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samedi 29 avril 2017

Stouf - Aimer l'amour et l'écrire

Ma Mémé d'amour
qui savait pas écrire mais qui m'aimait

Mémé … mémé Victorine, elle causait pas beaucoup ma grand-mère bretonne. En vacances on sortaient deux chaises devant la porte qu'était le long de la route et on regardaient le temps qui passe.
Y avait pas trop de voitures en ce temps là, pourtant j'avais mon petit calepin pour noter les plaques d'immatriculation des étranges trucs bizarres avec des roues, un moteur qui fait vroum et des gens dedans. Mémé ne savait pas lire ni écrire, alors c'était un peu difficile pour mes dix ans.

Par contre à 16 heures tata Gisèle sortait des PTT où c'est qu'elle bossait pas trop dure ( vu le peu d'habitants de la commune ) … c'était juste à 10 mètres et elle avait toujours des crêpes fraîches du matin. On rentraient tous dans la casbah pour étaler un max de beurre salé sur lesdites crêpes, avec plein de confiture. Les vieux boivaient un café mais moi j'étais trop jeune.

Après c'était Dimanche et Victorine regardait le jour du seigneur dans la télé, dans le four à bois y avait le pauvre poulet assassiné qu'on allait manger avec des patates du champ de la mère Leboech à la sortie du village. Ca sentait bon mais je m'ennuyais … un truc de dingue.
Du coup je me suis dit ce jour là que le seau à merdre ( Victorine n'avait pas le tout-à-l'égout ) fallait bien le vider sur le compost pour faire mûrir les tomates et les poireaux du jardin.
J'me souviens, y avait Miaou le chat noir tout dégoûtant à qui j'avais un jour filer les restes et que je continuais à nourrir parce que sa gueule me revenait bien, maintenant il me suivait partout ce con.

Bon, j'arrive vers le tas de fumier le long du mur des PTT et … y a la tronche d'une gamine comme moi qui dépasse du mur.
- Salut Stouf, tu vas bien ?
- Ben t'es qui toi ? Que je demande à la fille ( en essayant de planquer mon seau à merdre ) .
- Christine !

V'la miaou qui saute sur le mur et va lécher la figure de Christine. Ca y est … je suis capturé pour le restant de ma vie ...

vendredi 28 avril 2017

Bricabrac - Aimer l'amour et l'écrire

Problèmes de voisinage

J’entendis à l’aube le braiement de l’âne gratter à la fenêtre. Le jour qui se hissait par-dessus les collines rehaussait les chardons qu’un rayon de lune rousse avait dessinés sur la vitre givrée. Quand j’ouvris la croisée, j’aperçus une écharpe grise, irisée de tourmaline, qui tournait autour du tilleul à l’écorce gercée. Je ris doucement. Je mis un marque-page à mon rêve, enfilai mes pantoufles, et descendis de mon galetas par l’échelle de meunier. La voie lactée avait parsemé le jardin de gelée blanche. Je traversai la cour. À l’aplomb du colombier, sous le larmier de carreaux vernissés, étaient posés dans l’herbe de petits sacs en toile de jute, noués par des brins de sarriette.

Je les posai sur la table de la cuisine. Quel voyage ! Des morceaux cotonneux de nuages étaient restés accrochés aux lanières. Il ne me tardait pas de les défaire, car il y a un temps pour le ravissement, et j’eus la force d’âme de commencer par me préparer du café. Mais quand mon impatience fut sur le point de déborder comme la casserole de lait posée sur le feu, je me précipitai pour les ouvrir, à m’en casser les ongles, et tous tes mots d’amour ruisselèrent, comme le faramineux butin d’un monte-en-l’air. Des parfums de mimosa et l’odeur de biscuit des feuilles de figuier sauvage se mirent à galoper dans toutes les pièces comme des enfants à une fête d’anniversaire. Ma joie soudain à l’étroit dans la maison, j’ouvris la porte en grand. Ma voisine étendait le linge dans son pré de luzerne, des robes que le vent tressait en chignons, et les bleus de travail, raides comme le devoir, de ses trois fils. Elle me héla par-dessus la haie de genêts.

« Ils en ont fait un foin en rentrant, vos pensionnaires, la nuit dernière. Quelle heure était-il donc ?
- Faut pas leur en vouloir, ils avaient survolé des vignobles. Ils sont là, aujourd’hui, vos petits-enfants ? » Ils surgirent, barbouillés de craie et de boutons d’or écrasés. Je cachais derrière mon dos le petit sac que, chaque fois, tu as soin de joindre à leur intention, rempli de mots câlins qu’ils fourrèrent dans les poches de leurs tabliers. « Vous voyez comme c’est bien, d’apprendre à lire.
- Et vous, vous savez à quelle heure il se lève, mon fils ? »

Elle parlait de son aîné. J’étais en train de garnir une tarte de mots d’amour et les recouvrir de vergeoise quand lui-même toqua à la porte pour me poser la même question. Il est désosseur-pareur à Saint-Méen-le-Grand, qui n’est pas la porte à côté, et commence vraiment très tôt. Quand tes mots d’amour me manquent et que je dors mal, je vois sa fenêtre s’éclairer à quatre heures du matin. « Vous finissez tôt, du coup, ça c’est un avantage. »

