Ce bonheur odorant
Le clocher du quartier, grippé
ne sonne plus depuis deux jours
je glisse du rêve au velours
dans ce début de matinée
Le marché déjà bien en place
bruisse à voix basse un chant connu
de coutellerie rémoulue
lissant les harangues bonasses
Parmi les lents piétinements
plaidant leurs coutumiers négoces
distincte, légère et véloce
ta venue sonore autrement
J'ouvre ma fenêtre au bonheur
d'un bain d'épices nuancées
à quoi nos haleines mêlées
feront fête dans le quart d'heure
Le jour brûlera sa bougie
à notre amoureux carnaval
Nous en essuierons le final
au chiffon bleu de notre lit
Mais, souffrons que l'instant s'étire
avant que je t'ouvre mes bras
tandis que s'avancent tes pas
et que ce dimanche transpire
Où lire Tiniak
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dimanche 30 août 2015
samedi 29 août 2015
Albiréo - Moments de bonheur
LES P'TITS BONHEURS
Les p'tits bonheurs, ça commence au matin par le cliquetis des ongles de la chienne sur le carrelage,
Tic, tic, tic,
Animal en approche, réveil sur pattes ;
Sa tête cherche ma main pour la première caresse,
Tendresse.
Puis un café chaud dans le silence,
Le jour qui entre au salon,
La lune, parfois, posée sur une branche
Dans le ciel mauve,
Contemplation.
Et la vie qui s'anime, la famille réunie,
Nos fous-rires qui explosent sous le vieux cabanon,
Un petit vin tout frais, des raviolis maison, bref, le bonheur d'être ensemble,
Gaîté d'une chanson.
Le départ vers ailleurs, le retour pour ici,
La route ensoleillée, l'odeur des foins coupés,
La balade en montagne, le torrent d'eau glacée,
Les forêts, les grands prés, la Méditerranée,
Liberté.
Et le canapé bleu quand vient le crépuscule et les fraîches soirées,
Le livre où l'on s'évade, un film à la télé,
La douce lampe rose,
Cocooning douillet.
Une étoile qui s'allume, la nuit qui s'épaissit,
Une planète qui brille, mon télescope la suit,
Mon œil à l'oculaire, plongée dans l'infini,
La conscience en éveil, j'existe, je vis...
Merci.
Les p'tits bonheurs, ça commence au matin par le cliquetis des ongles de la chienne sur le carrelage,
Tic, tic, tic,
Animal en approche, réveil sur pattes ;
Sa tête cherche ma main pour la première caresse,
Tendresse.
Puis un café chaud dans le silence,
Le jour qui entre au salon,
La lune, parfois, posée sur une branche
Dans le ciel mauve,
Contemplation.
Et la vie qui s'anime, la famille réunie,
Nos fous-rires qui explosent sous le vieux cabanon,
Un petit vin tout frais, des raviolis maison, bref, le bonheur d'être ensemble,
Gaîté d'une chanson.
Le départ vers ailleurs, le retour pour ici,
La route ensoleillée, l'odeur des foins coupés,
La balade en montagne, le torrent d'eau glacée,
Les forêts, les grands prés, la Méditerranée,
Liberté.
Et le canapé bleu quand vient le crépuscule et les fraîches soirées,
Le livre où l'on s'évade, un film à la télé,
La douce lampe rose,
Cocooning douillet.
Une étoile qui s'allume, la nuit qui s'épaissit,
Une planète qui brille, mon télescope la suit,
Mon œil à l'oculaire, plongée dans l'infini,
La conscience en éveil, j'existe, je vis...
Merci.
vendredi 28 août 2015
Gene M - Moments de bonheur
Tout d'abord; bonjour à tous et je suis très heureuse de vous retrouver (moment de bonheur).
Il
suffit parfois pour embellir la vie d'apprécier à leur juste valeur ces
petits moments de bonheur qui pimentent notre quotidien.
L'odeur du café et celle des tartines grillées me font oublier le pire des cauchemars.
Et
lorsque le temps est clément, il est bien agréable de déguster son
petit-déjeuner sur le balcon agrémenté de modestes géraniums certes,
mais d'un rouge éclatant. Cela donne à ce petit moment un parfum de
vacances.
La vision d'un avion qui trace son
sillon dans le ciel azur et c'est une bulle d'évasion qui éclate et
nous chavire l'espace d'un instant.
