mardi 19 septembre 2017

Joe Krapov - Ô temps ...

VOLEUR DE FEU !

Ô Temps, suspends ton vol
Et cesse tes larcins !

Rends sa jambe à Rimbaud,
Son épouse à Verlaine,
Son ouïe à Smetana,
Elise à Beethoven
Et ses lettres au facteur à cheval !

Ô Temps, suspends ton vol !

Il est aussi gracieux que celui du nandou :
Comme un avion sans ailes,
Au ras des pâquerettes,
L’oiseau ne vole pas
Mais court en zigzaguant
Dans l’herbe des pampas.

Ô Temps, suspends ton vol
Et prends un peu du champ !

Fais de ce Marcel-là un champion des échecs !

Détourne-le de mettre à nu
La mariée qu’il trouve trop belle
Par des célibaterrifiants
Et son urinoir au musée !

Trop de thuriféraires de l’art contemporain,
Trop d’hystériques du concept
L’ont suivi et polluent, tristes, nos paysages.

Ô Temps, suspends ton vol
Pose-toi au tarmac !

Dessine des moutons aux princes de papier !

Laisse l’avenir en biplan !

Restitue ce que nous avions
Et aimions.

Laisse-nous vivre entre parents
Le reste de nos empennâges !
Fais-nous renaître Pompéi
Et recolle des bras aux Vénus de Milo !

Rends-nous Pierre Desproges et Coluche,
John Lennon et Léon Zitrone !

O Tôle, suspends ton vent
Et emmène Lamartine à la plage !



Mapie - Ô temps...

O temps suspends ton vol !
et cesse d’agiter à ma face l’inéluctable fin .

Mon corps se voute, mes yeux se creusent,
le galbe de mes jambes fait place aux mollets sec.;
ma peau se nacre et mes cheveux grisonnent
manquerait plus que mon cou s’allonge pour devenir nandou …

Allez , suspends ton vol…
ne m’impose pas les nuits hachées par les besoins impérieux
Evite moi la galère, la course à l’urinoir…

hé temps, tu le suspends, oui ?
J’s’rai ton thuriféraire, si tu suspends ton vol
j’ t’ encenserai pour des lustres auprès de mon réseau

Ils seront hystériques en voyant mes photos sur instagram, youtube et vidéos…

Allez
Suspends ton vol… temps…
J’n’y peux rien, c’est comme ça..
La vieillesse ne m’tente pas !

Tiniak - Ô temps...

Ô temps, suspens ton vol... Piètre thuriféraire !
Goûte mieux ces parfums qui ne m'ont pas trahi
que ceux que tu répands, mais ne m'ont rien appris
de ce que mon cœur saigne au nom d'un autre, pair
si j'en crois cet écrit

Va-t-en, reprends ton viol, hystérique et plus noir
que la violence faite aux enfants, malgré eux
qui cherchaient un élan à embrassser les cieux
et pleurent leur sentence au fond d'un urinoir
l’œil vert, la lèvre bleue

Car, tant s'étend le sol qu'il faut payer d'un coup
à fréquenter l'école et ses hypocrisies
(où se rengorge un "merde !" et s'oblige un "merci")
que foule un pas ignoble et si laid qu'un nandou
Je le sais ! Sûr ma vie !

Oh temps ! Suspens ta fiole... et vois dans mon regard
qu'y logent des parfums plus purs et merveilleux
que tous les sacro saints serments formés z'aux cieux
qu'il aura bientôt bu le fabuleuxeux nectar
d'un soupir amoureux

Où se donner l'amor...

lundi 18 septembre 2017

Gibulène - Ô temps...

Une étrange journée s'annonçait !
Angel, jeune thuriféraire
Après une heure de prières
De l'œil un urinoir cherchait...
Force lui fut de constater
Qu'à l'extérieur il lui faudrait
S'aventurer pour le trouver.
Il s'éloigna donc, tracassé...

A peine franchit-il le portail
Qu'il est entouré de bétail !
Un cirque a élu domicile
A proximité de la ville.
Il voir tour à tour défiler
un kangourou, un chien sans tique
et même un nandou hystérique !

Un singe vient le saluer
Un clown lui prête son faux nez !!!
une colombe et une chouette
Se posent à leur tour sur sa tête...
Il en oublie son but ultime
Devant tant de choses sublimes !

« Ô temps, suspends ton vol », se dit
L'enfant encore abasourdi !!!
Mais, qui vient donc le secouer ???
Maman ? Alors, rien n'était vrai ?
Un rêve extraordinaire
Pour le petit thuriféraire !!!

Andiamo - Ô temps ...

Impromptus

Ô temps suspend ton vol… on devrait plutôt dire OTAN suspend son vol au missile de l’autre taré de Pyongyang !

Mais bon là n’est pas le sujet. Mais qui s’est masturbé le cerveau afin de nous dégauchir un mot pareil : THURIFERAIRE ? Pas facile à placer même au cours d’un dîner d’obsèques, fussent celles du Tonton Macaire, de son épouse Clotaire, et le porteur d’encens (merci wikipédia) ce débile de thuriféraire qui s’étala comme un sac de pommes de terre au beau milieu du cimetière, en portant le vase fumant, qui incommodait fort la Tata poitrinaire !

