mercredi 4 avril 2018

Tiniak - La fée Chocolat


…Pas de chocolat ! 

Elle était comme ça, Nicola (Nick'eee ! pour les complices), prompte à descendre de son scooter pour monter sur ses grands chevaux et lancer à la ronde quelque incongru défi; aussi, pas la dernière à relever d'autres paris. Bon, quand elle en arrivait là, elle avait déjà le cornet chargé pis qu’une fanfare de dockers nantais. Ce qui fait qu’elle avait vraiment pas froid aux yeux, la très chère fwoOolle !!

Bien qu’elle affectionnât braver le raisonnable en balançant cette devise : « à l’hiver, pull !! », je n’ai jamais compris pourquoi cette liverpuldienne déchaînait son arrogance alentour, excessivement par temps froid…
Dé-lire le monde, c’était un truc qu’on avait en commun, quelle que fût la saison, mais quand venait l’hiver, elle crevait les pontons, redoublait d’insolence et ne ménageait rien de la sourde violence qui lui faisait haïr, tout un : le pleutre, les bouchons de feutre, le bourgeois, sa bourgeoise et leur « fucking puppet » (sick!), tous les sens interdits, les politiques pourries, les boîtes d’allumettes, les coiffures en biais, les barbus, les benêts, les tristes imbéciles « ignorant le bonheur que c’est d’être aussi cons ! » (sick to death!), les parcmètres, les montres et l’assiette foireuse servie par un sourire… J’en passe…

« He loved to sing but he didn’t dare to talk (Bel Canto) » me soufflait-elle, l’œil malicieux, avant de lancer un nouveau défi…

À tour de bras, elle pouvait chanter « I’m so pretty… we’re vacant » en pleine conférence de presse, quand les propos devenaient par trop entendus (voire à ‘quand l’élite serre les fesses’)… Faire un doigt cru, dans un sourire, à l’officier qui nous arrête et lui réclame ses papiers, lui répondant : « monsieur, je suis accompagnée d’un lieutenant de réserve, on continue ?… », jeter sa jupe aux yeux de tous et leur retourner sa frimousse en disant : « mais oui, c’est moi ! Candy, chéri. C’est quoi, déjà, le cours de l’action du kleenex ? Tu bosses chez qui ? Nan ? Pour Fervex ?! ».

« Mon cul ! » c’était sa « très chaireu réplique » quand on lui disait « même pas cap’ »…

Nick’eee (prononcez : nikiiii) n’aimait rien tant que démontrer, en sa langue comme en la nôtre (« s’il-nous-plaît »), que « l’homme n’est rien que mon boîtier, euh… ma moitié » (donc, sic), puis me disait, l’œil allumé : « c’est quand qu’on se vautre, Deee ? »…
L’envers, c’était notre matière; l’endroit, c’était notre matelas.

Furibarde et pesant des tonnes, enrubannée par un lent soir, vint la Camarde, en main une boîte de Léonidas pour négocier qu’elle trépasse. « Rooh, l’Autre ! », finalement l’aura mâchée, goût caramel, enrobée comme un chocolat… sans beurre, sans sel, parfum goudron et patatras.



9 commentaires:

  1. je suis atterrée, Tiniak, à la lecture de ton texte :(
    j'avais découvert Nicola après les attentats de Charlie Hebdo, dans son expression libre et féministe sur les réseaux sociaux
    et c'est l'image que je me faisais d'elle, sans l'avoir jamais rencontrée : libre et femme !

    quelle connerie la vie quand la mort vient si tôt, si bêtement :(

    Cher Tiniak, comme tous les auteurs ici, que je connais uniquement par leur plume, mais que j'ai appris à découvrir au fur et à mesure de ces 11 années impromptues, je te transmets toute mon amitié, et ma peine pour toi, et pour tous ceux qui aiment Nicola.
    Courage, l'ami !

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  2. Excuse mon ignorance, je ne connais pas Nicola, mais j'aime beaucoup ton texte.

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  3. Léonidas ? Je me méfierai des Spartiates. Déjà qu'elle chante faux, la Mort !

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  4. Ton texte est super puisse-t-il alléger ta peine. Je me joins à Tisseuse pour t'insuffler encore du courage.
    avec le sourire

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  5. Désolé, je ne connaissais pas non plus Nicola, mais c'est un très bel hommage que tu lui rends.

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