A l'époque
des mails et des sms, il arrive que certains irréductibles continuent à
envoyer des cartes postales... Et pour moi c'est un vrai cadeau.
Attention
! je ne parle pas de la carte postée d'une main indifférente avec au
dos le stupide "Bon souvenir de (et là le nom d'un patelin quelconque).
Celle-la, elle mérite d'aller droit à la poubelle...
Il
s'agit de la carte choisie avec soin pour le destinataire avec au dos
de belles phrases destinées à partager une émotion ressentie devant un
paysage ou un monument. Celles qui vous donnent envie de découvrir la
lande écossaise avec son mystère ou celle qui vous envoie en rêve dans
un vieux château du Lot...
Et que dire du
thriller terrifiant que l'on dévore dans son lit , un soir d'orage bien à
l'abri, alors que les éléments se déchaînent à l'extérieur....
Chaque journée, même la plus pourrie, cache de petits moments de bonheur, sachons les voir.
jeudi 27 août 2015
Pascal - Moments de bonheur
L’Amérique
Après le repas du midi, j’allais
courir sur la plage déserte. Ma mère m’enfonçait mon bob en éponge bleue sur la
tête et je devais le garder coûte que coûte, contre jeux et oublis, contre
vents et marées… Elle m’enduisait copieusement de crème solaire ; elle
disait que je ressemblais à une statue dorée, à un petit homme de bronze. Je
brillais comme une baguette de pain croustillante quand je m’enfuyais hors de
portée de ses recommandations et de son désir de me croquer. C’était les
grandes vacances, l’azur des beaux jours et les myriades de sensations
mirobolantes, celles couleurs des yeux d’enfants pour tout ranger dans l’album
des souvenirs les plus fabuleux.
Je retrouvais toute l’immensité de la
plage ; j’avais l’Infini pour m’amuser et toute mon imagination pour
l’occuper. Le sable était si brûlant que je marchais sur la pointe des
pieds ! Je me maquillais les bras, la figure, les jambes, avec des restes
de charbon d’un feu de camp et j’étais un indien sur le chemin du littoral.
J’investissais tous les châteaux de sable, désertés par la nuit ou l’interlude
du midi, et je les piétinais pour rendre la liberté à la plage. Je suivais les
empreintes inconnues comme un pisteur sur le sentier de la guerre et j’avais
coincé une grande plume de mouette sur mon bob. J’avais cueilli tout un stock
de coquillages, tous plus rares les uns que les autres ; je les gardais
dans le creux de la main comme des trésors ou des éventuelles transactions de
jeux.
Maman m’avait raconté, qu’au bout du
panorama, là, au bout de son doigt, c’était l’Amérique. Moi, je passais des
heures à tenter d’apercevoir un morceau de terre, un gratte-ciel, un drapeau
étoilé, mais la brume lointaine m’empêchait toujours de continuer ma veille
curieuse. Pourtant, je distinguais des fantômes de bateaux lointains
frissonnant dans l’aura diaphane de la ligne d’horizon. Ils semblaient avancer sur
leurs mirages comme mus par le souffle chaud du soleil. Tantôt, ils brillaient
tels des éclats de lumière suspendus sur la mer, tantôt, ils glissaient dans
l’ombre projetée d’un long nuage cotonneux. Quand je les oubliais un moment,
trop occupé par le vol d’un goéland ou par les arabesques d’un lointain
cerf-volant, je les recherchais au bout de leur route de croisière avec mes
mains calées sur le front comme des visières. J’étais content de les retrouver
et j’étais un passager clandestin partant pour le grand voyage. Pendant un
moment, j’avais des rêves de découvertes, des ambitions de fortune, j’étais un
petit indien cherchant l’Amérique…
Forcément ébloui par les guirlandes de
scintillements incessants, distrait par l’écume des vagues joufflues, préoccupé
par les senteurs capiteuses, à regrets, je quittais mon poste d’observation et
je marchais dans le clapot, allant de découvertes inouïes en chasses au trésor.
En levant la tête, à perte de vue,
c’était la lande et ses effluves extraordinaires. Même la plus petite brindille
avait son parfum précieux. Tout imbriqués, les uns avec les autres, c’était un
concert d’odeurs aux effets enivrants. En inspirant profondément, je fermais
les yeux, je planais et je gardais dans mes poumons tous ces trésors
imprenables. Je les distillais dans l’alambic de ma mémoire olfactive toute
neuve.
