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dimanche 15 novembre 2015

vendredi 13 novembre 2015

Gene.M - Comment ne penser à rien ?

Scène de vie estivale

Allongés, avec mon compagnon, sur une plage méditerranéenne, nous nous perdons dans la contemplation du ciel éblouissant.

Immanquablement l'un de nous va dire :
- A quoi penses-tu ?

et l'autre va répondre

- A rien

C'est quoi ne penser à rien ? faire le vide dans sa tête ?

Lorsque je m'efforce de me concentrer  sur le "rien" des pensées parasites s'imposent à moi et elles s'avèrent farfelues et saugrenues.

Vous voulez des exemples ?

- Si j'avais une paille gigantesque, je pourrais boire l'eau des nuages....

- Si une échelle magique surgissait, je pourrais grimper là-haut et me blottir dans le cocon lumineux des "merveilleux nuages" - comme disait Baudelaire

- et si au Vatican, dans leur bibliothèque secrète, le pape et les cardinaux avaient la preuve de la non-existence de Dieu ??

Ainsi vont les pensées stupides ou incongrues....

Il est vraiment souhaitable que je pense à quelque chose.......

Clémence - Comment ne penser à rien ?

C'est mathématique !

J'ouvris la fenêtre et je reçus en plein figure cinq mot sous forme d'une phrase interrogative.

Perplexe, je commençai activer mes neurones. Quelle pouvait être la motivation de cet auteur ?
Motivation unique ou plurielle ? Rien ne transparaissait….
Revenant à la question, j'en reformulai aussitôt une autre. L'auteur désirait-il un mode d'emploi ?
Je ne trouvai aucun indice.
Je continuai ma recherche de sens. Et je fis un lien avec une de mes expressions préférées, qui avait le don d'en surprendre plus d'un. Je me plaisais souvent à dire : « Je fais rien » en lieu et place de « Je ne fais rien ». Tout cela parce qu'un jour, un professeur de mathématique m'avait convaincue que deux négations s'annulaient.
Je tentai donc d'appliquer ce raisonnement à la question posée par les Impromptus.
Je parvins à ces deux formulations :
« Comment ne penser à rien ? » et « Comment penser à rien ?»
Ces deux postulats avaient-ils la même valeur ?
Avec mon esprit tordu, je me répondis qu'ils n'avaient pas la même valeur !

Dans le premier cas – comment ne penser à rien ? - je ne pense même pas…
Alors, si je ne pense même pas, comment penser à rien ?
Effectivement, cela ne tient pas debout !
Mais, tenant compte du fait que deux négations s'annulent.
Cela reviendrait à dire que je pense à quelque chose !
Et, cela ne colle pas avec le thème de la semaine.

Toujours avec mon esprit tordu, j'analyse la deuxième version.
Je spécifie « deuxième » et non seconde. Car dans le cas d'une seconde, il n'y en aurait pas d'autres.
Donc, deuxième version. « Comment penser à rien ? »
Là, c'est plus simple !
Je pense, donc je suis ! Ouf… ne manquerait plus que ça, que je ne sois plus !
Je pense à rien.
Autrement dit, je pense à quelque chose qui est « rien ».
Et rien, c'est quoi ?
Attendez que je vous explique…
C'est comme quand je jardine. Je prends mes outils, choisis un coin et c'est parti.
Je laisse mes mains dans un coin de terre et mon esprit aller là où il veut. Autrement dit vers les « trucs » que j'ai envie d'extirper de ma tête. C'est alors que je me dis que mon cerveau est génial. Il prend les données, les analyse, turbine...Et puis, tout à coup, c'est le vide. Je pense à rien. La lumière est plus douce. Je me redresse...courbaturée et l'estomac criant famine !
Ce n'est pas clair ?
Attendez, c'est comme quand je repasse. Je prends mon fer et la manne de linge. J'empoigne une, deux serviettes de table, une nappe, des souvenirs en demi-teinte. Je repasse en revue les événements, mon cerveau chauffe : trie, analyse, accepte ou rejette, le linge est tout beau...et ma tête est légère. Je pense à rien. Je tends la main, la manne est vide…
Ce n'est pas encore clair ?
Attendez, c'est comme quand je lave les vitres. Je prends ….
Bon j'arrête. Autre piste ?