L’autre hystérique répondant au doux prénom de Childéric, voyant l’urne porteuse d’encens étalée dans l’allée du petit cimetière, pris d’un besoin urgent saisit le vase (pas du tout canope) et s’en servit d’urinoir devant les yeux effarés de la cousine Annick (ta mère) qui lui hurla dans les oreilles : « mais cesse de pisser comme un nandou » !

Sans se départir, ni cesser son épanchement salvateur, le cousin Childéric rectifia : « on dit comme un mérinos » chère cousine… Un mérinos.

Si tu fais allusion à ton matelas cher cousin, saches que je ne suis pas pressée de m’y allonger, au vu de ce que j’aperçois en baissant les yeux !

Où lire Andiamo

Laura Vanel-Coytte - Ô temps ...

« O Temps, suspends ton vol » clamait Lamartine sur ce lac que j’ai admiré il y a peu :
Face à lui, on ne peut que souhaiter arrêter le cours des heures qui inexorablement éloignent.
J’ai alors récité dans ma tête les vers étudiés dans une salle de classe au bord du Rhône.
Les paysages-poésies et les poésis/mimesis du réel qui se mêle à ses représentations.

« Voici venir le temps où vibrant sur sa tige, chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir [1] »
Ces vers, bons souvenirs du bac de français me fait revoir et res-sentir le thuriféraire des Grandes messes où la pompe, l’odeur d’encens, les chants, le latin des prières
Me rendaient hystériques, extatiques, un « état proche de l’Ohio » que donne l’orgasme [2]

En sortant de la cathédrale de mon enfance, je vois s’approcher un nandou que « ses ailes
De géant, empêchent de marcher » ou bien l’hystérie me fait confondre avec « L’albatros »
De Baudelaire ? Ne craignant pas le blasphème artistique, un homme utilise l’urinoir
De Duchamp juste en face de la sortie des prélats, des enfants de choeur et des sœurs de mon lycée

[1] - « Harmonie du soir » de Baudelaire
        (Isabelle Adjani : Ohio)

Semaine du 18 au 24 septembre 2017 - Ô temps...

Ô temps...

Cette semaine il va encore y avoir du sport puisqu'il vous faudra jongler dans l'ordre qui vous plaira avec les 4 mots suivants : hystérique , thuriféraire, nandou, urinoir.

Ainsi qu'avec la phrase suivante: "Ô temps, suspends ton vol !" , pourvu que votre texte en prose ou en vers nous parvienne avant dimanche 24 septembre minuit à l'adresse habituelle impromptuslitteraires[at]gmail.com.

jeudi 14 septembre 2017

Joe Krapov - Sportez-vous bien

LA BELOTE BASQUE

Déjà qu’il faudrait manger cinq fruits et légumes par jour – et pourquoi pas des pruneaux à jeun ? – maintenant, en plus, les médecins et la pub nous disent que pratiquer un exercice physique régulièrement est bon pour la santé !

Je suis désolé, mais je ne suis pas concerné. J’en pratique deux régulièrement dont un assez inattendu. Pourtant, à l’instar du jeu d’échecs qui est l’autre, la belote basque est un sport et c’est aussi bon pour le corps que le lancer de javelots, de poids, de marteaux, de faucilles ou de nains de jardin.

On attend juste que la discipline soit reconnue par le Comité International Olympique. Ce n’est pas vraiment gagné mais, comme disait Pierre de Coubertin, l’essentiel est de participer.

Déjà, comme le football américain et la boxe thaïlandaise, la belote basque nécessite une tenue et un matériel spécifiques : tous les joueurs doivent porter un polo Brassens blanc et un béret rouge. Après, les règles de la belote basque sont très simples.

La partie se déroule en autant de manches qu’il y a de joueurs mais en général on y joue à quatre. Quatre manches donc, comme pour un pyjama de bébé. Tout comme au bridge, chacun tient à tour de rôle celui du mort. Sauf que dans la belote basque le mort, on le bâillonne avec une tranche de jambon. Il lui est interdit de mordiller dedans pendant que les trois autres jouent. Bien entendu, par mesure d’hygiène, chaque joueur s’en paie une tranche avant de commencer.

On distribue à chacun des joueurs un jeu complet de 54 cartes dans lequel les figures ont été renommées. Les rois s’appellent Jean de Nivelle, Léon de Bayonne, Irun El Poussah et Jean-Jean Pieds-de-porc. Les dames se nomment Euskara Létoar, Pomme d’Adour, Dolorès Ibarruri et Louise Mariano. Les valets s’appellent Guy Puscua, Omar Biscaye, Basnavar et Kalabourd.

A tour de rôle chaque joueur lance son jeu en l’air, le projetant contre le mur du fond de la pièce à l’aide d’un ustensile en osier dénommé chistera. On doit au chanteur-philosophe basque Miguel-Felix Onfrayo-Gavdepo une sympathique bluette autour de cet objet dont les paroles sont :

« Chistera sera
Demain n’est jamais bien loin,
Laissons l’avenir venir
Qui vivra verra. »


On compte ensuite les points réalisés par le lanceur.