Je me pourléchais encore en picorant les miettes, et je lisais, je lisais sans me lasser, quand je remarquai que le cadet, dont sa mère regrette qu’il soit toujours célibataire à son âge, se tordait le cou derrière la fenêtre pour arriver à lire à l’envers les mots si tendres que tu avais écrits pour moi seul. « Qu’est-ce que vous allez faire de tout ça, pour vous tout seul ? » me demanda-t-il, se sentant observé, mais il n’eut pas le temps d’écouter ma réponse, car un collègue l’attendait en klaxonnant pour partir à l’usine de découpe de Helléan, où ils travaillent en trois huit.

Des confitures. J’avais mis à macérer des mots d’amour avec la moitié de leur poids de sucre blond de canne, dans une bassine de cuivre. La maison embaumait. Plus tard, j’en mis entre les draps pliés de l’armoire de ma chambre, et même sous mon oreiller, et j’étais en train d’arranger un bouquet avec les plus jolis, quand j’entendis le benjamin, qui avait fini sa journée de ramasseur de volailles à La Chapelle Caro, brutaliser la boîte de vitesses en arrivant, en même temps que sa bétaillère, agressive, escamotait à mes yeux le soleil couchant. Il descendit de la cabine et leva les yeux vers moi, que le bruit avait attiré à la fenêtre.

« Vous êtes content de vos volatiles, ça va ? C’est des couche-tard, hein.
- Vous en faîtes pas, ils ne vont pas faire de vieux os, ce soir. Demain, ils ont de la route. »

Car cette nuit, je t’écris des mots d’amour. Avec des abeilles et des genêts, de la santoline au pied du pommier et le camélia défleuri, les grands nacrés du jardin et les morios du buddleia, le paon du jour aux ailes fermées de velours noir, les ajoncs épineux et les mûres au bord des chemins creux, les bretonnes pie noir ruminant le printemps dans les quatre poches de leur estomac, les grenouilles et les gallinules de la mare, les aigrettes dans les héronnières, la salicorne qui rouille dans les marais, la falaise molle de la mine d’or et les tournepierres courant sur l’estran, et la criste marine, qui sent la carotte. Le clair de lune trace une fenêtre de guingois sur ma table, l’âne s’ennuie dans son pré frissonnant, et moi qui t’écris, souriant, sans un œil pour les hespérides.

Quand j’eus fini de t’écrire ces mots d’amour infini, j’imitai le cri de la chouette pour réveiller les pigeons voyageurs. La lune rousse roucoulait à la cime du tilleul. Ils décrivirent trois cercles au-dessus de la maison, le premier langoureux, les suivants joyeux et braillards, puis ayant fait savamment le tour de la rose des vents, mirent le cap au sud pour te rejoindre, disparaissant derrière les collines, et leurs yeux de rubis se perdirent dans la voûte étoilée du ciel. Les fenêtres de la maison des voisins s’étaient allumées toutes à la fois. Il sera bien temps demain de discuter du problème. Comme tu es loin.

jeudi 27 avril 2017

Tiniak - Aimer l'amour et l'écrire

Réduction de parlotte au sang crèmé monté au beurre

Petite fleur au nom connu d'émoi
que les corbeaux musardent, restant coi
Tes vivaces couleurs, chéries des bois
viennent combler ma peau d'une autre foi

Joli poli caillou millénaire
ourlé par les flots d'une rivière
accordons nos pouls de rude chair
à nos prompts ricochets sur l'amer

"- Eh ! Quoi de neuf au point de fuite ?"
"- L'amour, mon amour, qui t'invite !"

Un ciel meurt à son ponant
Je vais lui brosser les dents
Lui me signe sur le front
une rougeur de pardon

L'amour est un éveil
au tracet de soleil
entre crème et oseille

Je sais qu'il est là
- fillote !
dans mes agrégats
- parlotte !
d'ocre brut et mat

J'entends qu'il chante
que sa tourmente
est une attente
en libre pente

Je les aime
ses dilemmes
son poème

Son cœur
sa fleur
ses heurts
j'en meurs

Oh,
l'Homme !
Ômmmmmmmmmmmmmmm

Où cuisiner l'amour en sauce

mercredi 26 avril 2017

Marité - Aimer l'amour et l'écrire

Parlez-moi d'amour.

- Aimer l'amour. Tu penses quoi de cette affirmation ?
- Comme ça, impromptu, je dirais qu'il s'agit là d'un pléonasme.
- Je trouve la formule belle quant à moi.
- Peut être. Sauf qu'elle ne veut pas dire grand-chose. Ou alors il faut ajouter le mot charnel à la formulation.
- Tu penses donc que l'amour ne s'applique qu'à la copulation ? Cela reviendrait à mettre les Hommes et les animaux sur le même plan.
- Pas du tout. J'essaie seulement d'étayer ton slogan "aimer l'amour". L'amour, justement, nous différencie des animaux. Pour moi, il a tellement de facettes...
- Et, selon toi, quelle est la plus intéressante ?

