mercredi 27 février 2019

Tiniak - Escape game

Le monde était à ciel ouvert
Il fleurait bon, dans l’alentour
des parfums gras et prometteurs
Je ne voulais pas savoir l’heure
(me contentais de ses contours)
et jurais n’avoir pas souffert

La porte était fermée, pourtant
(à double tour, me semblait-il…)
l’idée me vint, dans ce chenil
que tu m’y laissas trop longtemps
croupir
pour que ne survînt, là, le besoin d’advenir

Les ombres reculaient soudain !
De leur impérieux œuvre au noir
il surgissait des coloris
déchirant les bruns et les gris
que mes songes, dans ce couloir
caressaient du plat de la main

Ayant recouvré la palette
animant de neuf ma rétine
j’ai loué la grâce divine
qui m’aura rendu mes lunettes
d’un rire
plus éclatant que ne le serait Agadir

Adieu, chenil, laisse, collier !
Je viens promener dans tes pas
et fredonner quelque largo
Un fantôme à cru sur le dos
je lance à nouveau ton Vespa
sur le bitume et le gravier

Avec ta clé rouillée en poche
(tu sais, celle de Malakoff…)
je suis à nouveau, bel et sauf
le Chien qui n’y voit rien de moche
à mourir
depuis que j’ai compris que tu fus mon Nadir




















Où déambuler entre miel et taire...

mardi 26 février 2019

Mapie - Escape game


Bon je suis un peu basique, terre à terre, "ras des pâquerettes"... mais ... à la question  "comment les lunettes sont-elles réapparues ?"... 
Je ne peux que répondre par une autre question... 
Qui donc pose cette question ?  Un homme ou une femme ? Un célibataire ou une personne qui vit en couple voire en collocation ? 
Vous me suivez ?
Vous comprenez le sens de mon interrogation ?
Imaginez ma stupeur à la lecture de cette question, moi, qui vis au sein d'une famille nombreuse...
Toujours pas ??? 
Mais voyons ! C'est pourtant simple !
Les lunettes n'ont jamais pu réapparaitre ! Etant donné qu'elles n'ont jamais disparu !
Les lunettes ont juste été relevées. Comme tout un chacun le sait.. leur " réapparition " tient donc juste au fait de les avoir rabaissées...
Ok Ok ... Ce n'est pas hyper glamour comme explication, mais, avouez qu'elle mérite ma sortie de jeu !
Je vous préviens, si cela ne suffit pas, je prends la clé qui est dans ma poche pour me faire la malle... Cette clé fait dans ma poche, ce que fait son double autour de votre cou.....   Sérieusement, vous ne pensiez tout de même pas que j'allais me laisser enfermer sans sécuriser un minimum mes conditions de jeu !

Vegas sur sarthe - Escape game

La closerie de Dame Blanche

Dame Blanche tempête et languit au château
les mâles sont partis par les monts et les vaux.
Craignant pour sa « vertu », redoutant un faux pas
son jaloux de mari tient sous clé ses appâts.

Un mignon troubadour et sa viole de gambe
s'en vient à point nommé pour lui tenir la jambe.
"Pose ton instrument" (Dame Blanche s'affole)
"Ne te contente point de branlette espagnole
c'est en venant plus près que tu iras plus loin !
bidouille la serrure en mon petit jardin"


Le piètre musicien n'est pas plus bricoleur
pas le moindre Casto où trouver son bonheur!
"Allons dépêche toi! la trouveras-tu donc
cette clé de malheur qui enclôt mon dindon?"

Tout est vain, les prières, les Abracadabra,
les Tire chevillette, bobinette choira…

"Ce morceau de ferraille gâte mon entrejambe,
si je tenais celui qui a imaginé
ce Bon Dieu d'anti-viol, je lui ferais payer
en lui mettant moi-même sur sa troisième jambe!"


Dame Blanche soupire, le troubadour aussi,
la mécanique est bonne et résiste à l'outil.
"Va t'en, toi, ton gourdin et ta viole de gambe
et ne reste pas plus longtemps entre mes jambes"
"Trouve moi Fiche et Bauche mes braves serruriers,
dis leur que je me pâme, qu'ils viennent sans tarder"


Ayant pris les empreintes et lorgné tout leur soûl,
ils ont forgé la clé qu'ils essaient à genoux;
et la porte en grinçant libère Blanche Dame
qui offre ruisselante et son corps et son âme.
Fiche et Bauche, doués, en grands professionnels
ont fait deux autres clés, l'occasion est trop belle.

Alors si d'aventure, la nuit près d'un château
vous entendez grincer quelque vieille serrure,
attendez patiemment, guettez le vibrato,
celui de quelque Dame apprêtant sa fourrure.

Landrynne - Escape game


Il vivait une vie morne et isolée dans un univers sombre, et froid comme le néant.
Blasé, du monde il ne voulait plus rien savoir, ni rien voir, à l'abri bien au flou.
Son âme d'enfant évaporée, ses pas d'adulte suivaient les ombres machinalement.
Dans l'existence comme emprisonné, il luttait seulement pour ne pas devenir fou.
La porte de son coeur était fermée à clé. À double tour, c'est plus prudent.