Au loin, l’océan semblait attendre la
marée montante. Ses rouleaux s’entraînaient avec des blancheurs d’écume, comme
des mouchoirs d’au revoir exaltés, des grondements d’armée en répétition de reconquête,
des reflets éblouissants d’oriflammes déployés.
Sur la dune, le vent allumait des
chimères inquiétantes qui couraient entre les chardons et les terriers de
lapins, avec leurs inlassables valses de poussière. Souvent, je pensais
qu’elles voulaient m’attraper et je m’enfuyais hors de leurs visions
poursuivantes. Au hasard d’une découverte sensationnelle, c’était une caisse, un
coffre au trésor, c’était une carcasse d’avion, c’était un cheval blessé, à
moitié enseveli, déguisé en souche blanchie par le sel. Bien sûr, je voulais le
délivrer, je voulais le chevaucher et je creusais tout autour en me pressant
comme si ma vie en dépendait. A genoux, je l’apprivoisais, je lui parlais, je
le caressais, je galopais, pendant tous mes travaux d’excavation…
Ça et là, des énormes méduses échouées
gisaient en tas gluants ; dans le ressac, elles semblaient respirer
doucement comme pour reprendre un second souffle de haute mer. Je les arrosais.
Alors, sur leurs dos si lisses, c’était des miroitements d’arc-en-ciel, des
déclinaisons de couleurs d’abysses, des irisations transparentes, des
chatoiements de feux d’artifice. Avec un bâton, je les tapotais pour tester
leur vigueur mais ce n’était que leurs bras gélatineux qui ondulaient
faiblement dans l’onde descendante pour me laisser croire à un semblant de vie.
A la marée montante, de vagues vertes,
en vagues bleues, l’océan se fracassait sur la plage en se déroulant comme la
pellicule d’un film toujours nouveau. Je ne pouvais pas détacher mes regards de
cette cavalcade d’écume brumeuse. Des langues de mer affamées embrassaient la
plage en léchant les galets mais elles les poussaient sans façon quand elles
repartaient dans le ressac. Des paquets d’algues mortes, aux odeurs
pestilentielles, me reculaient promptement mais j’essayais toujours d’attraper
des puces de mer cachées dans ces chevelures bigarrées. Quand je rentrais,
j’avais la tête remplie du tempo des vagues sur la partition de la plage ;
dans mon bob, j’avais entassé mes trésors de coquillages, des os de seiche et
des fleurs de chardon. J’étais ivre de grand air, de sensations grandioses, de
rêves rassasiés. Repu de sa journée, le soleil se baignait en rougissant,
quelque part… du côté de l’Amérique…
Zoz - Moments de bonheur
~ au fond de ma poche une étoile
elle y dort depuis des lunes
je la sors parfois le soir
palpe sa ficelle
l'accroche à ma fenêtre
et ses sœurs lui donnent vie
lumière ,transparence
la nourrissent d'espace
d'infini
au matin je la reprends
l'enfouis dans ma poche
l'enterre de vêtements
de doutes ,de remords
elle navigue avec moi
au gré de l'écriture
me sert de boussole bâbord tribord ..
elle y dort depuis des lunes
je la sors parfois le soir
palpe sa ficelle
l'accroche à ma fenêtre
et ses sœurs lui donnent vie
lumière ,transparence
la nourrissent d'espace
d'infini
au matin je la reprends
l'enfouis dans ma poche
l'enterre de vêtements
de doutes ,de remords
elle navigue avec moi
au gré de l'écriture
me sert de boussole bâbord tribord ..
Nounedeb - Moments de bonheur
La sieste dans le hamac
La caresse du chat
Les ombres allongées de la lumière du soir
Le goût du chocolat
Un verre de pineau
Une huître Pousse en claires
Ou une douzaine
Un moment de tendresse
L’amitié partagée
Et puis la solitude
Et puis la solitude.
La caresse du chat
Les ombres allongées de la lumière du soir
Le goût du chocolat
Un verre de pineau
Une huître Pousse en claires
Ou une douzaine
Un moment de tendresse
L’amitié partagée
Et puis la solitude
Et puis la solitude.
Lilousoleil - Moments de bonheur
Les yeux clairs et
doux ; elle se lève, pose son museau sur la couette, quémande sa
petite caresse. Premier bonheur du jour, indéfectible depuis cinq ans,
quelle que soit mon humeur, elle est là confiante parce qu’un jour, je suis
allée la chercher dans un chenil, sauvée de l’euthanasie et depuis gambade
dans les chemins en liberté.