- Incontestablement, l'amour de la mère pour son enfant. Parce qu'il est inconditionnel. Une mère n'attend rien de son fils ou de sa fille. Elle lui donne l'amour comme elle lui a donné la vie. Son enfant reste dans ses entrailles, comme quand elle le portait, tout au long de son existence. C'est viscéral. Elle consent à des sacrifices incroyables pour qu'il ou elle vive mieux. Ou vive tout simplement. J'admire au plus haut point le courage et l'abnégation de ces mères, prêtes à abandonner leur enfant pendant les guerres ou dans les pays extrêmement pauvres. Ce doit être un arrachement épouvantable. Tout comme de le voir mourir. 

- Je suis tout à fait d'accord avec toi. Il existe, cependant, des cassures moins brutales et moins définitives mais certainement douloureuses. Je parle de l'éloignement. De nos jours, on peut, en quelques heures, aller au bout du monde pour retrouver sa famille. Ce n'était pas le cas lors des siècles passés.

La Marquise de Sévigné, pour ne citer qu'elle, avait crée un lien matériel avec sa fille qu'elle adorait et qui habitait loin d'elle. Elle lui écrivait chaque jour pour lui dire son amour et sa tristesse d'en être séparée. Elle nous a laissé de très belles lettres. La plus émouvante date du 6 février 1671, date du départ de Madame de Grignan, où elle exprime son chagrin en ces termes : " Ma douleur serait bien médiocre si je pouvais vous la dépeindre...Je m'en allai, toujours pleurant et toujours mourant : il me semblait qu'on m'arrachait le cœur et l'âme."
- L'amour engendre aussi la souffrance tu le vois bien. Il n'est pas qu'un état de béatitude.
- Oui, en effet. Je voudrais que tu me dises comment tu analyses l'amour entre un homme et une femme, enfin entre deux êtres. Peu importe leur sexe.
- Je ne parle que de ma propre expérience. L'amour, quand on a la chance de le rencontrer et de le conserver de longues années, évolue. Il comporte, à ses débuts, une forte attirance physique en même temps que les élans du cœur. Puis, il devient douceur, immense tendresse et complicité sans oublier le respect. Et l'amour physique n' est pas exclu naturellement. On dit que les deux moitiés d'un couple qui dure finissent par se ressembler. J'ai pu mesurer cela. C'est vrai. Elles pensent les mêmes choses en même temps aussi, ce qui est parfois très surprenant.
- Et l'union des corps, dans tout cela, ne serait-elle que mécanique et source de jouissance ?
- Pour certains, oui. Je dirais qu'il s'agit là de passion. Mais l'amour n'est pas loin même s'il peut être ravageur. Annie Ernaux, lors d'un entretien avec Frédéric Jeannet, parle de son livre "Passion simple" - qui a fait grand bruit à sa sortie - avec ces mots : "j'ai décrit tranquillement la passion très physique d'une femme mûre sans les marques affectives, la déploration, sans la romance qu'on attend des écrits des femmes. Il s'agit, de plus, d'un récit autobiographique, portant sur un moment très court et rédigé de façon clinique." Elle a osé et d'autres avec elle ou avant elle. Et c'est bien.

- L'amour est un sujet inépuisable et aux multiples visages. Il peut rendre heureux, malheureux, embellir la vie, susciter le doute ou la jalousie. Enrichir ou avilir. Que serions-nous sans amour ?

"Le propre de l'homme est d'aimer, même ceux qui l'offensent." Marc Aurèle.

Célestine - Aimer l'amour et l'écrire

J’étais Lola

C'était au temps de ces tempêtes sombres, zébrées d'éclairs aveuglants, que l'on appelle l'adolescence.
Après le déjeuner il m'arrivait de descendre m'allonger sur le gazon moussu pour un moment de sieste, entre deux cours d'anthropologie sociale et de physique des fluides. Les rayons du soleil suivaient les courbes hardies de la colline pour saillir soudain entre les arbres dont ils embrasaient les frondaisons. L'herbe chatouillait mes jambes. C'était un temps fortement déraisonnable. Je lisais Aragon avec fièvre.

Mais seulement quelques pages lues, et dans la moite langueur postprandiale d'un juin triomphant, je me sentais glisser suavement dans une rêverie mi-close, où l'image troublante et défendue de mon professeur de psychologie venait s'intercaler soudain entre mon livre et moi.
Une étrange sensation s'emparait de mon jeune corps vrombissant comme un insecte ailé, cependant que la chaleur empourprait mes joues et mon ventre.

Je regardais ses cheveux moirés aux reflets d'anthracite, son beau corps mince et ses bras et ses mains et sa nuque où mes doigts rêvaient de jouer comme d'une harpe, en détachant chaque phalange pour une mélodie impérieuse qui semblait envahir l'espace. Tout l'espace jusqu'à effacer et les arbres, et le ciel. Seul restait celui de son regard impénétrable.
Il se penchait vers moi et immisçait ses lèvres dans les miennes, faisant couler l'or et l'encens et les rubis jusqu'aux caches secrètes de mes profondeurs. Je haletais. Le vent agitait les feuilles dans ce murmure salé des débuts d'été, à l’heure brûlante où tout se tait, jusqu'aux fontaines. L'air crissant dans ce silence comme un effleurement d'ongle sur de la soie.

