Nuit gourmande
Nuit de toutes les demandes
Nuit câline
Nuit d’amour
« Où l'on croit rêver jusqu'au petit jour1 ! »
Nuit gourmande
Nuit de toutes les demandes
Nuit câline
Ma grand-mère me chantait des nuits câlines
Et je rêvais d’une nuit gourmande
Où tous les sens en sarabande
Seraient comblés en parties fines
Je faisais ma commande
Dans un catalogue érotique
De caresses exotiques
A un père NOËL de contrebande
J’étais déjà grande
Mais je me rêvais géante
Maîtresse ébouriffante
D’une nuit gourmande
J’enfilais ma houppelande
De petit chaperon rouge
Mais j’étais déjà dans l’offrande
De claques et de bouges
Nuit gourmande
Nuit de toutes les demandes
Nuit câline
Nuit d’amour
« Où l'on croit rêver jusqu'au petit jour2 ! »
Nuit gourmande
Nuit de toutes les demandes
Nuit câline
1 http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2017/06/12/anny-flore-nuits-de-chine-1955-5953418.html
2 http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2017/06/12/anny-flore-nuits-de-chine-1955-5953418.html
Où lire Laura
lundi 12 juin 2017
Semaine du 12 au 18 juin 2017 - Une nuit gourmande
Nés quelque part très certainement, nous avons depuis lors vécu des
jours et des nuits, que nous ne saurons compter par respect pour nos
différents âges :)
D'ailleurs, ne pensons-nous pas comme ce cher Corneille : "Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années."
Mais cessons là nos digressions pour revenir au thème de la semaine !
Autobiographie ou pure imagination, nous vous proposons de nous décrire, en prose ou en vers, ce que vous entendez par : "Une nuit gourmande".
Bien entendu votre texte devra nous parvenir avant dimanche 18 juin minuit à l'adresse habituelle impromptuslitteraires[at]gmail.com
Mais cessons là nos digressions pour revenir au thème de la semaine !
Autobiographie ou pure imagination, nous vous proposons de nous décrire, en prose ou en vers, ce que vous entendez par : "Une nuit gourmande".
Bien entendu votre texte devra nous parvenir avant dimanche 18 juin minuit à l'adresse habituelle impromptuslitteraires[at]gmail.com
Libellés :
Lancement de thème,
Une nuit gourmande
samedi 10 juin 2017
Arpenteur d'Etoiles - Né quelque part
Une étrange histoire
Il arrivait parfois que l’on sente la maison bouger.
Elle avait alors des frémissements de bête traquée entrevoyant une possible échappatoire, des frissons profonds puis, lentement, elle semblait se mettre en mouvement pour quitter sa gangue de pierres grises et glisser sur le tapis de feuilles jaunes et brunes attendant la putréfaction. En ces moments là chacun se murait dans un mutisme absolu, comme si la simple évocation d’un semblable phénomène allait déclencher le bris des amarres et l’inconcevable voyage. Nous restions immobiles, dans la position où nous avait surpris le premier tremblement. Puis tout s’arrêtait et nous reprenions nos occupations, sans faire allusion jamais à ce qui s’était produit, comme si sa négation en extirpait l’évidente réalité et la dématérialisait.
Ce matin là, il n’en était rien. Les persiennes mi-closes sur une promesse de bienveillante sérénité, le léger froissement des grands arbres alentours à peine caressés par la brise automnale, le doux ronronnement du chat s’enroulant sans cesse dans nos jambes pour tenter de nous faire admettre qu’il avait faim, tout annonçait le calme d’une journée propice aux tendres alanguissements.
Elle sortit avec la petite qui étrennait une démarche aléatoire et chaotique, toute environnée de rires clairs. Elle s’assit à la table de fer, prépara près d’elle une autre chaise et installa sa fille sur ses genoux. Lui, sortit à son tour portant un plateau plein du simple bonheur de croissants tièdes et d’un café fumant. Il retourna dans la maison et revint aussitôt avec la petite chaise en bois que lui même avait quand il était enfant.
La petite se tourna vers sa mère en plissant le front, puis vers son père, envisagea enfin d’un air soucieux la chaise dont la tablette était ornée d’un boulier usé et défraîchi. Puis elle leva les yeux au ciel, plissa les paupières, infléchit sa bouche remplie de pure enfance et commença à pleurer. Sa mère sourit et la fit sauter sur ses genoux pour la distraire d’une tristesse enfantine qu’elle jugeait inutile et bien futile.
Après avoir regardé à nouveau sa mère avec désapprobation, elle prit une profonde inspiration et modula un cri inattendu, suraigu. Une bande d’étourneaux s’éleva des hautes branches dans une arabesque compacte et s’en alla tourner au dessus de la campagne où ils semblaient plus perdus encore que nulle part ailleurs. Le cri se prolongea par une stridulation étrange et s’arrêta net, laissant les parents ébahis d’une telle violence.
Alors cela arriva. La petite se tourna à nouveau vers sa mère et lança d’une voix blanche :
- Mère, vous ne comptez pas me faire asseoir sur cette antiquité branlante et disgracieuse, j’espère !
Celle à qui s’adressait cette phrase lapidaire ouvrit de grands yeux au regard vide et s’évanouit.
Son mari se précipita, tremblant d’une crainte quasi religieuse mêlée à l’étonnement et à la colère.
La petite observa ses gestes maladroits, sa main tapotant la joue blême, son bras la soutenant et finalement l’amorce d’un mieux aller chez sa mère émergeant de sa catatonie. Elle se dressa et s’adressant à l’homme à genou :
- Et vous, Père, je vous serai gré d’aller préparer quelques rôties pour le petit déjeuner, ce qui me semble préférable à ces croissants luisants d’un beurre de piètre qualité.
La maison émit une sorte de grognement, un râle rauque accompagné d’un souffle sépulcral.
Puis tout rentra dans l’ordre. Les parents se redressèrent arborant un air interrogatif et un peu stupide, les oiseaux regagnèrent en piaillant l’abri des feuillages teintés d’ocre, la petite reprit son babillage enfantin et adorable et accepta sans rechigner de s’installer dans la vieille chaise paternelle.
Cependant, le père entra dans la maison d’une démarche mécanique et, quelques instant plus tard, flottait l’odeur rassurante du pain grillé.
Dans le grand salon, le visage austère et compassé d’Estelle portraiturée par un petit maître du dix-neuvième siècle, semblait éclairé d'un étrange sourire où se devinait une forme d'ironie narquoise.
La petite fille était née le même jour que la grande tante, bien évidemment au vingt et unième siècle.
Il arrivait parfois que l’on sente la maison bouger.
Elle avait alors des frémissements de bête traquée entrevoyant une possible échappatoire, des frissons profonds puis, lentement, elle semblait se mettre en mouvement pour quitter sa gangue de pierres grises et glisser sur le tapis de feuilles jaunes et brunes attendant la putréfaction. En ces moments là chacun se murait dans un mutisme absolu, comme si la simple évocation d’un semblable phénomène allait déclencher le bris des amarres et l’inconcevable voyage. Nous restions immobiles, dans la position où nous avait surpris le premier tremblement. Puis tout s’arrêtait et nous reprenions nos occupations, sans faire allusion jamais à ce qui s’était produit, comme si sa négation en extirpait l’évidente réalité et la dématérialisait.
Ce matin là, il n’en était rien. Les persiennes mi-closes sur une promesse de bienveillante sérénité, le léger froissement des grands arbres alentours à peine caressés par la brise automnale, le doux ronronnement du chat s’enroulant sans cesse dans nos jambes pour tenter de nous faire admettre qu’il avait faim, tout annonçait le calme d’une journée propice aux tendres alanguissements.