C’est le mort qui est chargé de compter les points. Il ôte sa tranche de jambon, l’avale puis empile les cartes du joueur en déclarant « Les tas, c’est moi ».

Les cartes qui sont retombées face contre terre ne rapportent aucun point.
L’as vaut un point, le deux en vaut deux etc. Le valet vaut onze, la dame douze et le roi treize.
Si un joueur a retourné les deux jokers, il gagne vingt points supplémentaires à condition d’avaler un verre de liqueur Izarra cul-sec.
S’il n’a retourné aucun joker on lui enlève vingt points sauf s’il accepte d’avaler un bol de ttoro, la soupe de poisson traditionnelle du pays basque. Mais pas cul-sec, heureusement.

Une dernière règle : si toutes les cartes d’un joueur sont retombées côté face vers le ciel, il s’empare du roi de carreau, Jean de Nivelle, et s’il réussit à émettre un pet sonore en tenant la carte il marque cinquante points supplémentaires. Cela s’appelle faire un cinquante ou un Saint-Pet-sur-Nivelle.

Essayez donc, à vos moments perdus, quand il n’y a rien de bien à la télé, c’est-à-dire tout le temps, de jouer à la belote basque ! Moi j’y joue souvent avec Jojo Guéthary, Paulette Bidart et Manu Larceveau. Les parties ne manquent jamais de piment avec celui-là ! Manu c’est l’ex à Paulette mais ils sont restés en très bon termes, exactement comme le point final de ce texte avec ce qui l’a précédé.

Où lire Joe Krapov

mercredi 13 septembre 2017

Stouf - Sportez-vous bien

Vive la SPA, mais pas Brigitte Bardot.

Aujourd'hui est un grand jour à Rambouillet. Pourtant pas un autre humain que moi ne le sait, rien ne sera retransmis à la téloche ni dans aucune radio, les satellites des « grandes » nations resteront muets à ce propos et pourtant tous les habitants de la forêt seront là. Aussi, je vous demande de vous taire.

Femelles, mâles et enfants de toutes races seront là, les moustiques par milliards, les poissons de l'océan (un peu moins nombreux depuis la surpêche) et les oiseaux (tous descendants des Dinosaures, s'te plaît) seront les messagers du résultat à travers le monde. C'est un résultat et un commentaire de la course que même mon ami Timba, fier lion de Tanzanie et Coulacoco, une potesse femelle éléphas maximus des Indes ou toutes les tribus de Ouistitis Pygmées, et même les rats des égouts de Paris et des villes du monde entier ou bien les méchants Urubus du Certao… que tous les zanimots de la terre attendent. Sauf les vers de terre qui n'en on pas entendu parler parce qu'ils n'ont pas d'oreilles ni de zieux et vivent sous la terre.

MEA CULPA en fait… j'avoue ici devant vous les numains … en vérité j'ai un plan, c'est que de la triche !

Voilà, le trip c'est une course à pied, un semi-marathon de 21,097 kilomètres, mais à travers la forêt de Rambouillet contre mes potes les challengers de toujours Jojo le Kangourou à poils gris et Nono le mouton à poils laineux. Moi-même, je serai à poil !
Celle dont il faut que vous taisiez le nom si vous ne désirez pas encourir mon terrible courroux… c'est Nina, ma nouvelle fille Bonobo qui doit m'aider dans la supercherie.

Dites donc les Bricabroc Lilouseuloeil et Mariethé… vous arrêtez de papoter dans le fond de la salle ?;o)) Bon voilà… l'affaire c'est que je me laisse larguer à la moitié de la course et que… bon, Tisseuse s't'e plaît, chuuut !

Alors à ce moment-là où c'est que je suis largué y a Nina qui me prend par le colebac, me fait voyager par dessus la canopée et j'arrive en premier et tralali tralalère c'est moi que je gagne parce que les zanimaux c'est tous des neuneus (sauf ma fille Nina), na !; o))

Eh… sur la vie de ma mère qu'un jour avec les gosses nous nous promenions dans la forêt de Rambouillet et nous sommes tombés nez à museaux avec une petite bande de Wallabies. La môme Lili s'est approchée pour discuter le bout de gras avec les mignons bestiaux, mais ils n'ont pas voulu et se sont sauvés comme des malpropres sauvages. Il a fallu à ma femme et moi lui promettre durant au moins cinq minutes que nous allions lui en acheter tout à l'heure un en peluche avec qui elle pourrait parler tant qu'elle voudrait, sauf la nuit dans son lit parce que les Wallabies, il faut qu'ils dorment aussi.

Ouaiiis supeeer ! s'est-elle écriée, et puis, comme plus tard elle était bonne à l'école, elle a fait médecine et s'est dirigée vers l'école vétérinaire d'Alfortville où elle est devenue médecin pour animaux en tous genres. Pourvu qu'elle n'ait pas de problèmes !