Mais la vie, elle, a bien plus de tours encore dans son sac élégant.
Comme par magie, elle lui glissa un jour sur le nez des lunettes, l'obligeant à voir,
Les pavés de la rue, le crépi gris des murs, le ciel bleu et nu, et puis les gens.
Et c'est sur une nymphe fière, radieuse et légère, qu'il posa son regard,
Une rousse astucieuse, avec dans la poche de l'âme, un morceau de fer blanc..


Leurs yeux se croisèrent dans le tumulte ambiant, figeant leurs pas et le temps.
En un rayonnant sourire, elle fit du monde entier vibrer les couleurs,
Et en quelques paroles à peine, tourna la clé de leurs coeurs gentiment..
Alors main dans la main, libres, ils commencèrent l'aventure du bonheur,
Sourires aux lèvres, portes et yeux grands ouverts, comme deux enfants.


Où lire Landrynne

lundi 25 février 2019

Andiamo - Escape game


La chiave

TOC… TOC… TOC !

- J’arriiiiive

TOC… TOC… TOC !

- Ouais voilà y’a pas l’feu !

- Mais où j’ai collé cette saloperie de clé ?
 

TOC… TOC… TOC… !
 

Oh la la ça commence à en faire du monde, et toujours pas de clé ! Putain j’vais m’faire engueuler !
 

- San Pedro ? … San Pedro ! 
- Si Domine
-Tu es sourd ou quoi ? Il y a un sacré moment que ça frappe à la porte, tu attends quoi pour aller ouvrir ?
- Euh mein Got, j’ai perdu la clé !
- Encore ? Je t’avais pourtant donné un gros morceau d’os à moelle afin d’y accrocher ta $µ=@§^… De clé ! Tu perds la tête mon pauvre Saint Pierre, et il y a un moment que ça dure, déjà il y a deux mille ans tu as déclaré à ces saloperies de Romains que tu ne connaissais pas mon fils, alors que la veille tu avais fait une « cène » avec lui… Hein ?

Heu…

- Ouais bon, je vais faire installer un digicode, on programmera I.N.R.I comme code, ainsi tu n’oublieras pas… Enfin peut-être !

Laura Vanel Coytte - Escape game

Jeu ... d'évasion ... réel ?

Pour paraître "normale", "sociable" et moderne", je me suis laissé entraîner dans un de ces "jeux d'évasion réels" qui fleurissent un peu partout ces derniers temps.
Pour retrouver ma liberté, j'ai été confrontée à trois énigmes :
Comment les lunettes sont-elles réapparues ?
Les lunettes sont réapparues parce que j'ai mis mes lentilles pour la myopie pour aller à la piscine. Avec ces lentilles, je dois mettre des lunettes pour voir de près. C'est pourquoi ces lunettes sont réapparues à la place des lunettes progressives pour que je puisse lire cette énigme.
Que fait cette clé dans ma poche ?
Cette clé est celle de ma liberté : pouvoir sortir de cet enfer, aller acheter un journal et le lire en buvant un café.
Pourquoi la porte est-elle fermée à clé ?
On a tenté de me rendre normal, sociable, moderne en m'enfermant mais la clé de la liberté est dans mon esprit curieux qui a envie de lire, découvrir, comprendre.

Où lire Laura Vanel-Coytte

Semaine du 25 février au 3 mars 2019 - Escape game

Lors de la dernière Foire aux thèmes, Emma nous a lancé un défi semblable à ceux que l'on trouve dans ces salles d'Escape game qui fleurissent un peu partout ces derniers temps.

"Pour retrouver votre liberté, vous devez résoudre au moins l'une des énigmes suivantes :
- comment les lunettes sont-elles réapparues ?
- que fait cette clé dans ta poche ?
- pourquoi la porte est-elle fermée à clé ?"

Vous avez jusqu'à dimanche 3 mars minuit pour nous proposer votre texte à l'adresse habituelle impromptuslitteraires[at]gmail.com
A vos plumes ou vos claviers, prêt, partez !

samedi 23 février 2019

Lilousoleil - Au Chili

Hotu Matu’a

Adossée à un petit arbre dit crête de coq à coté d’un petit rocher rouge  d’andrinople décoloré par le vent et la lumière, elle était essoufflée au vrai sens du terme ; plus de souffle ! Émerveillée par cette île qu’elle venait de parcourir de l’ouest à l’est et de nord au sud. Elle avait admiré les  bonhommes de pierre si grands, si puissants qui faisaient la force et la magie de cette île perdue au milieu de l’océan Pacifique pas si pacifique qu’il n’en à l’air pourtant. Sac au dos elle avait fait le tour du volcan dont le cratère envahi d’eau reflétait ses algues comme des morceaux de miroir, les flancs gorgés d’herbe sauvage. Lunettes de soleil sur le nez protégeant ses yeux de la morsure de l’astre brillant et chaud, elle s’allongea, contempla les nuages qui s’étiraient fins et léger comme du tulle blanc, les images précieuses dans l’appareil photo.
Au loin surgit une forme, informe d’abord puis peu à peu se précisant être le plus grand des hommes de pierre. Ses pas, pensa t-elle, étaient aussi grands que ceux du Bonhomme de neige de Prévert, poème adoré de son enfance, sauf que celui-ci ne fondait pas. Au fur et à mesure qu’il approchait, elle se recroquevillait dans son coin de buisson un peu épineux. S’asseyant près d’Elle, il lui prit la main, s’assit et lui raconta…