Elle sortit avec la petite qui étrennait une démarche aléatoire et chaotique, toute environnée de rires clairs. Elle s’assit à la table de fer, prépara près d’elle une autre chaise et installa sa fille sur ses genoux. Lui, sortit à son tour portant un plateau plein du simple bonheur de croissants tièdes et d’un café fumant. Il retourna dans la maison et revint aussitôt avec la petite chaise en bois que lui même avait quand il était enfant.
La petite se tourna vers sa mère en plissant le front, puis vers son père, envisagea enfin d’un air soucieux la chaise dont la tablette était ornée d’un boulier usé et défraîchi. Puis elle leva les yeux au ciel, plissa les paupières, infléchit sa bouche remplie de pure enfance et commença à pleurer. Sa mère sourit et la fit sauter sur ses genoux pour la distraire d’une tristesse enfantine qu’elle jugeait inutile et bien futile.
Après avoir regardé à nouveau sa mère avec désapprobation, elle prit une profonde inspiration et modula un cri inattendu, suraigu. Une bande d’étourneaux s’éleva des hautes branches dans une arabesque compacte et s’en alla tourner au dessus de la campagne où ils semblaient plus perdus encore que nulle part ailleurs. Le cri se prolongea par une stridulation étrange et s’arrêta net, laissant les parents ébahis d’une telle violence.
Alors cela arriva. La petite se tourna à nouveau vers sa mère et lança d’une voix blanche :
- Mère, vous ne comptez pas me faire asseoir sur cette antiquité branlante et disgracieuse, j’espère !
Celle à qui s’adressait cette phrase lapidaire ouvrit de grands yeux au regard vide et s’évanouit.
Son mari se précipita, tremblant d’une crainte quasi religieuse mêlée à l’étonnement et à la colère.
La petite observa ses gestes maladroits, sa main tapotant la joue blême, son bras la soutenant et finalement l’amorce d’un mieux aller chez sa mère émergeant de sa catatonie. Elle se dressa et s’adressant à l’homme à genou :
- Et vous, Père, je vous serai gré d’aller préparer quelques rôties pour le petit déjeuner, ce qui me semble préférable à ces croissants luisants d’un beurre de piètre qualité.
La maison émit une sorte de grognement, un râle rauque accompagné d’un souffle sépulcral.
Puis tout rentra dans l’ordre. Les parents se redressèrent arborant un air interrogatif et un peu stupide, les oiseaux regagnèrent en piaillant l’abri des feuillages teintés d’ocre, la petite reprit son babillage enfantin et adorable et accepta sans rechigner de s’installer dans la vieille chaise paternelle.
Cependant, le père entra dans la maison d’une démarche mécanique et, quelques instant plus tard, flottait l’odeur rassurante du pain grillé.
Dans le grand salon, le visage austère et compassé d’Estelle portraiturée par un petit maître du dix-neuvième siècle, semblait éclairé d'un étrange sourire où se devinait une forme d'ironie narquoise.
La petite fille était née le même jour que la grande tante, bien évidemment au vingt et unième siècle.

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Arpenteur d'étoiles,
Né quelque part
vendredi 9 juin 2017
Dib - Né quelque part
Il était né quelque part, mais ne savait pas où. Au plus loin que pouvait aller sa mémoire, il se revoyait dans cette maison familiale, aux grands murs extérieurs couverts de lierre, sa chambre donnant sur le jardin où il avait passé tellement de temps à shooter dans un ballon ou à observer les insectes. Des parfums l’attiraient parfois, sans qu’il ne sache pourquoi. Des couleurs également. Tout le monde lui trouvait un goût certain pour les couleurs criardes. C’était inexplicable, et il les portait bien.
Il n’était pas le seul enfant à avoir vécu dans cette grande maison. Il y avait aussi Youssouf, Pablo, Piotr et Anh Dhung. Que des garçons. Une sacrée fratrie ! Ils s’entendaient à merveille, tous ces joyeux lurons. Quelque chose d’indescriptible les liait à jamais, sans que ce ne soit un lien de sang. Un lien intemporel, transcendant cultures et frontières. Ils étaient tous nés quelque part. Et ils étaient tous d’ici, inexorablement.
Il n’était pas le seul enfant à avoir vécu dans cette grande maison. Il y avait aussi Youssouf, Pablo, Piotr et Anh Dhung. Que des garçons. Une sacrée fratrie ! Ils s’entendaient à merveille, tous ces joyeux lurons. Quelque chose d’indescriptible les liait à jamais, sans que ce ne soit un lien de sang. Un lien intemporel, transcendant cultures et frontières. Ils étaient tous nés quelque part. Et ils étaient tous d’ici, inexorablement.
jeudi 8 juin 2017
Marité - Né quelque part
Mes racines, mes amarres.
Je suis née dans le lit de mes parents. Suis-je arrivée trop vite ? Ou bien ma mère a-t-elle voulu que son premier enfant voit le jour, comme elle avant moi, dans la maison familiale ? Je n'ai jamais pensé à poser la question. Aujourd'hui, cela me semble curieux alors même que toute la fratrie après moi est née en clinique.
J'ai toujours été fière d'avoir poussé mon premier vagissement dans cette vieille maison. Comme une singularité en quelque sorte. J'ai l'impression qu'elle m'avait choisie, moi, la première née, pour perpétuer la descendance de la famille qu'elle abrite depuis deux siècles. Les temps ont changé et ça n'a pas été le cas. Pourtant, il me semble qu'elle et moi avons toujours un secret commun. Il me semble qu'elle a pour moi des attitudes bienveillantes. J'allais dire : des regards. Je suis certaine que les maisons possèdent des yeux. D'ailleurs dans les dessins enfantins - qui sont les plus parlants - on remarque qu'une maison ressemble souvent à un visage avec la porte et au-dessus deux fenêtres qui figurent la bouche et les yeux, puis un toit en guise de chevelure. Je crois que les demeures qui ont vu naitre, grandir, mourir dans leurs murs des familles depuis plusieurs générations sont comme un ventre. Je suis aussi issue de ce ventre hospitalier et jamais, tant que je serai en vie, le cordon ne sera coupé. Nous respirons à l'unisson, elle et moi.
Cette maison porte en son sein la joie, la tristesse, la douleur, les rires et les pleurs de mes ancêtres et les miens aussi. J'y ai vécu l'enfance et l'adolescence. Elle ne m'appartient pas mais je sens que moi je lui appartiens. Chaque fois que je franchis son seuil, j'éprouve ce sentiment étrange de faire partie de ses murs. Comme si j'atteignais mes racines.
J'avais à peine six ans quand maman m'a dit que j'allais avoir une petite sœur. Ou encore un frère ! Mes sentiments étaient partagés entre joie et colère. Je trouvais que ça commençait à bien faire tous ces bébés braillards qui monopolisaient l'attention de tous et particulièrement celle de ma grand-mère que je n'avais plus pour moi seule. Finies les belles histoires qu'elle me racontait : elle n'avait plus le temps. Mais une sœur. Pourvu que ce soit une sœur ! Peut être que ça ne serait pas pareil. Peut être que j'allais pouvoir moi aussi m'en occuper. Puisque maintenant j'étais "grande". Tout le monde l'affirmait.
Je demandais fréquemment où se trouvait le futur rejeton. On me répondait bien sûr qu'un garçon venait d'un chou et une fille d'une rose. Chaque jour, j'allais inspecter le jardin. Mais si les choux grossissaient, je ne remarquais rien qui ressemblât à un bébé dans le potager. De même pour les roses qui s'épanouissaient, fanaient mais n'enfantaient pas. Etonnant ! D'autant que je voyais, dans le même temps, ma mère s'arrondir.
A la campagne, dans une ferme, on assiste tous les jours à des naissances et cela semble naturel pour les enfants qu'un veau sorte de la vache, un agneau d'une brebis. Avec les bribes de conversations que je glanais ici ou là, je commençais tout doucement à comprendre.