La v'là partie en Chine au sein d'une ONG qui récupère des ours dans les Bear farms, une horreur qui alimente le monde entier en bile de ses pauvres zanimaux qui souffrent toute leur vie afin de procurer du bien-être aux humains, selon la médecine chinoise ancestrale.



mardi 12 septembre 2017

Marité - Sportez-vous bien

Rencontre sportive.

Plus qu'une semaine et ce sera le départ de la Brive-Rocamadour. Serge compte les jours et se prépare à cette compétition qu'il affronte à vélo pour la troisième année consécutive. La première fois, il a participé "en touriste". Juste pour voir. L'an passé, avec un peu d'entraînement, il a bien appréhendé le raid et même s'il n'a pas accompli totalement le parcours, il a noté avec satisfaction qu'il pouvait faire un bon score.

Aussi, cette année, il s'applique à mettre toutes les chances de son côté. Il a effectué le trajet de l'an dernier plusieurs fois. Pratique quand on habite sur place. Il a enregistré mentalement toutes les difficultés. Il connaît bien la région et même si le circuit change, les pièges ne peuvent pas varier beaucoup pense-t-il, optimiste.

Serge s'est imposé des règles strictes pour conditionner son corps pendant les jours avant course.

Ce n'est pas le cas de Luc, son collègue récemment retraité qui s'acharne à l'entraînement à longueur de journée. Quand il passe au bureau chaque fin d'après midi pour lui donner des nouvelles de ses exploits du jour, Serge l'observe d'un air goguenard. Écarlate sous son casque aérodynamique - qu'il n'a pas le temps d'enlever - le mollet agressif et la démarche claudicante, il entre au guichet de la banque, fonce littéralement sur Serge. Nullement gêné par les regards en coin des clients, il explose en se frottant les mains : "j'ai encore gagné dix minutes sur le temps d'hier." Puis il s'éloigne dans sa tenue collante et bigarrée tout content de lui.

"Bientôt, il ne pourra plus décoller les fesses de la selle de sa bécane" ironise Serge qui a une tout autre stratégie pour se mettre en condition.

Pas d'écart sur l'alimentation surtout. Pâtes, riz et poisson sont très souvent au menu cette semaine avec de l'eau, beaucoup d'eau pour éviter les crampes. C'est sérieux là. Il faut aussi de bonnes nuits de sommeil. Donc coucher à neuf heures tous les soirs sans faute. De la discipline.

Et son bijou : son Rocky Mountain. Comme il le bichonne et l'examine sous toutes les coutures !
Tout doit être parfait : la hauteur de selle, la longueur de la potence, la largeur du cintre...Tout !

Michel, quant-à lui, a été l'un des premiers organisateurs de la Brive-Roca. Il a cédé, cette année, sa place aux plus jeunes pour ce qui est de l'organisation. Mais pour tout l'or du monde il ne manquerait la fête. Il se propose d'accomplir tranquillement les 20 kms de marche prévus pour les randonneurs. Il se réjouit de pouvoir enfin profiter de la boucle qui emprunte les sentiers des moulins et traverse de beaux villages lotois. Il sait qu'il ne sera pas seul sur le chemin mais tant pis. Il laissera passer les compétiteurs. Lui se promet bien de se la jouer buissonnière. Il a arpenté tous les itinéraires au pas de course pour les reconnaître. Fini maintenant. Si la journée n'y suffit pas, il rentrera à la nuit tombée mais il en profitera au maximum. "Une autre forme de sport se dit-il, plus appropriée à mon âge. "

Voici le grand jour, place de la Guierle. 8 heures ce dimanche matin d'avril. Serge et Luc trépignent d'impatience derrière les barrières. Il règne une excitation palpable. Tout le monde se hèle, s'apostrophe dans cette foule colorée et joyeuse en attendant le départ.

Michel, quant-à lui, s'est rendu à Rocamadour d'où partent les randonnées. Il a mis dans son sac à dos de l'eau, des chaussettes de rechange et un k-way sans oublier son appareil photo. Il a téléphoné hier à ses copains Serge et Luc pour leur souhaiter bonne chance.

La matinée se passe bien pour tout le monde. Pendant que Serge et Luc foncent, la tête dans le guidon, Michel flâne sur les sentiers en admirant la nature.

En début d'après midi cependant Michel n'y résiste pas. Il va se poster un peu à l'écart de son chemin, à un point stratégique d'où il sait pouvoir regarder les cyclistes qui empruntent cet itinéraire. Il arrive juste à temps pour admirer les prouesses de Serge suivi de près par Luc. Serge, très concentré, s'applique à éviter les obstacles. Mais Luc, apercevant Michel, lève le bras pour le saluer, trébuche et cul par dessus tête - euh, vélo par dessus tête - dévale la pente pour attérir sur Serge qui, à son tour, bascule et plonge en contre-bas. Embouteillage. Vociférations.

Michel se précipite pour aider ses copains qui se traitent de tous les noms d'oiseau. Luc semble n'avoir que des égratignures mais il est un peu sonné. Serge est plus durement touché et se plaint : mal à une épaule et il ne peut pas marcher.

Les secours arrivent. Il faut transporter Serge à l'hôpital et tant qu'on y est on y emmène aussi Luc pour des examens.