Et pourquoi ne pas fredonner cette magnifique chanson !
Où lire Lilou
Le rêve peu à peu
se dilue dans les effluves du café laissant s’installer le quotidien ; un
regard sur la première ou la dernière fleur au jardin et le piaillement
de la petite mésange bleue qui, demi apprivoisée squatte le rebord de la
fenêtre.
Les enfants ou
petits enfants appelleront-ils ? Les chicoufs comme on les appelle ;
chic ils arrivent et ouf ils partent !
Le polar commencé
hier au soir devra attendre le dernier moment de la journée pour que de nouveau
l’effleurement de sa première de couverture redonne le frisson.
Où lire Lilou
Libellés :
Lilousoleil,
Moments de bonheur
mercredi 26 août 2015
Sebarjo - Moments de bonheur
Souvenirs du caveau des Oubliettes
Un joli soir de printemps, nous flânions, ma femme et moi, dans le quartier latin non pas, pour se restaurer dans un des innombrables petits grecs de la rue de la Huchette que nous avions l'habitude de fréquenter au petit bonheur la chance, ni même pour rejoindre les quais branlants et Branly de la Seine pour farfouiller dans les caisses vertes des bouquinistes, ni encore moins pour assister - tant qu'il en était encore temps ! - à la énième représentation de la Cantatrice chauve... mais pour nous rebiffer dans un petit cave...
Dans notre sage errance, nous admirions le soleil couchant qui projetait les ombres bossues des nuages sur les tours de Notre-Dame et repiquions vers la rue Saint-Séverin, pour nous enfoncer dans les ténèbres en rejoignant galamment la rue Galande. Puis, comme pour exécuter une descente de clavier, nous empruntâmes gaiement quelques marches en pierre de taille, recouvertes d'une épaisseur de poussière (de taille également !), pour nous terrer dans un caveau dont je me souviendrai : le Caveau des oubliettes. Il y régnait une obscurité claire étonnante en cet endroit qui fut pourtant jadis un haut lieu de supplices !
Il y avait déjà foule et la bière coulait à flots. Les demis se vidaient en entier, le coca noyait les whiskies. La température montait peu à peu et la fraîcheur originelle de ce trou de gruyère parisien s'évanouissait. Des gitanes sans filtres, des blondes anglo-saxonnes aseptisées et des pétards éclatants dessinaient leurs volutes avec fantaisie derrière les lumières tamisées. On se préparait. Ce soir, ça allait joliment swinguer. Un trio d'enfer, deux guitares et une basse. Du jazz manouche, du vrai, digne de Django, qui t'fout les poils comme le chante Sanseverino. En effet, avec une certaine impatience délicieuse, on attendait Moreno et ses deux acolytes, Gus à la contrebasse et Nono (Reinhardt !) à la pompe (battement sur gratte à exécuter droit dans ses godillots). Moreno... un sacré michto. Un rom, un gitan, un manouche... fils spirituel de Tchan Tchou , Tchavolo et Dorado, frère d'Angelo, Tonino y otro...
Un léger brouhaha s'amplifiait au fil des minutes et des pintes sifflées... Quand soudain, comme d'un commun accord, le public retint son souffle le temps d'une imperceptible et infime seconde, pour finalement exploser dans un tonnerre d'applaudissements. Moreno entrait sur scène, suivis de Gus et Nono. Comme dans une grande caresse, il prit sa guitare sur ses genoux et un deux trois quatre, un deux trois quatre... Retentit alors l'introduction à la contrebasse de Minor swing puis comme à l'unisson, la déferlante des premiers accords mineur joués par les deux guitares et là...les notes devinrent majeures... Ce fut un régal, un vrai festival ! S'ensuivirent la terrible Daphné, le fameux Swing with Django, l'incontournable Nuages, l'anthologique Djangology ... et j'en passe !
Je me souviens également qu'en plein chorus sur Swing 42, Moreno a cassé une corde et a continué à jouer comme si de rien n'était, improvisant un peu plus encore. Quelle leçon de maîtrise ! Même en jouant sur la corde raide, le guitariste de jazz manouche doit savoir garder son calme et continuer à swinguer !
