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dimanche 22 avril 2018

Fred Mili - Le jardinier amoureux


Il y allait le bougre avec sa pelle, retourner et retourner la terre. Il y mettait tout son cœur, un sourire béat au coin des lèvres il pensait à autre chose.
C’était un homme cultivé comme son jardin, écrivain de surcroît et il connaissait déjà le titre de son prochain roman : « Le jardinier amoureux. » Il y réfléchissait souvent en donnant ses coups de pelle. L’intrigue était toute prête dans sa tête, le plan tout tracé. Pas question d’écrire un livre autobiographique la Lucette, en fait elle s’appelait Marie mais il n’aimait pas ce mot à double signification, n’apprécierait pas, bien qu’il y ait toujours une part de soi dans les romans.
En fait il n’était jardinier que par passion, par plaisir et puis manger ses propres légumes bio était quand même meilleur que tout ce qu’on pouvait trouver dans le commerce. Il mettait autant de passion à jardiner qu’à écrire. Il était aussi adroit avec ses outils qu’avec son clavier.
À l’inverse des autres auteurs il commençait sa journée par le jardin, à la fraîche avant que le soleil ne soit trop chaud. Ensuite il prenait une bonne collation puis s’enfermait dans son bureau pour s’atteler à son ordinateur pendant quelques heures. Ce rythme était immuable et en s’occupant de son potager il avait toujours plein d’idées qu’il pouvait ensuite appliquer. 
Il n’était pas marié et vivait seul parce qu’il n’avait jamais réussi à partager femme, jardin et écriture. Certes Lucette était son amante depuis des lustres, depuis bien avant la naissance de Gilles, son neveu d’une quinzaine d’années. Il lui consacrait un peu de temps, du jeudi soir au dimanche après-midi. Elle était agréable, une tête bien faite, une cuisinière remarquable qui cuisinait ses légumes avec savoir et ce qui ne gâchait rien, une amoureuse émérite. La seule chose qui l’agaçait étant qu’elle laissait traîner un peu n’importe où son bâton de rouge à lèvres, comme un vieux militaire il aimait l’ordre.
Son agent, qu’il rencontrait chaque semaine avait une idée précise pour la couverture, une fourche plantée en plein milieu du boulevard, l’idée ne le séduisait pas mais il serait toujours temps d’en discuter le moment venu. 
En fumant une cigarette à la fenêtre de son bureau, il s’aperçut que le linge qui séchait dehors avait disparu, si cela ne l’intriguait pas outre mesure ça lui donnait une idée pour étayer son personnage.

Où lire Fred Mili

dimanche 18 décembre 2016

Fred Mili - Un plat difficile

J'ai repris l'idée de Célestine pour faire un texte à ma façon avec les mots qu'elle suggérait.

Fête, sapin, étoile, huîtres, guirlandes, boules, rennes, cheminée, lutins, traîneau, grelots, gui, neige, dinde, foie gras, père Noël, cadeaux, bougies, lumières, cadeaux, champagne, houx.

– Merde je me suis piqué le cul avec le houx, brailla la vieille dinde en renversant son verre de champagne.

Pas très étonnant le père Noël sur son traîneau n'avait que sa barbe pour seul artifice et ses grelots s'agitaient chaque fois qu'il se baissait pour distribuer les cadeaux. Les lumières brillaient de tous leurs feux mais sa bougie semblait sur le déclin.

La fête au Club 69 battait son plein alors que chaque mâle tentait de passer sous la porte de verre illuminée de toutes ses guirlandes, sur l'imposte une branche de gui s'étalait, royale, avec pour seul espoir de redorer leur cheminée fatiguée, la franchissant ils espéraient l'impossible.

Chaque année le Club organisait une soirée pour les vieux libertins en mal de souvenirs. De jeunes lutins, flamberge au vent fixant les étoiles s’occupaient des vieilles septuagénaires cherchant à leur offrir un brin de plaisir même si leurs huîtres trop usagées semblaient bien asséchées.

Que les vieux mâles, foie gras en évidence, se jettent sur la corne de renne pour retrouver une fierté disparue n'avait rien d'exceptionnel chacun sait que la neige refroidissait toute velléité, leurs boules n'ayant pas plus de rondeurs que les sacs qui les contenaient.

Seul le sapin restait droit, fier comme un petit banc.

C'était pathétique.


lundi 5 septembre 2016

Fred Mili - En attendant la pluie

Étendu sur un transat, je dorais au soleil, le regard caché par mon panama. Je rêvais.  Préférant masquer mon regard, les filles en maillot de bain avaient sur moi un impact qu'elles n'imaginaient pas.
Je rêvais délicieusement.

Je ne soulevais mon chapeau que pour attraper la paille de mon soda, me désaltérant à souhait. Mes rêveries lascives me mettaient en émoi et ma posture sous le soleil ne laissait aucune équivoque.
J'appréciais ces vacances. Mon corps avait besoin de soleil et rougissait chaque jour de plus en plus. Je surveillais chaque soir devant la glace la différence de couleur entre la partie exposée de mon individu et celle que je ne montrais qu'à mes potentielles amantes.

Je déclinais. Les prétendantes ne se manifestaient plus. Mais je n'avais plus d'efforts à faire pour ranger ma location estivale. Mes slips traînaient tout autant que mes tee-shirts. Je ne repliais plus la banquette, mes draps baptisés s'étalaient au grand jour.

Bref ! Seul le soleil caressait ma peau, à mon grand dam ma libido ne se nourrissait que de souvenirs.
J'entendis vaguement "Bonjour monsieur, Gendarmerie Nationale" sans bouger. J'étais persuadé que mon imagination me jouait des tours. Je replongeai dans mon rêve éveillé.

La main qui secoua mon épaule sans délicatesse me surprit. Je me relevai d'un seul coup, faisant tomber mon couvre-chef. Le regard ébahi, prêt à en découdre, j'étais interloqué. "Qu'est-ce qu'il y a" ? dis-je agressif à la jeune militaire chapeautée qui me faisait face. Blonde, son regard froid me toisa disant "Votre tenue est indécente". J'étais stupéfait. Son ton péremptoire eut pour effet de rétracter mes ardeurs. J'aimai bien les gens qui consacraient leur vie à maintenir l'ordre dès lors qu'ils se tenaient loin de moi. Oser imaginer cette gendarmette en micro bikini avec sa casquette sur la tête était rédhibitoire. Son air pincé et sa main sur la crosse de son arme me fit reprendre mes esprits, non seulement.

Une grosse goutte s'écrasa sur mes mollets puis une autre sur mes épaules. En un rien de temps la chemisette de la gendarmette lui colla à la peau dessinant les contours d'un sous-vêtement affriolant. Je louchai sur l'étoffe.

Gênée, les bras en croix sur sa poitrine, elle tenta de cacher ce que le ciel offrait à mon regard. Elle fusilla du regard son collègue qui louchait sur elle.
Je me recroquevillai sous le parasol regardant à la fois la pluie tomber et l'indécence de la jeune femme. L'eau dégoulinait de sa casquette. Pour la première fois je me surpris à remercier le bon Dieu, mais sans excès, reconnaissant sa bonté.