C'est comme quand j'ouvre le PC et que je clique sur mon favoris « Les Impromptus ».
Ça file jusqu'à mes neurones, sans me demander comment ne penser à rien d'autre !

jeudi 12 novembre 2015

Clise - Comment ne penser à rien ?

Comment ne penser à rien ?

Assise sur mon zafu,
Jambes en tailleur, mains en offrande
Comment ne penser à rien ?
Je me branche sur ma respiration
Laisse aller le va et vient
Laisse aller  le temps
Quand  inexorablement
Je tricote, détricote, retricote
Le fil de mes cogitations
Laisser passer les pensées
Comme les nuages dans le ciel
Poussés par le vent
L’image est belle…
Mais les nuages ne reviennent-ils pas ?
Ecouter le silence….
Mon silence intérieur, j’entends bien
Débrancher la sono des non-dits
Capter les vibrations de l’invisible
Se sentir bien de Rien
De la vacuité
Méditer.

Où lire Clise 

Pascal - Comment ne penser à rien ?

La Lune

« Mais comment peux-tu ne penser à rien !... »
« Quand je ne pense à rien, je suis toujours dans la lune… »
« Alors, c’est où, la lune ?... »

« C’est là où s’entêtent les parfums enivrant des fleurs, où surgissent les frissons des caresses du vent, où le goût de l’Aventure est tenace, où l’intensité mordorée des paysages scintille à l’unisson, où les chansons des oiseaux sont des chorales enthousiastes… C’est là où les statues de square dansent ensemble, où leurs ombres énamourées se fondent en mille révérences assidues, où les couples de coffret à musique s’embrassent, où les chevaux de bois hennissent en liberté, où les masques de carnaval sont sincères, où les drapeaux de tous les pays s’emmêlent pendant des sarabandes de Fraternité… C’est là où habite le père Noël des enfants, où les animaux en peluche participent aux conversations, où se cache la petite souris, où le petit Jésus tient sa crèche, où les fées aiguisent leur baguette magique, où les prestidigitateurs élèvent leurs lapins, où les loups sont repus… C’est là où l’automne récolte ses couleurs, où l’hiver vient chercher ses flocons, où l’océan entrepose sa marée, où les sirènes répètent leurs chansons, où les anges ajustent leurs ailes, où les bourreaux sont toujours en grève… C’est là où les pierres sont des sucres d’orge, où les punitions sont des récompenses, où les maladies sont guérissables, où les gifles sont des câlins, où la misère ne se vêt que d’or… C’est là où pétillent les étoiles filantes, où les arcs-en-ciel se cambrent, où le soleil se réchauffe, où la pluie tintinnabule dans les flaques accordées, où tous les nuages ont des visages joufflus de carnaval… C’est là où les rêves prennent naissance, où il n’y a pas de méchants, où tous ceux qui nous manquent nous sourient, où l’on peut dire « je t’aime » sans menterie. Etre dans la lune, c’est être un peu… au Paradis…

« Remets donc les pieds sur terre !... »
« Quand je ne pense à rien, je suis toujours dans la lune… »

Anne de Louvain-la-Neuve - Comment ne penser à rien ?

 
Salvador Dali / La persistance de la mémoire / 1931

Comment ne penser à rien ?