Un peu après minuit, nous avons attrapé de justesse le dernier métro. Bercé par les grincements des roues de la ligne 7 sur les rails aiguillés, j'ai posé ma tête sur l'épaule de ma femme et ma main sur son ventre où somnolait mon fils... Et tout en contre-plongeant mon regard béat vers le plafond, je pensais que, grâce à cette explosion de vie et de joie, s'il n'en avait pas plus tard à l'école, mon fils avait déjà plusieurs dizaines de bonnes notes en lui...
Chri - Moments de bonheur
Mes ptites secondes…
Dans les périodes de
disette de Grands Moments, on peut se rattacher à ces petites secondes qui ne
changent rien mais qui changent tout sur l’instant, ces petites secondes qui
font la vie plus douce et le moment plus intense :
Quand on sort d’un
supermarché et que, comme d’habitude, on a oublié de prendre un sac pour y
mettre ce qu’on a acheté, que dans le berceau de nos bras tout tient en
équilibre précaire, l’instant où tout va s’écrouler sur le parking et qu’on
réussit en un geste à tout rattraper… Et même si on sait bien que dans les
secondes qui suivent, on va arriver à la
voiture, et qu’alors il faudra bien en trouver les clefs, enfouies au plus
profond d’une de nos poches. Laquelle ?…
Quand dans un train de
nuit, on se réveille dans une gare
inconnue, qu’on écarte légèrement le rideau du compartiment, juste pour voir où
on en est du voyage…
Quand on a acheté au petit
bonheur la chance une housse de couette, qu’on l’installe et qu’elle s’adapte pile
poil exactement, ce qui est assez rare, à la couette…
Quand, dans le noir, on
tente de glisser au jugé, une clé dans
une serrure et qu’elle y rentre, droit, sans se rebeller…
Quand dans une queue de
supermarché on croise le regard d’un nourrisson jovial, bouddha définitif et
qu’il vous envoie un sourire à décrocher les galaxies…
Quand, dans un matin de
brumes on laisse tomber le tube dentifrice au sol ET qu’on ne marche pas dessus…
L’instant où l’on se glisse dans des draps propres suivi de
celui où l’on pose ses lunettes après avoir lu et qu’on éteint la lumière…
Quand sur le quai d’une gare, on vient chercher un être
cher, les secondes où le train est annoncé, puis entre en gare, jusqu’au moment
où il s’arrête…L’autre est là, quelque part dans la foule qui sort des
voitures…
Le premier passage d’une
lame de rasoir neuve sur une joue poilue…
Quand après une longue
balade en montagne où l’on a pas mal souffert à cause de la raideur de la pente
et de toutes ces cigarettes qu’on n’aurait pas dû fumer, l’instant où l’on
s’arrête et pose son sac dans l’herbe humide…
Les secondes où l’on se
réveille dans la nuit et qu’on regarde l’heure et qu’il en reste cinq à dormir…
Quand on sort d’un
restaurant bruyant où l’on a passé trop de temps, les premières secondes de
silence sur le trottoir désert avant de se mettre en route vers la voiture pour
rentrer chez soi…
Après le dernier bain de
l’année, le moment où l’on se sèche, quand on sait que le prochain sera au
mieux dans une année presque complète…
À l’ouverture d’une
bouteille de vin, le moment où l’on sent que le bouchon va céder voire se
briser en deux puis finalement décide de sortir entièrement avec un joli bruit
en prime...
Quand dans le noir d’une
salle de cinéma on sent les larmes monter et qu’on les laisse filer sur la
joue, certain de n’être vu de personne d’autre que de soi…
Quand on vient de courir
trois heures dans une banlieue moche à la recherche d’un sac aspirateur
introuvable, qu’on en ramène un paquet, l’installe, appuie sur l’interrupteur
de l’engin, pose l’embout sur une poussière et qu’elle DISPARAIT, avalée
goulûment…
Après une brûlante journée
d’été, lorsqu’un orage éclate, les premières bouffées d’odeurs tièdes qui
montent du sol…
Ces secondes où l’on
consulte son compte bancaire en début de mois et que le solde est ENCORE positif.
Décacheter une lettre
reçue le matin en lire les premiers mots quand est écrit : « Mon bel
amour ». Ne jamais lire la suite, il arrive que cela se gâte.
Prendre une saison chaude,
une fin de belle journée, une plage des Landes, une compagnie souhaitée, une
paire de doigts, un poulet grillé, une bouteille de bon vin, deux verres
ballons, attendre l’heure du coucher du soleil, se sécher du dernier bain,
changer de maillot (pour ne pas garder l’humide sur soi) enfiler un vieux pull
de coton, s’installer sur le sable… Manger et boire en regardant le ciel…
L’autre à ses côtés.