Quand maman est revenue avec ma sœur, j'ai été tout à fait sûre, en voyant son ventre plat qu'il n'y avait pas de différence entre les animaux et les hommes en ce qui concerne les naissances. Même si je n'ai rien dit.
Ma sœur a hérité de notre vieille maison. Finalement, c'est elle qui lui est restée fidèle puisqu'elle ne l'a jamais quittée. Elle a su l'embellir tout en lui gardant son caractère. La bâtisse le mérite.
Elle ne m'a pas tenu rancune de ma désertion. C'est toujours avec un grand bonheur que je reviens dans son giron. Je m'y sens chez moi, plus près de ma famille et de mes souvenirs d'enfance qu'elle garde en mémoire dans ses pierres.
Je suis née dans le lit de mes parents. Suis-je arrivée trop vite ? Ou bien ma mère a-t-elle voulu que son premier enfant voit le jour, comme elle avant moi, dans la maison familiale ? Je n'ai jamais pensé à poser la question. Aujourd'hui, cela me semble curieux alors même que toute la fratrie après moi est née en clinique.
J'ai toujours été fière d'avoir poussé mon premier vagissement dans cette vieille maison. Comme une singularité en quelque sorte. J'ai l'impression qu'elle m'avait choisie, moi, la première née, pour perpétuer la descendance de la famille qu'elle abrite depuis deux siècles. Les temps ont changé et ça n'a pas été le cas. Pourtant, il me semble qu'elle et moi avons toujours un secret commun. Il me semble qu'elle a pour moi des attitudes bienveillantes. J'allais dire : des regards. Je suis certaine que les maisons possèdent des yeux. D'ailleurs dans les dessins enfantins - qui sont les plus parlants - on remarque qu'une maison ressemble souvent à un visage avec la porte et au-dessus deux fenêtres qui figurent la bouche et les yeux, puis un toit en guise de chevelure. Je crois que les demeures qui ont vu naitre, grandir, mourir dans leurs murs des familles depuis plusieurs générations sont comme un ventre. Je suis aussi issue de ce ventre hospitalier et jamais, tant que je serai en vie, le cordon ne sera coupé. Nous respirons à l'unisson, elle et moi.
Cette maison porte en son sein la joie, la tristesse, la douleur, les rires et les pleurs de mes ancêtres et les miens aussi. J'y ai vécu l'enfance et l'adolescence. Elle ne m'appartient pas mais je sens que moi je lui appartiens. Chaque fois que je franchis son seuil, j'éprouve ce sentiment étrange de faire partie de ses murs. Comme si j'atteignais mes racines.
J'avais à peine six ans quand maman m'a dit que j'allais avoir une petite sœur. Ou encore un frère ! Mes sentiments étaient partagés entre joie et colère. Je trouvais que ça commençait à bien faire tous ces bébés braillards qui monopolisaient l'attention de tous et particulièrement celle de ma grand-mère que je n'avais plus pour moi seule. Finies les belles histoires qu'elle me racontait : elle n'avait plus le temps. Mais une sœur. Pourvu que ce soit une sœur ! Peut être que ça ne serait pas pareil. Peut être que j'allais pouvoir moi aussi m'en occuper. Puisque maintenant j'étais "grande". Tout le monde l'affirmait.
Je demandais fréquemment où se trouvait le futur rejeton. On me répondait bien sûr qu'un garçon venait d'un chou et une fille d'une rose. Chaque jour, j'allais inspecter le jardin. Mais si les choux grossissaient, je ne remarquais rien qui ressemblât à un bébé dans le potager. De même pour les roses qui s'épanouissaient, fanaient mais n'enfantaient pas. Etonnant ! D'autant que je voyais, dans le même temps, ma mère s'arrondir.
A la campagne, dans une ferme, on assiste tous les jours à des naissances et cela semble naturel pour les enfants qu'un veau sorte de la vache, un agneau d'une brebis. Avec les bribes de conversations que je glanais ici ou là, je commençais tout doucement à comprendre.
Quand maman est revenue avec ma sœur, j'ai été tout à fait sûre, en voyant son ventre plat qu'il n'y avait pas de différence entre les animaux et les hommes en ce qui concerne les naissances. Même si je n'ai rien dit.
Ma sœur a hérité de notre vieille maison. Finalement, c'est elle qui lui est restée fidèle puisqu'elle ne l'a jamais quittée. Elle a su l'embellir tout en lui gardant son caractère. La bâtisse le mérite.
Elle ne m'a pas tenu rancune de ma désertion. C'est toujours avec un grand bonheur que je reviens dans son giron. Je m'y sens chez moi, plus près de ma famille et de mes souvenirs d'enfance qu'elle garde en mémoire dans ses pierres.
mercredi 7 juin 2017
Joe Krapov - Né quelque part
BALLADE
DES GENTILÉS QUI SONT NÉS QUELQUE
PART
Une fois qu’on est tombé(e) des nues,
Qu’on a eu l’idée saugrenue
- Et c’est là la question ! – de naître !
De vocables très dispensables
Si tu ne voyages qu’en ta chambre,
Si tu joues les anachorètes.
On t’attribue une étiquette.
Ça donne tous ces noms bizarres
Qui nous encombrent un peu la tête.
Je connais des Clodoaldiens
Des Stéphanois, des Saboliens,
Des Parigots, des Arrageois,
Des Montiliennes et des Lillois.
Moscovite, Guatémaltèque,
Péruvien, Néo-Zélandais,
Iowanien, Sarde, Lisboète,
Wallon, Flamand, Tchouktche, Fléchois,
Mongol, Malgache, Tahitien,
Stambouliote, Vénézuélien
Et Castelthéodoricien.
Et des Ch’tis dans l’Ille-et-Vilaine.
Il y a des Alsaciens à Sienne,
Des Castéloriens en Lorraine,
Des Ivoiriens à Nouvoitou,
Des Angevins à Dieulefit
Et des Qataris près de Nantes
Ceux qui sont nés dans une étable
Ou dans une valise en carton
Comme Linda qui est née De Suza
Et l’abbé qui est né dessous X
A Carhaix plus deux.
Dans un berceau des bords du Nil,
S’il n’est pas né de Cléopâtre
Changera-t-il la face du monde ?
Je n’en Carolomacérien
Comme disait Jean-Arthur Rimbaud.
Et, j’avoue, j’ignore toujours
Le nom des natifs de l’Utah,
Le gentilé des habitants de Tombouctou
Et de ceux de Llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogogoch,
La dénomination de celle
Qui est sortie tout habillée
De la cuisse de Jupiter.
MORALITÉ :
Peu importe là où t’es née,
Athéna,
Si tu me fais mourir de rire
Ou de plaisir.
Citoyennes, citoyens du monde !
Célestine - Né quelque part
« Je demeurais quelquefois une heure dans une compagnie sans qu’on m’eût regardé, et qu’on m’eût mis en occasion d’ouvrir la bouche. Mais, si quelqu’un, par hasard, apprenait à la compagnie que j’étais Persan, j’entendais aussitôt autour de moi un bourdonnement : « Ah ! Ah ! Monsieur est Persan ? C’est une chose bien extraordinaire ! Comment peut-on être Persan ? »
Montesquieu, Lettres Persanes.
Montesquieu, Lettres Persanes.
***
Ma grand-mère maternelle descendit un jour à dos d'âne de son village piémontais pour s'en aller épouser un étranger de la grande ville. Un monégasque, pensez...quelle honte. Ils s'installèrent à l'étranger, en France, dans un village de montagne où ceux d'à côté étaient appelés en patois local des « estrangers ». Ma grand-mère paternelle avait quitté sa verte Erin natale pour partir étudier à l'étranger comme jeune fille au pair, elle épousa un Stéphanois qui s'était expatrié à Paris dans le quatorzième.