Michel ne termine pas sa randonnée. Il n'a qu'une hâte : revenir à la maison. Avant de rentrer, il passera prendre des nouvelles de ses amis. Tout à ses pensées, il ne voit pas le tracteur qui débouche d'une petite route. Coup de frein trop tardif; il ne peut éviter l'engin et tape dans une de ses grosses roues.

Quand il arrive un peu plus tard aux urgences sur un brancard, Luc et Serge le regardent, médusés.
Belle rencontre...très sportive !

Les trois lurons se sportent bien maintenant. L'an prochain, sans faute, ils s'inscriront à la Brive-Rocamadour pour le meilleur en laissant le pire derrière eux.

Laura Vanel-Coytte - Sportez-vous bien

J’ai raccroché mon vélo

Après le tricycle aux petites roues avec sa remorque
Après avoir envoyé ma sœur en vélo dans le mur, la pauvre
Un réflexe de rire alors qu’elle était en larmes, excuse-moi encore
Après avoir pris le vélo de ma mère pour faire le mur, la coquine
Après des allers sans retours en pleine nuit entre chienne et louve
Après des retours au petit matin entre ivresse et tristesse
Après des départs au petit matin pour aller pointer à l’usine
Après une halte à la boulangerie pour recharger la demoiselle
Après être passée par-dessus le guidon dans une chute mémorable
Après m’être souvent fait mal sans poser pied à terre
Après avoir pédalé sous les pluies et brouillards de Champagne
Après avoir partagé avec mon vélo la morsure de la neige
Après avoir monté les faux plats du Nord de la France
Après les pavés, les chemins de terre, les avenues et les ornières
Après avoir suivi attentivement tant de Tours de France
Après avoir maîtrisé sur le bout des doigts le calendrier cycliste
Après avoir applaudi le départ, le parcours, l’arrivée et les podiums des courses
Après avoir crié le nom des coureurs, les avoir encouragés, connaissant leur souffrance
Après avoir lu beaucoup de livres, fait la revue de presse des magazines

Sur le cyclisme, après avoir vu des films, consacré au vélo des poèmes
Après avoir tenté quelques côtes en Ariège, Drôme et surtout ici à St Etienne
J’ai raccroché mon vélo, le vrai en ayant toujours de le reprendre
Mais renoncer car je n’ai pas le gabarit d’une grimpeuse
Aller plus haut, plus loin, plus vite me paraît impossible sauf en salle
Je suis une coureuse de plats, une coureuse du plat pays, une cycliste
Longtemps par besoin de déplacement, toujours marcheuse et utilisatrice
Urbaine de transports en commun, plus de pédale mais toujours
Les jambes en action pour se déplacer et voir mieux le monde.

J’ai raccroché mon vélo mais je défendrais encore toujours les cyclistes,
Ces forçats de la route ; malgré le dopage et les scandales, je les admire
J’ai raccroché mon vélo comme j’ai écrasé ma dernière cigarette
Mais je resterais toujours et encore une amoureuse du vélo surtout en ville
Dans le respect des piétons et le respect des automobilistes pour les cyclistes

J’ai raccroché mon vélo non sans regret ni espoir de le reprendre
Si Dieu ou la petite Reine m’en donne une nouvelle force pour les sept collines
De Saint-Etienne, celle d’Istanbul, de Rome, les canaux des Flandres.


Mapie - Sportez-vous bien


Chaque matin, après un petit déjeuner conséquent, car la base d’une bonne activité physique demeure dans la qualité de la nourriture ingérée, et la régularité de la pratique de la dite activité…

Il enfile sa paire de tong , se dirige vers le bord de la piscine, consulte ses dix mails, enchaine deux trois respirations bruyantes, s’immerge dans l’eau tiède, s’active à quatre brasses pour la traversée en largeur du bassin puis s’adosse au muret et se laisse masser, satisfait, par les buses de filtration.

Voilà on y est… Tout y est !
L’important c’est la régularité!

Il sort du bassin une bonne quinzaine de minutes passées, l’eau se marre, non… l’eau rigole sur son torse musc.., sur son torse.
Il enfile ses tongs, jette un oeil autour de lui, et aborde sa journée avec le sentiment du devoir envers lui-même accompli.

Dans le bassin, « les besogneux », enchainent des longueurs crawlées à n’en plus finir.
Il sait qu’il leur faudra une bonne heure d’entrainement intensif avant de ressortir de l’eau, le torse sculpté et le souffle court.

Alors, il s’installe à la terrasse , commande un cocktail multi-fruits et profite de tout ce temps gagné.


Où lire Mapie

lundi 11 septembre 2017

Tiniak - Sportez-vous bien

HEY, SPORTS!