Quand penser à vous suffit amplement à me bourrer le mou. C’est tout de même un comble pour un fantôme dont le crâne sonne creux, teinte à vide et percute sans son, mais pas Dalida, et percussionne ce rien que l’on dit du grand tout. Comment ne penser à rien quand tout me ramène vous ? Quand ce rien du là-haut m’entraine vers l’en bas, squelette du dedans vers vos corps chair, ardents. Je ne suis qu’un spectre, certes, mais l’ennui profond de mon éternité n’en finit pas de me peser sans pesanteur dans mon néant, pourtant pas si blafard.



Comment dire le moi, quand pas un chat, pas un moineau, pas un rat, pas une taupe, pas une pierre, pas un rocher, pas même les nuages suspendus dans la sphère, et surtout pas vous qui n’êtes pas personne, n’entend la voix du pensant béant, le glouglou manquant d’une glotte absente et le claquement de mes mâchoires qui tiquetoquent l’inexprimable, pourtant très parlant !



Je suis le son des courants d’air, le souffle du passage d’une âme en goguette, prête à tous les jeux, offerte par des dieux jusqu’ici de moi inconnus, un squelette facétieux qui tintinnabule en conciliabule, convoque les forces de soldats invisibles pour tenter une approche, convaincre le vivant, te persuader vous, simplement de mon moi et aussi du surmoi, bref de l’égo de ma non-existence, pourtant une évidence !



J’existe nom d’un péroné !



C’est épuisant pour sûr, de traverser les jours, les mois et les années, finalement les siècles, sans pour autant prétendre, en avoir fait le tour, des petits tours, des grands tours, des tours de première classe, puis de seconde classe. Voilà l’infinitif de ma triste condition, errer. Il y en d’autres, passer, s’arrêter, chuchoter, voyager, murmurer, si, si, on peut le deviner, patiner, trop fastoche, car se fait sans anicroche, pirouetter également, et tout cela, joliment en mes draps blancs fleuris. Pérégriner, poétiser cela arrive, et même pianoter de tous mes ossements. Surtout des verbes du premier groupe, vous vous en doutez par l’étalage pompeux que je vous fais ici, pourtant sans pathos.



Car ceux des autres groupes n’intéressent guère mon inhumaine apparition que je tente parfois, sans jamais aboutir à quelque résultat. Ainsi en va-t-il de naitre à jamais impossible, de croire, propre à l’homme que je fus, et plus question de croitre, c’est sans possibilité, de craindre ou de fuir, un spectre jamais ne recule, c’est là qu’est l’os mais il parait que cette expression-là a déjà eu son emploi en un temps révolu, pourtant c’était tentant !



Bouillir, sentir, dormir sur lesquels je ne peux pas plus m’appesantir sont vestiges d’un passé que ma mémoire lointaine et décapée restitue parfois en ombres imprécises et chiffes molles comme ces montres, vous en souvient-il, dépeintes jadis et restes d’un autre fantôme qui aurait perdu, dit-on, entre nous, bien plus que ces moustaches collées au blanc d’œuf, pourtant bien roulées.



Mais il semble qu'en un village d’Écosse dont j’ai oublié le nom, un livre parmi d’autres contient une page entièrement blanche glissée au milieu de bien d’autres. Je sais que si un lecteur débouche sur cette page quand sonne l’heure, trois heures du matin en une nuit spectrale et indéfinie, je pourrai apparaitre en dessous de dentelles et d’effets visuels, très spéciaux, une orgie d’éclairs et de lumière, pétarades, sonneries des trompettes et l’hallali et là, en cet instant précis, redevenir un jour, un jour durant, beau, beau, beau et vrai à la fois. Une chance parmi des millions que je sois dans les parages à ce moment-là, pourtant à tenter…



Coup de poker, je sillonne les landes, et les archipels, parcours les iles du pays, surfe sur les montagnes, survole bien des lochs, débusque les villages et leur bibliothèque. Je m’attable souvent au premier pub du coin pour soulever le kilt d’un buveur de Guinness ou d’un joueur de cornemuse, il faut bien rire un peu. Pour passer ce temps long, je me glisse aussi, furtif et baladeur, dans certains lits de gentilles damoiselles en ces châteaux hantés. Je suis à la mode et certains même me font de la publicité vantant mes voilages et mes clapotements derrière les cloisons. Approchez-vous de moi, tâchez de me tâter, les pensées de mon crâne troué tentent de percer ces murs invisibles de deux mondes parallèles, vers vous, pourtant infranchissables. 