"Que je ne vous y reprenne pas" furent les seuls mots audibles que j'entendis. Elle tenta de claquer les talons pour faire demi-tour mais le sable mouillé atténua le mouvement. Son collègue me fit un clin d’œil.
Je regardai les gens remonter la plage en courant, abrité sous mon parasol. Je n'avais pas l'intention de bouger. La pluie propice à de tristes pensées semblait vouloir dire qu'il était l'heure d'accepter les outrages du temps.

J'essayai de me convaincre de partir à la montagne l'an prochain, de faire de l'exercice pour oublier, que probablement le bruit des cloches des vaches laitières  me ferait penser à autre chose. Un pis-aller sans doute.

vendredi 2 septembre 2016

Fred Mili - Vacances insolites

Foutues vacances !
Merde les vacances commençaient mal !
Nous étions avec ma nouvelle amie à quelques kilomètres de la frontière. Nous avions passé treize heures sur l'autoroute dans des ralentissements inexpliqués, des queues sans fin à surveiller dans le rétroviseur les chauffards qui collaient à nos basques et qui se croyaient bien trop souvent sur le circuit de Daytona.

Après avoir tant bien que mal trouvé notre location, payé le solde de notre séjour, nous avions vidé le coffre de la voiture, mis en route le frigo, bu de grands verres d'eau au robinet puis nous décidâmes d'aller dîner au restaurant. Le choix de l'endroit fut l'objet d'un débat houleux. Je souhaitais manger un bon steack haché avec un jaune d'œuf dégoulinant et une assiette de frites cuites à point, ni trop grillées ni trop molles. Elle voulait simplement une bonne pizza aux quatre fromages et finir avec une poire belle hélène ou une banana split nappée de crème chantilly. Il fallut arpenter le centre ville populeux de la station, lire les cartes des prestations. Une fois de plus un dilemme nous opposa, je voulais m'installer en terrasse, elle souhaitait une salle climatisée.
J'abdiquais.

À l'intérieur, la salle était plutôt bruyante, une bande de jeunes autour d'une table remplie de cadavre de bouteilles de bière, avait le verbe haut. Il était difficile de s'entendre. Nous ne dîmes rien. La carte n'était pas très étoffée, le steack douteux et la pizza sans doute sortie du congélateur semblait repoussante. De plus la climatisation  un peu forte me frigorifiait. D'un commun accord nous quittâmes la gargote rapidement sans même déguster la glace qu'elle espérait.
Rentré à la location j'étais un peu lascif, j'avais envie de câlins pour oublier cette journée qui ne correspondait pas à mes attentes mais la demoiselle voulu prendre une douche d'abord, ensuite elle était trop fatiguée pour la bagatelle puis elle se plaignit de la chaleur dans le studio.
Vint le moment de choisir le côté du lit dans lequel nous dormirions. Le même tous les deux. De palabres en palabres, je proposais qu'un jour sur deux nous échangions nos places mais pour elle pas question de transiger.

J'aimais dormir les volets fermés dans le noir absolu, elle préférait dormir les volets ouverts, il lui fallait voir le ciel pour s'endormir, elle était un peu claustrophobe.
Nous nous étions rencontrés une semaine avant et juste partagés quelques bons moments à la terrasse d'un café avant de décider de partir ensemble pour une semaine au bord de la mer.
J'ai fini par crouler dans les bras de Morphée du mauvais côté du lit et les volets ouverts. J'ai ronflé comme un sonneur jusqu'à ce qu'elle me réveille en me bousculant parce que je la dérangeais. J'ai compté les voitures toute la nuit parce que je n'arrivais à trouver les moutons.
Le matin nous nous regardâmes en chien de faïence, les traits tirés par une mauvaise nuit. Les toilettes étaient dans la salle de bain qu'elle occupa pendant 35 minutes. L'idée de pisser dans l'évier de la kitchenette me traversa l'esprit mais sûr que ceci provoquerait une polémique, je m'abstins. Je dansais d'un pied sur l'autre en attendant mon tour.
En début d’après-midi la plage bondée m'effraya, elle voulait s'installer au bord de l'eau là où il y avait le plus de monde. J'aurais opté pour un transat en haut de la plage mais…
Ma seule consolation fut de la voir dans son micro bikini qui mettait son corps plus nu que nu. Elle sentait les yeux anonymes collés sur son corps et paraissait s'en accommoder. A coté d'elle dans mon bermuda à fleurs qui me descendait jusqu'aux genoux et mes tablettes de chocolat fondu je paraissais plutôt ringard.

Ses lunettes de soleil lui permettait de loucher sur les corps des bodybuiders qui arpentaient la plage d'un bout à l'autre.
Je m'ennuyais. Les jours et les nuits passaient lentement. Nous ne parlions plus. Elle était sorti le troisième soir sans doute avec le type qui lui avait adressé la parole alors qu'ils nageaient côte à côte. Elle est revenue deux jours après chercher ses affaires et m'a dit adieu.
Je suis resté seul, content de pouvoir dormir du côté que je souhaitais, de fermer les volets entièrement, de pisser au moment ou je le voulais, de manger à la terrasse des cafés et de m'allonger sur un transat en haut de la plage.

Deux semaines avec elle auraient été un cauchemar. Je l'ai croisée au bras de son gugusse elle m'a ignoré mais j'étais content.
En tout cas l'an prochain je partirai en Club.

