Falou aime les vacances. D'ailleurs, dans le travail, c'est la seule chose
qu'elle apprécie : l'argent que cela lui permet de mettre de côté chaque année
pour partir.
Dès janvier, parfois même avant, elle se rend dans toutes les
agences de voyage, regarde tous les sites Internet proposant des vacances
forcément idéales.
Et alors commencent les discussions avec son conjoint :
où, quand, comment.
On peut commencer par où, mais vite on se rend compte que comment et quand
ont leur place parce que l'endroit à définir induit la saison : aller aux sports
d'hiver, ou partir en été pour profiter du beau temps et donc quand. Tout le
monde ne peut pas s'offrir des vacances deux fois par an, il faut bien choisir
une période.
Idem pour comment : voiture, train, avion et tiens pourquoi pas
une croisière ou une semaine en péniche.
Non mais ça va pas, je vais mourir
d'ennui ou bien on va claquer plus d'argent qu'on en a gagné.
Bon d'accord
pas de croisière. Un voyage organisé alors, la Croatie, ton frère a beaucoup
aimé.
Justement, c'est trop couru.
Alors, un petit tour en Italie en
voiture, Venise, Florence, Rome et on pourrait descendre jusqu'aux Pouilles, ce
n'est pas encore très touristique.
C'est peut-être une idée, mais ça fait
beaucoup de route La côte d'azur peut-être ?
Passer notre temps dans les
embouteillages à l'aller et au retour, et pour aller sur les plages, non
merci.
Chacun de son côté boude plus ou moins, mais continue de chercher .
Enfin
, ils ont trouvé l'endroit idéal pour cet été : un gîte dans un petit village de
Corse, mais pas trop loin de la mer. On a donc la mer, la montagne, les
villages, les villes et les randos.
Pour s'y rendre, bateau et voiture :
mini-croisière et liberté de déplacement.
Euh ! On ne sera pas un peu isolés là dans ce gîte ?.....Bon, bon j'ai rien
dit...
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mercredi 17 décembre 2014
mardi 25 novembre 2014
Mafaxel - 18h45
Il prenait comme moi le 18 h 45. C'était le dernier bac de la journée
qui faisait la liaison entre le continent et l'île. Nous étions peu
nombreux et j'ai facilement repéré ce voyageur avec son étui à violon
sur le dos.
Il faisait encore chaud quand nous sommes arrivés sur l'île et j'ai décidé de passer la première soirée à errer sans but aux alentours de la chambre d'hôtes où je logeais. J'avais emporté des fruits qui me serviraient de dîner, j'avais besoin d'être seule. J'ai vagabondé une bonne heure et quand mon estomac s'est rappelé à mon souvenir, je me suis installée dans une anfractuosité de rocher. Assise à l'abri face à la mer, à marée montante mais encore assez loin, je jouissais du bonheur de ma tranquillité. J'étais en train de ranger les pelures de mes fruits dans un sac quand il me sembla entendre de la musique.
Mais oui, je ne me trompais pas, c'était un air de violon.
Je me suis approchée de la mer et j'ai vu alors, mon voyageur du 18 h 45, les pieds dans l'eau qui jouait une mélodie mélancolique le plus souvent, mais avec des envolées très gaies. Mes rares connaissances musicales ne me permettaient pas de reconnaître le morceau. Peut-être était-ce une composition personnelle, d'ailleurs, comme un étrange dialogue. C'était magnifique.
Quand il a jugé que la mer était suffisamment haute, il a sorti de la poche de sa chemise une fleur, cueillie sur l'île probablement, et il l'a posée doucement sur une vague. Puis, à reculons, il a regagné la plage, rangé son violon et est parti, disparaissant à mes yeux .
Je me suis aperçue alors que des larmes coulaient sur mes joues.
Mon hôtesse m'attendait pour me proposer une infusion que j'acceptai volontiers. Nous avons parlé de la beauté de l'île et elle m'a indiqué les meilleurs endroits à visiter. Encouragée par sa gentillesse, je lui ai parlé du violoniste.
« Ah ! me dit-elle, vous l'avez vu ! Cela fait cinq ans qu'il revient à la même date.»
Cinq années auparavant donc, une petite fille de 2 ans environ avait trompé la vigilance de ses parents et avait été attirée par l'eau.
« Personne ne sait bien ce qui s'est passé. Avec les enfants, il suffit de quelques secondes pour qu'ils s'échappent, vous savez. C'est ce jeune homme qui s'est précipité dans l'eau et a réussi à ramener la fillette, mais trop tard, malheureusement.
Depuis , à chaque anniversaire de l'accident, il revient jouer du violon exactement à l'endroit où la petite s'est noyée. »
Il faisait encore chaud quand nous sommes arrivés sur l'île et j'ai décidé de passer la première soirée à errer sans but aux alentours de la chambre d'hôtes où je logeais. J'avais emporté des fruits qui me serviraient de dîner, j'avais besoin d'être seule. J'ai vagabondé une bonne heure et quand mon estomac s'est rappelé à mon souvenir, je me suis installée dans une anfractuosité de rocher. Assise à l'abri face à la mer, à marée montante mais encore assez loin, je jouissais du bonheur de ma tranquillité. J'étais en train de ranger les pelures de mes fruits dans un sac quand il me sembla entendre de la musique.
Mais oui, je ne me trompais pas, c'était un air de violon.
Je me suis approchée de la mer et j'ai vu alors, mon voyageur du 18 h 45, les pieds dans l'eau qui jouait une mélodie mélancolique le plus souvent, mais avec des envolées très gaies. Mes rares connaissances musicales ne me permettaient pas de reconnaître le morceau. Peut-être était-ce une composition personnelle, d'ailleurs, comme un étrange dialogue. C'était magnifique.
Quand il a jugé que la mer était suffisamment haute, il a sorti de la poche de sa chemise une fleur, cueillie sur l'île probablement, et il l'a posée doucement sur une vague. Puis, à reculons, il a regagné la plage, rangé son violon et est parti, disparaissant à mes yeux .
Je me suis aperçue alors que des larmes coulaient sur mes joues.
Mon hôtesse m'attendait pour me proposer une infusion que j'acceptai volontiers. Nous avons parlé de la beauté de l'île et elle m'a indiqué les meilleurs endroits à visiter. Encouragée par sa gentillesse, je lui ai parlé du violoniste.
« Ah ! me dit-elle, vous l'avez vu ! Cela fait cinq ans qu'il revient à la même date.»
Cinq années auparavant donc, une petite fille de 2 ans environ avait trompé la vigilance de ses parents et avait été attirée par l'eau.
« Personne ne sait bien ce qui s'est passé. Avec les enfants, il suffit de quelques secondes pour qu'ils s'échappent, vous savez. C'est ce jeune homme qui s'est précipité dans l'eau et a réussi à ramener la fillette, mais trop tard, malheureusement.
Depuis , à chaque anniversaire de l'accident, il revient jouer du violon exactement à l'endroit où la petite s'est noyée. »
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