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dimanche 15 mars 2015

Tiniak - Drapeau blanc

pâle heurt

Le ciel en était tout zébré, tant la bataille avait fait rage. Plus rien à l'entour, que de laid, de triste, de mauvais, d'ignoble comme un ravage de vignoble sous une grêle sans pitié. J’ai pensé préférer mourir que de subir un tel spectacle. Et s’enfonce, à n’en plus finir, la rage au fond de l’habitacle, par la gorge en y coulant des mots miteux la fonte sortie de la forge. Un vent passe… Il pousse devant lui le chant venant d’une autre face, blanche rédemption que j’embrasse.

Où mettre de l’eau dans son vin ?

Blick - Drapeau blanc

L'ours polaire

L'Oiseau blanc s'est perdu,
A jamais disparu.

Le traîneau d'Amundsen
Glisse sur le lichen.

Paul-Emile Victor
Parcourt le pôle Nord.

L'avion gris de Lindbergh
Se pose sur l'iceberg.

Tiens, une sterne arctique,
Venue de l'Antarctique,

Apporte le courrier
A des sous-mariniers,

Aurore boréale
Née dans les mers australes.

Lettres d'amour exquises
Qu'on lit sous la banquise,

On rit, on boit, igloo,
Igloo, on tombe saoul,

Des filles en jupon
Les pêchent au harpon.

Ou lettres de douleur,
Missives de malheur,

Telles des brise-glace,
Et leur cœur se crevasse.

Ils portent des pompons,
Comme François Pompon,

(Sans prétention ni triche,
Parfois la rime est riche)

Qui tailla dans la pierre
Un si bel ours polaire.

Mais la banquise fond,
Le ciel se mue en plomb.

Sur un glaçon l'ours blanc
Hisse le drapeau blanc.

Je finis mon husky,
Excuses, mon whisky,

Et je vais me coucher
Et lui dans son panier.


samedi 14 mars 2015

CristelD - Drapeau blanc

Accalmie de l’horreur…
La mort erre encore…
Etendard uniforme.

Clise - Drapeau blanc

J’aimerais  le hisser 
Ce drapeau blanc
Blanc immaculé
Détachées,  les bavures
Digérées,  les blessures
Absorbées,  les peurs
Qui me dévorent de l’intérieur
Ce drapeau délesté
Flotterait, léger
Vaporeux, frivole


Où lire Clise

Stouf - Drapeau blanc

Le drapeau blanc bat la chamade*

Nie le drapeau, la haine et la violence.

Ni bleu ni blanc ni rouge...sois une lumière translucide, hors du temps et des querelles transitoires...vois les chôses secrètes vers lesquelles chemine ton cœur profond.
Na ! ;o)

*Autrefois, lors d'une bataille, lorsqu'on souhaitait s'entretenir avec ses ennemis ou se rendre, on émettait un signal avec un tambour ou une trompette, on appelait cela "battre la chamade". Mais bien souvent, avec le bruit des tirs, on n'entendait pas les signaux émis et beaucoup d'hommes étaient tués inutilement. C'est suite à cette constatation qu'on décida non seulement d'émettre un son, mais aussi d'y ajouter un signe visuel en ajoutant un drapeau blanc.

AOC - Drapeau blanc

Que reste-t-il de tout cela, dites le moi…
Drapeaux froissés,  couleurs passées
Ad Patres
Tout mélangé, dénaturé
De la passion à la blessure
De la caresse au nez dans l’mur
Du divin au vide
A parts égales mais sans partage
Armes rendues, jamais brandies
Arrêter là cette comédie
Ce matin, le soleil à ma fenêtre
Dessine d’autres couleurs

vendredi 13 mars 2015

zoz - Drapeau blanc

~  entre tes mains comme un oiseau sans ailes ,je frémis
un bris de ciel accroché à mes plumes ,pleuré
j'embrasse la terre de ton corps ,m'y fais un nid
je me rends
ma liberté ficelée d'un drapeau blanc ..



~ il n'y a plus de tragédies
plus plus de tragédies
les portes sont ouvertes sur la paix
les fenêtres offertes aux fleurs
les enfants présentés aux loups

résistent mes seins éclaboussés de ton regard
mon bébé sommeille l'aile ouverte
le soir est doux
et ma main sur ton lit

il n'y a plus de tragédies ..


Où lire zoz..

Chri - Drapeau blanc

Un peu tard.