lundi 18 juillet 2016

Fred Mili - Les ombres et la lumière de l'été

J'étais en embuscade, face au soleil couchant, sur les bords de Seine. L'appareil réglé, prêt à appuyer sur le déclencheur, en rafale.
Je voulais un contrejour. Une fille qui me ferait appuyer sur le bouton comme un malade, pour immortaliser l'instant.
J'avais une idée précise de celle que je voulais même si cela n'avait que peu d'importance, face au soleil.
Je souhaitais qu'elle ait les cheveux longs, les yeux en amande, qu'elle soit grande et mince, qu'elle vienne de gauche pour aller vers la droite et non l'inverse, qu'elle tourne la tête vers moi et qu'elle me fasse un grand sourire, illuminant son visage.
J'étais impatient, voire fébrile. J'avais une idée très précise de ce que je voulais obtenir avec la collaboration de cette inconnue. 
L’œil dans le viseur, j'étais ébloui par le soleil. Il ne passait que des hommes ou que des filles trop petites, ou trop enrobées.
En fait je captais malgré tout les images de chaque passant, ce qui me permettait d'affiner mes réglages, mais ma princesse ne se présentait pas.
Pourtant en face de moi le soleil déclinait, il semblait vouloir partir ailleurs, de l'autre côté de la terre et tirer sa révérence.
Parfois ébloui, je pris pourtant l'homme en vélo, la femme enceinte promenant son bébé dans la poussette, l'homme en djellaba avec sa barbe plutôt longue, une petite fille en bicyclette, le jongleur qui avançait en lançant ses quilles, le jeune footballeur dribblant un adversaire imaginaire, la vieille femme élégante avec son chapeau sur la tête enfin tout ce qui se présentait entre moi et le soleil.
En place depuis une heure, je m'impatientais. Je pensais au naturaliste, caché au bord d'une étendue d'eau, attendant de saisir l'envol d'un canard.
Je n'étais pas capable d'attendre aussi longtemps sans m'énerver.
Cependant sur ma carte memoire les photos s'entassaient. J'enrageais. La patience n'est pas ma vertu principale. De plus j'avais des paillettes de toutes les couleurs dans les yeux à force de fixer la lumière au travers de l'objectif.
Je laissais l'appareil bien à plat sur la rambarde puis allumais une cigarette pour faire passer le temps et réhabituer mes yeux à la lumière du jour.
Soudain une fille passa, presque celle que j’espérais. J'attrapais trop rapidement mon appareil et déclenchais dans l'urgence face à l'astre éblouissant. Hélas, les photos n'étaient pas nettes.
Je pestai. Rageur je jetai mon paquet de cigarettes par terre et l'écrasai d'un talon furieux. Je m'en voulais de m'être laissé distraire par un vice incontrôlable. Le paquet malmené laissa apparaître les filtres orangés d'un côté et les cigarettes éventrées d'où s'échappaient le tabac à peine blond.
Je me résonnai.
Je voulais une silhouette dans l'ombre face à la lumière du dieu Ra. Je savais que ce n'était pas évident surtout lorsque la photo était déjà composée dans la tête.
Il ne restait qu'à la prendre, qu'à saisir l'instant.
Je ne faisais que de la photo de rue et de ce fait je savais qu'il fallait mitrailler pour avoir une ou deux belles photos réussies.
J'attrapais la bouteille d'eau dans mon sac sans décoller l’œil du viseur et bus comme un ivrogne en mal de sa potion. Je me massais les reins, la position que je m'infligeais faisait souffrir ma vieille carcasse.
Je me relevai me massant le bas du dos comme je pouvais. Je jetai machinalement un coup d’œil à gauche et je la reconnus aussitôt.
La voilà. C'était elle.
Mes reins plièrent avec difficulté lorsque je me collai derrière le viseur, mon doigt tremblait sur le déclencheur.
J'étais prêt malgré tout. 
L'exaltation me fit sourire nerveusement. Je laissais approcher, affinant la mise au point. Elle tourna la tête vers moi. Exactement l'image que je souhaitais.
Je souriais en appuyant.
Pas de réponse.
Je réessayai.
Toujours rien.
J'éteignis l'appareil, le rallumai.
La batterie était suffisamment chargée.
La carte Sd était déjà pleine.
La jeune fille me fit un coucou du bout des doigts, accompagné d'un sourire éblouissant. Avait-elle compris que je n'avais pas pris une seule photo d'elle ?

lundi 11 juillet 2016

Fred Mili - Des pieds et des mots

C'était un sale abordage, le vice-amiral qui sortait de l'école militaire avait sa merguez qui flottait dans son froc.
Il battait des pieds sur le pont.
Le vide-pomme à la main il taillait le fruit défendu quand les premiers boulets firent des trous dans la coque.
L'école  militaire ne l'avait pas préparé à cela.  
L’assaut fut rude et impromptu.
Bidule, sa fière goélette prit l'eau.
Les matriochkas et les chrysanthèmes dont il faisait le marché noir flottaient autour de lui.
Trop tard pour lui de faire son acte de contrition.   


lundi 4 juillet 2016

Fred Mili - Le temps de vivre

"Il a dévalé la colline, Ses pieds faisaient rouler des pierres"
Comme un fou.
Il l'a vue de loin, persuadé que c'était elle. Les cailloux dégringolent sous ses chaussures. Il garde l'équilibre malgré tout. Comme un pantin désarticulé.
Il a un type de femme. Elle correspond. Il en est sûr.
Ses montagnes il les connaît, c'est sa vie. Il attend depuis longtemps celle qui partagera avec lui les matins brumeux ou les soleils se levant derrière le massif. Plus il se rapproche d'elle plus son cœur bat. L'effort ou le coup de foudre.
Elle a entre ses lèvres un lis orangé qui rehausse son teint halé. Elle marche d'un bon pas, le pied sûr. Ses jambes sont bronzées pour ce qu'il en voit. Les pataugas foulent le sol, assurées. Le chapeau à large bord couvre une partie de son visage. Sereine elle tourne néanmoins la tête quand elle l'entend débouler.
Il ralentit son allure de peur du ridicule.
Elle sourit.
Il se sent bête.
Il transpire.
Elle aussi.
Le montagnard qui trouble sa quiétude, l'étonne. Elle le sent animal. Ses traits la troublent. Son visage buriné et pourtant agréable la fascine. Il a l'air gentil. Presque beau.
Il la regarde de ses yeux vert, perturbé. En équilibre sur le sentier pentu. Il est en contrejour, le soleil l'aveugle. Il semble immense. Taillé dans le roc.
Lui ne sait pas quoi dire. Il ne dit rien d'ailleurs.
Elle sort sa gourde et lui tend. La sueur dégouline sur son visage. Il est beau en fait. Il ôte son chapeau et d'un revers de bras s’essuie le front. Elle devine ses muscles sous les manches de sa chemisette.
Il boit sans la quitter des yeux.
Elle ne parle pas non plus. Elle observe.
Il ne sait pas quoi dire, sa langue collée au palais. Seuls ses yeux vifs trahissent son émoi.
Elle réfléchit à cent à l'heure. Lui tourne le dos et reprend sa marche.
Il lui emboîte le pas, se rapproche d'elle quand le sentier le permet.
Ils marchent du même pas.
Plus bas, il sait qu'il y a un trou d'eau dans lequel il est habitué à se rafraîchir. Il espère s'y plonger avec elle.
Il passe devant elle sans un mot. Pour la guider.
Elle s'accroche à son allure. Glisse les pieds dans les cailloux qu'il a foulés. Là où il a laissé son empreinte.
Le soleil les accable.
Elle regarde la sueur mouiller sa chemise. Elle respire ses effluves bestiales.
Le spectacle qu'elle découvre la séduit, le trou d'eau claire, limpide, transparente et la petite cascade l'émerveille.
Elle est inondée de sueur aussi et la baignoire impromptue l'appelle.
Elle le regarde enlever son sac à dos, déboutonner sa chemise puis mettre son torse à nu. Il baisse son short puis plonge la tête la première dans l'eau claire.
Elle a eu le temps de regarder chaque muscle de son corps. Quant au milieu de l'eau, elle le voit se trémousser puis jeter son dernier rempart sur la roche, près d'elle, ses pensées s'agitent.
Elle ne sait pas trop ce qu'elle doit faire. Pourtant elle déboutonne sa chemise, l'enlève. Son soutien-gorge blanc, simple, enserre sa poitrine. Elle descend son short à son tour.
Il ne nage plus. Il la contemple. L’œil désireux.
Elle dégrafe son carcan, lui exhibant ses seins blancs puis se jette à son tour dans l'eau froide.
Comme lui, dans l'eau, elle retire sa culotte qu'elle lance sur les pierres brûlées par le soleil.
Ils nagent ensemble, les fesses hors de l'eau, s'aspergent, s'effleurent, se collent l'un à l'autre, s'embrassent.
Pourtant… le sexe moussu qu'il sent contre lui, le réconforte.
Elle ne lui laisse pas le temps de réfléchir, l'embrasse à pleine bouche pour l'empêcher de se poser des questions inutiles.
Il se laisse faire, surpris par un baiser trop sensuel.
Elle mord ses lèvres, suce sa langue, aspire sa salive, touche sa poitrine, caresse sa virilité. Elle sent sa résistance s'effondrer.
Il n'a jamais été confronté à ce genre de situation. Après l'étonnement, le plaisir le submerge. Ses sens marchent au ralenti. Il la voit encore descendre la montagne. Il sent son cœur tambouriner dans sa poitrine.
Il succombe., s'enfonce dans la sensualité.
Plus tard, étalés au soleil, il lui propose de rencontrer ses parents le soir même.
"Je ne peux pas, réplique-t-elle, mon mari m'attend à la maison mais voyons-nous demain au même endroit."
Le douche froide a réduit ses ardeurs mais il sera encore là demain.

jeudi 30 juin 2016

Fred Mili - L'art de faire sa valise

My frenchxit.

