lundi 8 juillet 2019

Mister K - Discours


Et, chers amis,
Puisqu’il paraît que j’ai cent ans
-Je n’en reviens toujours pas
Et d’ailleurs je ne les fais pas-
Je disais chers amis ici réunis
Puisque l’occasion m’est offerte
Et la brèche ouverte
Et aussi, déclarons-le sans ambages,
Comme vous êtes un peu obligés d’écouter
Par égard à mon grand âge
Je m’en vais vous narrer
Un moment un peu particulier
Cela dura pour moi un peu plus d’une année
Quand pour d’autres la dizaine fut dépassée  
A une époque peut être oubliée     
Vous le savez j’ai beaucoup écrit 
Du plus loin que je me souvienne 
Alors autant que je revienne
A une sorte de parenthèse  
Quinze mois ou seize   
Une incursion que je fis
Dans les littéraires Impromptus
Avant qu’ils ne fussent interrompus
Si le train de ma mémoire ne défaille pas 
C’était en deux mil dix-huit deux mil dix neuf
Et j’y trouvai du sang neuf
Tel un vampire assoiffé de mots, de textes   
Que ce soit à lire
Que ce soit à écrire
Car se retrouvait là une ligue de fins bretteurs
Guettant lundi le moindre signe
Sautant sur la consigne
Et lui tordant le cou parfois par pur prétexte
On n’est pas en reste pour le plaisir des lecteurs
J’y trouvai aussi une belle ambiance
Ça incite à la persévérance et la fidélité
L’auteur – un bien grand mot pour ce que j’écris –
Y fut toujours bien accueilli
Les commentaires en toute circonstance
Y ont contribué
Des signes de partage, de générosité
Et puis les personnalités, les styles,
Je vous souhaite les rivages de telle îles
Que ce soit en prose ou en vers
Son texte expédié par l’électronique courrier

Chacune chacun pouvait se dire 
« A la fin de l’envoi, je touche. »
De quoi être touché
Toutes ces années après…

vendredi 5 juillet 2019

Laura Vanel-Coytte - Discours

Comme j'ai peu de famille présente à mes côtés, à part mon mari, comme toujours et peu d'amis, à part lui encore c'est un post sur mon blog que je tiens depuis 2006 que j'adresse  à ceux qui me lisent , s'intéressent à moi(à ce(ux) que j'aime) et donc  m'aiment.

J'ai écrit 161 textes pour les Impromptus littéraires depuis 2015 soit environ 30 textes par an.
Ceci sera donc mon 162 e (et dernier) texte pour ce site  qui ferme ses portes.
Comme tout le monde (je pense), lorsque je lis(ais) la nouvelle consigne le lundi, soit j'avais tout de suite une idée pour écrire un texte soit j'avais en tête un texte déjà écrit, qui pouvait coller au thème
soit enfin,  le thème me laissait perplexe et je cogitais, relisais et écrivait... ou pas.

Je voulais reprendre tous mes textes postés aux impromptus (Laura Vanel-Coytte) mais ce serait trop long de me re-souvenir dans quelle catégorie chaque participation se situe.
Je pourrais aussi regarder dans mes propres archives ou mon blog pour voir quel texte a été réutilisé.
Mais je me contenterais de lire quelques textes pour constater que les Impromptus m'ont permis de faire ressortir mes souffrances physiques (Drapeau blanc), de parler de mes auteurs préférés (Un crime), d'évoquer mon double Cannelle (La délicatesse des liaisons) de jouer avec les mots (Soleil) et les chansons qui me trottent dans la tête, de me rappeler mes 45 ans, de parler de mes paysages (votre-clair-de-lune), d'évoquer mon féminisme (portraits-de-femmes), de m'exprimer comme François Hollande dans un célèbre discours (etc.)...
Les Impromptus me bousculent dans mes habitudes et me confortent dans ce que j'écris et ce(ux) que j'aime : comme mon blog, mes livres auto-édités, mes textes chez les Impromptus sont mon reflet, mes combats, mes certitudes et mes contradictions.

mercredi 3 juillet 2019

Tisseuse - Discours


Discourir plutôt que dis mourir…
Veuillez me pardonner cette petite boutade décalée, mais en ce jour de mes 100 ans j’ai presque tous les droits, non ?

Aujourd’hui vous ne m’entendrez pas, pas plus qu’hier. Si récrimination les adresser au bureau de madame Aphasie :)
Le seul bénéfice en est que, ni vous ni moi, n’aurons le déplaisir d’entendre ma voix chevrotante.
Pour ceux qui ont encore une bonne vue, vous lirez mon texte sur l’écran qui défile, et pour les autres ils entendront ta voix, ma puce.
Oui, je sais que tu trouves ridicule que je t’appelle encore comme ça alors que tu as 64 ans à présent. Mais que veux-tu, à tout jamais tu resteras mon tout petit. Cette extraterrestre que j’ai eu la chance de mettre au monde il y a si longtemps…mon grand soleil !
Je me doute que tu me fais un immense cadeau en lisant ce mot car tu as toujours préféré t’exprimer par la danse, l’écriture du corps comme l’appelait Carolyn Carlson.
Sois en bien remerciée !