Où lire Anne de Louvain-la-Neuve

Lilousoleil - Comment ne penser à rien ?


Penser à Rien, c’est quand même penser parce que penser ce n’est pas rien ; même un tout petit rien, ce n’est pas rien, c’est quand même quelque chose. 
Rien  existe donc ! et si je pense à Rien, donc je suis ; et si moi je suis, Rien me suis aussi. Et si Rien me suis c’est qu’il est aussi ! 
Alors, penser à Rien c’est comme penser à lui ; lui qui n’est vraiment rien de rien. Rien de rien, cela fait déjà deux fois rien et deux fois rien ne coûte pas grand-chose et pas grand chose ne coûte souvent que trois fois rien. 
Et ce n’est pas rien de le dire !
 

mercredi 11 novembre 2015

Zoz - Comment ne penser à rien ?

~ gravir cette montagne d'émotions et d'images
lui donner un coup de botte
créer l'avalanche
créer le vide
égarer sa mémoire
et se mettre en boule
le temps d'un éboulement ..


Adel - Comment ne penser à rien ?

Ne penser à rien

Si c'est possible: oublier son cartable au beau milieu d'un pré ! Et dis, tu ne devais pas passer chez Adrienne, pour le lait ? Mais qu' a-t-elle dans la tête, cette gosse ?
A rien, Violette, tu ne penses à rien, jamais!

Violette, elle entend, mais les mots s'effilochent, se perdent au milieu des petits nuages qu'elle contemple dans sa tête, elle pense à la lune qui se regarde dans la rivière et doit se trouver bien jolie, aux nuits où elle sort sans bruit par la petite porte de la cuisine pour aller écouter les flûtes des crapauds, la petite chouette dans le haut sapin, et tous les bruits de la nuit; elle pense aux jolis yeux de la vache Jonquille, un nom de fleur, comme le sien: quand elle arrive à la clôture, Jonquille vient à sa rencontre, et la laisse caresser son muffle tout tiède... Elle pense, Violette, aux petits champignons qu'elle est toujours la première à découvrir dans les grands prés là-bas derrière, et dont elle respire le délicieux parfum, couchée à plat-ventre dans l'herbe humide, aux noisettes qu'elle va croquer quand elle et Gaëtan font l'école buissonnière, Gaëtan qui lui demande: «A quoi tu penses, dis, Violette, quand t'as cet air tout bêta ? Et elle, elle répond: «à rien», elle ne dit pas qu'elle pense à si elle était grande, et Gaëtan aussi, comme ce beau cavalier dont elle croise parfois le chemin, et qui lui fait un gentil salut...Elle pense, Violette, à la grandeur du ciel, à son adorée Mère-Grand qui est maintenant tout là-haut, et qui doit la regarder encore avec son bon regard, elle pense au rouge des fraises des bois, au bleu des clochettes, aux oreilles si douces du chat Maraud, à l'endroit où il cache son ronron...

Mais tout ça, c'est vrai, c'est penser à rien !

JCP - Comment ne penser à rien ?




Paix des profondeurs


Les blessures lentes de la mer,
que les vents ramènent de lointains horizons,
écument en longues larmes blanches
sur le sable des grèves.

Mais, dans la paix de l'eau profonde où rien ne bouge,
on ignore le tourment des surfaces,
et le sillage du bateau n'y laisse pas de plaie.

Tout comme au fond des flots
notre mental peut trouver la paix,
délaissant ses rides de surface qui,
telle une houle assombrie
attristent notre vie.