Je vais être amené à m'faire la valise, à m'tirer à la cloche de bois. Une fois de plus. Mes amis de Bercy sont à mes trousses. Hier matin j'ai vu le vautour qui a sonné à la porte en bas.
Impressionnant le gars.
J'ai pas répondu.
Tout de noir vêtu. Une gueule de circonstance.
Il a rempli son papier.
Quand il a levé la tête je me suis planqué vite fait.
Il a déjà bloqué mon compte. Cent euros. Le minimum syndical que j'avais laissé pour étancher sa soif.
Donc je savais qu'il allait venir.
J'ai aussitôt ouvert ma Samsonite et jeté pêle-mêle, des slips, des tee-shirts, ma brosse à dents, mon dentifrice, deux pantalons, mon maillot de bain et puis, bien sûr, mon ordinateur et mon appareil photo.
Je change de crémerie. Il est grand temps.
J'étais préparé. Je les connais.
J'ai prévu le coup.
Je vais fermer la porte, pas la peine de tirer le verrou. Ils pourront rentrer pour saisir ce qu'il reste.
Juste une chaise et une table de camping que j'avais ramassées dans les poubelles. Le petit camping-gaz qui me sert à faire chauffer les boites de cassoulet et de quenelles et la vieille cafetière que m'a mère m'avait refilée et bien sûr, comme pieux j'utilise un matelas à même le sol sur lequel j'ai transpiré bien souvent. Il est couvert d'auréoles jaunes et de brûlures de cigarettes. Après un ou deux joints je ne suis jamais précautionneux. Et puis y a certainement quelques cartes de France quand j'étais amené à faire baisser la pression.
Je lui laisse la savonnette et le rouleau de pq.
Je suis gracieux aujourd'hui, il aura de quoi se laver les mains et se torcher le fouine s'il lui prenait une diarrhée subite pendant la saisie.
J'ai un pote à l'armée du salut il me trouvera bien un pucier pour la nuit. Je vais coller ma valise à la consigne et mettre ma brosse à dents dans ma poche.
J'espère que je pourrai laver mon calbute, j'aime pas être craspec sur moi.
Il va falloir que je gruge encore dans le train avec ma valoche ça va pas être facile de me carapater s'il y a un contrôle.
Il est parti l'huissier. Je vais prendre le temps d'm'en rouler une petite histoire de planer un peu et d'envisager les choses avec philosophie.
Bon j'suis pas le plus malhonnête des mecs mais j'déclare plus mes indemnités de chômage aux impôts depuis des années,. Ça me gonfle de m'faire tabasser dans les manifs par un CRS à qui j'ai payé des costards pendant mes années fastueuses en m'acquittant de mes taxes.
Pourtant j'ai pas coûté cher à la société, ils m'ont viré très tôt de l'école parce que j'étais un ignare, pas assez intelligent pour faire des études supérieures.
J'ai glandé ensuite, et puis au moment de partir de l'armée, j'ai réclamé le statut d'objecteur de conscience. J'en ai balayé des trottoirs au lieu d'être enrôlé. J'en ai avalé de la poussière rien que pour ne pas gueuler tous les matins "Oui Chef, Bien Chef" comme dans Full Metal Jacket.
Maintenant j'suis au RSA, pas moyen de me saisir à la source. Je vais sûrement avoir quelques difficultés mais ça n'a pas d'importance.
Je suis prêt à faire mon Frenchxit.

lundi 16 mai 2016

Fred Mili - C'est bien la dernière fois que ...

– C'est bien la dernière fois que j'te donne du fric pour faire des conneries, hurle-t-il.
– T'as rien compris comme d'habitude . Ton fric je m'en bats les… il ne me sert qu'à aider les autres. T'es qu'un con jette-t-il à la face de son père.
– En fait, ma générosité te permet d'aider ceux qui nous tirent dessus dans les lieux publics.
– Papa t'es trop con !
– Je le sais. Depuis des années tu me le répètes. Dis-moi pourquoi ta femme porte le niqab ?
– Rien à voir papa c'est la religion.
– Notre religion est le christianisme si tu te souviens.
– T'as loupé une marche père, c'est fini ce temps-là.
– Es-tu en train de me dire que Notre-Dame de Paris est la plus plus grande Mosquée d'Europe ?
– Oui !
– Es-tu en train de me dire qu'un cierge est comme une kalash ?
– Oui !
– Vas-tu partir en Syrie ?
– Sûrement.
– Nom de Dieu, arrête tes conneries. T'ai-je aussi mal élevé ?
– Il ne s'agit pas de ça. Le salut passe par l'Islam maintenant.
– Tu lis quoi p'tit con ? Comment tu peux penser ça ? Tu as réduits ta femme à un sexe en la déguisant ainsi, cette robe et ce visage masqué.
– T'es trop con père. Je préserve son sexe en cachant ses formes.
– Tu l'obliges. T'as jamais bandé au lycée, en fac en matant les filles.
– Justement, c'est pour éviter cela.
– Et ta femme porte un string sous sa robe ?
Serge, rebaptisé Kamal, s'est jeté sur son père, le point menaçant prêt à le frapper. Le jeune homme à le visage déformé par la rage, il tient son père au col, l'étouffant presque.
– Vas-y, harangue son père, vas-y cogne.
L'étreinte se desserre. La main lâche son cou. Le fils lui tourne le dos.
Il n'a jamais vu un tel regard. Il a vu une telle haine dans ses yeux noirs, perçants. Il a compris qu'il aurait pu être un de ses bras armés du Bataclan. Son fils n'est plus son fils, il vient de le réaliser. Il dit d'une voix monocorde :
– Je ne veux plus te voir jamais.
– Moi non plus rétorque le fils.
– Je vais te signaler aux Renseignements Généraux pour qu'ils te mettent les bâtons dans les roues.
Le fils se retourne, le gifle avec violence, arrachant ses lunettes d'un revers de main, lunettes qu'il écrase en marchant volontairement dessus.
– Tu n'es qu'un porc. T'es devenu un animal. Je serais courageux je devrais te tuer pour t'empêcher de faire le mal. Je sens que tu vas tuer.
Le fils lève la main pour gifler son père de nouveau mais le mouvement reste suspendu, il le regarde d'un air hagard. Le sang s'écoule de son ventre.
– Je préfère aller en prison plutôt que tu fasses des conneries. Je t'ai donné la vie et je m’autorise à la reprendre. Essaie d'être heureux ailleurs.
Le fils s'affaisse. Le père l'accompagne…
 

Où lire Fred Mili

lundi 9 mai 2016

Fred Mili - Un étrange parfum

Ainsi soit-il !