Je suis Hotu Matu’a, représentant du dieu, dernier  chef de la tribu Maké-Maké. A cette époque l’île était peuplée de tribus et de clans divers, ce qui générait des conflits parfois importants. Lorsque mon ancêtre, venu d’une autre île lointaine, chassé par ses compagnons de tribu pour avoir séduit la fille du Dieu Rapa, est arrivé sur cet île, il dût acquérir le droit de pénétrer sur l’île. Pendant un temps, il fut isolé près de la falaise. Il se nourrissait de poissons et d’algues séchées. Puis un jour on lui  apporta un œuf ; un œuf de sterne. Cet œuf était le symbole de la paix dans l’île ; le trésor que chaque année, les chefs de tribus devaient rapporter au roi…

Il fut alors admis à  concourir avec les autres chefs des clans autochtones. La compétition consistait à plonger de la falaise d’Orongo, proche du volcan Rano Kau, puis à nager à l’aide de roseaux jusqu’à l’îlot appelé Motu Nui que tu vois là en face et atteindre les nids de sternes. Il fallait attendre le premier œuf pondu par la femelle sterne et le rapporter dans la gerbe de roseau. La concurrence était rude. Chaque chef de clan voulait  ramener le précieux trésor au roi de l’île. Mon ancêtre réussit ! Il devint ainsi le premier chef Maké-Maké, Tangata Manu ou "l’homme oiseau" et fut pour un an, l’arbitre des conflits… une sorte de juge de paix. C’est son portrait qui tu as vu gravé dans la pierre… le temps a passé, nous avons sculpté les statues en l’honneur de nos morts… J’étais Hotu Matu’a, dernier chef de la tribu….

En fait je suis Mathieu, le guide  et il faut te réveiller, nous repartons….

Pour précision, ce n'est pas la véritable légende de l'Homme oiseau ; ce n'est que le fruit de mon imagination. 

vendredi 22 février 2019

Marité - Au Chili


L'Ile de Pâques.


En 1962 Henri Salvador chantait mélodieusement sur des paroles de Bernard Dimey :

           « J'aimerais tant voir Syracuse
              L'Ile de Pâques et Kairouan
              Et les grands oiseaux qui s'amusent
              A glisser l'aile sous le vent. »

J'ai entendu cette chanson pour la première fois pendant l'été de cette année là sur mon transistor orange que je trimbalais partout. Quelle belle invitation au voyage !
Je ne disposais alors que de mon vieux Larousse pour m'informer sur ces destinations inconnues et qui bien sûr me faisaient rêver. Les plus beaux voyages ne sont-ils pas ceux que l'on imagine quand on ne peut faire autrement. Peut être ou peut être pas.

Dans la partie « noms propres » de mon dictionnaire je trouvais la situation géographique de ces lieux, pour le premier la Sicile, le second une île du Pacifique et pour le troisième la Tunisie.
Une reproduction montrait quelques statues de pierre grossièrement sculptées et disposées dos à la mer sur l'Ile de Pâques. J'ai dû, à ce moment là me contenter de ces brèves et vagues explications : mégalithes dues peut être à des populations d'origine polynésienne.

La Polynésie, là, j'étais en terrain connu si je peux dire. Un voisin exerçait le métier de gendarme à Papeete. Il n'en fallait pas davantage pour que je me pose des questions. L'Ile de Pâques se trouvait-elle près de Tahiti ?  Michel avait-il visité cette île ? Il fallait que je lui en parle. Ça tombait bien, il était en vacances au pays. Toute fière de mon savoir, je suis allée engager la conversation avec lui. Le gendarme m'a regardée avec des yeux ronds :
     l'Ile de Pâques ? Jamais entendu ce nom là. Tu es sûre que c'est près de Tahiti ?
    Oh oui. Sûrement. Ce sont des polynésiens qui y vivent.

Devant son air dubitatif, je n'ai pas insisté et à la rentrée je suis allée consulter un atlas en salle des professeurs. J'ai découvert que plus de 4000 kms séparaient ces deux îles du Pacifique. Le rouge de la honte m'est monté au front. Si mon gendarme de voisin se renseigne, il va bien se moquer de moi ai-je pensé.

J'ai appris depuis à situer exactement l'Ile de Pâques. Cependant, je ne peux l'évoquer sans me rappeler cette anecdote qui avait mis à mal mes pauvres connaissances géographiques d'alors. Et j'avais bien tort de me trouver ridicule, Michel l'était autant que moi, lui qui vivait à Tahiti depuis des années.