Il suffit pour cela,
corps apaisé, souffle veillé
aux lumières du non-agir,
de puiser au bonheur de la pensée abolie,
sur les rives calmes d'un mental en repos.

Étrangère à nos contrées fébriles,
cette approche d'un bonheur sans cause par le non-penser
est la porte étroite et sans décor 
d'aussi précieux domaines que tous paradis promis.

Où lire JCP

mardi 10 novembre 2015

Lorraine - Comment ne penser à rien ?

NE PENSER A RIEN…FACILE !

Cher oncle Gaston,

Vous me dites que vous préparez un ouvrage philosophique sur « La pensée existe-t-elle ?». Je m’incline avec respect devant une telle entreprise et suis convaincue que vous la mènerez à bien, comme vos ouvrages précédents. Votre livre « L’art de la pensée » avait soulevé des doutes, des divergences de vues, des discussions qui menèrent aux tribunes les plus prestigieux orateurs. Celui-ci, j’en suis certaine, déchaînera lui aussi la passion non seulement des intellectuels, mais aussi de la masse.

Vous me faites l’honneur de me demander mon avis et me priez de répondre à la question : « Comment ne penser à rien ? ». Puisque cela peut vous être utile, cher oncle Gaston, je vous réponds en toute simplicité.

C’est facile. Moi, du réveil au coucher, je ne pense à rien. Jamais. Penser m’ennuie. Penser, dans le sens où vous l’envisagez, bien sûr. Réfléchir, étudier, analyse, hésiter, biffer, recommencer, comparer, déduire, conclure. Serai-je tout à fait sincère ? Oui, par affection pour vous.

En vérité, penser m’ennuie. Penser est stérile, déformant. Surtout penser « à quelque chose ». Penser c’est réfléchir et réfléchir risquerait de m’entraîner loin, bien au-delà de ce que je souhaite : vers des responsabilités, des devoirs, des obligations, des contraintes morales.

Ne penser à rien va tout seul. Il suffit de se laisser conduire. Par ses désirs, ses envies, ses passades, ses impressions. Aucun effort, aucune discipline, seulement suivre le mouvement, la foule, la rumeur, les autres. Etre emporté par son instinct qui, c’est avéré, ne se trompe jamais. S’en remettre à lui, quel repos, quelle ivresse !

Mais je l’avoue, votre question me préoccupe. « Comment ne penser à rien ? » demandez-vous. Est-ce donc pour vous une telle difficulté ? Il m’a pourtant semblé rencontrer quantités de gens qui ne pensent à rien (la majorité, devrais-je dire) et ne s’en portent pas plus mal.

Vous savez comme je vous respecte, cher oncle Gaston. Mais je dois bien constater que vous manquez d’expérience. « Comment ne penser à rien » aurait dû, en effet, couler de source ; c’est tellement inné, naturel, qu’ en vous observant vous-même, vous auriez compris. Mais non, vous êtes contraint de vous adresser à des tiers, moi en l’occurrence, votre nièce dévouée. Alors, avec toute l’affection que je vous porte je soutiens votre oeuvre : utilisez mon témoignage sans hésitation, je vous suis toute dévouée et je signe

Lorraine

P .S : Peut-être pourriez-vous ajouter sous votre signature « En collaboration avec ma très chère nièce »…

Où lire Lorraine

Nounedeb - Comment ne penser à rien ?

Méthode radicale

Comment bannir tout commentaire ?
Ne rien dire – laisser faire.
Penser est une rude affaire,
A qui refuse l’arbitraire :
Rien - de la vie, s’abstraire.

Où lire Nounedeb

lundi 9 novembre 2015

Ecrit'turbulence - Comment ne penser à rien ?