Un étrange parfum flottait dans les couloirs. J'étais comme un souris agitant mes moustaches dans tous les sens.
L'odeur m'était familière.
Je n'oserai ici entrer dans les détails.
J'aimais cette odeur.
Elle me ravissait.
Depuis hier elle n'avait pas quitté mon studio.

Fière de moi je l'avais dénichée au Paris'bar. On y faisait toute sorte de rencontres. J'étais une militante active et j'avais subi quelques mauvais traitements lors des manifestations pour le mariage pour tous.
J'étais lesbienne, certes. Mon sexe était ouvert à toutes fantaisies. Tous les objets sexuels étaient les bienvenus dès lors qu'il s'agissait d'une femme pour les manipuler. 
J'étais une inconditionnelle du double dong, partager une pénétration avec une autre fille était jouissif. Ce qu'aucun homme n'était capable d'apprécier.

En aucun cas je n'étais une hommasse. Bien entendu j'avais été mal baisée et bien des fois. Le pilon brise le mil. Je suis lesbienne parce que la langue d'une femme répond à mes attentes.
Jamais pressée.
Fureteuse.
Attentionnée.
Mon clitoris était sensible. Il s’épanchait « rivièreusement ».
J'assumais.
Pourtant.
Je voulais un enfant et le faire dans ces conditions était irréalisable.
J'envisageais bien des solutions.
Qui me heurtaient.
Mes premiers combats furent contre mes parents. Mon père se tétanisa, incapable d'accepter celle que j'étais.
Sa fille… Une…
Choqué.
Ce n'était pas dans son éducation.

Je fus surpris par l'attitude de ma mère. Si mon homosexualité la déroutait elle mit tout en œuvre pour m'aider. Sa tolérance me surprit. Son éducation judéo-chrétienne ne l'avait pas préparé à cela. Elle ne comprenait pas. J'étais sa fille. À ce titre j'avais tous les droits.
Que je fus enceinte troubla mon père. Il vieillit d'un coup, s’émacia s'enfermant dans un mutisme obsessionnel.
Mon fils est né naturellement. Je n'ai aucune idée de qui est le père tant je me suis livrée à maints assauts.
Je l’élève seule.
Ma sexualité est entre parenthèse. Mettre mon enfant au monde fut douloureux. On ne m'y reprendra plus.
Elle est magnifique. Lui donner le sein est un plaisir aussi douloureux qu'exceptionnel. Prendre un bain avec elle est extraordinaire.
Mon seul regret est que mon père soit mort le jour où j'ai donné la vie. 

Où lire Fred Mili

mercredi 13 avril 2016

Fred Mili - La concierge

Le castrat

Chaque soir il détache le foulard de ses cheveux
Ferme la loge, tire le rideau et fait ses vocalises
Sous la douche il réchauffe ses cordes vocales, nerveux
Comme Roméo, Juliette est son ourse sur la banquise.

La poussière des tapis rouge souvent le fait tousser,
Il grogne, s'énerve, l'opéra est sa bouée de secours
Sur la scène il oublie ses escaliers surannés
Dès que l'orchestre commence son cœur bat comme un tambour.

Qu’il chante Ombra Fedele Anch'io d'Haendel comme Farinelli
Et tienne la note avec autant de conviction
Suffit pour que la foule s'en émeuve ; Le castrat

Accroche les aigus, le regard droit, en érection.
L'ovation le bouleverse, les yeux pleins de mascara
Il s'incline, remercie. Bientôt il sera dans l'oubli.

mercredi 6 avril 2016

Fred Mili - Le salon

Le salon dormait dans la pénombre, la vie était devenue infernale depuis depuis que les Euniens avaient fait péter l'univers. Ils s'étaient plantés dans leur assemblage et si la bombe avait explosé sans tuer personne c'était…
Surprenant.
Incroyable.
Cependant tout fut chamboulé le soleil maintenant se couchait dans la mer, de ce fait il n'y avait plus un seul iceberg dans l'eau et même la mer du Nord atteignait des températures de 25° C en plein hiver.
Mais le pire était que nous vivions à l'envers. Les pendules ne tournaient plus de gauche à droite mais de droite à gauche, et ce n'était rien, l'attraction lunaire s'était substituée à l'attraction terrestre.
En fait nous marchions les pieds au plafond et le premier jour devant cet état de fait m'était insupportable, aller uriner ressemblait à un parcours du combattant, d'abord entrer dans les toilettes la tête en bas même si l'eau restait au fond de la cuvette, était étrange. En bref j'avais peur de me pisser sur la tête.
Je suivais Loulou mon chien blanc de Poméranie une cuvette à la main pour les mêmes raisons.
Mais pour être clair, au début ça ne s'était pas toujours passé aussi bien même si j'essayais de m'habituer à vivre la tête en bas en quelque sorte, il y eut des ratées. Me reposant dans la baignoire, le lendemain de ce phénomène je me retrouvai balancé au plafond en même temps avec les 200 litres d'eau qui me tombèrent dessus et imaginer la tête de mon voisin du dessus, qui devînt celui du dessous, lorsque l'eau fut passée au travers du plafond était jouissif. 
Avant j'entendais les sabots en bois de madame claquer au plafond ensuite je jetais volontairement des objets lourds au plafond rien que par plaisir. 
Ils râlèrent, m'insultèrent comme je le fis avant.
Le plafond étant devenu le sol et le sol devenu le plafond. On montait les escaliers qui descendaient et inversement.
Quelle drôle de vie à l'envers !
Le corps s'adapta bien entendu, le sang circulait d'une autre manière mais toutes les parties du corps recevaient leurs doses de shoot quotidien.
Il y avait pourtant des vieilles habitudes difficiles à oublier ; par exemple avant on marchait dans le sable avec les pieds, on entrait dans la mer avec les pieds après tout fut différent, absurde.
Je ne cachais pas que j'avais peur d'aller aux cimetières, je ne me sentais ni Cromagnon ni Pierrafeu pour me balader un os à la main ou dans les cheveux pour attacher ces derniers.
Et ma bonne dame qui avait pour avait habitude de porter des jupes bien courtes se retrouvait bien souvent à étaler ses dessous au nu et au vu de tout le monde.
En deux mots cul pardessus tête. 
Le cul quelle histoire ! C'était comme de charger un fusil pendant la guerre de Sécession, le coup partait avant la fin de la manœuvre et depuis le changement d'attraction  en avait partout sur les cuisses. Ensuite ; il y avait de quoi rabaisser sa fierté en quelque sorte.  
Bref le monde était devenu fou et la loi de la gravitation chère à Einstein se trouvait remise en cause.
En deux mots j'en étais tout retourné.
Quelle histoire !
! eriotsih elleuQ.