C'est fini !
C'en est bien fini...
Je ne serai plus ta souris
Oh ! Saloperie de Toujours
Préserve-moi de cet amour
qui m'aura fait - oh, tant de pompes...
ça ! chaque fois, quand je me trompe

C'est cramé...
C'est tout défoncé !
Tu sais, l'aventure en retour
mise au panier, là, dans la cour
où t'aurais pu faire une passe
plutôt vers moi, pas dégueulasse

C'est foutu !
Il n'en reste plus
de nos magiciennes outrances
de nos carnavalesques danses
qui m'auraient dit - oh, quel bonheur
ces acrobaties, à pas d'heure

C'est déguen...
N'est-ce pas, mon Chien ?
Tu raboyais, hier au soir
quand je livrais à l'urinoir
ces gouttes chargées de défonce
dans une fiole en pierre ponce

Restons sport...
Quel est le décor ?
Voui ! La partie à jouer seul
jusqu'à embraser son linceul
avec les putains d'allumettes
qui n'ont rien matché dans nos têtes

Où tâter le terrain...?
Sur la fin ?
Sur les vieux os
qui nous ont donné mal au dos ?
Ou sur les scores
qui voulaient repousser la mort
et se réjouir
de partage à n'en plus finir ?


Lilousoleil - Sportez-vous bien !

Recette pour fabriquer un sportif

Prenez un maillot, manches longues pour l’hiver et manches courtes pour l’été ou éventuellement un marcel, (fabriqués par des petites mains pakistanaises) et un short ou un bermuda de bonne qualité ou même des survêtements moulants.

Vous ajouterez des couleurs selon votre choix mais le bleu , le blanc et le rouge sont recommandées dans les proportions qui vous conviendront le mieux ; vous éviterez une quatrième couleur qui pourrait faire quatre tiers comme chez Pagnol où c’est la grandeur des tiers qui est importante.
Vous aurez le choix des chaussettes, de la paire de baskets et de la casquette.

Il faudra laisser macérer le tout ; Mais c’est là que résident la difficulté et toute la délicatesse que l’on doit apporter à cette recette.

Pour faire un sportif approximatif il faut environ un jour à un mois et votre sportif sera prêt pour quelques exercices qui risquent très vite de le lasser.

Pour faire un sportif moyen une macération régulière est recommandée sous peine de prendre du poids et de perdre tous les bienfaits

Pour faire un bon sportif, la macération est plus longue, un an environ, et par la suite le rythme étant pris il suffira de rajouter un petit écusson sur le maillot pour entretenir la forme.

Pour faire un sportif de haut niveau il faut des entraînements longs, réguliers fréquents et bien payés. Il faut ajouter une grosse pincée de courage, une cuillère de poudre de perlinpinpin et une dose de vitamine aussi diverses que variées ainsi qu’un stage en Belgique où des réunions ont lieu autour d’un pot sans tourner autour.

Mais cela ne suffit pas s’il n’y a pas d’espèces sonnantes et trébuchantes. L’aspirant sportif de haut niveau devient alors une marchandise que l’on s’offre à coup de millions, contrat publicitaire en contrepartie et séance de dédicaces, une photo pas un roman non plus, pour le public aimé contre quelque menue monnaie, simple argent de poche.

Et enfin, il n’y a pas de sportifs sans les supporters. Pour faire un supporter de base pas d’imprégnation préalable mais il faudra prévoir un bon canapé solide pour recevoir les fesses des futurs occupants qui danseront à chaque moment important… Quelques « grignoteries » sont également à mettre à portée de main.

Pour faire un supporter de très grande qualité certains accessoires seront indispensables une corne dernier cri genre vuvuzéla, une perruque frisée et colorée, une écharpe (attention le vert n’est plus à la mode), une palette de maquillage et des pastilles pour la gorge.

Allez le Petits…

Andiamo - Sportez-vous bien


NO SPORT !

Comme le disait Sir Winston lorsqu'on lui demandait le secret de sa longévité, il répondait : "NO SPORT" !
Voilà tout le secret est là ! Croyez vous que Monsieur Néanderthal courait après les aurochs ou les chevaux de Przewalski pour son plaisir ? Non bien sûr, alors NO SPORT !

Naoh aurait eu le choix, il aurait préféré décongeler une pizza, et lire la page des sports pour oxygéner ses éponges.
De Lavillenie saute plus de 6 mètres avec une perche de 5 mètres, j'en connais qui ont sauté des jolies fiancées de 1 mètre 80 voire plus, avec des perches beaucoup plus petites ! Alors NO SPORT !

Avec Andiamette lorsque nous nous rendons chez notre fillotte, nous remontons la Seine jusqu'au Pont de Sèvres, et là le Dimanche matin sous nos yeux horrifiés, des vieux, des jeunes qui courent... Mais oui ils courent, avec mon déambulateur je pourrais rattraper certains et certaines, ils se traînent littéralement ! Alors ils trottinent, dans les vapeurs de pétrole, Arabie Saoudite 2016 un bon crû certes, mais tout de même ! alors NO SPORT !

J'ai pratiqué le ski, le parachute ascenscionnel résultat tibia péronné cassés... Alors NO SPORT !

Pas guéri j'ai continué, inconscient j'étais jeune, j'ai nagé ausssi, chaque semaine un 1000 ou 1500 mètres en crawl, résultat je sentais le chlore... Alors NO SPORT !