Peindre d'abord un espace de nature
suffisamment vaste
peindre ensuite 
quelque chose de joli 
quelque chose de simple 
quelque chose de beau 
quelque chose d'utile 
pour vos pensées vagabondes

placer ensuite la toile sur l'azur du ciel
de jour
avec soleil
ou un jour de pluie
grimper sur la lune
sans rien dire 
sans bouger ... 
Parfois l'abandon arrive vite 
mais il peut aussi bien mettre de longues années 
avant de se décider 
Ne pas se décourager 
attendre 
attendre s'il le faut pendant des années 
la vitesse ou la lenteur de l'arrivée du lâcher-prise
n'ayant aucun rapport 
avec la réussite du tableau 
Quand le rien arrive 
s'il arrive 
observer le plus profond silence 
attendre qu'il prenne sa place dans l'espace
et quand il est installé 
fermer doucement les yeux
puis 
effacer un à un tous les arrière-goûts, les cicatrices,
les commémorations, les ombres, les stigmates

en ayant soin de ne pas toucher au bien-être qui s'est installé.
À la manière de Jacques Prévert

Vegas sur sarthe - Comment ne penser à rien ?

Je panse donc j'essuie

Je ne pense à rien, ne me demandez pas comment je fais, je n'en sais rien et je ne tiens pas à le savoir, je n'y pense pas c'est tout, ça m'évite de cogiter.
Comment ça, c'est justement la question?
Alors disons que c'est inné, déjà tout petit on n'arrêtait pas de me reprocher “Tu ne penses à rien, tu ne penses à rien” comme si c'était une tare.
Moi je pense que c'est un atout, c'est d'ailleurs ma devise : Je pense atout, je pense à rien

Je dis simplement que quand on voit ce qu'on entend et qu'on entend ce qu'on voit ou bien le contraire, on a tout intérêt à ne penser à rien... et je le pense sincèrement.
Pourtant c'est plus fort que vous (pas moi) il faut que vous pensiez et certains poussent le vice encore plus loin comme Jules Renard qui a osé dire “Penser ne suffit pas, il faut penser à quelque chose” !
Si en plus il faut penser à ce à quoi on va penser, je suis soulagé de ne pas avoir commencé, et puis j'ai appris à me méfier des petits malins qui s'appellent Renard.

J'ai connu des tordus, des handicapés du bulbe qui faisaient des noeuds à leur mouchoir pour repenser plus tard à la raison d'avoir fait un noeud. Je trouve ça débile et je ne suis pas seul à le penser puisque les mouchoirs ont disparu.

Quand on voit cet autre type dans le dénuement le plus total, tourmenté, prostré dans une posture ridicule mais universellement connue qui consiste à soutenir sa tête avec sa main... on se demande à quoi pensait Rodin, son Auguste créateur.

Quand on pense aussi qu'un dénommé Blaise Pascal écrivit à la main une montagne de notes - certains disent que ça n'était qu'un essai - qui ne furent publiées qu'après qu'il en soit mort, ça ne donne vraiment pas envie de penser.
Il pensait entre autres que l'homme est misérable, tourné vers son passé et ce péché original qui fait qu'on a tous une pomme d'Adam... tu parles d'une originalité! J'ai lu quelque part que les femmes en ont une alors que la number one ne s'appelait même pas Adam.
Il aurait soi-disant écrit “L'homme est un roseau pensant” mais quand on sait qu'il existe plus de quatre vingt versions différentes de ses pensées je dirai qu'il est plus probable qu'il ait écrit “l'homme est un roseau penchant et la femme un roseau dépensant”.

L'autre jour alors que je ne pensais à rien, j'entends un gars brailler à la radio ”Vous n'aurez pas ma liberté de penser...”. Quand on voit ce qu'on entend... ça, je crois l'avoir déjà dit, je dis que la vraie liberté c'est de ne pas penser.