Sous le souffle ému de sa bouche s'érigeait le duvet de ma peau et ses doigts se promenaient sur moi comme ceux d'un lecteur en braille découvrant un poème érotique de Verlaine.
Mon corps devenu guitare, il était Louis, il était Paul, il sentait l'ambre, j'étais Lola. Il était forêt, dunes, rivières, et moi exploratrice ardente et impudique. Lui âpre, immense et attentionné, déversant son essence en gouttes chaudes et puissantes de pluie d'été.

Et là, dans la fournaise des désirs mêlés au zénith du thermomètre, le corps non sage en étendard vibrant sous mon corsage de lin, je soupirais sans bruit, l'âme envolée.

¸¸.•*¨*• ☆

Arpenteur d'Etoiles - Aimer l'amour et l'écrire


Pantoum malais ... d'amour

J'ai embrassé l'aube d'été
Lorsque près de moi tu tanguas
Dans ta splendide nudité
Vers les confins du Katanga

Lorsque près de moi tu tanguas
Je découvris ton corps gracile
Vers les confins du Katanga
Embaumés de parfums subtils

Je découvris ton corps gracile
Tu en offrais tous les rivages
Embaumés de parfums subtils
Vibrants appels au doux voyage

Tu en offrais tous les rivages
A mes caresses impudiques
Vibrants appels au doux voyage
Vers les chauds secrets de l'Afrique

A mes caresses impudiques
Tu répondais en m'entraînant
Vers les chauds secrets de l'Afrique                          
Que tu gardais jalousement

Tu répondais en m'entraînant
De tes collines à tes vallées
Que tu gardais jalousement
Comme talisman de sorcier

De tes collines à tes vallées
J'ai conservé dans ma mémoire
Comme talisman de sorcier
Le doux velours de ta peau noire

J'ai conservé dans ma mémoire
L'orbe de tes seins métissés
Le doux velours de ta peau noire
La nuit sans fin qu'on a tissée

L'orbe de tes seins métissés
Soulevé par ton souffle court
La nuit sans fin qu’on a tissée
Vibrait de ton doux chant d’amour

Soulevé par ton souffle court
Ton corps de liane en se tendant
Vibrait de ton doux chant d’amour
Avant de fuir dans le néant

Ton corps de liane en se tendant
M’enroulait dans sa mélopée
Avant de fuir dans le néant
J'ai embrassé l'aube d'été.

(Le Pantoum Malais
Strophes de quatre vers à rimes croisées
construites de telle sorte que le deuxième et le quatrième vers
de chacune passent dans la suivante pour en former le premier et le troisième vers.
Le premier vers de la pièce doit en outre revenir à la fin, comme dernier vers.)

Lilousoleil - Aimer l'amour et l'écrire

Ma très chère Ophélie

Vous ferais-je offense si je prends la plus belle de mes plumes, une plume ordinaire ne pourrait souffrir de tracer pour vous ma très chère amie, ces quelques mots. Ce que j’ai à vous dire ne souffre pas l’attente.
Il m’a semblé que nous étions en osmose ces derniers temps et que nous pouvions envisager une vie commune. Je vous revoie, votre robe de soie orange dont les plis moirés, dansaient autour de vos chevilles si fines et délicates. Votre ombrelle de dentelle blanche protégeait votre visage des rayons brûlants du soleil dans cette allée du jardin de votre grand-père. Oh ! Comme cette image reste l’obsession de mes nuits sans sommeil. Aucun oubli n’est possible !
Vous souvenez vous lorsque je vous ai récité l’Ode à Cassandre comme votre main a glissé dans la mienne. Vous avez été si émue que n’avez pu que bégayer une petite comptine :

Un, deux, trois
Nous irons au bois
Quatre, cinq, six,
Cueillir des cerises
Sept, huit, neuf,
Dans mon panier neuf.

Nous nous sommes alors assis sous le grand cerisier. Vos yeux couleurs de l’océan se sont fermés pour m’écouter. Plus tard vous m’avez confié en dégustant une part de clafoutis avoir entendu les orgues jouer la plus grande des symphonies.
Votre parfum d’orchidée sauvage mêlé aux senteurs de lilas blanc m’a enivré, un orage d’été n’aurait pu m’offrir plus de sensations aussi douces que violentes.
Las, l’accès à votre corsage ouvert sur vos petits seins ronds et fermes me fut interdit ; l’obéissance aux obligations de la bienséance sans doute qui ne cacha pas cependant votre émotion.