Mais je suis indécrottable, ce matin j'ai battu Bébert et Mimile d'une courte pantoufle, lors de notre course hebdomadaire en déambulateur, les sœurs ne veulent pas, ne leur dites rien s'il vous plaît, elles me priveraient de gâteau de riz Dimanche prochain !
Où lire Andiamo

Chri - Sportez-vous bien !

À cause de Lou.

D’abord, il n’a pas entendu. Puis, il a refusé d'y croire. C'était trop violent. Comme un coup de masse en pleine figure. Il a donc essayé d'en apprendre davantage. En vrai il voulait que ce soit une erreur, une tragique et banale erreur. Il a tenté d'autres analyses. Toutes, malheureusement, donné le même foutu résultat. Lou avait frappé, Lou allait continuer. Ce qu’il redoutait le plus au monde, à part manger de la cervelle d'agneau allait arriver. Ce n’était pas pour demain, mais ça viendrait. Forcément. Et assez vite, lui avait-on dit. Beaucoup trop vite, en fait. Il n’avait pas voulu savoir ni comment ni pourquoi son corps s’était abandonné ainsi, d’un coup, à Lou. Il n’avait pas voulu en apprendre davantage, ce qu’on lui avait dit lui avait suffi. Le tableau qu'on avait dressé, sans ménagement, il l'avait demandé, était terrifiant... Et ce mot si terrible: inéluctable.

Il allait tout perdre et surtout, il n’allait plus pouvoir voler. C’était ça, au fond le plus difficile à admettre. Il pilotait depuis l’âge de quinze ans. Il était allé une fois au Pyla sur le haut de la dune et ils les avait vus… Ils décollaient sur quelques mètres et longeaient le sable à presque le toucher du pied mais ils étaient au-dessus. Ils faisaient des allers et retours le long de la pente. C’est ce jour précis qu’il avait décollé, il n’avait plus jamais atterri. Quelques jours après il s’inscrivait à un stage et huit plus tard, il faisait son premier vol en solo. Tout le monde s’accordait à dire qu’il avait toutes les qualités pour être un beau pilote. Il n’avait pas froid aux yeux mais était prudent, il savait lire le relief et les courants, il les sentait, il pouvait se concentrer quand la situation l’exigeait, il était tranquille et rigoureux. En quelques années de pratique assidue, il volait pas tous les temps volables, il avait promené sa voile dans tous les endroits réputés, il maitrisait et sa peur et ses connaissances et calculait ses risques de manière à n’être jamais en grand danger. Il s’était très peu blessé, une cheville et un poignet et encore il n’y était pour pas grand chose et personne n’aurait pu éviter ces deux blessures. Il s’en sortait brillamment. Il avait déménagé pour venir habiter tout près du plus grand site de décollage d’Europe et il passait le plus clair de son temps assis dans sa nacelle à chercher les thermiques. Une marque de fabriquant de voiles en avait fait son testeur préféré et on se l’arrachait dans les clubs et les compétitions.

Il avait tourné quelques vidéos que les amateurs regardaient les yeux brillants tant son habileté de pilotage était fine et faisait merveille. Il avait écumé tous les plus beaux sites du monde et en avait même révélé certains. Bref c’était une immense pointure.
Alors pourquoi lui ?

La nuit de la confirmation du drame qu’il allait vivre, il n’avait pas dormi. Au matin, sa décision était prise. Au lever du jour, il avait écrit quelques mails dont il avait programmé l’envoi, il avait brulé certains papiers, il avait mis de l’ordre dans ses affaires.

Le jour levé, il est sorti de son chalet, il n’a rien fermé à clé, il avait sa voile préférée sur le dos, il l’a jetée à l’arrière de son combi puis il a pris la route du décollage de Planfait. Il n’était pas encore sept heures, avec un peu de chance il n’y aurait personne là-haut mais il ne fallait pas trainer, les autres arriveraient vite. L’endroit était vide quand il a garé son engin sur le parking. Il s’est dépêché de déployer le tissu sur l’aire de décollage, il s’est harnaché, il a gonflé sa voile puis il a couru.

Il est allé droit vers le lac. Il était à environ trois cent mètres au-dessus quand il s’est détaché. Trois cent mètres en vol libre… Comme une pierre. Personne ne l’a vu tomber.
On a récupéré sa voile dans la forêt pas très loin de l'eau et son corps quelques heures plus tard flottant dans le bleu sombre.

Il n’avait trouvé que ça pour garder la main et terrasser cette saleté de Lou Gehrig qui s’était emparée de lui…

Où lire Chri
Où voir ses photos

Vegas sur sarthe - Sportez-vous bien !

Le sport est affaire de frissons (Jean Dion)

En matière de sport, notre oncle Hubert était intarissable au point qu'il semblait avoir baigné dans toutes les disciplines hormis le water-polo mais j'en parlerai plus tard.
Il fallait l'entendre nous décrire l'époque où il fréquentait les Chéribibi, Ange Blanc et autre bourreau de Bethune ou plus précisément la fille ainée du frère du gardien de la salle Wagram, lieu où il assistait gratuitement et en payant de sa personne à toutes les soirées de catch jusqu'à ce qu'elle se ferme (la salle Wagram, pas la fille).
Du catch nous retiendrons la fureur de ces coups mortels à vous ressusciter un boeuf, les vaines vociférations d'un arbitre chétif, la dureté des sièges en bois comparée à la douceur des lèvres de la fille-ainée-du-frère-du-susdit-gardien-de-la-salle-Wagram...
 