J'ai un pote qui est lad - garçon d'écurie - mais pas par vocation car il voulait être disque jockey mais son disque était trop grand, bref, à chaque fois que je le vois il me rabâche la même chose “Je suis heureux, je panse donc j'essuie” et ça le fait marrer.
Tant mieux pour lui si ça le fait rire - entre parenthèses il a un rire chevalin - mais moi aussi je suis heureux.
Ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais rien... je sais juste que c'est le thème et que vous m'avez déjà posé la question.
A quoi pourraient bien servir soixante mille pensées qui naissent chaque jour dans notre petit cerveau pour y mourir le lendemain, remplacées par soixante mille autres? A rien?
C'est bien ce que je pensais.

Où lire Vegas sur sarthe

Laura Vanel-Coytte - Comment ne penser à rien ?

Je demande  très souvent à des proches
Qui ne sont pas comme moi, insomniaques :
Comment fais-tu pour dormir  si vite et si profondément ?
Moi qui m’endors si difficilement puis me réveille souvent.

Comment fais-tu pour dormir ?
Je ne fais rien, je dors, c’est tout
Mais ce rien, que veut- il dire ?
Je ne comprends rien à ce rien qui fait tout

Je pose aussi souvent cette question :
A quoi tu penses ?
Je ne pense à rien, je me relaxe.
Mais comme ne penser à rien ? Ultime question

« Rien » est un pronom indéfini
Tiré du latin « res », « chose » à l’accusatif
Mais penser à ce pronom indéfini
Au latin, et à cette chose à l’accusatif

Ne m’éclaire vraiment en rien
Du tout sur la façon de ne penser à rien
Pour me détendre et dormir mieux
Je crois que j’ai l’esprit trop curieux

Curieux de ce rien qui pourrait tout changer
Dans ma vie, mais il n’y a rien  à faire, enfin ?
Même si on me dit que je suis tout ou rien,
Je pense à tout mais jamais à rien, il faut m’aider.

Mais comment t’expliquer, nous sommes comme ça
Me répondent-ils, avec nos petits  riens du tout
Qui nous aide, reposés et détendus à tenir  le coup
Face à la déferlante de tes tous petits riens qui te font toi

Comment ne penser à rien ?
Je n’en sais toujours  rien de rien
Et je retournerais ce rien du tout
Jusqu’à ce qu’il me dise tout.

Où lire Laura Vanel-Coytte

Jacou - Comment ne penser à rien ?

Choix cornélien

« Il y a quoi, ce soir à la télé:
20h50: Comment trouver l’amour de sa vie dans un ascenseur?
22h37: La vérité dans l’affaire Mouette.
23h23: Musiques orchestrales pour auto-tamponneuses
23h59: Conférence-débat: Comment ne penser à rien? »

  • Y’en a vraiment, ils ont rien d’autre à faire.
  • Qu’est-ce que tu dis?
  • Moi, rien.
  • Tu ne veux rien me dire?
  • Je n’ai rien à te dire parce que je ne dis rien du tout.
  • – Dis-moi, je pensais que peut-être, on pourrait…oh, et puis, rien du tout.
  • Si, dis-moi à quoi tu pensais?
  • Non rien. Je pensais à rien.

Chri - Comment ne penser à rien ?

Oui, comment ?