En se regardant dans les yeux, tous ces étrangers allaient se mettre à se reproduire dans des concerts de soupirs et d'anges radieux. Cela donna mon père et ma mère, qui à leur tour se rencontrèrent par un de ces miracles fortuits dont la vie est friande, et que l'on appelle parfois le hasard, et parfois (quand on n'a pas de poésie) la nécessité.
Forts de ces secrets, et sachant trop bien d'où chacun venait, dans la famille, comme ébloui sans doute par ce prodige, on nous éleva dans l'amour de la différence. De toutes les différences. Un jour, à l'école, ma copine Joséphine se fit traiter de « négresse » et de « cacao » par des garnements qui lui rajoutèrent d'aller « boire du lait ». Je découvris alors ébahie que Joséphine était noire, je ne m'en étais jamais aperçue.
Elle est à toi cette chanson, toi l'étranger, qui sans façon, d'un air malheureux m'a souri, avec ta gueule de Métèque, de Juif errant, de pâtre grec, et quand la mer se ramène avec des étrangers, homme ou chien c'est pareil : on les regarde naviguer et dans les rues d'Lorient ou d'Brest, pour les sauver, y a toujours un marin qui rallume son voilier... Brassens, Perret, Moustaki, Ferré, Hugo...on chantait en bagnole pour oublier qu'on avait mal au cœur dans les virages, et rappelez-vous qu'on est toujours l'étranger de quelqu'un, disait mon père, qui entonnait son poème favori avec le ton de Jouvet et de Sacha Guitry à la fois : « C'était un espagnol de l'armée en déroute, qui se traînait, sanglant, sur le bord de la route, et vise au front mon père en criant : « Caramba! » Le coup passa si près que le chapeau tomba et que le cheval fit un écart en arrière. Donne-lui tout de même à boire, dit mon père.»
Et l'enfant qui naîtra un jour aura les couleurs de l'amour contre laquelle on ne peut rien.
Où lire Célestine
En se regardant dans les yeux, tous ces étrangers allaient se mettre à se reproduire dans des concerts de soupirs et d'anges radieux. Cela donna mon père et ma mère, qui à leur tour se rencontrèrent par un de ces miracles fortuits dont la vie est friande, et que l'on appelle parfois le hasard, et parfois (quand on n'a pas de poésie) la nécessité.
Forts de ces secrets, et sachant trop bien d'où chacun venait, dans la famille, comme ébloui sans doute par ce prodige, on nous éleva dans l'amour de la différence. De toutes les différences. Un jour, à l'école, ma copine Joséphine se fit traiter de « négresse » et de « cacao » par des garnements qui lui rajoutèrent d'aller « boire du lait ». Je découvris alors ébahie que Joséphine était noire, je ne m'en étais jamais aperçue.
Elle est à toi cette chanson, toi l'étranger, qui sans façon, d'un air malheureux m'a souri, avec ta gueule de Métèque, de Juif errant, de pâtre grec, et quand la mer se ramène avec des étrangers, homme ou chien c'est pareil : on les regarde naviguer et dans les rues d'Lorient ou d'Brest, pour les sauver, y a toujours un marin qui rallume son voilier... Brassens, Perret, Moustaki, Ferré, Hugo...on chantait en bagnole pour oublier qu'on avait mal au cœur dans les virages, et rappelez-vous qu'on est toujours l'étranger de quelqu'un, disait mon père, qui entonnait son poème favori avec le ton de Jouvet et de Sacha Guitry à la fois : « C'était un espagnol de l'armée en déroute, qui se traînait, sanglant, sur le bord de la route, et vise au front mon père en criant : « Caramba! » Le coup passa si près que le chapeau tomba et que le cheval fit un écart en arrière. Donne-lui tout de même à boire, dit mon père.»
Et l'enfant qui naîtra un jour aura les couleurs de l'amour contre laquelle on ne peut rien.
Où lire Célestine
mardi 6 juin 2017
Jacou - Né quelque part
Née
quelque part
Pas du tout,
Née dans une rose,
Cela m'aurait fait tout chose.
Venue au monde dans une cuisine,
Et toute en pleurs, était la voisine.
Dehors, orages et trombes d'eau,
On dut, la sage-femme, aller chercher à vélo.
Plus de bus, et les taxis, ça coûtait cher,
Aussi, aujourd'hui, d'ailleurs.
Attendue, pressée, ma mère l'était.
D'une table, sauter décidait.
Sitôt, cela fit son effet.
Quelques heures avant le petit déjeuner,
Me voilà, faisant mon entrée.
Née quelque part, girondine devenant,
Cette région, je l'aime tellement,
Même si, comme mes parents,
Choisie, ne l'ai point,
Et avoir parcouru, et connu autres charmants coins,
Toujours, ici me sens bien, lorsque je le rejoins.
Vegas sur sarthe - Né quelque part
Tra la la la lère
Il parait que j'ai longtemps hésité entre venir par le siège et par la présentation transverse pour finalement débarquer de façon banale c'est à dire par voie basse ce qui au passage n'empêche nullement de brailler à tue-tête.
Il parait que j'ai longtemps hésité entre venir par le siège et par la présentation transverse pour finalement débarquer de façon banale c'est à dire par voie basse ce qui au passage n'empêche nullement de brailler à tue-tête.
On dit que j'aurais braillé un mot de trois lettres mais quand d'autres auraient braillé Oui ou Non, j'avais parait-il braillé Kir!
Et me voilà tout étonné, déjà façonné dans le moule, formaté à la mode bourguignonne parce que né – Dieu seul sait pourquoi – sur cette Côte liquide, sur ce grès couleur de miel qui brille au couchant et qui d'après moi a donné son nom à la Côte d'Or.
A quoi ça tient les racines? A un mot de trois lettres?
A dix centilitres d'un apéro né d'un chanoine bon vivant? A un blanc-cass?
Le vrai blanc-cass, m'sieurs dames c'est un tiers de vin blanc cépage aligoté et deux tiers de crème de cassis à 20°. Ajoutez-y un bon tiers d'accent bourguignon – on n'est pas à un tiers près – en rrroulant les 'R' et vous êtes au parrradis!!
Concernant le rrroulage des 'R' il fallait que cette singularité soit d'importance pour que Molière dans son Bourgeois Gentilhomme en ait fait une description prrresque chirrrurrrgicale:
“L'R se prononce en portant le bout de la langue jusqu'au haut du palais, de sorte qu'étant frôlé par l'air qui sort avec force, elle lui cède, et revient toujours au même endroit, faisant une sorte de tremblement : 'Rrr'.
A quoi ça tient les Rrracines? A une façon de mettre sa langue dans son palais ou encore à une façon de chanter son bonheur d'être là à la moindre occasion.
Quiconque sait chanter “Tra la... Tra la... Tra la la la lère...” en approchant les mains en forme de coupe à hauteur de sa trogne pour les faire tourner comme si on regardait à travers est déjà un pro du ban bourguignon.
Avec mes cousins on le pratiquait à notre manière c'est à dire d'une seule main pour pouvoir en même temps pincer les fesses des filles... ce qui nous valait aussi des calottes.
En cherchant bien on trouve d'abord ses racines au fond de l'assiette; j'ai toujours vu les anciens rafraîchir leur restant de soupe avec une grande rasade de Passetoutgrain comme une sorte de rituel ancestral.
Mais d'où ça sort ce Chabrot ou Chabroù?
Un lointain cousin des Baux de Provence qui connaissait Mistral par cœur soutenait que l'expression venait de cabroù parce qu'on boit dans son assiette comme le ferait une chèvre.
Bref bouc ou biquette, peu m'importait, j'ai fait comme les autres... des grands Slurp!