C’est au moment où il a levé le plus haut possible au-dessus de la tranchée, le morceau de bois auquel il avait noué un bout de tissu blanc que la balle lui est arrivée juste au beau milieu des deux yeux. Le trou qu’elle a fait n’a pas saigné de suite. Il s’est d’abord affaissé de tout son poids dans la boue molle et gelée. C’est après qu’un filet de sang comme un brin de vie s’est écoulé sur sa joue droite. Le ciel était rose comme un pâle début d’aube. Dans l’air, ça sentait la poudre, la peur et le sang séché. Quelques heures après alors que son bras désormais rigide n’avait pas lâché la bannière, là-bas, dans un château sur une colline, des officiels en grand costume, bardées de décorations clinquantes s’allumaient mutuellement des cigares, un vieil armagnac en main après avoir signé l’armistice qui mettait fin à quatre années de guerre épouvantables. Ils avaient à peine maigri. Ils souriaient.
Lui, resterait dans l’histoire le dernier mort de la dernière bataille de la dernière journée de guerre. Il est mort alors qu’il allait se rendre, alors qu’il disait au monde qu’il en avait assez vu, que ses compagnons et lui avaient assez souffert, qu’ils n’en pouvaient plus de la douleur, du froid de la merde et de l’odeur de la mort.
On l’a enterré  dans un immense pré vert à quelques lieues de là, dans des rangées de tous les autres, ses semblables squelettes vivants, enveloppé dans le blanc drapeau, ce drapeau de malheur qui ne lui avait pas sauvé la vie…


Où lire Chri
et où voir ses photos
 

jeudi 12 mars 2015

Lunembul - Drapeau blanc

Nous étions trois, sales et affamés.
Ça faisait longtemps déjà que nous n'avions plus peur. Faim, froid, sommeil, oui. Nous défendions ce bastion parce qu'on nous avait dit de le faire, parce que nous luttions pour nos familles, notre terre.

Face aux barbares.

Mais nous n'en pouvions plus. Plus de munitions, il restait une seule balle pour nous trois. Pas de renforts. Rien à manger et puis le froid, terrible froid de glace de cet hiver sans nom, sans fin, sans lumière.
Brûler les dernières branches d'arbres morts, c'était quand ? dix jours, ou vingt, ou trente ?
La dernière patate à manger, c'était un jour avant la dernière branche, ça on s'en souvient.

Aujourd'hui, nous avons décidé de cesser. Ce matin, nous avons hissé le drapeau blanc.
Le silence nous a répondu, un silence blanc.

Nous avons avancé dans la neige en attendant le tir qui nous hachera. On n'avait pas peur, on avait envie de finir. Et nous avons avancé, face aux barbares.

Tisseuse - Drapeau blanc

Je me drape dans le blanc
Linceul à mon corps défendant
Cette bannière n’a plus de sens
Pour les belligérants

Elle gît c’est confondant
Sur le seuil de l’humain absent
Constellée de rouille et de sang
Maculant la croix ou le croissant

Criblée par les impacts terrifiants
Des balles et des engins hurlants
Elle ne parle plus qu’au vent
Des hommes décevants

Ce sont eux les perdants
Des guerres d’aujourd’hui et d’antan
Souillant la femme et l’enfant
De leurs jeux obsédants

Mamily - Drapeau blanc

Le drapeau blanc flotte.........

Manteau blanc,
Maculé de sang
L'enfant s'écroule.

mercredi 11 mars 2015

Laura Vanel-Coytte - Drapeau blanc

Sois sage ô ma douleur


Sois sage ô ma douleur
Car vraiment j’ai peur
De ne pouvoir à tes ardeurs
Résister encore toutes ses heures

Plante ton drapeau blanc sur mon corps 
Que je ne songe plus à la  mort 
Comme un doux délice plus fort 
Que ce combat au corps à corps 
Sois sage ô ma douleur 
Laisse –moi quelques lueurs 
D’espoir dans un règlement du bonheur 
Pour notre guerre sans honneur

lundi 9 mars 2015

Vegas sur sarthe - Drapeau blanc

Bas les armes

Au début je pensais n'avoir qu'à me défendre
mais elle m'ordonna que je l'attaque aussi.
J'allais devoir combattre sa clitocratie,
condamné au défi et forcé d'entreprendre.

Elle fut sans pitié, à armes inégales
m'enfourcha hardiment, sans plus de préambule.
J'osai parlementer, piteux conciliabule
quand soudain je fus pris d'un malaise vagal.

J'allais médiocrement mourir en timoré
d'une petite mort sans l'avoir honorée,
négligeant mon état elle caracolait.

D'un bout de drap froissé, à mon corps défendant
j'ai dans un soubresaut hissé le drapeau blanc,
la retraite sonnait, rangé mon pistolet...

Daniel Hô - Drapeau blanc

un amour s’enfuit
et sur le cœur citadelle
flotte un drapeau blanc

Semaine du 9 mars au 15 mars 2015

Drapeau blanc (d'après une proposition de zoz).


La semaine dernière - confrontés à ceux qui venaient d'ailleurs - vous vous êtes sans doute senti agressé, envahi?

Aujourd'hui et quelle que soit la nature du conflit qui vous oppose - au propre ou au figuré - racontez-nous en vers ou en prose comment vous avez agité le drapeau blanc.

Envoyez nous vos signaux de trêve ou de reddition avant dimanche 15 mars minuit à l'adresse habituelle impromptuslitteraires[at]gmail.com