Alors par dépit il s'était essayé à l'haltérophilie – ayant entendu dire au zinc du Café des Sports par certains spécialistes que “La bière... des haltères” – et il gardait de cette époque mémorable une splendide 'galette' gagnée à l'épaulé-jeté dans ce même café, bizarrement fondue en l'année 1664 et ornée des armes de Kronenbourg.
 
Ensuite lui était venue cette envie saugrenue de pratiquer le water-polo jusqu'à ce qu'il y renonce pour une raison qui nous laissa tous sur le cul!
Il aurait bien aimé nous faire prendre des limaces pour des cagouilles mais on n'était pas nés de la dernière rabasse comme on dit chez nous. Croirez-vous qu'il abandonna l'idée du water-polo, faute de pouvoir apprendre à nager à son cheval baptisé Crazy Horse ?
Oublions ça et les sourires mal contenus d'oncle Hubert.
 
C'est pourtant lui qui sut me donner la passion du vélo, à l'époque où pour moi la petite reine évoquait d'abord cette accordéoneuse rousse flamboyante et prénommée Yvette, qu'un troupeau de pédaleux suant et malodorant suivait sans relâche mais à distance respectable par peur d'écrabouiller ses canards.
On était très loin à cette époque des Amstrong, des Pantani et des vélos à moteur...
Oncle Hubert exhibait alors fièrement des mollets en forme de bouteille de Perrier – alors qu'il ne jurait que par la Kronenbourg – ainsi qu'un fragment de dossard arraché en haut du col de Peyresourde à un certain (il disait iop en sautant sur une selle imaginaire) Zoetemelk.
Tous ces noms étranges me faisaient rêver et je découvrais qu'au delà de nos contreforts bourguignons vivaient des gens qu'on nommait des néerlandais.
Je passerai allègrement sur quelques expériences douteuses et vite avortées comme la lutte Gréco-romaine inspirée par la vogue de Saint-Germain-des-Prés, la nage avec palmes peu académiques à son goût et la raquette à neige dont il chercha longtemps la petite balle jaune!
Il terminait généralement ses récits par sa grande passion, le twirling bâton qu'il avait découvert en la personne de Philomène, un quintal (pourquoi n'existe-t-il pas de féminin pour quintal?) emmaillotée, ambidextre aux poignets vigoureux qui exerçait aux Twirleuses de Baigneux-les-Juifs et dont la moustache naissante mettait notre oncle dans tous ses états.
Sur ce sujet Anastazia survenait généralement, coupant court à des détails truculents que nous n'eûmes jamais l'occasion d'entendre et qui titillent encore aujourd'hui mon imaginaire au point que j'en frissonne rien que d'y penser.
Vive le sport et ses frissons!


Semaine du 11 au 17 septembre - Sportez-vous bien !

Il ne vous a pas échappé que le sport a envahi notre espace quotidien. Que vous le pratiquiez ou que vous restiez dans votre fauteuil, vous avez bien quelque chose à nous raconter ;  un  souvenir, une mésaventure, des exploits ou même des portraits de sportifs illustres inconnus. Rien ne vous empêche d’inventer un nouveau sport avec des règles de jeux. 
En vers en prose ou les deux, vous pourrez nous lancer vos ballons à l'adresse habituelle :

impromptuslitteraires[at]gmail.com.

avant le coup de sifflet final le dimanche 17 septembre minuit. 

samedi 9 septembre 2017

Arpenteur d'étoiles - Les repères maritimes

J’observais le cortège des nuages au bord de l’horizon.

Le soir tombait calme et tiède, et mes pensées s’envolaient vers d’autres ciels, vers d’autres mondes. Quelques oiseaux glissaient leurs ailes sous un vent doux et parfumé. Au bas de la falaise, une maison ancienne aux fenêtres étroites, regardait l’océan.
Un piano se mit à jouer doucement.
La mélodie accompagnait par bribes le soleil couchant qui embrasait la mer.
Un peu plus tard, le phare illumina les eaux et la terre.

Laura Vanel-Coytte - Les repères maritimes

Jusqu'à mes vingt-deux ans, mes repères maritimes étaient imaginaires;
Ma mer était celle de Trenet et mes repères étaient ceux des tableaux des cimaises.

Il y avait des flamants roses, des taureaux et des chevaux dans un paysage de Camargue.
Dans les feuilletons américains, les jeunes passaient leurs vacances à la plage.

Il y avait aussi les émissions de l'été et le Tour de France: mes repères maritimes étaient télévisuels et poétiques: Baudelaire disait la mer que je voyais en rêve;
Celle de l'Albatros et de Jack London; Moby Dick hantait ma mer fantastique.

Jusqu'à mes vingt-deux ans, mes repères maritimes étaient imaginaires

Où lire Laura