire très apprécié. Je vous ai déjà dit qu’il était notaire ? oui, certainement. Et puis vous devez l’avoir lu dans la presse. Il aimait ses clients, il aimait ses amis, sa famille, il aimait tout le monde. Et tout le monde l’aimait. Vous comprenez ma surprise quand j’ai appris qu’il avait été retrouvé dans le ...
            Rémi s’interrompit. Il ravala ses larmes, renifla profondément une fois, souffla avec insistance, renifla une deuxième fois. Et il s’écroula en pleurs.
            Le psychologue, Édouard Kyriez, soigneusement habillé d’une chemise claire à rayures, un homme de forte corpulence, limitant ses paroles à quelques «mmh mmh» et d’autres «hum, continuez», termina de mâchonner son crayon et griffons sur une feuille blanche. Il se pencha pour attraper des mouchoirs et tendit la boîte à son client.
            Rémi se leva, prit un mouchoir et se rassit sur le canapé en s’essuyant les yeux. Il n’était pas très confortable mais pourtant, il l’aimait. Il avait confié tant de secrets de sa vie sur ce sofa, et il en restait tant à dire encore.
— Il était tout pour moi ! Tout ! Chaque mot de sa bouche était une symphonie, son parfum un cadeau. Je m’oubliais à lui comme jamais.
            Rémi se tut un moment et se mordant la lèvre :
— Mais Il n’assumait pas! hurla-t-il. Il refusait de croire qu’il m’aimait. Pourquoi ? A cause de sa grognasse de femme et des putains d’enfants.
            Il marqua une pause, sentant la rage l’envahir et regarda son psy comme s’il voulait en obtenir l’aval.
— Qu’est-ce que je suis pour lui ? Hein ! Une pomme qu’il grignote et jète son trognon une fois repu ? Un vase en cristal qu’il remplit de belles fleurs et qu’il casse une fois qu’il s’en lasse ? Non je vaux plus que ça !
            Il se rendit compte qu’il s’était levé et lancé en l’air tout ce qu’il avait pu trouver : livres, feuilles de papiers, crayons, ciseaux, enveloppes, presse-papier... se partageaient le sol un peu partout. Il savait que dans cet état, il était capable des pires tortures, que rien ne pouvait l’arrêter dans ses pulsions. Son psychologue s’en était même replié au fond de son siège et se protégeait la tête de ses bras.
— Bien, répliqua le psy alors que Rémi reprenait ses esprits, nous continuerons dans deux jours. Je vous laisse voir avec ma secrétaire pour la facture.
            Rémi savait qu’il valait mieux en rester là pour cette séance et que la désinvolture de son psy lui permettait de se calmer et de revenir à la réalité. Il se leva en levant Le Bras pour le remercier.
— Vous me croyez, non ? Vous l’avez connu vous aussi, dans sa sympathie, son entraide et sa générosité.
On frappa à la porte. Personne ne bougea.
— Vous a-t-il fait défaut dans vos séances avec lui? Vous a-t-il fait défaut pendant tous ces rendez-vous tardifs durant lesquels vous échangiez jusque tard dans la nuit?
On frappa une nouvelle fois avec plus d’insistance et une petite voix inaudible se fit entendre a traversé la lourde porte.
— Moi, il ne m’a jamais fait défaut, sauf de n’avoir avoué qu’il m’aimait.
La porte s’ouvrit par la force et cogna contre l’étagère en chêne. Le bois d’encadrement vola en éclats tandis que trois hommes en bleu Marine pénétraient en criant :
— Monsieur Kyriez. On vous arrête pour le meurtre de Maître Clair.

mercredi 29 juin 2016

Suzaku - L'art de faire sa valise

Tourbillon dans ma tête,
Cet ardu choix m’embête :
A roue ou bandoulière ?

Je ne sais que remplir,
Filet ou poche en cuir, 
Ou peut-être à l’arrière ?

On a trop de valises, on ne sait plus choisir
Et moi, qu’on se le dise, j’en ai tout un empire
Je n’y arrive pas, je vais baisser les bras
Trouvons vite un bâton, faisons un baluchon.

Plus petite ou plus grande
En carré ou rectangle
Je suis en plein dilemme

La toile, c’est pas pratique
Trop lourd pour le plastique
J’ai un sérieux problème.

On a trop de valises, on ne sait plus quoi prendre
Et moi, qu’on se le dise, j’en ai plein à revendre
Je n’y arrive pas, je vais baisser les bras
Si ça me chauffe trop, je prends mon sac à dos.

La rouge ou bleue et noire
Elles ont toutes une histoire
Remplie de souvenirs

 Même la plus gâtée
Tissus, coutures usés
Rien pour m’en désunir.

On a trop de valises, on ne sait plus choisir
Et moi, qu’on se le dise, je voudrais bien partir
C’est bon, j’ai fait mon choix, je m’en lèche les doigts
Enfin j’ai commencé, c’est la fin de l’été…