Se réveiller le matin et
s’apercevoir qu’on n’a mal nulle part. Sortir d’un vilain cauchemar et se
rendre compte que c’en était un…
Ces moments, lors d’une
réunion professionnelle où on croise un regard et on y lit tout ce qui n’est
pas dit, tout ce qui ne doit pas se dire et qu’on sait que l’autre a lu la même
chose dans vos yeux. Le sourire qui s’ensuit.
Les toutes premières
secondes où notre main se pose sur une peau encore inconnue et les vibrations
qu’elle y sent, qui nous font chavirer, tout entier…
Ce
moment dans le cabinet d'un médecin où l’on entend l’adjectif :
banal.
Voir une araignée
repoussante dans la maison, passer au-delà de sa peur, l’attraper, la mettre
dehors et la regarder s’enfuir. Entendre en mars les dialogues amoureux des
crapauds habiter les soirées, enfin entièdies.
Vivre la dernière centaine
de mètres d’une sortie difficile où l’on a maltraité ses mollets, son
souffle, son cœur, ses fesses, ses cuisses et savoir que, dans quelques
secondes, toute cette souffrance va s’arrêter.
Ces secondes où les pleurs
d’un enfant s’apaisent au creux de vos bras, que le sommeil s’en empare et que
sa peine s’en enfuit.
L’instant précis où, dans
un livre, on tombe sur une phrase qui exprime exactement ce qu’on sent vrai
depuis longtemps mais qu’on n'arrivait pas à dire. Absolument.
Quand on vient d’écrire
une page à propos des petites secondes, qu’on en arrive à poser le dernier des
trois points de suspension…mais qu’on sait qu’il y en a des milliers d’autres…
de petites secondes…
mardi 25 août 2015
Pivoine - Moments de bonheur
Petits moments et grands mots de bonheur
Le chat qui ronronne sur ma couette (blanc rosé pêche et se pourlèche)
Les mots de bonheur et de couleur tant de moments
Et la Sensero me verse mon café du midi
L'historique du jour de mon amie Jeanne
Les bonjour les salut les comment vas-tu
Le coup de téléphone de l'amie Rose
Les mots qui se pressent au bout des doigts
Les mots emprisonnés dans ma tête et mes yeux
Le grand vent dans les arbres au bord du canal
L'envie d'aller prendre un thé avenue de la Toison d'Or
Le tram qui brinquebale dans l'avenue Louise
Bruxelles au temps de l'omnibus 33
Ce qui musique aux portées de rails
Tel un Apollinaire
Le poète et l'homme aux semelles d'Aden
Le cabaret vert et son jambon rose
Et sa bière froide près de Charleroi
Le champagne devant la basilique et l'ange qui sourit
Saint-Rémi, vague verte et silencieuse
Abbatiale tranquille
Tranquille chemin des Dames où l'ypérite s'est dissoute
100 ans de paix 100 ans de peur 100 de vingtième siècle
Une année que je recommencerais bien, oui,
L'année de la robe rouge et de la couleur verte
Une concordance de temps et de biorythmes
Une phrase de Cocteau "dix ans d'absence, dix ans d'amour..."
Dix ans Cent ans
le Temps
Ce vain défi aux bonnes heures
Je rêve ou
Est-ce que je raconte à peu près toujours la même chanson ?
Clémence - Moments de bonheur
Version été
Se lever, vivre, se réjouir de la beauté du paysage.
Une à une, les mille petites tâches routinières, la routine a du bon, l'esprit est libre.
Les senteurs et les arômes se mêlent
Les abeilles bruissent dans le vent léger
Les fleurs s'élancent, se courbent ou se balancent.
Le soleil explose, l'heure de la sieste arrive
Les instants divins…
Pas trop de soleil, pas trop d'ombre, juste un filet de vent
Le bercement du hamac
La jouissance
Ecouter, rêver
Version automne
Se lever, vivre, se réjouir de la beauté du paysage.
Une à une, les mille petites tâches routinières, la routine a du bon, l'esprit est libre.
Les senteurs et les arômes se mêlent
Feuilles jaunies ou racornies
Terres mouillées encore chaudes
Le soleil se languit, midi est encore royal
Les abeilles s'agitent, les fleurs s'endorment
La nature s'assoupit
L'heure de la pause
Au soleil, à l'abri du vent
S'évader avec un café serré
Sentir les picotements sur la peau
La jouissance
Ecouter, rêver
Version hiver
Se lever, vivre, se réjouir de la beauté du paysage.