Ma chère Eulalie, je dois vous avouer que tout empli de cette image, mon esprit bouillonne et tourbillonne ; si fort qu’hier j’ai eu un léger accident en me rendant à la cave alors qu’un entonnoir à la main afin de remplir un bouteille de sublime Bordeaux (que je compte offrir à Monsieur votre père), je n’ai pas vu la porte. je me suis cogné et celle-ci est sortie de ses gonds. J’ai trébuché et chu dans l’escalier. Dans ma chute, j’ai déchiré la cravate que vous avez tant admirée et qui ne me quitte jamais.
Heureusement dans cette aventure, ma moustache que vous avez si tendrement caressée, n’a pas défrisé.
Tout ceci est bien peu en regard de mes rêves les plus fous, les plus oniriques, je vous vois allongée, reposant au milieu de pétales de roses dans la clarté de l’aube, les rayons pâles du soleil levant, caressent votre corps nacré comme une opale, à votre doigt brille un anneau d’or !
Pardonnez, ma très chère Ophélie, mon emballement, mais, j’irai dès demain, puisque l’opportunité se présente, demander votre main délicate à votre père.

Votre Florimond

Pascal - Aimer l'amour et l'écrire

Les grillons

Elle marche, rectiligne. Son pas est précis, décidé, presque cadencé. Sans doute, une douce mélodie enfantine doit l’accompagner pendant sa démarche dominicale.
Les platanes arrondissent leurs feuillages bercés par une douce brise matinale. On dirait une vague verte qui s’empêche de tomber et qui recommence dans le chuchotement des branches et des moineaux qui piaillent leurs nids tout neufs.
Ses cheveux aussi se bercent du vent ; ils se coiffent et se décoiffent à son gré, pour son seul allant. Il s’amuse à caresser son visage et rivalise avec quelques rayons de soleil curieux en le maquillant d’ombres éphémères. 
Le trottoir blanc se déroule comme un tapis rouge devant cette femme pressée. On dirait qu’elle a plein de choses à dire et à faire, ce matin. Des choses importantes, c’est sûr… Ses lèvres discutent toutes seules et quelques sourires heureux s’y dessinent. Je veux croire que ce n’est qu’une chanson amusante ou un discours agréable, qui traverse son esprit, pendant ces quelques secondes.

Oui. Elle est décidée. Elle ignore le monde qui l’entoure, tellement perdue dans ses pensées du moment. Elle est dans le sien et s’y trouve bien. Je n’entends même pas son pas ; généreuse, elle marche sans toucher le sol, si légère et si convaincue, si absente et si souriante. L’air qu’elle déplace se parfume de son passage et si quelques lauriers roses se penchent dans son courant d’air frais, c’est pour saluer l’assurance dévouée de cette jeune femme.

Ses yeux dans le vague du présent clignotent à cause du soleil taquin. Elle est seule sur ce tapis volant; elle anticipe le temps qui vient à sa rencontre. Elle occulte les gens à sa portée, bien trop occupée à parfaire sa démarche volontaire et engagée. Vêtue d’un tailleur strict et bien ajusté, en bel uniforme de dimanche, elle emporte le présent qui la suit déjà… 
Quand on tourne une vieille clé dans une serrure avachie de ses ressorts, fatiguée de tant d’allers et de retours, usée de s’ouvrir et de se refermer, on se presse avec pudeur, on respecte le mécanisme ancien. On apprécie le pêne qui gémit avec peine et qui délivre ou enferme. C’est selon. C’est l’impression que j’ai de cette femme : en train d’ouvrir sa serrure, certaine d’y parvenir. Le moment qu’elle traverse est le temps qu’elle se donne pour ouvrir une porte avec le plaisir en suspens d’aimer et de donner, de comprendre à l’avance le Bonheur qui la précède…
Sa clé, elle l’a dans la main. Une simple rose enveloppée dans un papier transparent et un ruban frisé décorant s’agitent en douceur dans la cadence de son allant sans terminus, que sa destination extraordinaire. Aujourd’hui, c’est la fête des Mères. Je l’envie pour tout ce qu’elle va dire, pour tous les baisers qu’elle donnera pendant cette journée magnifique. Et je comprends tellement sa précipitation…

Je voulais tant faire danser Maman aux sons clairs des grillons…

mardi 25 avril 2017

Tisseuse - Aimer l'amour et l'écrire

S’inventer, encore et toujours
Se décaler dans toutes ses amours
Tout risquer sur un jour
Et déjouer tour après tour

Les chausse-trappes de la vie
Les illusions, les faux-semblants tout gris
Les fleurs fanées, tous les soucis
Se refiler le mistigri

Descendre tout au fond du mystère
Découvrir de tout nouveaux repères
Se relever encore et encore
Se surprendre un peu plus fort

Les ans rythment le temps
Les ans nous rendent grands
Pour apaiser l’orgueil
Pour passer les écueils

Le couple quel défi
Quelle histoire, quel cri
Quelle beauté, quelle folie
Le vivre toute une vie

Vegas sur sarthe - Aimer l'amour et l'écrire

Sabotage

J'avais organisé, classé, tout bien rangé
de mes jeunes années jusqu'à cet âge mûr 
où l'on se croit blindé et rangé des voitures,
j'avais finalement mis mon coeur en viager.