C’est une grande chance pour moi que l’AVC m’ait conservé la capacité d’écrire. Et du coup, comme mon père le faisait en son temps, je noircis à longueur de temps des petits cahiers d’écolier avec des poèmes, des histoires, des réflexions…ce sont les cahiers de la tisseuse…
Et puis il y a cette tablette numérique que tu m’as offert, avec son stylet stylé ! Bien plus pratique pour ne pas raturer, mais qui me fait regretter le clavier de mon ordinateur, à l’époque où je tapais à une vitesse folle les petites textes que je mettais en ligne sur internet.
Hélas les doigts et l’arthrite ne font pas bon ménage :(

En réfléchissant à ce discours, j’ai eu envie de témoigner de cette époque du début du millénaire qui a vu fleurir des blogs d’écriture et des ateliers d’écriture virtuels.
C’est un de tes cousins qui m’en a donné l’envie le premier. Tu sais, Guillaume, qui est devenu éditeur ! Car je lisais ses essais expérimentaux, et ai suivi ses débuts d’auteur de livres numériques. Une de ses correspondantes écrivait sur les Impromptus.
Tu es la seule qui a connu cette période, ma puce, de tes 7 ans à tes presque 20 ans, j’ai écrit et coanimé ce site des Impromptus.
Au tout début ça a été ma manière de m’affranchir de ma dévalorisation créative dans une famille où la sensibilité artistique foisonnait, car je m’imaginais auparavant que je n’étais pas à la hauteur.
Des inconnus ont lu mes petits textes, et j’ai aimé ça. Je me suis intéressée à leur monde, nous avons tissé des liens particuliers faits de profondeurs et de pudeurs. Beaucoup d’entre eux étaient de France et de Belgique, mais certains du Québec, une autre écrivait d’Arabie Saoudite, et un autre du Vietnam, et de différents pays du globe…

Cela m’a aidé aussi à traverser certaines épreuves de vie, alors que ton père se trouvait en difficultés professionnelles, et que tes grands-parents tombaient malade.
Il y avait mon cousin, L’Arpenteur, à qui j’ai propagé le virus…enfin de l’écriture sur internet, car pour ce qui est de l’écriture il avait une longueur d’avance sur moi avec ses 9 ans de plus…
Et nous avons coanimé ensemble les Impromptus dans le même enthousiasme, et avec beaucoup de rires. Nos si nombreux coups de téléphone où nous discutions certains thèmes d’écriture me manquent encore aujourd’hui.
J’ai aimé encourager les autres, les aider à dépasser leurs appréhensions.
Une vrai stylo-thérapie parfois !
Oh il y en a eu des passions, des emportements et des coups de grisou sur les différents sites des Impromptus, au fur et à mesure des équipes d’administration, et tu m’as vu pester souvent (tu connais mon mauvais caractère). Mais en général les autres administrateurs étaient des gens formidables, et plein d’humour, et les auteurs aussi.
Lorsque mon cousin est tombé malade, ma peine est devenue trop lourde. Et j’ai eu besoin de me retrouver un peu au calme, et les Impromptus ont fermé boutique. Cela a attristé un certain nombre de participants, mais ainsi va la vie….

J’espère cependant que cela a semé des graines de bonheur et de créativité dans le cœur d’un grand nombre d’entre eux, et qu’ils auront communiqué à leur tour cette contagion positive à d’autres, afin de créer une chaine de textes….en quelque sorte comme un immense cadavre exquis que nous pourrions dérouler à présent, et qui ferait le tour du monde en peu de temps.
Ça a été une des magies positives d’internet alors dans ma vie et dans celles de ces personnes !
J’ai une grande pensée émue pour eux tous aujourd’hui, car ils sont dans mon cœur depuis ce temps-là et pour toujours.

Pour ceux qui souhaiteraient les lire, tu as bien voulu, ma puce, imprimer un recueil regroupant tous les textes que j’ai publié durant ces 13 années sur les Impromptus. Ça donnera peut-être l’occasion à certains, ici présents, de me découvrir sous un autre jour : celui de Tisseuse :)
Et si je ne fais pas erreur, en rajoutant celui-ci cela fera un total de 420 !
Mais pas d’inquiétude, car pour la plupart ce sont des poèmes, bien plus courts que ce texte-ci…

Qui sait, cela vous donnera peut-être envie d’écrire à votre tour !
Allez, champagne pour tous !!!!!