mardi 25 juillet 2017

Marité - J'en ai bien profité

Le cochon de Léon.

Au tribunal.
- Je déclare la séance ouverte. Monsieur Jean Bonneau, veuillez vous avancer à la barre.

Déterminé, un petit homme maigre s'avance et salue le Président.
- Monsieur Bonneau, vous êtes cité à comparaître devant ce tribunal pour la faute suivante : votre voisin, Monsieur Léon Bontemps vous accuse d'avoir volé son cochon. Qu'avez-vous à dire pour votre défense ?
- Mais rien, Monsieur le Président, Je n'ai rien volé du tout. Son andouille de cochon est venu chez moi tout seul.
- Votre voisin affirme que vous avez ouvert la barrière de l'enclos où se tient habituellement le porc.
- Pas la peine Monsieur le Président. Bontemps a un tel poil dans la main - et pas de soie celui-là - qu'il ne répare jamais ses clôtures. Je pourrais aussi me plaindre parce que son cochon a déboulé chez moi pour manger mes salades, engloutir la gamelle du chien et ch...euh, faire ses saletés devant ma porte.
- Mais vous avez aussitôt enfermé l'animal dans votre garage n'est-ce pas ?
- Ben oui. Où vouliez-vous que je le mette ? Même que la Louise, ma femme hurlait comme un porc qu'on égorge. Pardon Monsieur le Président mais la Louise ne parle pas, elle crie. Donc, la Louise trouvait que ça sentait trop mauvais. Il fallait bien que je trouve une solution pour me débarrasser de la bête.
- Enfin, il fallait ramener l'animal chez Bontemps !
- Pas question. Est-ce qu'il me rapporte les œufs quand mes poules vont pondre dans sa haie ? Sûrement pas. Il va les vendre au marché. C'est un manque à gagner énorme pour nous.
- Vous n'allez pas comparer quelques douzaines d'œufs à la viande d'un cochon tout de même ?

Dans le cochon tout est bon.
- Vous avez tout à fait raison Monsieur le Président et j'en ai bien profité, je dois dire !
- Vous ne manquez pas d'air. Qu'avez-vous fait de ce cochon ?
- Mais Monsieur le Président, ce que vous auriez fait vous-même...
- Je vous en prie. Nous n'avons pas gardé les cochons ensemble alors, restez poli.
- Pardon Monsieur le Président. Un cochon qui vous tombe du ciel, faut pas hésiter. Et je me suis pas privé.
- Vous l'avez égorgé ? Sans passer par l'abattoir bien sûr. Vous savez que c'est interdit ?
- Alors là, Monsieur le Président, laissez-moi rire. Vous croyez que le Bontemps se rend à l'abattoir chaque année ? Je le sais puisque c'est moi qui le tuait son cochon avant. Quand on était copains. Comme cochons j'allais dire.
- Vous avez donc eu des mots auparavant ? Je comprends mieux. C'est rapport aux poules ?
- Des mots ? Vous en avez de bonnes vous ! C'est rapport à la Louise. Figurez-vous que l'été dernier, je l'ai trouvée dans la grange pendant qu'elle se donnait du bon temps avec l'autre, Bontemps justement. Un sacré tour de cochon qu'il m'a joué ! Alors, même si j'ai gardé le porc, ce n'est pas cher payé.
- Ce n'est pas à vous d'en juger. Je répète ma question : qu'avez-vous fait de ce cochon ?
- Pour ça, il était bien gras et nous en avons tiré profit : quelques belles guirlandes de saucisses, de boudins, des pâtés, je ne vous raconte pas ! Plus les côtelettes que nous avons grillé au barbe à cul comme ils disent. Il ne reste rien Monsieur le Président. Si, les deux jambons qui se fument dans le cantou de ma belle-mère. On les garde pour cet hiver.
- Et bien justement, vous allez rendre les jambons à Léon Bontemps.
- Ah non, pas question ! C'est ça votre justice ? Est-ce que j'ai porté plainte moi quand le Bontemps
se régalait des jambons de ma Louise ?
- Monsieur Bonneau, ça suffit ! Préférez-vous une amende ? Ou même un petit tour en prison ?
- Non, non. Monsieur le Président. Je vais lui porter les jambons. Mais c'est bien donner de la confiture aux cochons.
- Nous en resterons là pour cette fois Monsieur Bonneau. J'espère que vous tiendrez parole.
- Cochon qui s'en dédit !

12 commentaires:

  1. Moralité : Le cochon est arrivé à bon porc... Euh port, sans omettre je l'espère de mettre 100 balles dans le nourrain ! ];-D

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    1. Je vois que tu connais ton Capelo ! :-)

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  2. j'ai bien ri à ton vaudeville charcutier :)
    mais pauvre cochon, il en a fait les frais :(

    en parodiant Jacques Brel :
    "Les voisins c'est comme les cochons
    Plus ça devient vieux plus ça devient bête
    Les voisins c'est comme les cochons
    Plus ça devient vieux plus ça devient c-"

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    1. Rire vaut un biftek alors si tu as ri Tisseuse, je suis contente. ;-)

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  3. Ayant épuisé les expressions "cochonnes", tu auras réussi à égayer cette comparution! Bien joué Marité

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    1. Cochonnes, cochonnes, comme tu y vas Vegas ! C'est du lard ou du cochon ? ;-)

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  4. Ah ah ah ... c'est le tribunal des flagrants délires ! Tout de même,quelle truie cette Louise,faire un tour de cochon pareil ... ;o)

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    1. Ah ça, je ne t'arrive pas à la cheville Stouf pour les délires ! Mais merci ! :-)

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  5. Arpenteur d'étoiles27 juillet 2017 à 13:48

    donner de la confiture aux cochons :o)
    sinon dans mon village, des cochons sont dans des prés et très heureux ... après ...
    drôle ce texte :o))

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    1. Elevés en plein air, les cochons ? je croyais qu'il n'y avait que les poulets de Bresse. Je plaisante l'Arpenteur. ;-) Ici aussi, certains paysans laissent vagabonder leurs cochons dans les près et les bois où ils mangent les glands et les châtaignes. C'est vrai pour les culs noirs.

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  6. Réponses
    1. Ç'aurait été trop long Pascal mais au départ, j'avais bien l'intention de faire dire à Léon à la barre que lui aussi, il avait bien profité...de la Louise ! Mais il n'aurait pas eu ses jambons (de cochon) alors.

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