Mais c'était sans compter sur cette saboteuse
qui a dynamité mon rempart de routine
violé mon intérieur, décapé ma patine
c'est une racketteuse, une maître-chanteuse.

Elle a dépoussiéré mes idées préconçues
et jeté aux orties mes slips kangourou
changé mon aspartame en sucre du Pérou.

Elle a tourneboulé le sablier du temps,
fait de moi un gaillard, jouisseur impénitent.
Elle a mis mes tabous tout sens dessous dessus


lundi 24 avril 2017

Chri - Aimer l'amour et l'écrire

Quand on aime…

On est arrivé sur le pont au meilleur moment du jour: le soir.

On avait roulé toute la journée sans que ça nous pèse parce qu'on avait tout fait pour alléger le trajet. C'est à dire qu'on s'était peloté gentiment une bonne partie du temps. J'avais même, record battu, réussi à aligner cent bornes en ne tenant le volant que de la main gauche. Bien qu'elle ait peur en voiture, elle ne m'avait pas une seule fois, incité à la prudence. Au milieu du parcours, elle avait même fait valser sa jupe et tout le reste sur la banquette arrière. " J'avais chaud…" fut sa seule explication. J’y ai cru, bien volontiers, comme j’avais cru, ce matin, à son envie subite de voir l’Île au soir couchant.

Le soleil nous saluait comme on le méritait, il commençait à mordre la tranche Ouest de l'île et en éloignait, pour un temps, tous les malheurs du monde. Bien sûr, nous avions ouvert les quatre vitres de la voiture pour nous enivrer de l'air d'ici. Il n'y avait que nous de vivants sur cette promesse d'île. Seuls, au-dessus de nos têtes, quelques goélands nous accueillaient en planant. Le vent lui même semblait nous sourire. Des odeurs solides d'iode et d'océan nous frappaient les narines à pleins joncs. En deux temps trois mouvements, nous fûmes comme deux nourrissons repus, déposés au creux d'un couffin de bonheur.

J'ai arrêté la voiture en plein milieu du Pont, j'ai coupé le moteur pour ne plus déranger le vacarme du courant de la marée montante qui se brisait en écumes folles sur les piles du pont et je suis sorti. J'avais les jambes molles et un sourire de benêt joyeux accroché aux deux oreilles. Je n'aurais pas pu aligner trois mots, s'il avait fallu. Heureusement, il n'y avait pas grand chose à dire. Qu'à être là, regarder et apprécier. Et, si le regard portait loin, le monde s'était réduit à ce qu'on en voyait.

Plein Ouest, des tranches de rubis, comme un mille-feuille céleste, alternaient avec le sombre d'allongés nuages, un vol en V d'oiseaux migrant les soulignant. Le rouge tremblotant du couchant avait presque disparu dans du bleu noir quand nous sommes remontés dans la bagnole. A la jonction du ciel et de l'eau, on a vu des tranches oblongues enrougies. Au-dessous de nous, une cavalerie d'écume chargeait à qui mieux mieux comme pour dégommer les piles du pont. Au loin, des barques plates s'en revenaient des parcs en pout pout pout poutan. Derrière, à l'est, le noir, avait déjà englouti une belle partie du continent.

Même si c'était faux, nous nous sommes sentis meilleurs d'avoir assisté à un tel spectacle. Nous avons repris route pour filer droit vers une gargote, posée au bord d'un étroit chenal, parfumé à la marée, qui se remplissait comme une baignoire. Nous nous sommes refait une santé devant une douzaine d'huîtres, chacun, une bouteille de blanc sec... chacun et quelques tranches de pain salement beurrées. On s'en est mis jusque là, comme on dit vulgairement mais sans finir la troisième bouteille.

Je n'étais plus venu dans le coin depuis quelques années et tout y était comme je l'avais laissé. Un simple soupir étendu à un trop long silence. Mais c'était revenu tout simplement, avec du plaisir. Intense, le plaisir. Intense et banal. Celui qu'on peut éprouver quand on retrouve en boule, roulé dans le fond d'une armoire un pull qu'on aimait bien. Je retrouvais ses lumières, son air, ses odeurs, ses douceurs, ses horizontales, ses basses maisons aux bleus volets écaillés, ses tuiles plates, ses humaines dimensions. Ici, l'homme était chez l'homme et donc moi... chez moi. On a roulé encore un peu entre les salants jusqu'à la maison. Et on a dormi, enfin pas de suite, le trajet avait laissé quelques envies que n'a pas altéré la bombance. Elle était heureuse de m'avoir amené jusqu'ici. C'est elle qui avait voulu qu'on vienne sur un coup de tête. Je donnai raison à son bonheur.

Au matin suivant, nous déjeunions sur la terrasse comme des lézards au sanatorium. Devant nous l'horizon s'étirait en langueurs. Après avoir tartiné deux ou trois ficelles fraîches, vidé une bassine de thé, elle s'est levée sans rien dire, elle s'est exilée dans la salle de bains, elle y est restée une belle demi-heure. Elle en est sortie pimpante, très gaie, toute en fille. J'aurais dû sentir quelque chose de bizarre, mais je n'ai rien vu venir. Elle a rangé le peu d'affaires qu'elle avait sorti de son sac. J'étais resté assis à la table pendant qu'elle s'agitait autour de moi comme une abeille dérangée. En regardant virevolter sa robe, j'avais une idée très précise de la façon d'occuper la fin de la matinée...