mercredi 16 mars 2016

Fred Mili- Animal

Naturisme

Elle répond au doux nom de Gen-Pi mais quoi qu'il en soit elle vit dans l'hexagone. Tout comme les autres elle aime les caresses et je ne l'en prive pas. 
Elle manifeste sa bonne humeur chaque fois que je passe la main sur elle. Elle se redresse ou se laisse aller à ces flatteries.
Quoi qu'il en soit j'aime la flatter et je devine ou ose espérer qu'il en est de même pour elle.
Nos manières d'être ensemble ou nos façons d'y parvenir sont assez naturelles et ne nécessitent pas qu'on les étale. 
Mais puisqu'il n'en a jamais été question jusqu'ici autant dire que je l'aime et je m'oblige à croire qu'à toutes les onomatopées qu'elle laisse échapper, le plaisir est partagé. 
Je fais en sorte qu'elle soit heureuse et si toutes les bousculades que je lui inflige sont parfois un peu rudes, il faut dire que c'est pratique courante dans mon éducation. 
Elle a le poil court et rêche, impossible de le prendre à contresens sans en subir les conséquences.  
Rien que de la voir vous fuiriez à grandes enjambées. Son poids est conséquent et inutile de parler de ce régime « Comme j'aime » sans qu'elle vous rentre dedans.  Ses kilos, elle y tient et ils font tout son charme. 
Poser ma tête sur son bidon tout rondouillard est un grand moment que je ne partagerai avec personne, tout comme lécher ses tétines. 
Lorsque nous sommes sous le jet d'eau après nous être étalés un peu partout, c'est un moment savoureux. Néanmoins toutes nos odeurs nous échappent et c'est regrettable. 
Je suis persuadé qu'on aime avec tous les sens : la vue, le toucher, l'odorat, l’ouïe et le goût. Je l'aime à l'aveugle, je la sens sans la voir… et pour le reste je resterai discret. 
Je suis un peu plus jeune qu'elle mais chez moi l'adage reste d'actualité : « C'est dans les vieux pots qu'on fait la bonne soupe. » 
Lorsque je fourrage entre ses cuisses sa peau toute rose m'escagasse les sens, j'en suis fou. Gen-Pi est une cochonne autant le dire et elle aime se faire désirer. Elle n'hésite pas à me précéder et à balancer sa partie charnue. Elle aime que je la convoite. Elle aime se sentir irrésistible. 
J'en suis fou. Elle me rend dingue. 
Plus je me conduis comme un cochon plus elle est heureuse, plus elle remue sa queue en tire-bouchon. 
Mais j'en ai marre de toutes ces mains qui la caressent au Salon de l'Agriculture.  

mardi 8 mars 2016

Fred Mili - Logo-rallyes cuisine / sport

Cuisine

Ma femme s'appelle Julienne c'est peu courant comme prénom, et si lorsque nous étions plus jeunes je lui avouai qu'elle me glaçait les sangs ça barda pour moi. Ma franchise me coûta bien des soucis. En fait ce qui me semblait à portée de mains se trouva subitement reporté à des années lumières.
Nous étions liés depuis des années et je la désirai ardemment. Elle me confia sa première fois à la lumière tamisée de la cheminée, J'étais aussi vierge qu'elle, aussi rougeoyant et la chaleur de l'âtre n'arrangeait rien.
L'exaltation, la jeunesse, ma vigueur incontrôlée me valurent des revers cuisants. La peau de chèvre étalée sur le carrelage devant le foyer ne m'empêcha pas d’attraper quelques brûlures aux genoux. Dans ma fougue je n'y prêtai aucune attention, cependant, après coup, ma ténacité me valut bien des douleurs.
Ma dulcinée reconnaissante nappa mes articulations d'une crème de jour qu'elle étalât généreusement sur mes articulations.
De là à penser qu'elle me soignât en remerciement de ma générosité, il s'en fallut de peu. Pourtant !
C'est bien bien longtemps après, les cheveux blanchis par les années que nous bavardâmes de cette première fois dont je m'enorgueillissais depuis des années, quant elle me parla de la  brûlure cuisante que je lui infligeas et de mon manque de commisération face à son désarroi.
Quarante ans après je ne m'attendais pas à ce flot de réprimandes. Elle m'assaisonna de remontrances, me reprochant mon égoïsme, mon aveuglement à prendre mon plaisir comme un hussard.
J'étais sidéré.
Devais-je lui être reconnaissant de s'être tue toutes ces années ?
 

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samedi 5 mars 2016

Fred Mili - Tout était en déséquilibre

Game over

Tout était en déséquilibre
Mais c'était ma faute
La voiture faisait des tonneaux
J'avais loupé le virage
L'airbag s'était gonflé instantanément
J'étais coincé entre
Le dossier et le repose-tête
Je regardais, affolé,
Mais c'était mon choix
J'avais le cœur en capilotade
La voiture tournait sur elle-même
Les sensations étaient étranges
La peur mêlée
Au plaisir de la découverte
J'étais allé tout droit
Volontairement
J'avais tout préparé
Équipé d'une combinaison
Anti-choc
Créée pour l'occasion
Mon appareil photo
Au bout des doigts
Bien attaché avec des velcros
Mon sponsor
Exigeait des images surprenantes
Le Cakon, un numérique au format 6x6
Mise au point à la microseconde
Mode rafale à la vitesse
Vertigineuse
Enchaînait les photos
J'étais payé pour ça
Pour prendre des risques
Pourtant
Difficile d'ignorer la peur
Je voyais ma vie défiler
L'école
les vacances
Les amours impossibles
Les pis-aller
Les mauvais choix
Les désirs
Les regrets
Impossible de ne pas vomir
Mon estomac se révulsait
Pour la première
Le danger m'affolait
Mon cachet
Pour cette prestation était astronomique
Mais
Si j'y laissais ma vie
Tant pis
Le premier arbre modifia
Ma trajectoire
Au second
Le capot s'envola
Puis les autres défilèrent
Les portes
S'arrachèrent
J'eus l'impression
De mourir
Les yeux écarquillés
D'effroi
La descente était insupportable
La voiture cognait ici
Puis là
J'avais du mal à tenir l'appareil
Malgré les bandes velcro
Attachées autour de mes mains
Si je bus bien des fois
Jusqu'à l'ivresse
Cette sensation était
Inhabituelle
Tête en bas
Puis en haut
Couché sur la droite
Ou à gauche
Ma carrière de cascadeur
M'avait conduit
À être pilote
Ou kamikaze
Mais là
Pour la première fois
J'avais la trouille
Vraiment déséquilibré
Il était temps
Que j'éteigne
Ma console de jeux.

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mercredi 2 mars 2016

Fred Mili - Tout était en déséquilibre

Tout était en déséquilibre, j'avais du mal à le croire. Personne ne connaissait la
vérité. Je m'étais inventée une double vie, des parents riches loin de l’université où
j'étudiais.
Soudain tout chavira.

Mon père était un entrepreneur que la crise économique avait mis sur la paille. La
liquidation de son entreprise avait été prononcée par le Tribunal de Commerce et en
tant que dirigeant il était poursuivi par ses créanciers.
C'était un homme fini et d'après maman il se conduisait de façon étrange depuis quelques
temps. Il buvait plus que d'ordinaire et disparaissait plusieurs jours d'affilée.
Je m'étais inventé une vie pour parader comme mes camarades de 5ème année de cette
Université de province, une vie de riche héritière pour donner le change. J'étais capable
de rire, d'offrir le champagne et de m'afficher dans les restaurants les plus huppés.
Mais le château de cartes s'écroula.