J'aurais pu naître dans n'importe quel endroit normal, un endroit où les fontaines pissent de l'eau fraîche et bien non... à Dijon la fontaine du Bareuzai – notre Manneken-Piss bourguignon vêtu d'une simple feuille de vigne – “pisse” du vin une fois l'an pour les fêtes de la Vigne.
A l'ombre de mes racines j'ai grandi et puis j'ai fini par en avoir une grosse... une vraie, cadeau de l'oncle Hubert le jour où il est revenu de la ville avec une Choillot toute neuve. Ce jour là, Vindiou! j'ai eu droit à un cours magistral sur l'invention de Jean et André Choillot, deux bricoleurs de génie qui avec une caisse, deux roues et un attelage de vélo allaient révolutionner le monde de la carriole attelée et du même coup faire de moi le plus fier des gars du village.
Si on ne choisit pas ses racines on en prend tout le bon et on s'accommode du moins bon.
Les racines c'est un joyeux pêle-mêle, de “la paulée” – le banquet de fin des vendanges – de la saint Vincent tournante qui n'a rien d'obscène, de la vente à la bougie des Hospices de Beaune, des Chevaliers du tastevin et leur drôle de coupelle à dégustation, bref comme disaient mes ancêtres :”Les coutumes comme les femmes, sont faites pour être respectées... et bousculées aussi”.
Libellés :
Né quelque part,
Vegas sur sarthe
lundi 5 juin 2017
Bricabrac - Né quelque part
Paramnésie
De là me vient mon goût des orages
Des éclairs et des coups de foudre
Je suis né quelque part à Sol
À moins que ce ne fût à Pluie ou Vent
Un jour de pluviôse ou ventôse
J’en gardai une inclination
Aux jeux du temps et des saisons
Je suis né quelque part à Disiaque
J’y acquis l’amour des oiseaux
Disparus l’oiseau vert et le tec-tec
La zirondel des Mascareignes
Leurs tombes sont sous les fougères
Des arbres de la forêt primaire
Bois carotte bois perroquet
Bois de cœur bleu ti bois de senteur
Je suis né quelque part à Noïa
Maintenant je m’en souviens
C’était quelque part à Guay
Sur les rivages du Paraná
Avant mon exil à Paris
Stouf - Né quelque part
V'là monsieur Ying, le chinois proprio du bar tabac au numéro treize de la rue d' Hauteville qui saute en l'air et fout un grand coup de karaté dans la loco à la con. Ouf ! Le trome stoppe net. Tous les gens dans la station crient « Hourra ! » et retournent à leurs smartphones.
Du coup les pompiers et le SAMU viennent voir si par hasard ça va avec monsieur Ying mais c'est râpé et direction l'institut médico-légal du quai de la Râpée.
Bon, ben je me baisse vers Bouba et je lui tends la main pour qu'y r'monte sur le quai, nom de dieu il est lourd. Oh ! pis cette chanson de vieux dans la sono de la station me casse les « hum hum ... » . Maxime le Forestier, y pouvait pas y rester dans sa forêt le vieux barbu qui pue ?
Né quelque part on l'est tous et moi c'est Ripas, j'ai maman Rose et mémé gaga et maintenant j'ai Bouba qu'est comme mon frère, j'aime bien cette vie là.
Tiens, sur le quai d'en face y a Waêl mon pote qu'est plus vieux, il est Libano-Palestinien Bouddhiste de Montreuil et il va surement vers la gare du nord et le TGV vers Anvers pour livrer discrètement quelques diamants à des clients feuges. Dans le temps (y a un mois, parce que je suis jeune tout de même ) j' ai encore fait le guet pour lui lorsqu'il rentrait par derrière, dans la cour de la bijouterie. Quand y r'venait y l'avait l'air inquiet et y m'demandait :
- Tout va bien Moulefrite ?
- Zyva Waël, y a juste un chinois qui vient de passer mais c'est un pote, monsieur Ying.
- T'es sûr ?
- Ouais, y a deux jours, y m'a invité à manger des nems dans son apart pa'ce que j'avais ramené sa p'tite fille de notre école, une autre nana avait fait v'nir ses frères à cause d'une histoire de partie de billes qu'elle avait perdue. J'ai réglé l'affaire grâce à Momo, un grand balaise de onze ans qui me devait un service et qu'a distribué quelques baffes.
- Je ne sais pas comment tu fais, moi les chinois je les confonds tous !
Du coup les pompiers et le SAMU viennent voir si par hasard ça va avec monsieur Ying mais c'est râpé et direction l'institut médico-légal du quai de la Râpée.
Bon, ben je me baisse vers Bouba et je lui tends la main pour qu'y r'monte sur le quai, nom de dieu il est lourd. Oh ! pis cette chanson de vieux dans la sono de la station me casse les « hum hum ... » . Maxime le Forestier, y pouvait pas y rester dans sa forêt le vieux barbu qui pue ?
Né quelque part on l'est tous et moi c'est Ripas, j'ai maman Rose et mémé gaga et maintenant j'ai Bouba qu'est comme mon frère, j'aime bien cette vie là.
Tiens, sur le quai d'en face y a Waêl mon pote qu'est plus vieux, il est Libano-Palestinien Bouddhiste de Montreuil et il va surement vers la gare du nord et le TGV vers Anvers pour livrer discrètement quelques diamants à des clients feuges. Dans le temps (y a un mois, parce que je suis jeune tout de même ) j' ai encore fait le guet pour lui lorsqu'il rentrait par derrière, dans la cour de la bijouterie. Quand y r'venait y l'avait l'air inquiet et y m'demandait :
- Tout va bien Moulefrite ?
- Zyva Waël, y a juste un chinois qui vient de passer mais c'est un pote, monsieur Ying.
- T'es sûr ?
- Ouais, y a deux jours, y m'a invité à manger des nems dans son apart pa'ce que j'avais ramené sa p'tite fille de notre école, une autre nana avait fait v'nir ses frères à cause d'une histoire de partie de billes qu'elle avait perdue. J'ai réglé l'affaire grâce à Momo, un grand balaise de onze ans qui me devait un service et qu'a distribué quelques baffes.
- Je ne sais pas comment tu fais, moi les chinois je les confonds tous !
Après, j'ai eu quartier libre à la pâtisserie Berthillon, c'était convenu avec Waël.
Ça y est, Bouba est de nouveau sur le quai et il rend sa poupée à la p'tite fille qui lui fait un gros bisou, maman Rose qui me tenait par la ceinture pour pas que je tombe a la larme à l’œil droit et s'écrie :
- Il a de la chance le petit Bouba, il est le preux chevalier d'une belle princesse et moi j'ai bien un bel écuyer de fils mais pas d'amoureux de mon âge !
A ce moment le Bob philosophe il repasse à not'e niveau avec son troupeau d'étudiants et file vite fait un p'tit papelard à maman avant de continuer à marcher. Mama fait une tête super contente en lisant, avec Bouba on s'regarde étonné et on s'fait un clin d’œil complice. En fait on s'doute que c'est un 06 de tel ou un mot doux pour un rencard.
Ça y est, Bouba est de nouveau sur le quai et il rend sa poupée à la p'tite fille qui lui fait un gros bisou, maman Rose qui me tenait par la ceinture pour pas que je tombe a la larme à l’œil droit et s'écrie :
- Il a de la chance le petit Bouba, il est le preux chevalier d'une belle princesse et moi j'ai bien un bel écuyer de fils mais pas d'amoureux de mon âge !
A ce moment le Bob philosophe il repasse à not'e niveau avec son troupeau d'étudiants et file vite fait un p'tit papelard à maman avant de continuer à marcher. Mama fait une tête super contente en lisant, avec Bouba on s'regarde étonné et on s'fait un clin d’œil complice. En fait on s'doute que c'est un 06 de tel ou un mot doux pour un rencard.