Elle s'est plantée devant moi, et d'un trait, elle m'a sorti sans sourire:

---- Finalement la mer, l'océan, tout ça me déprime, en partant maintenant, on peut y être ce soir... On bouge ? Si on filait à Paris voir l’île de la Cité? J’ai eu peur de penser qu’elle pouvait changer d’île comme de chemise… J'ai souri un peu niaisement, je me fichais de tout, je serais parti en Chine si elle avait voulu du riz.

Et puis, on n'a pas roulé bien, bien longtemps, on a passé la journée à la campagne… On s’est roulé tout le jour dans un champ de luzerne...

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ChristelD - Aimer l'amour et l'écrire

Aimer l'amour et l'écrire

Sous ma plume tremblante
Les mots ont du mal à jaillir.
Mes larmes, elles, sont prêtes
À fuir, à déborder.

Aimer l'amour et l'écrire.

T'aimer, mon amour,
Et t'écrire ces mots si difficiles.
Tu me manques, tout simplement.
Ta peau, ton odeur, ta voix.

Aimer l'amour et l'écrire.

T'adresser ce message
Que je n'ai pas pu te dire.
Ces mots ultimes.
Cet amour ultime.

Aimer l'amour et l'écrire.

T'aimer par delà l'au-delà.
T'aimer par delà les mots
Qui enrobent ma douleur dans un cocon.
T'aimer, mon amour, et écrire.

Jak - Aimer l'amour et l'écrire

Amour, toujours,

De mon balcon, où je viens pour  respirer un peu d’air printanier, je découvre  mon voisin vieillissant, le jardinier. Il est protégé des rais du soleil par un ample chapeau de paille tourmenté par les nombreuses expositions estivales.  
Il s’active bizarrement, au milieu du potager
Il dodeline de la tête de façon inaccoutumée et fait des gestes  de semeur, avec  ses mains noueuses déformées par les rhumatismes
Il a cueilli une marguerite, et arrache un à un les pétales   d’une manière sensuelle, portant chacun d’entre eux  à ses lèvres. 
De loin il me semble l’entendre ânonner … beaucoup,  folie  
A-t-il perdu la tête ?

Depuis que Marie son épouse révérée s’en est allée, il est interminablement triste. Mais aujourd’hui c’est  un rayon de soleil qui est venu  illuminer  son  visage sillonné  
Passionnément, il n’a pu résister au plaisir d’entrer en communication avec sa chère et tendre disparue.
Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, cette coutume désuète, ils en jouaient ensemble dans leurs jeunes années.

Aujourd’hui elle  a permis le miracle.
Il lui dit et redit son amour 
Et cette belle expression « Effeuiller La Marguerite » revêt tout son sens devant cet amour qui ne finira qu’avec lui.

Andiamo - Aimer l'amour et l'écrire

Un amour infini.

- Monsieur Delmont ! C'est le quatrième acheteur que vous refusez ! Êtes-vous sûr de vouloir vendre votre maison ?
L'homme qui s'adresse à Claude Delmont est un jeune vendeur, employé chez le marchand de biens ayant pignon sur rue dans la petite ville de Villefranche-de-Lauragais, à une trentaine de kilomètres de Toulouse.

Claude Delmont n'est plus très jeune, soixante-dix ans aux vendanges, un cœur fatigué par une vie un peu débridée, mais dans le sud-ouest con, on aime bien la fête.. con !
- Vous savez, Monsieur Delmont, vous en voulez cent cinquante mille francs de votre maison. Elle est grande certes, mais il y a pas mal de travaux à effectuer, et puis nous sommes en 1963, et avec la ceinture que le grand Charles nous resserre chaque jour, il faut faire des concessions. Tenez, le dernier visiteur vous a fait une offre à cent trente-cinq mille francs, c'est très raisonnable, Monsieur Delmont ! Très raisonnable !
- J'ai dit cent cinquante, un point c'est tout !
- Bon, c'est votre droit, Monsieur Delmont, mais si vous persistez, mon patron va rouspéter et ne s'occupera plus de vous, c'est notre droit également.
- On verra bien, jeune homme : à diù siatz !

Une fois seul, Claude marmonne, "il" m'a envoyé un couple ! Lui, il est boutonneux, elle est mal fagotée, sapée comme une serpillière. Ah non ! Je ne veux pas de ça pour "ELLE" !
Il s'est fait réchauffer un bol de soupe, genre garbure, quelques morceaux de pain dur à tremper afin que "ça tienne au corps" comme on dit, une large tranche de pain de campagne, un morceau de fromage de chèvre, arrosé avec le "chabrot" ! Et au lit...
L'orage qui menace depuis hier s'est enfin déchaîné, apportant un peu de fraîcheur et d'eau pour le maïs qui en a bien besoin. Claude s'est réveillé, il est assis dans son lit, il n'a pas allumé.
Le bruit de tôle froissée tant attendu se fait entendre, Claude se lève, enfile ses bottes de caoutchouc, alpague sa canadienne avant de sortir.
Dehors, le platane de la terrasse est secoué par les bourrasques, et contre le muret il aperçoit, à travers l'encre de la nuit, deux phares curieusement dirigés vers le ciel.
Un sourire illumine sa face, c'est ELLE... Oui, c'est ELLE !