Un grand coup de fatigue suffit pour que ma vigilance se relâchât. Pour financer mes
études je m'improvisai Escort et déposai une annonce sur un site spécialisé. Dès la
parution mon email regorgea de propositions toutes plus indécentes et lucratives les unes
que les autres. Il me fallut réfléchir encore et encore parce que si dîner au restaurant avec
des hommes de l'âge de mon père ne me posait pas de problèmes les suivre à l'hôtel me
semblait plus délicat, Je franchis le pas, autant par provocation que par intérêt financier,
mes études étaient ma survie.

Pour compenser ce que mon père ne m'envoyait plus, je monnayais donc mes
charmes parmi l'élite de la bourgeoisie provinciale.
J'appris à dissocier mon corps de mon esprit. Tant et si bien que de me retrouver dans
le lit de notables pervers ne me posait plus de problème pourvu que les billets jaunes ou
violets affluassent.
Mon corps jouissait certes mais moins que mon cerveau et l'argent dont ils me
gratifiaient n'entachait pas ma raison. J'étais leur poupée bien sûr mais personne ne
s'en plaignait. Ma vie d'étudiante comme celle de demi-mondaine me comblaient.
J'avais des comptes dans les plus grands commerces locaux. Je dînais dans les restaurants
étoilés. Je possédais une voiture de luxe et pour l'ordinaire je payais le loyer de mon
studio, mon quotidien, mes frais d'inscription à l'Université et j'arrosais copieusement
mes amis étudiants qui me faisaient une cour effrénée.

Pour être franche j'avais plus de plaisir à faire l'amour qu'à étudier. Et plus mon niveau
de vie s'en ressentait plus j'étais efficace. Partant du principe que toute peine mérite
salaire, plus je me livrais plus les liasses de billets remplissaient mon tiroir.
Mais il y a des écueils qui font chavirer même la plus solide des embarcations.
L'amour. L'amour de ceux qui veulent plus que ce que vous leur donnez. La jalousie
de ceux qui vous veulent exclusivement. Mes prestations étaient sans limite, j'acceptais
tout. Trop peut-être.

Un célèbre psychiatre de réputation internationale voulait m'enfermer dans une
prison dorée. Je ne le vis pas venir pourtant je résistais autant que faire se peut à sa
jalousie. Il me couvrait de tout, argent comme perversion. Son imagination et sa
méchanceté me faisaient peur. Je ne voulais pas céder à son chantage.
Mon père reçut une première photo de moi dans une position sans équivoque. Il en fut
blessé et voulut comprendre.
L'enfant qu'il avait élevé ne pouvait être celui-là. Toutefois les photos que le maître-
chanteur lui envoya, l'atterraient.

Son fils ne pouvait être ce... Il n'avait pas de mots tellement il était choqué. Il me pista,
me pourchassa, prit des tonnes de photos de mon tyran et moi.
Le pot aux roses n'était que trop évident, j'étais involontairement soumis. Il
pourchassa le praticien, l'agressa, le poussa dans le fleuve le regardant se noyer puis se
rendit au commissariat.
Chaque fois que je me déplace au parloir de la prison, il ne vient pas. J'ai besoin
qu'il me crie sa peine pour vivre ou mourir.

dimanche 21 février 2016

Fred Mili - Entre le tic et le tac

Tac… tac… tac… tac…
Bruit inhabituel. La guitare déversait ses rifs de rocker. Le pied droit droit sur la grosse caisse le batteur battait le tempo.
Tac… tac… tac… tac…
Le bruit venait de derrière. C’était exceptionnel et pourtant saccadé. Les gens autour de toi avaient un comportement bizarre. T'avais fumé un pétard avant d'entrer dans la salle, histoire d'être cool et d'en prendre plein les oreilles.
Tac… tac… tac… tac…
T'étais devant, près des enceintes. T'en prenais un maximum dans les esgourdes. Quel pied ! Tu ne regrettais pas d'être venu. On t'avait dit que ces musicos étaient excellents.
Tac… tac… tac… tac…
Ces bruits t'emmerdaient. Tu ne comprenais pourquoi les gens se jetaient par terre. La ola dans un concert rock t'avais jamais vu ça.
Et puis à côté de toi, le gars s'est pas relevé. C'était étrange l'odeur. T'avais du mal à l'identifier.
Puis soudain dans ta tête, t'as senti un choc étrange. La même chose dans le dos. Tandis que tes genoux pliaient. Sensation inconnue. Tu flottais dans une espèce de brouillard. Soudain plus de musique mais un
Tac… tac… tac… tac…
incessant. Les voix autour de toi t’inquiétaient. Des cris. Pourquoi ?
Une odeur. Quelle odeur. C'était quoi ? Pourquoi tu ne pouvais pas bouger ? Pourquoi t'avais une sensation de chaleur ?
Quelque chose coulait.
Ils parlaient. Hurlaient.
La joue collée au sol tu commençais à avoir peur. Ça a une drôle d'odeur la peur. C'est froid. Ça prend aux tripes. Tu regardes devant et y a rien. Tu vois comme la fumée de cigarettes. Tu plonges dedans. Tu trembles sans savoir. T'as l'impression d'être aspiré.
Puis pourquoi tout est calme ? Pourquoi tout à coup tu vas bien ? Pourquoi tout à coup tu sens plus rien ?
Tu te réveilles dans un lit. Branché de partout. Tu comprends toujours rien. Mais t'entends.
Tic...tic...tic...tic…
L'infirmière prend ton bras. Elle regarde sa montre.
C'est quoi ce bordel.
T'as tellement envie de gueuler. De comprendre. Mais aucun son ne sort. Tu voudrais bouger mais tu peux pas.
Tu sais pas. Tu sais rien. Tu lèves les yeux vers le goutte à goutte. Y a des bulles ou pas ?
Tic...tic...tic...tic…
Ils sont là. Autour de toi. C'est qui ? Elle te ferme les yeux. Sa main sent le désinfectant. Ça roule très vite dans le couloir. Un chariot de compétition. T'as pas le temps de voir les murs. Ils défilent. On ouvre une porte. Des portes. Soudain t'as froid. Le plafond est à cinquante centimètres. Le clac de la porte retentit.
Tu te demandes juste combien de temps s'est écoulé entre le tac...tac...tac...tac et le tic...tic...tic...tic.
 