Plus tard.
Voilà … Avec Bouba et Rose on vient de se becqueter une sacrée plâtrée de glace vanille-fraise des bois-noisettes avec du caramel et une tonne de chantilly, pour Bouba c'est la première fois qu'il mange une vraie glace aussi bonne et il déserre un peu sa ceinture et pète un coup en croyant qu'on a pas remarqué. Tu parles Charles … allez, c'est mon frangin, faut faire avec !;o)))
- L'addition est pour monsieur Waël … comme d'habitude ?
- Nan monsieur Moshé, c'est maman Rose qui paye … mais vous nous f''rez bien un prix d'ami ?
- Bien sûr, une réduction de juif, 10 % de réduction et j'augmente le prix de 20% ! Ah ah ah … mais non je plaisante monsieur Moulefrite … Allez c'est cadeau parce que demain c'est le premier jour de Pessa'h et qu'on est fermé !
Merdre, j'me suis gourré sur toute la ligne ... Berthillon c'est à l'ile Maurice, euh l'ile st Louis qu'est pas le coin des feuges. Bon ben tant pis, on s'est éclaté dans les marais et pi ch'uis qu'un gosse après tout ;o)))
Voilà … Avec Bouba et Rose on vient de se becqueter une sacrée plâtrée de glace vanille-fraise des bois-noisettes avec du caramel et une tonne de chantilly, pour Bouba c'est la première fois qu'il mange une vraie glace aussi bonne et il déserre un peu sa ceinture et pète un coup en croyant qu'on a pas remarqué. Tu parles Charles … allez, c'est mon frangin, faut faire avec !;o)))
- L'addition est pour monsieur Waël … comme d'habitude ?
- Nan monsieur Moshé, c'est maman Rose qui paye … mais vous nous f''rez bien un prix d'ami ?
- Bien sûr, une réduction de juif, 10 % de réduction et j'augmente le prix de 20% ! Ah ah ah … mais non je plaisante monsieur Moulefrite … Allez c'est cadeau parce que demain c'est le premier jour de Pessa'h et qu'on est fermé !
Merdre, j'me suis gourré sur toute la ligne ... Berthillon c'est à l'ile Maurice, euh l'ile st Louis qu'est pas le coin des feuges. Bon ben tant pis, on s'est éclaté dans les marais et pi ch'uis qu'un gosse après tout ;o)))
Andiamo - Né quelque part
TERRA INCOGNITA
Soyons honnête (une fois n'est pas costume, disait ma bignole d'Aubervilliers), cette histoire m'a été inspirée par le B.D de Gotlib : "le journal d'un conquistador"
Je viens d’atterrir, j’ai vraiment eu beaucoup de mal à m’extraire de cette capsule.
Le voyage a été relativement long ! Mais les ingénieurs avaient vraiment tout prévu, semi-hibernation, tuyau d’alimentation, relié directement à mon appareil digestif, pareil pour les évacuations !
Ce monde dans lequel je viens d’atterrir est étrange, tout semble noyé dans le brouillard. Je dors beaucoup, sans doute le voyage et surtout cette extraction de la capsule, vraiment très éprouvante !
Je viens d’atterrir, j’ai vraiment eu beaucoup de mal à m’extraire de cette capsule.
Le voyage a été relativement long ! Mais les ingénieurs avaient vraiment tout prévu, semi-hibernation, tuyau d’alimentation, relié directement à mon appareil digestif, pareil pour les évacuations !
Ce monde dans lequel je viens d’atterrir est étrange, tout semble noyé dans le brouillard. Je dors beaucoup, sans doute le voyage et surtout cette extraction de la capsule, vraiment très éprouvante !
Il faudra que je commence à travailler, je ne sais pas vraiment quelle est ma mission, les instructions sont assez vagues.
J’ai trouvé de la nourriture, une espèce de gros fruit, tout doux et tiède, d’une agréable odeur, je le porte à ma bouche, un liquide onctueux et très nourrissant en sort.
Je mange trop, il faudra que je fasse attention, car après chacun de mes repas, j’éprouve l’irrésistible besoin de dormir.
Je ne sais ce qui m’attend, ni quand je pourrai repartir, d’abord retrouver la capsule, mon vaisseau spatial !
Plusieurs fois par jour, une entité, toujours la même, se penche sur moi, une sorte de gazouillis est émis d’une ouverture, très rouge, avec des rangées de choses très blanches, situées en haut et en bas de cette ouverture, cette entité me change, cela me gêne, mais comment faire ? Le flexible qui se chargeait de mon alimentation et des évacuations a été coupé !
J’ai trouvé de la nourriture, une espèce de gros fruit, tout doux et tiède, d’une agréable odeur, je le porte à ma bouche, un liquide onctueux et très nourrissant en sort.
Je mange trop, il faudra que je fasse attention, car après chacun de mes repas, j’éprouve l’irrésistible besoin de dormir.
Je ne sais ce qui m’attend, ni quand je pourrai repartir, d’abord retrouver la capsule, mon vaisseau spatial !
Plusieurs fois par jour, une entité, toujours la même, se penche sur moi, une sorte de gazouillis est émis d’une ouverture, très rouge, avec des rangées de choses très blanches, situées en haut et en bas de cette ouverture, cette entité me change, cela me gêne, mais comment faire ? Le flexible qui se chargeait de mon alimentation et des évacuations a été coupé !
Mes yeux commencent à s’habituer à mon environnement, il semble assez restreint !
Tout à l’heure l’entité m’a murmuré quelque chose comme BBBBBBé.. béééé je crois.
Plusieurs jours que je suis ici. Hier, mon univers a basculé, l’entité a ouvert une sorte de hublot, et j’ai vu au-delà de ce petit univers que je croyais fini, ce monde semble beaucoup plus vaste que je le pensais !
Tout à l’heure l’entité m’a murmuré quelque chose comme BBBBBBé.. béééé je crois.
Plusieurs jours que je suis ici. Hier, mon univers a basculé, l’entité a ouvert une sorte de hublot, et j’ai vu au-delà de ce petit univers que je croyais fini, ce monde semble beaucoup plus vaste que je le pensais !
Aujourd’hui l’entité a tenté de communiquer avec moi, elle m’a saisi avec ses deux grands bras terminés chacun par cinq tentacules, l’ouverture rouge s’est approchée de mon oreille et a murmuré : MA…MAN !

Je crois que je ne retournerai jamais d’où je suis venu.
Tisseuse - Né quelque part
Je suis née quelque part
Dans une boule de billard
Dans un drôle de boudoir
Peut-être même un fumoir
Mais non c’était plutôt
Entre deux quais de gare
Coincée dans les cigares
Oubliée des cageots
Je suis née quelque part
Dans une page d’histoire
Rien à dire rien à voir
Et même rien à boire
C’était tôt ou plus tard
Mais c’était quelque part
Tout près du mini bar
Ou bien dans un hangar
Je suis née quelque part
C’est la seule chose de sûre
Au beau milieu d’un car
Ou au pied d’un grand mur
Qu’y a-t-il d’autre à écrire
Qui se nomme hasard
Qu’il n’y a rien de pire
Que de ne pas savoir
Laura Vanel-Coytte - Né quelque part
Les liens du sang
Sont-ils plus importants
Que ceux du cœur
Tissés au petit bonheur
Des rencontres
La famille
Est-elle sacrée ?
Ou est-ce l’amitié ?
L’amour et la passion
De nos relations
Qui fonde notre vie
Je dirais oui
Aux liens du cœur
Ceux que le malheur
Renforce sans oublier
Le plaisir de se retrouver.
Où lire Laura
Sont-ils plus importants
Que ceux du cœur
Tissés au petit bonheur
Des rencontres
Est-elle sacrée ?