Une à une, les mille petites tâches routinières, la routine a du bon, l'esprit est libre.
Les senteurs et les arômes se mêlent
Les feuilles se sont envolées
Les parterres sont nettoyés
Les abeilles désespérées
Moineaux et tourterelles viennent picorer
La terre se durcit, les chênes verts résistent
L'âtre est rayonnant et l'astre du jour un peu moins
Attendre l'instant le plus chaud
Profiter de la lumière blanche et des rayons dorés
Un grog, le soir est arrivé
Sentir la chaleur m'envahir
La jouissance
Ecouter, rêver
Version printemps
Se lever, vivre, se réjouir de la beauté du paysage.
Une à une, les mille petites tâches routinières, la routine a du bon, l'esprit est libre.
Les senteurs et les arômes se mêlent
Coups de balai et coups de fraîcheur
Secouent les dernières torpeurs
Fleurs blanches et verts tendres
Envie de réveiller la terre, découvrir ses secrets
Oubli du froid, promesse de chaleur
Table et fauteuils au soleil
Tout engloutir, ne rien perdre
Ni le temps, ni le soleil
Etendre les jambes
Regarder
Ecouter
Rêver
Tant de moments de bonheurs sont à venir….
Vegas sur sarthe - Moments de bonheur
Mon
musée des petits bonheurs
Comment
évoquer mes petits bonheurs sans parler du cérémonial de Chabrot -
en cinéphile averti, notre oncle Hubert disait Chabrol - j'avais
toujours vu les anciens rafraîchir le fond de leur assiette de soupe
avec une grande rasade de Passetoutgrain et on jouait entre cousins à
qui imiterait le mieux leurs grands Sluurp qui ponctuaient ce rituel
ancestral.
Qui
était ce Chabrot ou Chabroù? Sans doute un bienfaiteur de
l'humanité à en croire les yeux pétillants des vieux.
De
mauvaise grâce Tante Anastazia s'y était mise elle aussi, même si
rien n'égalerait jamais son infâme wodka frelatée à l'herbe de
bison.
Un
lointain cousin des Baux de Provence qui connaissait Mistral par cœur
soutenait que l'expression venait de cabroù parce qu'on boit dans
son assiette comme le ferait une chèvre, mais Oncle Hubert qui avait
vu Le beau Serge en cinémascope au Louxor ne jurait que par son
Chabrol.
Au
musée des petits bonheurs je me dois d'évoquer l'incontournable ban
bourguignon qu'on entonnait dans les banquets et surtout au dessert
après quelques chansons paillardes dont j'ignore l'air et les
paroles puisqu'on nous envoyait voir ailleurs si on y était!
Quiconque
sait chanter “Tra la... Tra la... Tra la la la lère...” en
approchant les mains en forme de coupe à hauteur de sa trogne pour
les faire tourner comme si on regardait à travers est sans le savoir
un pro du ban bourguignon.
Mes
cousins et moi-même avions inventé une variante à une seule main
qui permettait de pincer les fesses de la voisine; du coup, nos vieux
avaient copié cette même variante pour nous coller une torgniole en
retour.
A
quoi ça tient un petit bonheur? A deux maigres onomatopées, cinq
petites notes et neuf claquements de mains, pourtant ces simples
scènes de liesse me font encore frissonner aujourd'hui.
Au
XXIème siècle on ne chante plus, on fait des selfies qu'on poste
aussitôt sur fesse de bouc, histoire de montrer sa tronche, son cul
ou deux doigts d'honneur au monde entier et puis on va faire la
sieste...
Et
le kir, le vrai, celui avec un K majuscule pour lequel notre chanoine
dijonnais céda l'usage commercial de son nom?
Ce
petit bonheur tient en trois lettres et dix centilitres mais c'est
magique.
Un
vrrrai blanc-cass, m'sieurs dames c'est un tierrrs de vin blanc
cépage aligoté et deux tierrrs de crrrème de cassis à 20°.
Ajoutez-y un bon tierrrs d'accent bourrrguignon en rrroulant les 'R'
et ces quatrrre tierrrs vous envoient tout drrroit au parrradis!!
Et
pis chez nous on n'en boit jamais un seul mais deux.
“Vindiou!
