samedi 23 mai 2015

Gene M - 4h du mat

Vlan ! La porte se referma sur moi.Un courant d'air sans doute...
Il est 4 h du matin, je m'apprêtais à partir, à fuir plutôt, comme une voleuse...
Mon Dieu, que vais-je faire ?
En toute autre circonstance, ce serait simplement fâcheux, très fâcheux ; mais là c'est la catastrophe.


Je reste hébétée pendant quelques instants, incapable de réfléchir, de prendre une décision. La pluie tombe avec une intensité tropicale, bientôt je me retrouve trempée sans possibilité de m'abriter.


Derrière la porte , il y a deux valise, mon sac à main et mes clefs de voiture. Quelques centimètres infranchissables me séparent du salut.


Je fuis, je fuis un monstre, un être maléfique et manipulateur. Je ne pars pas sur un coup de tête, Il y a des semaines que je prépare ma fuite. Les deux valises dissimulées dans un coin sombre de ma penderie, les quelques papiers indispensables à ma nouvelle vie et le peu d'objets personnels auxquels je tenais...
Il me semblait avoir pensé à tout. Pouvais- je imaginer qu'un courant d'air allait tout faire rater...


Les idées le plus folles se bousculent dans mon cerveau . Aller à la police et leur dire quoi ? J'ai drogué mon compagnon afin qu'il ne se réveille pas. Impossible d'expliquer ça aux flics. Un serrurier à cette heure ci, impensable.J'ai appris, je ne sais où et comment, qu'une simple radio permettait d'ouvrir lorsque la porte avait claqué... Je n'avais jamais eu l'idée d'essayer.


Mais à qui demander ? La maison voisine est occupée par une jeune femme qui part tôt le matin à son travail. Je ne la connais pas mais c'est peut être le solution. 


Deux heures que je suis là, sous la pluie, à me morfondre.
Enfin la voisine sort de chez elle. Je m'approche, je la sens méfiante. Mon dieu ! pourvu qu'elle m'écoute. Elle est pressée, elle cherche à m'éconduire, mais elle semble gentille et la peur me rend persuasive. Oui, elle a des radios, oui, elle veut bien m'en confier une.


Ca a marché. J'ai pris mes valises, mon sac à main , mes clés de voiture et j'ai sauté dans ma petite bagnole. Je file comme le vent dans le matin frais vers la liberté.

3 commentaires:

  1. J'aime bien cette radiographie d'une fuite éperdue... Bonne chance Gene M et bienvenue aux Impromptus Littéraires!

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  2. A peine arrivée tu oses fuir ! Ah fichu courant d'air. Bienvenue aux Impromptus littéraires.
    avec le sourire

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  3. Bienvenue sur ce site !
    avec un texte qui pourrait virer à la tragédie (telles que celles que j'ai pu connaître alors que j'exerçais en service social)...mais ouf ! la voisine se montre charitable :)

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