Ou est-ce l’amitié ?
L’amour et la passion
Qui fonde notre vie
Je dirais oui
Aux liens du cœur
Ceux que le malheur
Renforce sans oublier
Le plaisir de se retrouver.
Où lire Laura
Libellés :
Laura Vanel-Coytte,
Né quelque part
Semaine du 5 au 11 juin 2017 - Né quelque part
Les couleurs et les sentiments se sont mélangés toute la semaine écoulée, et pourtant, comme le chante Maxime Le Forestier dans "Né quelque part", "on choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille...".
Nous
souhaitons que vous vous laissiez inspirer par cette chanson pour
écrire un texte, en prose ou en vers, que vous pourrez nous envoyer à
l'adresse habituelle impromptuslitteraires[at]gmail.com avant dimanche
11 juin minuit.
Libellés :
Lancement de thème,
Né quelque part
samedi 3 juin 2017
Bricabrac - Couleurs primaires ... et sentiments
Paco
Tille et Apis
J’ai été amoureuse de Paco depuis l’école primaire. Quand il jouait avec ses copains dans la cour de récréation, je ne regardais que lui, qui soulevait dans sa course le sable doré. Quand la cloche sonnait, il me rejoignait à l’ombre des marronniers, où le soleil plantait ses banderilles à travers le feuillage, et me donnait un baiser furtif. Puis, avant que nous courions nous mettre en rangs, il prenait entre ses doigts mes nattes noires nouées d’un ruban rouge, comme les cornes d’un taureau, et s’amusait à s’en faire des moustaches. Parce qu’il voulait grandir vite et m’épouser. J’en suis sûre.
Les années passèrent. Je devins son aficionada. Je l’accompagnais le dimanche, quand il allait courir des capeas sur les places des villages. Les maisons fermaient leurs volets rouges, on disposait des charrettes pour faire une talanquère, une cour de ferme servait de toril. Lorsque les fauves sortaient, leurs naseaux fumaient d’essaims d’abeilles, et sous leurs sabots s’envolait une poussière ocre. Il avait adopté pour toréer le nom de Paco Tille, mais son amour pour moi était trempé comme l’acier bleu d’une épée. Je l’aurais juré.
Le jour arriva enfin où Paco prit l’alternative, aux arènes d’Aix-en-Bretagne. C’est moi qui nouai la cravate de soie rouge de son habit de lumières, sur sa chemise blanche à jabot. Qu’il était beau, avec sa veste et son gilet bleus brodés, sa culotte jaune moulante aux cordons tressés, et ses bas roses. Quand il fut prêt, sa toque en astrakan crânement posée sur son petit chignon postiche, il tint à se rendre à la chapelle. J’eus un mauvais pressentiment. Juste la peur qu’il s’abîmât en prières.
Lorsqu’à cinq heures de l’après-midi, sous la faïence azulejo du ciel que rayaient les éclats des cuivres de la banda, Paco pénétra dans l’arène au centre de sa cuadrilla, je lui lançai l’œillet rouge que j’avais mis dans mes cheveux, et qui s’abattit à ses pieds, sur le sable chauffé à blanc, comme un bouvreuil en sang. Puis à la fin du paseo, le paso doble s’arrêta, et l’on n’entendit plus que le vent qui ratissait la piste. Mais au moment où l’on fit entrer Apis, le premier taureau, je ne pus m’empêcher, pour encourager mon amoureux, de crier que j’épouserais le vainqueur du combat. Mais qu’est-ce qui m’a pris ?
Et comment pourrais-je jamais oublier Paco, qu’on emportait à l’infirmerie sur une civière, vidé de toutes ses couleurs ? Apis m’emmena le soir même dans sa ganadería. Je ne nie pas sa bravoure, ni son tempérament de fuego. Une autre que moi fondrait quand il me regarde amoureusement de ses yeux placides, mâchant de l’avoine jaunâtre et de la crételle des prés, mais qu’y puis-je si, dès qu’il s’approche, son haleine de flouve odorante m’écœure. Il a beau m’encoquelicoter de cadeaux et m’embleuetter d’attentions touchantes, je n’en peux plus de ces prairies barbouillées d’un mélange de bleu et de jaune qu’on appelle le vert. Une fois couché le soleil, ni rouge, ni jaune, d’une étrange couleur entre les deux, la noctuelle des moissons porte l’estocade à mon sommeil, la rouille brune m’étreint, et l’ennui m’envahit comme du séneçon. Est-ce ma faute, si ce n’est pas très olé olé ?
Les années passèrent. Je devins son aficionada. Je l’accompagnais le dimanche, quand il allait courir des capeas sur les places des villages. Les maisons fermaient leurs volets rouges, on disposait des charrettes pour faire une talanquère, une cour de ferme servait de toril. Lorsque les fauves sortaient, leurs naseaux fumaient d’essaims d’abeilles, et sous leurs sabots s’envolait une poussière ocre. Il avait adopté pour toréer le nom de Paco Tille, mais son amour pour moi était trempé comme l’acier bleu d’une épée. Je l’aurais juré.
Le jour arriva enfin où Paco prit l’alternative, aux arènes d’Aix-en-Bretagne. C’est moi qui nouai la cravate de soie rouge de son habit de lumières, sur sa chemise blanche à jabot. Qu’il était beau, avec sa veste et son gilet bleus brodés, sa culotte jaune moulante aux cordons tressés, et ses bas roses. Quand il fut prêt, sa toque en astrakan crânement posée sur son petit chignon postiche, il tint à se rendre à la chapelle. J’eus un mauvais pressentiment. Juste la peur qu’il s’abîmât en prières.
Lorsqu’à cinq heures de l’après-midi, sous la faïence azulejo du ciel que rayaient les éclats des cuivres de la banda, Paco pénétra dans l’arène au centre de sa cuadrilla, je lui lançai l’œillet rouge que j’avais mis dans mes cheveux, et qui s’abattit à ses pieds, sur le sable chauffé à blanc, comme un bouvreuil en sang. Puis à la fin du paseo, le paso doble s’arrêta, et l’on n’entendit plus que le vent qui ratissait la piste. Mais au moment où l’on fit entrer Apis, le premier taureau, je ne pus m’empêcher, pour encourager mon amoureux, de crier que j’épouserais le vainqueur du combat. Mais qu’est-ce qui m’a pris ?
Et comment pourrais-je jamais oublier Paco, qu’on emportait à l’infirmerie sur une civière, vidé de toutes ses couleurs ? Apis m’emmena le soir même dans sa ganadería. Je ne nie pas sa bravoure, ni son tempérament de fuego. Une autre que moi fondrait quand il me regarde amoureusement de ses yeux placides, mâchant de l’avoine jaunâtre et de la crételle des prés, mais qu’y puis-je si, dès qu’il s’approche, son haleine de flouve odorante m’écœure. Il a beau m’encoquelicoter de cadeaux et m’embleuetter d’attentions touchantes, je n’en peux plus de ces prairies barbouillées d’un mélange de bleu et de jaune qu’on appelle le vert. Une fois couché le soleil, ni rouge, ni jaune, d’une étrange couleur entre les deux, la noctuelle des moissons porte l’estocade à mon sommeil, la rouille brune m’étreint, et l’ennui m’envahit comme du séneçon. Est-ce ma faute, si ce n’est pas très olé olé ?
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Bricabrac,
Couleurs primaires... et sentiments
Gene M - Couleurs primaires ... et sentiments
Lorsque j'étais encore une toute petite fille, il y eut le choc du jaune : un champ de tournesols d'un jaune soutenu. Cette armée de petits soleils, qui semblait me regarder en souriant m'enchanta.
Je devins une jeune fille amoureuse et c'est le bleu qui m'enveloppa : le bleu presque violet de la méditerranée en Grèce, le bleu dur du ciel et le bleu plus tendre sur les volets des maisons d'un blanc immaculé.