vendredi 12 février 2016

Fred Mili - Béatrice Bougredane

À vingt-cinq ans elle est plutôt bien gaulée la Béa. Comme qui dirait que le bon dieu l'a bien faite. Grande brune, élancée avec une paire de seins qui défient le regard et un cul à faire se damner un saint. 
Bref tout le monde la mate la môme et inutile de dire qu'elle le dandine son popotin et que ses balancements font gonfler tous les calbars. En bref la Bougredane c'est une bombe. 
À la Défense où elle travaille y a plus d'un gonze qui a dû se faire reluire le polichinelle après l'avoir suivie des yeux. 
Faut dire qu'elle met des jupes pas plus grande qu'un timbre poste et pour ne pas regarder en dessous faut être un innocent. Rien qu'à voir ses lèvres pulpeuses surlignées au gloss tu rêves d'elle sans y penser. 
Imagine La Défense, un quartier d'affaires populeux. Sur le parvis il y a de la valetaille qui se croise pour aller bosser. Je suis sûr qu'un bon nombre a modifié ses horaires rien que pour elle, pour l'apercevoir, lui proposer un verre, un repas, une après-midi au Love-Hôtel ou de l'argent. 
Sans succès. 
Bea Bougredane n'est pas une pute.
En plein hiver elle te réchauffe l’œil et le slip en même temps et faut la voir au bal des pompiers pour la Saint Valentin avec un bataillon à ses pieds.  
Sur le parvis certains l'abordent mais elle ne les voient pas. Elle ne répond donc jamais et n'ouvre la bouche que pour rigoler ou par bailler.  
Des ragots circulent sur elle. Les gonzesses du coin la haïssent. Elle est trop belle. Combien de réunions de Comité d'Entreprise, de Conseils d'Administration, de repas d'affaires se tiennent sans qu'elle figure à l'ordre du jour et pourtant...
Bougredane c'est l’Esméralda de La Défense, tout le monde en parle, tout le monde en rêve, tout le monde la veut dans son plumard, tout le monde raconte une hypothétique partie de jambes en l'air, On l’affuble de tous les noms en « asse » par dépit, par jalousie.
Bougredane s'en amuse. Des Pdg, bureau en haut des tours, ont mis quelques billets sur la table pour espérer sa bouche ou ses fesses. 
Pas  de chance l'argent ne l’intéresse pas plus que ça.  
L’Esméralda est intouchable malgré les cancans. 
Elle s'en amuse. On dit d'elle qu'elle est muette, bête, bègue et bêcheuse. On dit d'elle bien des choses. 
La rumeur se propage mais c'est mal la connaître la Bea Bougredane. 
Elle est fière. 
Certes elle a une voix grave. Et chaque matin elle prend bon nombre d'hormones pour développer ses seins et ses fesses mais quand elle baisse son string elle a encore son bel appendice. 
Cependant l'été prochain elle ira à Bangkok pour achever sa transformation. Le chirurgien lui façonnera un joli minou avec des lèvres ourlées et avec un peu de phonochirurgie sa voix deviendra plus aigüe. 
Elle n'en reviendra que plus belle et continuera de hanter le parvis de La Défense et comme avant ignorera tous ces mâles en rut.
Elle n'est pas aussi sotte qu'ils le pensent la Béatrice Bougredane. 

mardi 9 février 2016

Fred Mili - Béatrice Bougredane

De Bougredane je suis béat !
Depuis ma plus tendre enfance je regarde ses contours. Elle me fait rêver.
Elle le sait.
Sa pudeur n'a d'égale que ma timidité. Plus je me cache les yeux plus elle me montre son intimité.
Il y a bien longtemps qu'on s'est couché dans les foins. Certes je l'ai broutée avec envie, passion.
Ce qu'on partage ?
L'herbe verte.
À poils l'un à côté de l'autre.
J'en ai le tournis.
C'est vrai qu'elle est aussi belle que sa mère sinon plus. Je ne lui dis jamais même quand je fourre ma langue au fond de son oreille.
Elle n'est pas aussi passive que ça,
Bougredane.
J'en jouis.
Elle aime les assauts quand elle a décidé.
Nature is nature.
Lorsque j'entreprends d'un sabot bien ajusté elle me sonne.
Bougredane.
C'est une femelle bien sûr !
Quelles courbes.
Je suis ébahi.
Elle pète et ça me surprend.
Quelle ânesse !
J'en suis béat.

Où lire Fred

jeudi 4 février 2016

Fred mili - Un petit rien

Je n'avais que dix ans et me rendais seul au collège chaque jour de la semaine. J’aimais bien cette indépendance forcée. Mes parents travaillaient et moi je faisais comme je pouvais pour me maintenir dans la moyenne. 
Mes parents s'en contentaient. Moi aussi. Les satisfaire me permettaient de vivre ma vie sans pâtir de leur autorité. 
Cependant mon seul problème fut d'être un doux rêveur, de laisser trop de suite à mes idées. De chez moi au collège il me fallait prendre le bus bien que je pusse m'y rendre à pedibus jambus et j'étais un peu comme une abeille à butiner ici et là.  
Donc hier je ne pris pas le bus, je suivis la belle Solène, celle qui faisait chavirer mon cœur depuis la maternelle. Maintenant qu'elle était en 6ème A et moi en B on était en bisbille. 
Ce jour-là maman m'avait demandé de rapporter du pain en revenant du collège, en bon fils serviable j’acquiesçais. 
Dans le préau j'avais abordé ma princesse de cœur, celle qui me mettait en émoi et me rendait très agité. Dédaigneuse elle me toisa comme un sous-fifre et non comme son valet de cœur. J'étais médusé. 
Elle connaissait mon amour platonique. 
Ma journée fut nulle. Le prof de maths me tança parce que j'étais obtus, dit-il, ce qui amusa beaucoup mes camarades. Ma princesse m'ignora plus que d'habitude. J'étais dans le noir. 
Bêtement sur le chemin du retour voulant provoquer son attention je touchais ses fesses. Elle me gifla avec violence. Dépité je courus à toute berzingue m'arrêtant à la boulangerie pour acheter un croissant aux amandes pour mon quatre heures. 
Face à l'église je décidais d'aller faire mon acte de contrition mais sur la place pavée je ramassais un gant de laine rose avec un tournesol dessus, j'étais sûr qu'il appartenait à Solène, signe du destin peut-être. 
J’oubliais aussitôt mes velléités de prière, rangeant le gant dans mon cartable je pensais l'utiliser comme une monnaie d'échange. Je me dirigeais vers la supérette pour acheter le litre de lait que maman m'avait demandé de rapporter mais Mathis un copain de club me pria de venir faire un foot avec la bande, il manquait un joueur. 
Je jouais au foot avec le gant de Solène à la main. Je respirais son odeur. Troublé je quittais le terrain sans me soucier des autres mais le but qu'on prit par ma faute me fit détaler à toutes jambes, poursuivi par une meute de copains mécontents. 
J’oubliais tout. 
Sauf Solène. 
Je rentrais à la maison sans mon sac d'écolier. C'est devant la porte de chez moi que je réalisais que mes clés se trouvaient dedans et mon sac quelque part en France. Cette constatation ne me bouleversa pas. Je m'assis sur les marches du perron, regardant ma main dans le gant de laine rose, l'enfilant après l'avoir enlevé sans omettre de le sentir, m’imprégnant de son odeur. 
Lorsque maman arriva elle s'enquit de savoir ce que je faisais encore dehors. Je lui confiais que j'avais sans doute oublier mon sac chez Mathis avec les clés dedans. 
– Et la baguette m'interrogea-t-elle ?
– Dans mon sac répondis-je plein d’aplomb.
Un lourd silence s'ensuivit.