Tu vas pas rrrepartirrr sur une seule jambe!” disait notre voisin
qui un beau jour ne remonta jamais de sa cave (sacrrré Dudule)
Taratata!
Vous repasserez avec vos communards au vin rouge, rince-cochons, kir
gaulois à l'hydromel, breton au cidre, royal au crémant ou impérial
au champagne! Pourquoi pas un kir alsacien à la Kro tant qu'on y
est?
Au
cas où mes petits bonheurs vous auraient ouvert l'appétit, je
terminerai par les escargots qu'on sert aux fêtes joyeuses et aussi
aux enterrements, pourquoi pas aux enterrements ?
Si
aujourd'hui l'escargot de Bourgogne arrive tout droit et sans se
presser des pays de l'Est, à mon époque il naissait, vivait et
mourait chez nous... pour les enterrements.
Pour
ces funestes réjouissances le plat de cagnoles était servi
religieusement avec un sachet de cendres adjoint à sa cuisson pour
figurer une sorte d’hommage rendu aux cendres du défunt.
Oncle
Hubert rompu aux cérémonies funèbres y allait toujours du même
bon mot pour mettre un semblant de gaieté à la cérémonie: ”Si
haut qu'on monte, on finit toujours par des cendres” disait-il en
ignorant l'oeillade assassine de tante Anastazia.
Je
réalise que ces petits bonheurs sont autant de coutumes qui
éveillèrent ma curiosité de gosse et forgèrent mon palais - je
veux dire mon caractère - et je me dois de terminer par cette vérité
qu'Oncle Hubert ne manquait jamais d'asséner à son Anastazia : ”Les
coutumes comme les femmes, sont faites pour être respectées et
bousculées aussi”.
Libellés :
Moments de bonheur,
Vegas sur sarthe
Laura Vanel-Cotte - Moments de bonheur
Ces
derniers temps, Cannelle se couche souvent en espérant ne jamais se réveiller.
Elle aimerait déjà tellement dormir un
plus long moment sans être réveillée par la douleur et ne plus pouvoir se
rendormir à cause de la douleur. Un répit qui s'éterniserait comme les heures
de douleur semblent s'étirer, parallèlement au bonheur même. Car Cannelle aime
la vie et ses bonheurs: son mari d'abord qui l'aime même en dépit des plaintes
qu'elle ne parvient pas toujours à retenir, de la fatigue qui l'accable et mine
tous les instants, rendant parfois tout insupportable jusqu'à elle même. Quand
le matin, elle retrouve son corps, sa chaleur , elle se dit que la vie est
belle surtout. Elle aime aussi ouvrir les volets sur le paysage qu'elle a choisi après tant de changements qui
l'ont enrichie mais l'ont fait aspirer à un peu de stabilité. Elle le trouve si
beau qu'elle voit aussi de la colline où elle habite en remontant ou en
descendant de chez elle. Il y a aussi
les livres dont elle ne peut se passer et qui rendent aussi la vie plus
intense, plus ouverte a t-elle toujours pensé en voyant s'ennuyer ceux qui ne
peuvent et/ou ne veulent lire.
Libellés :
Laura Vanel-Coytte,
Moments de bonheur
Jacou - Moments de bonheur
Rimacteur,
rimaillauteur
Collectionneur
de beaux phraseurs, excepté les sombres hideurs
Dans ma
boîte, la belle humeur
Un bouquet
de pois de senteur, qu’importe leur fraîcheur
Un zeste de
créateur, sans être voyeur
Ici, nul
besoin d’aboyeur, et que naissent du jour les petits bonheurs
Des baisers,
mains sur le cœur
Un soupçon
de moiteur, jamais de vile noirceur
Un léger
voile de blancheur
Mes yeux s’y
posent, pas de peur
Des
souvenirs éblouis de marcheur
Un sentier,
frissonnantes couleurs, matin bonne heure
A l’horizon
du soir, mise en scène flamboyante du coucher de soleil, ardeur
Des éclats
impromptus, détour de pas en nonchalance, musicales rumeurs
Souvenirs
farceurs, esquisses sans nuages,
souveraine blondeur
Voix naïves,
éclaboussures enfantines, innocences chagrines,
insatiables inventeurs, candides raconteurs
Insouciance
et rires, tendres pleurs
Premières
rides au cœur, larmes perlées, déjà coquine lueur
Lumineuses,
précieuses, charnelles, belles heures
De toutes
ces images, inconscient cueilleur
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