Des lustres plus tard, alors que je cheminais dans les collines douces du Rajasthan, je fus frappée par le rouge magnifique et rare de petites fleurs, dont le nom m'est resté inconnu, qui ponctuaient joliment le paysage.
Mais les couleurs primaires peuvent être violentes et je songe à James Ellroy, qui parle si bien de Los Angeles, ville magnifique et vénéneuse. Où serait sa magie sans ses enseignes lumineuses et agressives bleu océan,rouge sang ou jaune citron ?
Je devins une jeune fille amoureuse et c'est le bleu qui m'enveloppa : le bleu presque violet de la méditerranée en Grèce, le bleu dur du ciel et le bleu plus tendre sur les volets des maisons d'un blanc immaculé.
Des lustres plus tard, alors que je cheminais dans les collines douces du Rajasthan, je fus frappée par le rouge magnifique et rare de petites fleurs, dont le nom m'est resté inconnu, qui ponctuaient joliment le paysage.
Mais les couleurs primaires peuvent être violentes et je songe à James Ellroy, qui parle si bien de Los Angeles, ville magnifique et vénéneuse. Où serait sa magie sans ses enseignes lumineuses et agressives bleu océan,rouge sang ou jaune citron ?
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Couleurs primaires... et sentiments,
Gene M
jeudi 1 juin 2017
Emma - Couleurs primaires... et sentiments
Palettes.
7 notes suffisent à composer la pastorale.
Et avec les 3 couleurs primaires, tu peux décorer la
Sixtine.
En théorie.
Pour de vrai il est plus probable que tu vas te
contenter du drapeau de la Moldavie[iii].
Encore que, peintre
du dimanche, mais enfant gâté de la société de consommation, sans honte à la
pensée que tant de grands maitres ont vécu dans le dénuement, il te suffira
d'ouvrir un catalogue pour choisir entre 50 nuances de chaque couleur :
Jaune de Naples, jaune indien, laque alizarine, laque jaune,
jaune cadmium (clair, citron, foncé ). Sans compter les terres de Sienne et
ocres…
Rouge antique, rouge de cadmium (clair, foncé, moyen,
ou orangé), rouge carmin, rouge cinabre, rouge de Mars, rouge anglais ou de
Venise, rouge hélios, rouge indien, rouge vermillon de Chine ou
français, laque alizarine cramoisie, rouge ou carminée, pourpre, laque
géranium, laque de Chine, d´orient, laque de garance (foncée, rose ou rose
dorée) pourpre carminée ou hélios…
Bleu anglais, bleu azur, bleu cobalt, bleu céruléum,
bleu de Flandres, de Prusse ou de Sèvres, bleu minéral, bleu outremer ( clair
ou foncé ), bleu royal laque alizarine bleue
Et autres indigo et turquoise…
Plus tous
les mélanges de ces couleurs là…26 sortes de vert, par exemple, qui fait
souvent le désespoir du peintre tant il
est difficile de trouver le ton juste ! Parce qu'on peut peindre faux comme on
peut chanter faux.
Patrick, lui, c'est mon pote. Il est peintre, et même
peintre reconnu. Apprécié pour sa gestuelle vigoureuse et la hardiesse de ses
couleurs, insolites et troublantes. Il peint des scènes exotiques extravagantes
et poétiques de femmes dorées aux cheveux roses sous des arbres bleus.
Pour lui pomme de reinette ou pomme d'api, c'est kif
kif, et l'orange peut bien être bleue. Patrick est daltonien.
Il dit qu'il voit le monde dans un camaïeu de beiges.
Beige ! la négation même de la couleur !
Mais Beethoven était bien sourd…
Où lire Emma
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Couleurs primaires... et sentiments
Arpenteur d'Etoiles - Couleurs primaires ... et sentiments
En voir de toutes les couleurs
Le monde est dans ses yeux
le monde est dans son âme
comme un volcan en lui
brûle une lave écarlate
qui se mêle à son sang
ses yeux voient ce que personne ne voit
son regard limpide a traversé le temps
a voyagé l'espace
au bout de ses doigts
la lumière a jailli
cobalt, orangée, cuivrée
Sa pensée est matière
le couteau sur la toile
en rajouter encore
le tableau est immense
et remplit l'atelier
tout devient peinture
et lui en est au cœur
l'émeraude et le fauve
l'orpiment et l'absinthe
l'andrinople et le grège
le chocolat et l'héliotrope
s'effleurent ou bien s'accouplent
en sauvage ou caresse
il va de l'une à l'autre
les prend à pleine main
ou d'un souffle
les superpose
L'endroit est trop étroit
pour y peindre le monde
il le sait et il mêle
ses larmes et sa fureur
à toutes les couleurs
il peint l'orage
il peint l'océan
il peint la haine et l'amour
la souffrance
des peuples en guerre
et le baiser d'une mère
il peint le vent
une nuit sans étoiles
le fond de l'âme humaine
il peint la vie
il peint la mort
il peint l'éternité
et le silence de l'univers ...
Le monde est dans ses yeux
le monde est dans son âme
comme un volcan en lui
brûle une lave écarlate
qui se mêle à son sang
ses yeux voient ce que personne ne voit
son regard limpide a traversé le temps
a voyagé l'espace
au bout de ses doigts
la lumière a jailli
cobalt, orangée, cuivrée
Sa pensée est matière
le couteau sur la toile
en rajouter encore
le tableau est immense
et remplit l'atelier
tout devient peinture
et lui en est au cœur
l'émeraude et le fauve
l'orpiment et l'absinthe
l'andrinople et le grège
le chocolat et l'héliotrope
s'effleurent ou bien s'accouplent
en sauvage ou caresse
il va de l'une à l'autre
les prend à pleine main
ou d'un souffle
les superpose
L'endroit est trop étroit
pour y peindre le monde
il le sait et il mêle
ses larmes et sa fureur
à toutes les couleurs
il peint l'orage
il peint l'océan
il peint la haine et l'amour
la souffrance
des peuples en guerre
et le baiser d'une mère
il peint le vent
une nuit sans étoiles
le fond de l'âme humaine
il peint la vie
il peint la mort
il peint l'éternité
et le silence de l'univers ...
Ecumeuse - Couleurs primaires ... et sentiments
Un peu synesthète, elle ressentait obstinément les couleurs de ses amours. Ses amours des êtres comme celui des choses, des lieux et des évènements. D'abord il y avait eu les amours bleus naïfs de l'enfance puis la verte rancœur des espoirs déçus de l'adolescence. Il y avait eu la passion rouge flamboyant de son premier grand amour, une passion fiévreuse aux premiers jours mais qui peu à peu se métamorphosa en un grand papillon de soie multicolore, un amour d'apparence fragile et délicat mais tout en finesse. Les amours étaient multiples chez elle, foisonnants. Elle en avait une pleine conscience aussi la percevait-on comme une femme d'une immense sagesse. L'amour pour ses enfants était rouge inconditionnel mêlé de jaune pour ses interactions avec eux et d'un bleu rassurant pour les moments de tendresse. Sa ville natale était bleue elle aussi, mais un bleu pâle et froid pour le manque et l'absence de ses parents désormais sous terre. Ses sœurs baignaient dans le jaune joueur nimbé d'orange pour leur complicité. Elle peignait ainsi la vie, sa vie, avec une palette illimitée de teintes à la manière d'un coloriste fou. Aussi ses toiles, incompréhensibles pour les spectateurs profanes, s'apparentaient simplement à des explosions de joie, des éclats de vie. Pourtant dans sa tête chaque peinture reflétait un évènement ou un personnage précis, car elle savait peindre la couleur des sentiments.
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Couleurs primaires... et sentiments,
Ecumeuse
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