Comme j’en ai eu ma claque de me gaver de paracétamol mille, j’ai décidé de m’inscrire à un atelier de méditation.
J’habite un coin où tu ne peux pas faire un pas sans marcher sur un ostéopathe, un naturopathe, un acupuncteur, un rebooth, un chamane, un conseiller en énergie vitale, un rééquilibrateur sensoriel, un homéopathe, j’en passe et des meilleurs. Par ici, si tu es encore  malade c’est que  tu le veux bien, c’est que c’est ton destin, c’est que tu t’y prends comme un manche. Il ne se passe pas une fin de semaine sans que dans le moindre petit village soit organisé un salon Nature et Soins,  Âme et confort, Santé et jus de fraise. Par ici les rebouteux, les coupe feux et autres sorciers courent dans les ruelles, font la queue dans les boulangeries bios et tiennent un stand à la poste.
Aussi, il m’a suffi de juste secouer un peu le net et j’ai dégotté ce qu’il me fallait. Des cours de méditation pour débutant, dans un mas en pleine campagne tous les soirs de la semaine de 18h à 21h. La voix au téléphone m’a précisé que, bien entendu, je pouvais ne venir qu’une fois par semaine, que je n’étais pas tenu aux trois heures mais que c’était le même tarif. Cinquante la demi-heure, j’ai demandé si le premier mois, par exemple pouvait être gratis, elle n’a même pas répondu. Tant de largesse m’a laissé pantois. Je me suis dit que ce serait, malgré tout trop bête de passer à côté et j’ai dit à la voix comme on prend rendez vous : À demain soir, alors. C’est vous qui décidez pour vous et elle a raccroché.
Après coup, mais ça j’étais un habitué, j’avais ce qu’on appelle l’esprit d’escalier, sauf que le mien était plutôt en colimaçon… Après coup j’ai pensé que j’avais oublié de lui demander en quelle tenue il était bon de venir, si le verre d’eau était fourni, si on devait apporter son coussin enfin tous ces détails qui ne sont pas grand chose mais qui peuvent séparer une soirée réussie d’un cauchemar.
J’irai comme je suis : décontracté.
Le lendemain, je l’ai passé essentiellement à jeter un œil sur l’horloge de la mairie, celle de mon portable, celle de la voiture, bref à trouver que le temps s’écoulait comme un miel liquide épais : très lentement.
Et puis le soir est venu. Alors, j’y suis allé.
J’avais évidemment choisi la séance de dix huit heures. Il m’aurait été pas loin d’impossible d’attendre les dix neuf. J’ai garé ma voiture sur le côté du mas, dans le gravier, il y avait là deux ou trois autres véhicules plutôt des allemandes aux capots longs comme des anglaises.
Je me suis approché d’une porte éclairée comme en plein jour, nous étions en Novembre et les jours dégringelaient de plus en plus tôt.
Une chaîne avec au bout une cloche et ce n’était pas celui qui tirait.
Elle est arrivée silhouette gracieuse, vêtue d’un justaucorps noir, un sourire de madone sous Effexor accroché à son visage. J’ai espéré qu’elle pouvait encore ne plus sourire, si elle le voulait. Elle m’accueillit gentiment, m’a demandé mon prénom rapidement et a encaissé mon billet prestement. Avec le liquide l’énergie circule mieux paraît-il…
Je suis entré dans une salle bien chauffée mais avec au sol une moquette épaisse comme la joie de vivre d’un anorexique sur laquelle étaient posés des petits coussins circulaires de la largeur d’une paire de fesses moyenne. Nous étions six, cinq avec elle. Elle a allumé un bâton d’encens, sans doute odeur Nuoc Nam, elle a mis un cd de musique balinaise et la séance a commencé. Je me suis laissé porter.
C’est quand elle nous a demandé avec insistance de ne plus penser à rien que j’ai commencé à mouliner…
Oui, comment ne plus penser à rien ?

ABC - Comment ne penser à rien?

Pour ne penser à rien,
Il faut penser à tout,
Tout ou rien,
Ce n’est pas rien,
Le tout est d’englober son rien dans un tout,
Sans jamais laisser rien au hasard,
Rien ne s’impose,
Même pas un petit rien,
De rien du tout…

Moralité :
En pensant à tout, tu n’oublies rien.

Où lire ABC

Semaine du 9 novembre au 15 novembre 2015 - Comment ne penser à rien ?

Toute la semaine dernière vos récits ont vu le jour au rythme des huit éléments imposés. A contrario, nous vous proposons de vous laisser inspirer à présent par un thème qui nous est suggéré par Lorraine : "Comment ne penser à rien ?"

A votre convenance de traiter ce sujet, en prose ou en vers, mais à condition de nous envoyer vos textes à l'adresse habituelle impromptuslitteraires[at]gmail.com avant dimanche 15 novembre à minuit.