mardi 20 mars 2018

Loht - Ça m'a quand même coûté un bras


Amours numéraires

Une jambe, un bras, le cœur… Et ensuite ?
Que me coûtera de t’aimer, Brulette ?

Voilà que dans l’encre crèvent les Pierrots ;
La Lune en sourit et souffle les cendres.
M’éparpiller, si c’est pour toi, m’éparpiller.
Détissant à petit fil ce qui fut moi.

Une jambe, un bras, le cœur… Et ensuite ?
La ville est inquiète que pleure le poète
Mais les flux ne s’en arrêtent nul instant.

Si je donne un œil ce soir – que pour voir ! –
Pour toi, ma Brulette,
Les larmes d’un seul te suffiront-elles ?

J’aime la clématite, les soirs de Mai
Les moments sucrés des fêtes foraines,
Mais c’est la plus âcre qui détient mon âme.

Que me coûtera de t’aimer, Brulette ?

17 commentaires:

  1. il lui en coûtera peut-être beaucoup, mais il s'en enrichira aussi beaucoup
    car même dans la peine le poète fait son lit :)

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    1. C'est - malheureusement - tellement vrai !

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  2. C'est très joli, mélancolique et aussi tout doux, comme l'amour ...

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    1. L'amour, ce sont toutes les couleurs du spectre, toutes les couleurs du coeur...

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  3. Si j'osais je dirais une queue de Loth... mais je n'oserai pas.
    Le poème est de toute beauté

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  4. Niam ! Niam ! C'est bonheur d'embrasser chaque vers d'un œil curieux et de s'asseoir sur la rive ultime de ce poème, en promeneur laissé à sa contemplation. Merci, euh THANX à Loht ;)

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    1. Merci Tiniak ! (Mais ce Niam ! Niam ! De quelle région? Chez moi, nous usons du Miam !)

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  5. Quelle inspiration, une réussite, bravo !
    Sensible et beau, j'ai pas d'autres mots, j'ai relu plusieurs fois, ton poème le mérite.

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    1. Trop d'éloges ! Tes vers sont mieux chantournés que les miens !

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  6. Oui moi aussi comme JCP j'ai relu plusieurs fois et j'aime beaucoup.. Quelle douceur ;-)

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    1. De la douceur dans le chagrin, c'est chose probable à certaines âmes détachées de ce présent tangible ;)

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  7. "Ça m'a coûté un bras", c'est dur à passer chez le poète...

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  8. Quel beau poème ! Doux comme du velours. Une rêverie noyée dans le pastel.
    J'imagine une Brulette - quel délicieux prénom - qui joue avec tes yeux et ton cœur apparaissant ou disparaissant au gré de sa fantaisie dans une brume légère. J'adore.

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  9. Malgré ces interrogations matérielles, il est magnifique ton coût de foudre ! Aime sans compter ! Comme nous le faisons vis-à-vis de ce texte.

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