Il ouvre le portillon, un grincement sinistre se fait entendre, nul alentour pour capter ce bruit, il vit un peu à l'écart sur la route de Gardouch.
Contre le muret, une 404, dont on ne distingue pas bien la couleur, est encastrée. Claude ouvre la portière côté conducteur, une jeune femme est affalée sur le volant, elle est seule dans la voiture.
Avec d'infinies précautions, Claude a extrait la jeune femme de la voiture, l'a prise dans ses bras et commence à l'emporter chez lui.
L'effort est considérable pour un homme de son âge, il sent une douleur monter dans sa poitrine, il respire lentement, fait le vide dans sa tête, ne pas paniquer, ne pas s'affoler, inutile d'en remettre une couche !
La porte entrebâillée lui facilite l'entrée, il dépose la jeune femme sur le grand canapé, il ôte ses bottes et sa canadienne, lentement en portant sa main à la poitrine, il reprend son souffle, puis se penche sur la femme.

Elle a la trentaine tout au plus, des cheveux longs, elle est très belle. Claude lui sourit, il sait que dans dix minutes elle ouvrira ses jolis yeux couleur noisette, se passera la main dans les cheveux et demandera...
- Où suis-je ?
Depuis la cuisine, Claude l'a entendue, il arrive une tasse de thé à la main...
- Tenez Madame, c'est du Darjeeling !
- Oh, mon préféré, vous êtes devin ?
- Nooon, mais c'est mon préféré également !

Elle trempe ses lèvres dans la jolie tasse de porcelaine, la dernière d'un service magnifique, cadeau de sa Marraine pour son mariage, c'est loin, si loin, sa Michèle partie il y a près de vingt ans bouffée par le crabe.
Elle va me dire...
- C'était bien bon merci, Monsieur... ?
- Claude, appelez-moi Claude, et vous ?
- Je ne sais plus, je ne me souviens plus de rien ! J'ai ouvert les yeux dans cette pièce, je vous ai vu, c'est tout ce dont je me souviens...

Ça fait combien de fois que je la vois ? Douze, quinze fois ? C'est toujours à peu près le même scénario, bien sûr quelques mots changent, un "je me rappelle" au lieu de "je me souviens" mais vraiment des détails. Je faiblis, mon cœur ne va pas trop fort, ce soir, j'ai bien cru... Qui peut prendre le relais ? Tous ceux qui se sont présentés étaient soit trop vieux, soit trop cons, soit pas assez "couillus" !
Il se souvient de la première fois : c'était il y a quinze ans, le bruit l'avait réveillé, il s'était levé une lampe torche à la main. Une 404 encastrée dans le mûr de clôture, le cœur serré, la peur de découvrir des blessés, des morts peut-être ? Juste une jeune femme infiniment belle et seule. Il l'avait portée chez lui, préparé un thé, le téléphone coupé à cause de l'orage, il n'avait pas pu prévenir les gendarmes. Leur nuit magnifique, suivie des deux autres, et un matin...
Il lui a présenté sa chambre, ensemble ils ont mis des draps propres, et au moment de la quitter : elle va me dire...
- Pourquoi vous partez ? Tout en faisant glisser sa robe.

Elle sera là durant trois jours, une femme magnifique, allant, venant, virevoltant, ils prendront des bains ensemble ! Elle se mettra même aux fourneaux, afin de lui préparer une tarte Tatin puis, au troisième jour, quand il se réveillera, la place près de lui sera vide, seul subsistera un peu de son parfum, Shalimar de Guerlain...

Durant mes longues journées d'attente, Je ne puis lui écrire bien sûr, alors je la dessine infiniment...

Laura Vanel-Coytte - Aimer l'amour et l'écrire

T’aimer, t’aimer, t’aimer
Mes yeux sont trop petits et mes mains, trop faibles
Pour contenir tous ces baisers
T’aimer, mon cœur est trop lourd
Quand je pense à toi
Lourd de bonheur et lourd de tous
Ces regards
T’aimer à ne plus pouvoir le dire
T’aimer et dire que tu es beau.
T’aimer et croire que tu es fort
Essuyer tes larmes.

Où lire Laura

dimanche 23 avril 2017

Semaine du 24 au 30 avril 2017 : Aimer l'amour et l'écrire

Après nous avoir écrit d'excellents textes pour "une histoire de cloche", nous vous proposons un nouveau thème :

Aimer l'amour et l'écrire

Bien entendu, en prose ou en vers comme cela vous conviendra, votre texte devra nous parvenir avant le dimanche 3 avril à minuit, à l'adresse habituelle impromptuslitteraires[at]gmail.com
... et l'amour est éternel ...